Sports

LA PRESSE & COMPAGNIE AUTRES MÉDIAS


Plus de francophones ? Vraiment ?

FINI LE DÉNI

Hockey fighting: too rough, too tough, too much
Breaking the suicide chain

Wade Belak and the end of fighters - Globe editorial

La culture sportive évolue ( oui, oui)
Lettres - Le hockey et le manque de vocabulaire

Hockey has been slow to learn about concussion - Globe editorial

Une course de 21 000 km


Roy sur Carbonneau


The Jackie Robinson Montreal story

Un Super Bowl chargé d'histoire

Hockey is about having fun, Bobby Orr tells kids

La «canadienite» aiguë

L’indignation des athlètes, le désespoir des expropriés

Le défi olympien de Sotchi

Canadiens at centre of duelling sports: Playing hockey and playing politics

La «dénationalisation» du Canadien

Le Canadien «sert» le fédéralisme

Et jusqu'à quel point le sport devrait-il se voir financé par l'argent public ?...
L’amphithéâtre de Québec plus cher que le Centre Bell

L’aubaine de Winnipeg

Winnipeg ne devait pas revenir dans la LNH, selon un rapport de SNC- Lavalin


Aux frontières de la légalité
Profiter de l’été
La bêtise consommée
Les moutons
Baisser ses culottes
Québec doute de la légalité de l’entente avec Quebecor
Le maire- roi

Illégal, l’amphithéâtre Quebecor ?
Les méthodes du maire Drapeau
Nouveau colisée - La légalité de l'entente avec Quebecor est mise en doute
L’offre de Quebecor en deçà de la moyenne de la LNH
Quebecor devient le partenaire privé du futur amphithéâtre de Québec
An NHL arena for Quebec City? Absurd - Jeffrey Simpson
Et pourquoi pas ?
Quebec’s smart arena move
L’eau d’abord, le gaz ensuite
Le plan B est mieux que le plan A

Amphithéâtre à Québec - La vie en rose
Labeaume et Charest : un pari à l’américaine
Le Colisée Quebecor
Sport professionnel et gaspillage
Peu d'arénas financés à 100% par les gouvernements
Le confort et l’incohérence
Pierre Simard : les charlatans des retombées
Sondage sur le nouveau Colisée à Québec - Labeaume n'est guère ébranlé
Non au financement public d'un nouveau Colisée
Amphithéâtre de Québec - Charest s'est engagé vite, dit Labeaume
Amphithéâtre à Québec: pourquoi pas un plan B?
De quêtes et de quêteux
Colisée de Québec: Harper pose ses conditions
En bref - Quebecor n'investira pas
Don’t ask taxpayers to pay for Péladeau’s arena - Jeffrey Simpson
Amphithéâtre de Québec - La charrue devant les boeufs
«Un modèle d'affaires optimal»
Risques publics, profits privés
Un Colisée de quêteux


Et si, malgré tout, il y avait toujours de l'espoir pour les Nordiques ?...
Québec - Péladeau dépose une offre de plusieurs millions pour un amphithéâtre

Et y a-t-il toujours y avoir un avenir pour le Stade ?...
Boucher le trou à jamais?

Se rétracter à propos du Stade
Le stade: du rêve au projet
Remplacement du toit du stade: Dessau pourrait brouiller les cartes

Toit fixe du Stade: une erreur historique

Parc olympique: vers une nouvelle vie?

Il faut tuer le toit fixe - Yves Boisvert

RAMENER LE SOLEIL DANS LE STADE  -  Yves Boisvert
Décoincer la ville   -  MARIE-CLAUDE LORTIE

L’Afrique du Sud tire un bilan en demi- teinte

Avec la FIFA, la politique n'est jamais loin

Le hockey d'élite et l'école - Yves Boisvert


Le plan Price - Stéphane Laporte


Des équipes arc-en-ciel?

Grand Prix: le retour des bonnes affaires

Retour des Nordiques: Péladeau a séduit la LNH

Yes, we've still got game

Quand le hockey devient politique

Petite histoire de la fièvre du hockey

Le colis - Yves Boisvert

La métaphore de notre sort - Nathalie Petrowski

Gagner pour vrai - Patrick Lagacé


Wait 'til next year

Le CH a du coeur au ventre
Faits saillants
Le Canadien se fait blanchir 6-0 sur un air connu

Les admirables «bucheux» - Mario Roy
Un cadeau à sept millions de Québécois
Dans la bulle du Canadien - Nathalie Petrowski

Le Canadien détrône les champions de la coupe Stanley
Canadien-Penguins: l'analyse du match

Les faits saillants du match
Qui oserait parier contre eux?


Ça sent la coupe!
Le Canadien gagne 4-3 et pousse la série à la limite
La randonnée miraculeuse
Rôles inversés

La stratégie de désespoir du CH - Réjean Tremblay


Ça sent la Coupe?
Le Canadien élimine les Capitals!
Canadien-Capitals: l'analyse du match


Go, Habs, go!

Je m'avoue vaincu

When it comes to sports, Toronto is a city of losers - Jeffrey Simpson


Darche, Metropolit et Moore valent leur poids en or

Canadien: le bulletin de la semaine


Théodore: retour inattendu au sommet

Les Jeux de tous les records ! - Michel Marois
Pluie d'or et de records

Les éloges ont chassé les «Jeux des pépins»
Ottawa doublera sa mise olympique
What price do we put on sporting pride? - Jeffrey Simpson
Ottawa exhorté à sauver À nous le podium
How do we want to fund elite sports?


Inukshuk - Jean-François Bégin
Exploits, ambiance, émotions - Réjean Tremblay

Alexandre Bilodeau se couvre d'or


Mort d'un lugeur aux JO: qui blâmer?
Toujours plus vite, toujours plus risqué - Jean-François Bégin

Les lemmings - Yves Boisvert


It was time for Gainey to go

Gainey: «J'ai fait de mon mieux»

Les années Bob Gainey: un héritage incertain

Le Canadien sans passion et... sans but

NHL brass does the right thing - at last

No more immunity for violence on ice

Roy: «Price n'est pas prêt à chausser de grands patins»

Des Jeux sûrs, sûrs, sûrs... - Yves Boisvert

Des Jeux verts, verts, verts... - Yves Boisvert

Vancouver, une ville adolescente - Yves Boisvert

La maudite nostalgie du CH - Yves Boisvert

Tiger dans la fosse aux lions - Réjean Tremblay

La mort d’un robot  -   Paul Journet
Tiger Woods: «J'ai laissé tomber ma famille»
Après le 18e trou - Lysiane Gagnon

Voici ce que Tiger devrait dire... - Patrick Lagacé

Assoiffés de champions - Jean-Pascal Beaupré

JEUX OLYMPIQUES  Au Canada de se démarquer, dit Marcel Aubut

UN CHOIX HISTORIQUE ET AUDACIEUX  -  Daphné Cameron
Aujourd’hui Rio, demain l’Afrique? - JEAN-FRANÇOIS BÉGIN

Jeux Olympiques : Obama et Lula en pleine surenchère  -   Jean-François Bégin

Dernier tour de piste pour NASCAR

Grand Prix Enfin, c'est officiel!

Feu vert au Grand Prix
Bernie Ecclestone : « En 2010, on retournera au Canada »  -  Éric Clément
Pour l’ambiance, pas pour vendre des voitures  -  Éric LeFrançois
Les constructeurs aussi souhaitent le retour duGrand Prix du Canada
Ottawa, Québec et Montréal vont faire une offre à Bernie Ecclestone -  Éric Clément

Des retombées économiques de 74 à 100 millions  -  Vincent Brousseau-Pouliot

CRISE DANS LA F1 Les espoirs pour le Grand Prix ravivés


Régis Labeaume attise l’espoir  -  Frédéric Denoncourt

La rivalité entre Montréal et Québec renaîtra-t-elle ?
Voir aussi... La nostalgie à TVA, c’est vrai!  -  Hugo Dumas

Prêt au Canadien : Une opération « payante », dit Bachand 

Vente du Canadien : Québec allongera 75 millions  -  Denis Lessard

GO HABS GO! -  Geoff Molson

Les années Gillett, entre ombre et lumière -  Jean-François Bégin

Le patrimoine des Molson -  Sophie Cousineau

Un club plus francophone, croit Guy Lafleur 
L’enracinement -  YVES BOISVERT
Le grand retour des Molson  -  Jean-Pasca l Beaupré

LE CANADIEN VENDU : UNE TRANSACTION D’AU MOINS 500 MILLIONS

Minuit moins cinq pour le CH - Jean-François Bégin
 

Que le meilleur gagne! -  RÉJEAN TREMBLAY

Votre confiance se mérite
L’art de détourner l’attention

Une bien triste histoire -  PIERRE FOGLIA

Le visage du bleu-blanc-rouge - JEAN-PASCAL BEAUPRÉ
Des patins sans l’âme - OLIVIER PIERSON

Amer dénouement
Gainey doit partir
La symphonie pathétique
L’impuissance de Bob Gainey

Carbonneau - Faire le vide pour mieux rebondir

Koivu : Victime du débat linguistique  -  Caroline Morgan


Give your head a shake: Concussions demand action
Bobby Nadeau, militant malgré lui  -  Yves Boisvert

Mea-culpa et absolution pour Jonathan Roy  -  Caroline Touzin

Violence au hockey : Une «culture», ça se change  -  YVES BOISVERT

LA VIOLENCE AU BANC DES ACCUSÉS  -  Caroline Touzin
« Les bagarres font partie de la game »

Amateurs, pourquoi ne faites-vous pas le ménage vous-mêmes? -  Marie - Claude Lortie

Les grands débats de société -  Pierre Foglia


La nostalgie à TVA, c’est vrai!  -  Hugo Dumas



LE DEVOIR
Hors-Jeux - On ne voit rien - Jean Dion
Et puis euh - C'est dingue, la vie - Jean Dion
Et puis euh - Métabolisme fou



THE GAZETTE
Proud Canadian: no longer an oxymoron

GLOBE AND MAIL

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L'ACTUALITÉ

TIME MAGAZINE













Les Jeux de tous les records ! - Michel Marois

de tous les temps. Pas même les grandes équipes de l’URSS en 1976 ou de la Norvège en 2002 n’avaient remporté autant d’épreuves. le Canada a les moyens pour dominer encore longtemps.
Si, bien sûr, les politiciens ne sabrent pas les programmes qui ont permis d’arriver à ces résultats. Ce serait pathétique de compromettre les succès de nos athlètes au moment où ils obtiennent enfin la consécration. À la suite de ces Jeux, des milliers de jeunes vont trouver l’inspiration pour amorcer une carrière, des centaines vont d’établir une série de « records » grâce à la réussite de notre couverture en direct des compétitions sur Cyberpresse. Chaque jour, une moyenne de 25 000 internautes se sont joints à nous. Parfois des spécialistes, souvent des néophytes, mais tous passionnés par les sports olympiques, ils ont formé pendant 16 jours une communauté virtuelle où les Jeux étaient instantanément décrits, analysés, commentés, critiqués ou applaudis.
Si le hockey était très populaire, ce sont d’autres compétitions qui ont été les plus suivies. Le patinage artistique, bien sûr, mais aussi le patinage de vitesse courte piste et le ski de fond.
Certains « mariages » étaient étonnants. Comme lorsque le Canada a battu la Suisse en fusillade… en même temps que le programme libre des hommes en patinage artistique.
Deux publics fort différents ont réussi à cohabiter ce soir-là en s’étonnant des goûts et des préférences des autres, tout en se rejoignant dans l’appréciation des performances de tous les athlètes.
Et vendredi soir, quand les premiers mordus de hockey sont arrivés pour préparer la demi-finale Canada-Slovaquie, ils sont tombés dans un débat sur le… curling féminin, dont on jouait la finale. Le croirezvous, plusieurs y sont allés d’un commentaire.
Soyez assurés que nous préparons déjà notre couverture en direct des Jeux de Londres ! > 4,5 millions de pages vues
dans notre section olympique > 330 000 personnes ont participé
au clavardage pendant les Jeux > 14 564 commentaires d’internautes ont été publiés sur le clavardage

 





La mort d’un robot  -   Paul Journet
Notre journaliste s’est rendu au Augusta National, au cours des deux dernières années, dans le but d’assurer la couverture du Tournoi des Maîtres pour La Presse.
Le Tigergate, c’est la mort d’un robot. Ou plutôt la mort d’une image de robot, construite minutieusement depuis plus d’une décennie par une armée de relationnistes. Il n’aura fallu qu’un message téléphonique de 31 secondes pour la détruire.
Potinage de vedette? Évidemment. Si on en parle tant, c’est bien sûr parce que Tiger est l’athlète le plus médiatisé et le plus riche du monde. Mais c’est aussi à cause du décalage. Car Tiger donnait l’illusion d’être parfait. Pour comprendre pourquoi, il faut comprendre son sport.
Le golfeur peut tricher à chaque trou. Mais il ne le fait presque jamais. La plupart du temps, il se décerne luimême une pénalité. Si le footballeur Thierry Henry jouait au golf, il aurait lui-même demandé à l’arbitre d’annuler son but. Ajoutons à cela le respect d’autrui. Au lieu de sortir le genou, le golfeur sort la main pour complimenter son adversaire. Et ce, parfois même au milieu d’un match.
C’est la mythologie du golf. Et les commanditaires y carburent. Habituellement, les annonceurs s’associent à la fougue et l’irrévérence d’un athlète (voir Georges Laraque et Octane). Au golf, ils s’associent plutôt à leur prestige et à leur vertu. Quels logos portent les pros de la PGA? Des logos de fonds communs de placement, de banques et de montres suisses. Pas très rock’n’ roll...
Un symbole de perfection
Tiger baignait déjà dans cette culture sportive avant même de pouvoir épeler g-o-l-f. Et depuis ses débuts professionnels, il en est devenu l’emblème. On a cimenté son image dans ce moule candide. Résultat : Tiger = « rêve mouillé » de commanditaire.
Il symbolise la perfection. Autant sur le parcours qu’à l’extérieur. Au golf, sa domination était et reste totale. Les performances fascinent, la méthode pour y arriver aussi. Un mélange inouï de talent et de sueur, avec son entraînement spartiate qui commence chaque matin à 5h.
Et sa vie privée? Il y a Tiger le philanthrope, dont la fondation amasse des millions chaque année pour les oeuvres de charité. Il y a Tiger le patriote apolitique, aussi à l’aise avec les républicains que les démocrates. Et il y a Tiger l’homme de famille. Avec une femme iconique – Elin, Suédoise et ancienne babysitter de ses amis. On imaginait ainsi sa journée typique : suer au gym, manger ses protéines, embrasser ses deux enfants et faire l’amour à sa femme, tendrement.
Mais c’était la façade. Tiger a toujours affiché une discrétion maniaque. Comme d’autres collègues, dans les conférences de presse, je n’avais jamais l’impression de savoir ce qui se cachait derrière la façade. Comme diraient les béhavioristes, sa tête ressemblait à une boîte noire. Impossible d’en connaître le contenu. Impossible jusqu’à cet accident de voiture survenu à 2h25 du matin vendredi dernier. Depuis, on découvre un peu le contenu de la boîte noire. Surprise: c’est un homme.
En août dernier au Championnat de la PGA, la renversante victoire de Y.E. Yang avait détruit l’image du golfeur infaillible. Ses aventures détruisent maintenant l’image du citoyen parfait.
Dans trois semaines, Tiger n’aura plus l’âge de Jésus. À l’aube de ses 34 ans, il prouve que contrairement à ce que lui répétait son père, il n’est pas un deuxième messie. Quelqu’un, quelque part, s’en étonne peut-être.




JEUX OLYMPIQUES  Au Canada de se démarquer, dit Marcel Aubut

QUÉBEC d’abord démontrer qu’il peut se démarquer avec succès dans des grands événements de deuxième catégorie avant de plonger une nouvelle fois dans l’aventure olympique estivale. « À mon avis, si nous sommes gagnants lorsqu’on organise des activités comme ce soir, des Coupes du monde, des grands événements, ils (les autorités olympiques) vont dire: voilà une population qui livre», a-t-il estimé.
Le président du Comité olympique canadien, Marcel Aubut, a parcouru hier les 300mètres du relais de la flamme olympique sur la Grande-Allée, à Québec.
En ce sens, les Jeux panaméricains qui seront tenus à Toronto en 2015 pourraient servir de carte de visite pour la suite des choses. « Je pense qu’après, on va mettre la main à la tâche pour 2022 », a dit M. Aubut, faisant allusion à la volonté de la ville de Québec d’accueillir, cette année-là, les Jeux olympiques d’hiver.
Les Jeux de Vancouver en 2010 seront les troisièmes de l’histoire à être présentés en sol canadien après ceux de Montréal et ceux de Calgary en 1988. Les deux derniers auront été des rendez-vous hivernaux, nettement moins ambitieux que ceux d’été.
Mais que ce soit pour les Jeux d’hiver ou pour les Jeux d’été, la concurrence mondiale est de plus en plus féroce, a indiqué M. Aubut.
« Les Jeux olympiques sont devenus tellement gros. Les anneaux sont la marque de commerce la plus connue dans le monde et tous les pays désirent les afficher. Avec la fin du communisme, plusieurs pays sont devenus des compétiteurs pour se vendre au monde entier », a-t-il analysé.
Pour nombre de nations, surtout émergentes, les Jeux sont aujourd’hui la seule façon de « se mettre sur la map » ou de se présenter sous un jour plus favorable, a poursuivi le président du Comité olympique canadien.
« C’est le seul moyen qui existe pour dire au monde entier qu’on existe Pourquoi la Chine a-t-elle fait tant d’efforts ? Pourquoi Rio veut dire au monde entier qu’il est faux de prétendre qu’il y a autant de criminalité et de pauvreté qu’on le croit? » a-t-il lancé.


UN CHOIX HISTORIQUE ET AUDACIEUX  -  Daphné Cameron
Le suspense a pris fin hier : c’est Rio de Janeiro qui accueillera les Jeux olympiques de 2016, devenant ainsi le premier pays d’Amérique du Sud à organiser la grand-messe mondiale du sport. Le déplacement de Barack Obama à Copenhague n’aura pas suffi à faire pencher la balance en faveur de Chicago, où la déception se lisait sur les visages, hier. Un choix qui a surtout été un jeu de coulisses et une affaire de gros sous, explique Jean-François Bégin. Et qui met maintenant le Brésil face à d’immenses défis à relever.
La flamme olympique brillera sous le soleil brésilien en 2016. Rio de Janeiro a remporté hier le titre de ville hôtesse des 31es Jeux olympiques d’été, devant Chicago, Madrid et Tokyo. Une décision historique et audacieuse en faveur de la métropole en proie à de graves problèmes de pauvreté et de criminalité.

Réunis à Copenhague, les délégués du Comité international olympique (CIO) ont préféré la capitale de la samba et du carnaval à la ville de Madrid, en votant à 66 voix en sa faveur contre 32 pour la cité espagnole au troisième tour du scrutin. Ce sera la première fois dans l’histoire qu’une ville de l’Amérique du Sud accueillera les olympiades.
L a v ic toi re du Brési l a retenti jusque sur la plage de Copacabana hier après-midi, où près de 50 000 personnes ont explosé de joie lors de l’annonce de la ville gagnante. Les habitants de la ville «maravilhosa» se sont trémoussés sous une pluie de confettis et dans une ambiance de carnaval. Une immense banderole avec une image de l’emblématique statue du Christ rédempteur et les mots «Rio loves you» a été déployée par les manifestants.
Le président brésilien, Luiz Inacio Lula da Silva, peinait à retenir ses larmes de joie après l’annonce du verdict.
« J’ai 63 ans, j’ai vu beaucoup de choses dans ma vie et je pensais que je ne pourrais jamais devenir émotif, mais là, j e pleure plus que toute autre personne présente. C’est le jour le plus émouvant de ma vie », a-t-il confié en essuyant ses larmes lors de la conférence de presse qui a suivi l’annonce de la victoire à Copenhague.
«Je voudrais dire à mon ami le premier ministre espagnol Jose Luis Rodriguez Zapatero, à Barack Obama, en qui je fonde de grands espoirs, et au premier ministre japonais que je suis désolé d’être heureux quand ils sont tristes, mais qu’ils ont été par le passé si souvent heureux lorsque nous étions tristes», a poursuivi le chef d’État.
Le président du Comité i nter nat iona l oly mpique (CIO), Jacques Rogge, a quant à lui avoué que l’idée d’allouer au Brésil les premiers Jeux olympiques sud-américains avait fait pencher la balance en faveur de Rio.
« Le CIO a choisi une candidature très forte avec la superbe valeur ajoutée apportée par le fait de donner les Jeux pour la première fois à un continent. »
Défi de taille
L’organisation des Jeux olympiques dans la métropole de 13 millions d’habitants risque toutefois d’être un pari ambitieux.
Selon le plan présenté par les dirigeants brésiliens, plus du tiers du budget de Rio, soit environ 5 milliards de dollars, sera consacré à améliorer le système de transport, réputé chaotique. Au cours des sept prochaines années, environ 14 milliards de dollars seront dégagés pour améliorer la vie quotidienne des citadins et Rio doublera sa capacité hôtelière.
« Avec la Coupe du monde de soccer qui s’en vient en 2014 et les Jeux olympiques en 2016, j’ai du mal à imaginer comment une mégapole comme Rio de Janeiro, qui possède des problèmes inhérents de démographie, d’urbanisme et de criminalité, va être en mesure de faire le doublé et d’injecter autant d’argent en si peu de temps », a noté l’auteur et spécialiste des questions olympiques Paul Ohl.
«De 10% à 15% de la population vit dans les favelas. Il va devoir y avoir une réorganisation complète de l’espace urbain, un nettoyage monstre de cette cité. C’est un choix très audacieux », a-t-il poursuivi.
Malgré sa grande joie, le président brésilien a reconnu les nouvelles responsabilités qui incombent à son pays. « Je n’ai pas peur des responsabilités. Je pense que tous les jours, les êtres humains devraient affronter de nouveaux défis. »
« C’est une belle occasion pour le CIO de montrer que les Jeux sont universels », croit pour sa part le directeur du Centre de recherche sur le sport dans la société canadienne de l’Université d’Ottawa, Jean Harvey.
« Dans les 10 ou 15 dernières années, il a souvent été accusé du fait que seules les grandes puissances pouvaient s’offrir des Jeu x, à cause du coût inhérent et des risques financiers qui y sont liés. Dans le contexte actuel, le c hoi x d ’u ne pu issa nce émergente comme le Brésil devient intéressant. »
À la surprise de plusieurs, la candidature de Chicago a été éliminée dès le premier tour, et ce, malgré le fait que le président Barack Obama se soit rendu à Copenhague pour défendre sa candidature.
« Je pense que cela démont re, ma lg ré le c a pit a l de sympathie envers Obama, à quel point les États-Unis sont impopulaires en ce moment », affirme Paul Ohl.

«C’est une nation en guerre. Les délégués qui représentent les pays moyen-orientaux et les pays arabes ont probablement voté en bloc contre la candidature de Chicago. Par ailleurs, le vote latino-américain, qui représentait quand même neuf voix, est évidemment allé à Rio et l’on croit entendre un peu partout dans les milieux politiques que da Silva est parvenu à convaincre les 15 membres représentant les pays africains. Je pense que le CIO voulait marquer l’histoire, et il l’a fait. C’est un risque, mais un beau risque.»

Une douche froide tombe sur Chicago  -  Éric Clément
CHICAGO — L’a n nonce à Copenhague de l’élimination de la ca ndidatu re de Chicago dès le premier tour de scrutin a été accueillie dans la consternation, hier matin, dans la métropole de l’ Illinois.
Les mines étaient basses, hier, à Chicago, après que le président du CIO eut annoncé que la ville était la première des quatre finalistes à être éliminée.
Plusieu rs cent a i nes de personnes s’étaient réunies dès 9 h près du Daley Plaza Center, au coi n des r ues Washington et LaSalle, dans le centre-ville. Sur la petite place où des écrans géants ava ient été i n st a l lés , des drapeaux, des oriflammes et des t-shirts « I Back The Bid, Chicago 2016 » donnaient aux lieux une ambiance bon enfant.
Mais à 10 h 25, une véritable douche froide est tombée su r l’a ssist a nce qua nd le président du Comité international olympique, Jacques Rogge, est appa ru sur les écrans et a annoncé qu’après un premier tour de scrutin, la v i l le de C h ic ago ava it obtenu le moins de suffrages et était donc éliminée.
On au ra it entendu u ne mouche voler sous les écrans de télévision. Les personnes rassemblées ont commencé lentement à quitter les lieux ; d ’au t r e s s o n t d e m e u r é e s im mobiles face à l ’é c r a n , consternées.
« C’est sûr qu’on est déçus, a dit Diana, vêtue d’orange, la couleur de la candidature de Chicago. On ne pensait pas être éliminés si tôt. »
« Je suis abasourdi, a dit de son côté le pasteur Joseph C. Kyles, qui avait eu accès à la zone VIP. Chicago avait travaillé très fort pour cette candidature. Je pense que les gens de Chicago peuvent être fiers des efforts qu’ils ont faits. Je ne sais pas si on aurait pu faire mieux. »
Pou r l ’ h o m m e d ’a f f a i - res Scott Bru ner, Chicago ne dev ra it pa s se décourager et penser à poser sa candidature pour les Jeux de 2020. « C’était une première ex périence pou r notre comité, a-t-il dit. Si le maire Richard Daley peut prend re la mesu re de cet échec et rebondir, pourquoi pas ? Ca r je pense que la ville de Chicago a tous les atouts pour accueillir cette manifestation. »
C ’est aussi l’av is d ’A ndrew Baskin, qui retournait à son travail, ses pancartes « C h ic ago 2 016 » sou s le bras. « C’était une première pour Chicago, a-t-il dit. Cela nous donne de l’expérience e t ce n ’e st pa s la fi n du monde. »
Quelques Québécois en vacances à Chicago étaient au ssi su r les l ieu x . P ou r l’avocate Françoise Provost, cet échec de Chicago peut être aussi perçu comme celui du président Barak Obama, qui s’était fortement engagé (« peut-être un peu trop », selon elle) en faveur de la candidature de Chicago, se rendant même à Copenhague avec sa femme.
Des républica i ns ont d’ailleurs critiqué le président quant à cet engagement, remetta nt en question ses priorités, peut-on lire dans la livraison d’hier du Chicago Tribune.
Dans le même quotidien, on a fait remarquer que la candidature de Chicago comportait des aspects négatifs propres à lui nuire : le fait que les garanties financières avaient créé une controverse pendant des mois; le soutien très modéré de la population; le fait que les ÉtatsUnis ont déjà accueilli huit fois les Jeux olympiques, et même le fait que la Ville de Chicago a un lourd bilan de « corruption publique ».

Aujourd’hui Rio, demain l’Afrique? - JEAN-FRANÇOIS BÉGIN
Loi n de moi l’idée de diminuer la valeur de la belle et réjouissante victoire de Rio de Janeiro. Mais se pourrait-il que derrière le triomphe brésilien, et surtout l’étonnante défaite au premier tour de Chicago, se cache une banale affaire d’argent ?
Les voies du Comité international olympique, c’est bien connu, sont impénétrables. Ses membres choisissent les villes olympiques par vote secret, au terme d’un processus censé refléter une évaluation objective des candidates à l’obtention des Jeux olympiques.
Mais dans les faits, le résultat dépend bien davantage de complexes jeux de coulisses que de la valeur intrinsèque de chaque dossier. D’autant plus qu’au fond, toutes les villes qui atteignent la phase finale de sélection sont techniquement capables d’organiser les Jeux.
Impossible, donc, de dire avec certitude ce qui s’est passé dans la tête des membres du CIO qui se sont exprimés hier à Copenhague. Mais il est difficile d’échapper à l’impression que Chicago, pourtant forte de l’appui du couple présidentiel américain, a payé le prix du contentieux économique qui oppose depuis plusieurs années le CIO et le Comité olympique américain (USOC).
En vertu d’accords conclus il y a une vingtaine d’années, l’USOC reçoit à lui seul 20% des revenus de commandite engrangés par le CIO et 12,75% des droits de télévision – ce qui représente des centaines de millions de dollars. Les 204 autres pays membres du mouvement olympique se partagent le reste.
Cette répartition, qualifiée l’an dernier d’« immorale » pa r le Néerla nda is Hei n Verbruggen, président de l’Association des fédérations de sports d’été et membre influent du CIO, a été négociée à l’époque où la quasi-totalité des revenus commerciaux du CIO provenaient des États-Unis. Ce n’est plus le cas aujourd’hui.
Jusqu’ici, l’USOC, dont le leadership a changé à plusieurs reprises ces dernières années, est resté sourd aux demandes du CIO. Une trêve a toutefois été décrétée plus tôt cette année et les négociations entre les deux camps ne reprendront pas avant 2013, tandis que les Américains ont mis sur la glace un projet de chaîne télévisée olympique qui irritait au plus haut point les bonzes du CIO.
Mais, à l’évidence, cette trêve n’a pas empêché le CIO de profiter du choix de la ville hôtesse des Jeux de 2016 pour passer un message clair aux États-Unis : « Vous voulez vraiment les Jeux ? Alors commencez donc par négocier sérieusement avec nous. »
Au CIO peut-être encore plus qu’ailleurs, l’argent est le nerf de la guerre. Et tant pis si ça se traduit par un pied de nez à Barack Obama, qui avait fait un allerretour éclair au-dessus de l’Atlantique à bord d’Air Force One pour s’adresser aux délégués – et qui devra maintenant encaisser son lot de critiques pour un échec qui n’est pas le sien.
Il ne fait par ailleurs aucun doute que les efforts du comité de candidature brésilien et du président Luiz Inacio Lula da Silva pour séduire les membres du CIO originaires de pays en voie de développement, et notamment le bloc de 15 délégués africains, ont porté des fruits.
Le choix de Rio, qui sera la première ville du continent sudaméricain à accueillir la grandmesse olympique, permet au CIO d’être fidèle à sa volonté affichée d’universalisme. Il lance un signal d’ouverture à un continent de 180 millions d’habitants et à un pays, le Brésil, qui s’est hissé parmi les 10 plus grandes puissances économiques de la planète (la seule à ne pas encore avoir présenté les Jeux, a bien pris soin de rappeler le président Lula dans son discours au CIO, hier).
Rio de Janeiro a organisé avec succès les Jeux panaméricains, en 2007. Et le Brésil a convaincu la FIFA de lui confier la présentation de la Coupe du monde de soccer en 2014. Le CIO commençait donc à manquer d’excuses pour continuer à snober le pays de Pelé.
Rio devra bien sûr relever d’énormes défis, à commencer par celui de la sécurité, difficile à garantir avec certitude dans une ville où de 10 à 15% des 13 millions d’habitants vivent dans des favelas dominées par les gangs. Les transports entre les quatre sites olympiques envisagés par le comité de candidature soulèvent aussi des interrogations dans une ville à la topographie aussi particulière que celle de Rio.
Mais il est difficile de ne pas être d’accord avec Lula quand il dit que le moment était venu de « mettre fin au déséquilibre » qui a historiquement favorisé l’Europe, l’Amérique du Nord et l’Asie et «d’allumer la vasque olympique dans un pays tropical ».
L’A frique devient maintenant l’ultime frontière du CIO. À en juger par le résultat d’hier, il n’en tient sans doute qu’à l’Afrique du Sud de faire un succès de la Coupe du monde de soccer, qu’elle présentera l’été prochain, pour avoir sa chance à son tour.



Obama et Lula en pleine surenchère  -   Jean-François Bégin
Tony Blair ne pouvait pas s’en douter à l’époque, mais il a ouvert la porte à une surenchère politique de dimension proprement... olympique.
Le scrutin d’aujourd’hui oppose les villes de Chicago, Rio de Janeiro, Tokyo et Madrid. Et il promet d’être serré.
Il y a quatre ans, l’ancien premier ministre britannique a joué un rôle crucial dans la victoire à l’arraché de Londres aux dépens de Paris dans la course aux Jeux d’été de 2012.
L’espace de 48 heures frénétiques, dans une suite d’un hôtel chic de Singapour, sa femme Cherie et lui avaient rencontré individuellement des dizaines de membres du Comité international olympique, dans un ultime effort de séduction au profit de la candidature londonienne.
Au même moment, le président français Jacques Chirac, resté en Europe, se moquait des Britanniques. « On ne peut pas faire confiance à des gens qui cuisinent aussi mal », avait-il dit.
Quand Chirac s’était finalement pointé à Singapour, le jour du vote, il était trop tard. Le travail de sape de Blair avait fait son oeuvre: Londres l’a emporté au quatrième tour de scrutin, récoltant 54 votes contre 50 pour Paris, pourtant grande favorite.
Les chefs d’État ont tiré les leçons qui s’imposent. Deux ans plus tard, la ville russe de Sochi – une station balnéaire de la mer Noire où poussent les palmiers! – a obtenu les Jeux d’hiver de 2014 en grande partie grâce au lobbyisme intensif de Vladimir Poutine.
C’est ce qui explique la présence de Barack Obama à Copenhague, où le CIO choisit aujourd’hui la ville hôtesse des Jeux d’été de 2016. Faisant fi d’un horaire déjà très chargé – la réforme de l’assurance santé et les négociations sur le programme nucléaire iranien, notamment –, le président américain doit arriver ce matin dans la capitale danoise, deux jours après sa femme Michelle, afin de participer à la présentation de la candidature de Chicago devant les 106 membres du CIO.
Le vote oppose Chicago à Rio de Janeiro, Tokyo et Madrid. Et il promet d’être ser ré. L’éloquence d’Obama ne sera pas de trop pour la délégation américaine. «Le fait qu’Obama se rende à Copenhague va beaucoup a ider C h ic ago, pense le chef de la direction du Comité olympique canadien (COC), Chris Rudge. La candidature aurait souffert de son absence. Cela aurait donné l’impression que les dirigeants américains tenaient la victoire pour acquise.»
L’ancien aspirant républicain à la présidence Mitt Romney, chargé de l’organisation des Jeux d’hiver de Salt Lake City, en 2002, estime pour sa part que « la présence (d’Obama) rend presque certaine la victoire de Chicago ».
R i e n n ’e s t m o i n s s û r . Certes, la présence du roi Juan Carlos d’Espagne et du premier ministre japonais Yukio H atoya ma ne dev ra it pas empêcher Madrid et Tokyo d’être rapidement écartées de la course, victimes notamment du principe officieux de la rotation continentale et de la proximité dans le temps des Jeux de Pékin (2008) et de Londres (2012). Mais Rio, par contre, promet d’être un adversaire de taille.
La ville du célèbre Carnaval profite elle aussi du soutien d’un politicien charismatique: le président Luiz Inacio Lula da Silva est à Copenhague depuis mercredi et a rencontré personnellement plusieurs membres du CIO. «Organiser les Jeux ne devrait pas être le privilège exclusif des pays riches, a dit le leader brésilien lors de son passage aux Nations unies, la semaine dernière. Pour les autres pays, ce sont des Jeux olympiques comme tant d’autres. Pour le Brésil, c’est l’occasion de réaffirmer notre identité comme peuple et comme pays.»
Évidemment, les lobbyistes de ses trois rivales ne manquent pas de souligner les problèmes de sécurité de Rio (plus de 2000 meurtres par année). Ce à quoi les Brésiliens rétorquent, à juste titre, qu’aucun pépin n’y a entaché les Jeux panaméricains, en 2007, et que la FIFA n’a pas hésité à leur confier l’organisation de la Coupe du monde de soccer de 2014.
Vieux routier du COC et des coulisses du sport international, le Montréalais Walter Sieber croit que Rio va l’emporter. « Une bonne partie des membres du CIO seront portés à choisir Rio pour ainsi mondialiser les Jeux d’été en les offrant à l’Amérique du Sud, le seul continent avec l’Afrique qui ne les a jamais reçus », dit-il. Ce n’est pas pour rien que Lula a courtisé activement les votes des 15 membres africains du CIO – qui pourraient, cela dit, être sensibles au plaidoyer d’Obama, premier président noir des États-Unis.
Chicago a plusieurs atouts dans son jeu, dont le fait que les revenus de droits de télé et de commandite engrangés par le CIO seront nettement plus élevés si les Jeux ont lieu aux États-Unis. Mais l’histoire pourrait jouer contre la candidature américaine. « Ni Los Angeles (1984) ni Atlanta (1996) ne resteront dans les annales comme des Jeux bien organisés, rappelle M. Sieber. À cela il faut ajouter le scandale (d’achat de votes) des Jeux de Salt Lake City. Beaucoup de membres n’ont pas oublié ces heures très sombres pour le CIO.» Sans parler que certains délégués ne digèrent pas la répartition des droits de télé du CIO, qu’ils jugent exagérément favorable aux États-Unis.
D’où l’i mpor ta nce pou r Chicago de la présence d’un orateur aussi redoutable qu’Obama. Mais le charisme ne suffit pas toujours, quoi que puisse suggérer l’exemple de Tony Blair. Souvenons-nous qu’il y a 12 ans, un politicien au faîte de sa popularité avait échoué dans sa tentative d’attirer les Jeux de 2004 dans son pays. Il s’appelait Nelson Mandela...

LES DIRIGEANTS DES PAYS EN LICE JOUENT LE TOUT POUR LE TOUT
  -  Catherine Handfield
CHICAGO, RIO DE JANEIRO, MADRID, TOKYO. UNE DE CES MÉTROPOLES ACCUEILLERA LES JEUX OLYMPIQUES DE 2016. À LA VEILLE DE L’ÉLECTION DE LA VILLE HÔTESSE, LES DIRIGEANTS DES QUATRE PAYS EN LICE ONT SORTI LES GRANDS MOYENS, HIER, POUR ARRIVER À LEURS FINS.
Le suspense s’achève. C’est aujourd’hui que les 106 membres du Comité international olympique (CIO) choisiront la ville organisatrice des Jeux d’été de 2016. Ils sont tous réunis à Copenhague, au Danemark, pour voter après avoir entendu les présentations des quatre candidates.
Si Rio de Janeiro et Chicago sont considérées par plusieurs comme les favorites aux dépens de Madrid et Tokyo, rien n’est encore joué, estime le vice-président du CIO, Chiharu Igaya, qui a confié cette semaine que les quatre villes étaient à égalité. L’élection sera « l’une des plus serrées de l’histoire », selon le président du CIO, Jacques Rogge.
Plusieurs membres du CIO ont affirmé ces jours-ci ne pas avoir encore arrêté leur choix. Les heures précédant le vote seront donc cruciales. Et les hauts dirigeants américain, brésilien, espagnol et japonais en sont bien conscients.
Le président des États-Unis, Barack Obama, a pris le chemin de Copenhague hier soir pour tâcher en quelques heures d’emporter l’adhésion du CIO. M.Obama sera à pied d’oeuvre juste à temps pour plaider la cause de sa ville d’adoption devant les membres électeurs.
Il sera aux côtés de son épouse Michelle, arrivée dès mercredi pour mener un lobbying intensif en faveur de Chicago, la ville où elle est née. La première dame, qui est accompagnée de la célèbre animatrice Oprah Winfrey, a reçu des membres du CIO dans sa suite hôtelière, hier.
Mme Obama devait initialement faire le voyage en solo, mais puisque le vote s’annonce serré, le président a bousculé son emploi du temps pour faire un aller-retour express. Les Obama doivent quand même rencontrer la reine Marghrete et le prince consort Henrik, et le premier ministre Lars Loekke Rasmussen.
Le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva, arrivé à Copenhague mercredi, a lui
aussi rencontré des membres du CIO. Hier, pendant son discours, il a clamé un «Oui, nous pouvons» en portugais, en écho au célèbre « Yes we can» de Barack Obama. Lula base son argumentaire sur la légitimité de son pays à organiser les premiers Jeux olympiques de l’histoire en Amérique du Sud. «J’ai 63 ans et jamais je n’ai vécu un moment où le Brésil était dans une telle santé économique, où les Brésiliens avaient autant confiance en eux. Nous allons changer les bidonvilles en banlieues, changer nos mentalités, donner une chance à la jeunesse et les Jeux seront un accélérateur», a déclaré le président brésilien, hier. Le premier ministre espagnol, José Luis Zapatero, s’est dit «confiant» que la candidature de Madrid soit retenue, bien que ses chances soient plus minces. Lui aussi à Copenhague, il a discuté avec une cinquantaine de votants pour « connaître leurs préoccupations».
Après avoir été longtemps favorite, Tokyo a une nouvelle fois fourbi ses meilleures armes: «Nous pouvons garantir une sécurité fina ncière totale dans des temps financièrement difficiles et nous avons déjà 4 milliards de dollars en banque », a rappelé Ichiro Kono, patron de la candidature. «Nos Jeux seront un spectacle montrant au monde comment résoudre ses problèmes », at-il ajouté, rappelant que le « solide » projet nippon était le « plus respectueux en ce qui concerne l’environnement».
Le déroulement du vote
Apogée de plusieurs années de campagne, dont 18 mois intensifs depuis la publication par le CIO de la liste des finalistes, la journée de l’élection de la ville organisatrice des Jeux olympiques de 2016 sera ouverte par l’arrivée de Barack Obama.
Les délégations de Chicago, Tokyo, Rio de Janeiro et Madrid feront tour à tour une présentation de 45 minutes devant les 106 membres du CIO réunis à Copenhague. Le vote a lieu à huis clos et à bulletins secrets grâce à des boîtiers électroniques. Si, après le premier tour, aucune ville n’obtient la majorité absolue, celle qui recueille le plus faible nombre de voix est éliminée. On procédera à un deuxième tour et, si nécessaire, à un troisième.
Le nom de la grande élue sera annoncé en soirée par le président du CIO, Jacques Rogge, qui aura pu auparavant décider de voter en cas d’égalité au dernier tour. Le résultat sera connu entre 18h30 et 19h, heure locale (12h30 et 13h à Montréal).


Ecclestone exige de ne pas payer d’impôt  -  Denis Lessard
Retour possible du Grand Prix du Canada
l’an prochain
Le fameux «problème technique» qu’évoquent sans vouloir le préciser les élus à Montréal et à Québec, l’embûche qui empêche encore d’officialiser le retour du Grand Prix l’an prochain est bien simple, mais politiquement embarrassante, a-t-on indiqué à La Presse.
M. Ecclestone exige que Revenu Canada précise par écrit les dispositions qui l’exempteront de l’impôt fédéral. Voilà le fameux « problème technique » évoqué par des élus à Montréal et à Québec et qui empêche encore d’annoncer officiellement le retour du Grand Prix l’an prochain.
Revenu Canada ne veut pas donner par écrit au promoteur britannique les assurances qu’il exige. Le pépin a déclenché un voyant rouge la semaine dernière au cabinet de Jacques Paradis, le lieutenant québécois de Stephen Harper. On a frappé à la porte du cabinet de Jean-Pierre Blackburn, responsable de Revenu Canada qui a l’épineux dossier entre les mains – une rencontre avec les fonctionnaires doit avoir lieu aujourd’hui ou demain. La politique devra sauter sur le terrain miné des règles fiscales pour que le Grand Prix ait lieu.
Selon nos informations, M. Ecclestone exige que Revenu Canada précise par écrit les dispositions qui l’exempteront de l’impôt fédéral – un peu moins de 10%. Jusqu’ici, les manifestations sportives ne payaient pas d’impôt sur ces transferts gouvernementaux, mais ces règles n’étaient pas édictées noir sur blanc, comme l’exige le grand manitou de la F1. Il tient surtout à ce que ces principes soient établis pour tenir compte du fait que sa firme n’est pas canadienne – Formula One Management est une société britannique.
La structure de la transaction est importante pour Ecclestone, qui agira à titre de promoteur du Grand Prix. «La structure d’accueil pour recevoir les sommes des trois gouvernements nécessite encore du travail, a résumé une source proche de ces tractations. Ecclestone cherche une façon "optimale" pour lui de recevoir ces subventions au Canada.» «Optimale» signifie qu’il ne veut pas payer de l’impôt ici, confirme-t-on, «il QUÉBEC — Le grand patron de la Formule 1, Bernie Ecclestone, veut être certain de ne pas payer un sous d’impôt au Canada, même si Québec, Ottawa et Montréal lui verseront 75 millions en subventions sur une période de cinq ans. doit payer de l’impôt de toute façon en Grande-Bretagne». La somme de la subvention des trois ordres de gouvernement n’est plus un problème – il s’agit de 75 millions de fonds publics sur cinq ans –, c’est son traitement fiscal, à Revenu Canada, qui reste à définir.
Le temps commence à presser pour l’administration Tremblay, qui tient à ce que la confirmation de la tenue du Grand Prix puisse se faire avant les élections du 1er novembre.
Vendredi dernier, le ministre Bachand a souligné à La Presse qu’il «y a toujours des éléments compliqués entre une entente de principe, qui est faite avec M. Ecclestone, quand les avocats mettent ça sur papier… Il y a des problèmes qui parfois surgissent», a-t-il dit.
La semaine dernière, Bernie Ecclestone avait poussé l’audace jusqu’à menacer Montréal, du Japon où il se trouvait, avec un ultimatum transmis haut et fort, mais sans explication. Le baron de la F1 avait simplement soutenu que «quand je reviendrai du Japon (cette semaine), j’aurai besoin des réponses finales à toutes nos questions. Si je ne les ai pas, il n’y aura pas de Grand Prix à Montréal ». Vendredi, M. Bachand s’est dit malgré tout «confiant que la course aurait lieu à Montréal ».
M. Ecclestone avait mis fin à l’entente pour le Grand Prix du Canada à l’automne 2008, préférant miser sur des épreuves dans d’autres parties du globe, en Turquie notamment, des courses qui se sont révélées des fiascos. Il tente de réparer les pots cassés avec le Canada depuis le printemps dernier : un Grand Prix à Montréal est tout à coup réapparu au calendrier de 2010, pour le 13 juin.
L e s gouver ne ment s du Québec et du Canada ainsi que la Ville de Montréal ont repris les discussions depuis. Une des premières étapes franchies par les gouvernements aura été de faire une revue majeure des études sur les retombées de cette manifestation annuelle pour le Québec et la métropole; l’augmentation des recettes anticipées justifiera la décision des élus de plonger la main dans les fonds publics pour accommoder M. Ecclestone.
Il s’agit d’un gain évident pour les trois ordres de gouvernement. Il faut signaler qu’ils ont obtenu qu’Ecclestone, ou le promoteur qu’il mettra sur pied, assume le risque financier lié à la tenue du Grand Prix. Si les recettes ne sont pas au rendezvous, le Britannique aura à essuyer l’ardoise.
Selon nos sources, l’entente avec Bernie Ecclestone prévoit des subventions totales de 75 millions sur cinq ans. À eux trois, Québec, Ottawa et Montréal investiront chaque année un peu plus de 10 millions – Tourisme Montréal fournira la différence pour atteindre les 75 millions. La contribution de Montréal sera faite, en partie, en services – les coûts de sécurité, de gestion de la circulation sur les voies d’accès au circuit Gilles Villeneuve, par exemple.
Ainsi, on atténue l’impression que le Grand Prix coûte cher au trésor public – mais, en fait, Tourisme Montréal fonctionne aussi avec des fonds publics alloués par les trois ordres de gouvernement.
Il y aura un mécanisme de redevances sur les places vendues, de sorte que les gouvernements n’auront pas à payer des sommes aussi importantes que les subventions annoncées.

Bernie Ecclestone : « En 2010, on retournera au Canada »  -  Éric Clément

Au dire du gourou de la Formule 1, l’annonce officielle d’une entente pourrait même se produire « d’ici à quelques semaines ».
Le gourou britannique de la Formule 1, Bernie Ecclestone, a claironné hier dans un magazine suisse que le Grand Prix du Canada reviendra au circuit GillesVilleneuve en 2010. De leur côté, Montréal, Québec et Ottawa tempèrent ces propos.
Un fait est toutefois acquis : on est vraiment dans la dernière ligne droite des négociations, à quelques mètres d’un drapeau à damier qui annoncerait le grand retour de la Formule 1 à Montréal. « En 2010, on retournera au Canada, je sais que tout le monde dans le milieu de la F1 aime ce Grand Prix », a dit Bernie Ecclestone, un peu repentant, au magazine suisse Motorsport Aktuell.
Le 23 juillet, La Presse a annoncé que le ministre fédéral des Travaux publics, Christian Paradis, le ministre des Finances du Québec, Raymond Bachand, et le maire de Montréal, Gérald Tremblay, s’apprêtaient à faire une offre à Bernie Ecclestone pour récupérer la course, rayée du calendrier 2009-2010 en octobre dernier.
L’offre ressemble à celle du mois de novembre : c’est moins que les ambitions de M. Ecclestone à ce moment-là, mais assez bien ficelé pour qu’il soit alléché par le nouveau montage financier, compte tenu de circonstances qui ont changé en neuf mois.
Si l ’ on en c roit le maga z i ne suisse, le président de Formula One Administration Limited a bien accueilli l’offre. M. Ecclestone a dit à Radio-Canada, hier, que l’annonce officielle d’une entente pourrait même se produire « d’ici à quelques semaines » alors que Montréal sera en pleine campagne électorale. M. Ecclestone a ajouté que le trio et lui-même se sont « entendus financièrement ». « L’entente de principe prévoit que nous allons avoir un Grand Prix du Canada pour les sept prochaines années », a-t-il dit.
Faut-il se réjouir ?
L’enthousiasme n’est pas au menu de ce côté-ci de l’Atlantique. « Nous discutons avec nos partenaires et M. Ecclestone, a dit à La Presse Bernard Larin, attaché de presse du maire Tremblay. Il n’y a pas d’entente. Nos discussions se font sur la base de notre proposition de l’automne dernier, qui est une bonne proposition pour Montréal et qui respecte la capacité de payer des contribuables. »
L’administration Tremblay est donc prudente. « Nous tenons à avoir le Grand Prix, mais pas à n’importe quel prix, a dit le conseiller Marcel Tremblay, responsable du parc JeanDrapeau. Trois ordres de gouvernement discutent pour arriver à trouver la meilleure solution pour ramener le Grand Prix à Montréal. »
Dans les mêmes mots, Ottawa cherche à réduire les attentes. « La réalité, c’est qu’aucune entente n’a été conclue, a dit Mark Quinlan, porte-parole du ministre Christian Paradis, responsable fédéral de la région de Montréal. Des discussions sérieuses ont lieu. Mais le ministre Paradis a toujours été très clair dans ce dossier. Il a toujours dit qu’il souhaitait que le Grand Prix soit à Montréal, mais pas à n’importe quel prix. »
Le gouvernement Charest ne sable pas non plus le champagne. « Les discussions se poursuivent et vont bon train. Ça se présente bien, mais ce n’est pas bouclé », dit Catherine Poulin, attachée de presse de Raymond Bachand.
Mme Poulin confirme que, au cours des dernières semaines, Ottawa, Québec et Montréal ont soumis au patron de la F1 une proposition de 15 millions par an pour cinq ans, comme La Presse l’a indiqué le 23 juillet. Cela dit, les chiffres pourraient avoir changé au cours des négociations.
Catherine Poulin refuse de commenter l’hypothèse selon laquelle Bernie Ecclestone a fait ces déclarations afin de gonfler les attentes des Montréalais et d’augmenter un peu la pression sur les trois ordres de gouvernement.
Une saison insatisfaisante
Selon nos sources, l’ex-ministre Michael Fortier, qui représente le trio canadien, négocie serré avec Bernie Ecclestone. C’est son mandat : convaincre M. Ecclestone d’être raisonnable et de reconnaître que Montréal est une vraie ville de Formule 1. Aux plans de la popularité, de la visibilité et des ressources financières, la saison 2009-2010 n’a pas satisfait à 100% Bernie Ecclestone. Ni les constructeurs. Le marché nord-américain représente beaucoup d’argent pour les BMW, Honda ou Toyota. La Ville et les gouvernements ont donc de bonnes cartes en main contre un joueur qui sait qu’il a gaffé en supprimant l’épreuve de 2009.
Dans cette partie de poker, Michael Fortier fait donc une offre diversifiée dont les éléments ont franchement de quoi apaiser l’appétit d’un Bernie Ecclestone finalement revenu sur Terre.
M. Ecclestone réclamait plus du double des 15 millions qui sont actuellement sur la table. Mais, comme dans toute entente financière, ce sont les annexes qui font la différence. Les retombées économiques de l’événement (75 millions) sont revues à la hausse : les gouvernements, intéressés par les revenus fiscaux, pourraient donc lâcher un peu de lest et ajouter aux 15 millions les pleins revenus du Grand Prix, soit sûrement autour de 30 millions en 2010.
Cela fait donc un total assuré de 45 millions par an dans la besace d’Ecclestone. Ce n’est pas un gain net. Il y a, bien sûr, les coûts d’organisation, énormes. Mais comme Bernie Ecclestone sera le promoteur de la course, il pourrait même être admissible à une subvention pour créer l’organisation locale de l’épreuve.
Par ailleurs, même le différend qui oppose Ecclestone à l’ancien promoteur Normand Legault, à l’origine de l’annulation du Grand Prix 2009 – le Britannique réclame 12 millions à M. Legault – pourrait se régler à l’amiable.
Et puis Montréal a des bonbons pour M. Ecclestone : tous les services municipaux nécessaires à une manifestation bien encadrée seront fournis gratuitement, policiers et pompiers compris. Tout comme les l ieux, d’ailleurs.
Les milieux d’affaires montréalais pourraient aussi devoir faire leur part. Le maire Tremblay sera-t-il tenté de recourir à une taxe sur les chambres d’hôtel pour financer une partie du Grand Prix? La loi 22 le lui permet. Même dans une année électorale. Il pourra y penser l’an prochain... si, bien sûr, il est réélu le 1er novembre. Mais si Bernie Ecclestone met assez d’eau dans son vin, ce ne sera même pas nécessaire. Un bras de fer est en cours.

Une lueur d’espoir pour les commerçants  -  Louise Leduc
Le retour probable du Grand Prix à Montréal vient adoucir le méchant coup de blues qui déprime le ToutMontréal touristique, f rappé de plein fouet par la récession, la grippe A(H1N1), le temps de chien, les visas imposés aux Mexicains, alouette. Vivement le retour du Grand Prix, et en juin, autant que possible!
Le Grand Prix attire à Montréal une clientèle fortunée, ne serait-ce que si l’on considère les coureurs, comme Rubens Barrichello et Jenson Button (notre photo).
Il est facile de voir l’impact de l’absence du Grand Prix cette année, illustre Michel Archambault, titulaire de la chaire de tourisme de l’École des sciences de la gestion de l’UQAM. « Le revenu moyen par chambre d’hôtel a diminué de 21% en juin 2009 par rapport à juin 2008. Bien sûr, la récession n’est pas étrangère à tout cela, mais si l’on compare les mois de mai 2008 et 2009, la chute est beaucoup moins dramatique : la différence est d’à peine 5%. »
Ce que cela veut dire, c’est que, lorsque le cirque de la F1 est en ville, les chambres à 400$ s’envolent facilement, ce qui n’est pas le cas autrement.
« C’est vrai pour les hôtels et pour tous les restaurants haut de gamme, mais pas uniquement, fait valoir Alain Creton, propriétaire du restaurant Chez Alexandre. Le Grand Prix fait déferler à Montréal des gens très fortunés qui achètent ici des montres à 15 000$ et des oeuvres d’art dans des boutiques de luxe du VieuxMontréal. Et c’est sans compter toute la publicité achetée durant cette semaine-là dans le métro et dans les différents médias. »
La seule étude québécoise réalisée sur les impacts économiques duGrandPrix, à la demande de Tourisme Montréal, remonte à 2001. À la lumière de cette étude, Tourisme Montréal estime que 60% des spectateurs du Grand Prix viennent de l’extérieur de Montréal. Pas moins de 90% d’entre eux viennent pour le week-end et, quand ils viennent de l’extérieur de l’Amérique, ces touristes passent en moyenne 7,3 jours ici. Des gens pas pauvres du tout, ne serait-ce que si l’on considère les 300 coureurs (qui participent aux différentes épreuves au programme) et les 1000 employés des écuries qui les accompagnent. Ensemble, tout ce beau monde dépense de 75 à 100 millions à Montréal et entraîne des retombées fiscales « de 20 à 25 millions », ajoute M. Archambault, de l’UQAM.
Juin, le mois idéal
Ces gens ne font pas qu’acheter des objets de luxe et fréquenter les établissements chic du centre-ville... Selon Peter Sergakis, propriétaire de deux bars de danseuses, juin a été pas mal plus tranquille que d’habitude de ce côté-là.
« À Montréal, quand on réussit à recevoir 1500 congressistes, on est content, dit à son tour Paul Arsenault, lui aussi de la chaire de tourisme de l’UQAM. Le Grand Prix, c’était comme recevoir 15 000 congressistes de l’extérieur du Québec au bon moment. C’est d’ailleurs la grande question à se poser maintenant: si le Grand Prix revient, à quel moment reviendra-t-il? Juin, c’est vraiment idéal. Il n’y a plus trop de congrès à Montréal et l’été n’est pas commencé. En septembre et en octobre, le tourisme d’affaires bat son plein à Montréal. »
Pour M. Arsenault, hormis les Jeux olympiques ou la Coupe du monde de soccer, rien ne vaut le Grand Prix. Mais n’est-il pas un peu désolant de devoir s’en remettre toujours aux mêmes « vieux » événements ?
« Quand on lance une nouvelle manifestation, comme Montréal en lumière, on n’est jamais sûr qu’elle va survivre à ses cinq premières années. Ensuite, il lui faut au moins 15 ans pour atteindre une certaine notoriété. Alors l’idée de faire disparaître des activités comme le Grand Prix, ça ne tient pas la route. »
Bien sûr, ça pollue, un Grand Prix; bien sûr, ça fait du bruit. « Mais on a nettement minimisé l’impact de sa disparition, croit François Meunier, vice-président, affaires publiques et gouvernementales de l’Association des restaurateurs du Québec. Le Festival de jazz, c’est bien, mais le Grand Prix amène à Montréal un tout autre type de clients qui ne viendrait pas autrement. »


Pour l’ambiance, pas pour vendre des voitures  -  Éric LeFrançois
COLLABORATION SPÉCIALE Il y a quelque chose d’assez ironique avec le retour – hypothétique – de la Formule 1 à Montréal. Cette annonce survient moins d’une semaine après le retrait de l’écurie BMW, la seule qui a publiquement souhaité (à Shanghai, en 2008) que l’épreuve canadienne soit remise au calendrier pour « assurer une présence en Amérique du Nord ». Les autres écuries regretteraient tout juste l’absence de cette épreuve « toujours enlevante où régnait une atmosphère festive ».
Les constructeurs semblent reconnaître implicitement qu’il est difficile, voire impossible de quantifier les retombées commerciales de leur engagement en F1.
Hormi s BMW, donc , les constructeurs reconnaissent ainsi implicitement qu’il est difficile, voire impossible de quantifier les retombées commerciales de leur engagement en F1, d’autant plus que le transfert de technologies est à peu près inexistant de nos jours. Une victoire est sans conteste profitable à l’image de marque, mais le vieil adage Win on Sunday, sell on Monday ne tient plus. D’ailleurs, en F1, on parle de performance, de vitesse. Or, le client veut entendre plutôt parler de confort, de sécurité et d’environnement. Il reste donc l’image. Si le client ne peut établir de comparaison directe entre les performances de sa voiture et celles d’une Formule 1, il est en droit de penser que si un constructeur est capable de fabriquer la meilleure monoplace, il est en mesure de réaliser la voiture de série la plus performante et la plus fiable qui soit. Et c’est là le meilleur transfert d’idées que puissent aujourd’hui souhaiter les constructeurs qui investissent en F1.
Les États-Unis, la véritable cible ?
L’objectif qu’ont poursuivi Ecclestone et consorts dans les dernières années était de se faire remarquer sur les marchés à fortes perspectives de croissance. D’où l’intérêt de Grands Prix comme ceux de Bahreïn, de Turquie ou de Chine. Or, si le Grand Prix du Canada revient au calendrier, Bernie Ecclestone redonnera ainsi à la F1 une véritable exposition internationale et la perspective de se produire à guichets fermés.
Quant aux retombées directes pour les constructeurs, elles sont à peu près nulles, les positions des uns et des autres sont assez figées. Le marché américain n’offre, lui non plus, aucune perspective de réelle croissance. Cependant, il a plus d’attrait pour un constructeur, avec quelque 15 millions de véhicules neufs vendus, par rapport à 1,5 million au Canada.
Dès lors, Ecclestone préférerait faire tourner ses F1 à New York plutôt qu’à Montréal. D’autant plus que l’année prochaine marque l’arrivée d’une écurie entièrement américaine sur la grille de départ : USF1. Mais d’ici à ce que ce projet se concrétise et que les gradins se remplissent, à Montréal (et à ses dollars) d’assurer le spectacle !



Les constructeurs aussi souhaitent le retour duGrand Prix du Canada
Les constructeurs automobiles associés à la Formule 1 souhaitent le retour du Grand Prix à Montréal en 2010.
« La F1 n’est pas seulement une compétition sportive, c’est un véhicule de marketing pour nos produits. Nous aimerions utiliser ce véhicule de marketing en Amérique du Nord, un marché très important pour nous et probablement aussi pour nos concurrents qui sont en F1 », dit Jochen Frey, porteparole de BMW Canada, dont l’écurie BMW Sauber a réalisé un doublé au dernier Grand Prix du Canada en 2008. BMW Canada souhaite la présentation de trois courses de F1 en Amérique du Nord, deux aux ÉtatsUnis et une à Montréal.
Mercedes-Benz aimerait aussi que le grand cirque de la F1 revienne à Montréal l’an prochain. Hier, La Presse a révélé que les trois ordres de gouvernement (Montréal, Québec et Ottawa) feront une offre d’aide financière de 15 millions de dollars par année à Bernie Ecclestone – qui pourrait empocher jusqu’à 30 millions de plus par année à titre de promoteur de la course – afin de présenter le Grand Prix du Canada à Montréal de 2009 à 2013. « Le Canada et le Québec sont des marchés-clés pour nous, l’atmosphère est unique et nous avons gagné trois fois à Montréal depuis 1999 », dit Marcus Breitschwerdt, PDG de MercedesBenzCanada, qui fournit des moteurs à trois des 10 écuries du championnat de F1 cette année, dont l’écurie en tête du championnat des constructeurs, Brawn-Mercedes.
Marchés traditionnels délaissés
Plusieurs constructeurs s’inquiètent de voir la F1 délaisser les marchés traditionnels comme le Canada, les États-Unis et la France au profit des marchés émergents comme la Chine et Singapour et des marchés de pétrodollars comme Bahreïn et Abou Dhabi.
« Bernie Ecclestone obtient des droits de présentation d’un Grand Prix plus élevés dans ces pays, mais les constructeurs font des pressions afin de revenir en Amérique du Nord et en Europe. L’intérêt y est plus grand. Cette année, les gradins étaient vides en Chine et en Turquie », dit Caroline Reid, auteure de Formula Money, revue britannique spécialisée sur les enjeux économiques de la F1 publiée annuellement.
Ferrari et Toyota, qui participent à titre de motoristes ou de propriétaires dans quatre écuries de F1, n’ont pas rappelé La Presse. Renault, BMW et Mercedes-Benz sont les autres constructeurs automobiles associés à la F1.



Ottawa, Québec et Montréal vont faire une offre à Bernie Ecclestone -  Éric Clément
Les trois ordres de gouvernement reviennent à la charge dans le dossier du Grand Prix du Canada. En tablant sur la volonté de plusieurs constructeurs de revenir en Amérique du Nord, ils proposeront un montage financier de 15 millions par année pour cinq a
« La Ville peut offrir tous les services municipaux nécessaires à l’organisation du Grand Prix. Le maire veut que ce soit rentable pour toutes les parties », a dit une source proche de l’administration Tremblay.
Le gouvernement canadien, le gouvernement duQuébec et la Ville de Montréal vont bientôt annoncer une nouvelle proposition financière au grand manitou de la Formule 1, Bernie Ecclestone, afin de permettre le retour du Grand Prix du Canada à Montréal pour un minimum de cinq ans, voire de façon permanente.

a appris que les discussions entre les trois ordres de
La Presse gouvernement, en cours depuis huit mois en vue de récupérer la course de Formule 1, ont beaucoup progressé et qu’une annonce sera faite prochainement. Ces échanges ont lieu à un très haut niveau.
Le maire de Montréal, Gérald Tremblay, le ministre des Finances et ministre responsable de la métropole, Raymond Bachand, et le ministre fédéral des Travaux publics et responsable de la région de Montréal, Christian Paradis, y participent directement. Un homme d’affaires québécois sert de lien privilégié avec Bernie Ecclestone. Selon plusieurs sources, cet homme d’affaires est l’ex-ministre conservateur Michael Fortier, que La Presse n’a pu joindre.
L’entente entre les trois ordres de gouvernement est pratiquement ficelée. Elle tient compte de nouvelles considérations financières mais aussi de la capacité de payer des trois gouvernements. Bernie Ecclestone avait demandé plus de 30 millions par année pour inscrire Montréal dans le calendrier de la Formule 1.
« Irréaliste »
Le contrat qu’il proposait l’an dernier, accompagné d’une double garantie gouvernementale et bancaire, prévoyait que le Grand Prix du Canada fournirait 173,5 millions à l’entreprise de M. Ecclestone, Formula One Administration Limited ( FOA), pour les années 2009 à 2013.
Cela revenait à demander 34,7 millions par an à Montréal. Mais il ne s’agissait que des frais de plateau fixes, une dépense centrale de l’organisation d’un Grand Prix de Formule 1, puisqu’il s’agit du coût d’invitation des écuries. À côté, M. Ecclestone demandait à bénéficier des revenus liés à la visibilité sur le circuit GillesVilleneuve et aux loges privées d’entreprises des paddocks, soit des revenus supplémentaires de 16 à 20 millions.
Les trois ordres de gouvernement avaient rejeté cette proposition, jugée « irréaliste ». Ils avaient plutôt offert le 4 novembre 2008 que le total des frais de plateau soit de 110,5 millions de 2009 à 2013, soit 22,1 millions par année en moyenne. S’ajoutait une participation aux profits qui correspondait à un minimum de 10 millions. Ecclestone réclamait par ailleurs à Normand Legault 12 millions que le promoteur du Grand Prix montréalais devait, selon lui, à sa compagnie responsable de la commercialisation des droits de la Formule 1. M. Legault a répondu ce printemps par la bouche de ses avocats… et le dossier n’est toujours pas réglé. Selon nos sources, le maire Tremblay, qui sollicitera un troisième mandat aux élections du 1er novembre prochain, veut régler rapidement ce dossier afin de ne pas être perçu comme celui qui était maire de Montréal quand le Grand Prix du Canada a disparu.
L’objectif est donc de faire en sorte que Bernie Ecclestone, qui deviendrait le seul promoteur du Grand Prix de Montréal, soit satisfait de la proposition financière et qu’en même temps, il comprenne que Montréal est une étape marquante dans le milieu sélect de la
Formule 1 et importante tant pour les constructeurs automobiles que pour sa propre entreprise.
M. Ecclestone a eu écho de pressions de la part de plusieurs écuries de Formule 1 qui sont en faveur d’un retour de ce circuit automobile en Amérique du Nord, une vitrine majeure pour leur marché. De plus, les courses disputées la saison dernière dans de nouveaux pays ne semblent pas avoir toujours connu le succès financier et populaire escompté.
Impact sur l’économie montréalaise
La proposition qui sera annoncée sous peu tient compte du fait que l’impact du Grand Prix sur l’économiemontréalaise est très important. LaVille estimait l’an dernier que les retombées économiques du Grand Prix étaient de 75millions, avec des revenus fiscaux de 20 à 25millions pour Ottawa et Québec. Or, selon nos informations, l’ampleur des retombées économiques aurait été revue à la hausse, ce qui dégagera un peu d’argent pour bonifier la proposition financière.
Québec, Ottawa, la Ville de Montréal et Tourisme Montréal pourraient ainsi offrir l’équivalent de 15 millions par année pendant cinqans. Decettesomme, 5 millions proviendraient des gouvernements, 5 millions de Tourisme Montréal, 3 millions d’une enveloppe fédérale pour les manifestations de grande portée internationale et le reste de la métropole, sous forme surtout de services et d’amélioration des équipements.
« La Ville n’a pas les moyens de donner une grosse somme d’argent, nous dit une source proche de l’administration Tremblay. Mais on peut offrir gratuitement tous les services municipaux nécessaires à l’organisation du Grand Prix, comme le service incendie, les services de police, la location des installations, l’accès à tout le territoire nécessaire, etc. Le maire Tremblay veut que ce soit une offre rentable pour toutes les parties. »
Montréal a ainsi récemment décidé d’acheter l’équipement qui appartenait au Groupe Motorisé International (GMI), de Normand Legault, soit des plateformes, des écrans géants et des barrières pour le circuit Gilles-Villeneuve, un investissement de 1,5 million.
Avec la proposition financière de 15 millions s’ajouteraient les revenus des trois jours du Grand Prix, sûrement aux alentours de 30 millions en 2010, donc un total de 45 millions par année directement dans les goussets de Bernie Ecclestone. De plus, devenu le promoteur de la course, il va pouvoir se tourner vers un organisateur local pour gérer la manifestation. François Dumontier, président d’Octane Management, est actuellement le grand favori pour remplir ce rôle.

« Les trois ordres de gouvernement veulent une solution à long terme, nous dit notre source. Une entente avec la FOA devra se faire sur 5 à 10 ans. Ce sera une proposition réaliste qui tiendra compte de la capacité de payer des contribuables et du fait que les dépenses de la Ville sont gelées. »

Des retombées économiques de 74 à 100 millions  -  Vincent Brousseau-Pouliot
Une étude de la banque ING évalue les retombées économiques du Grand Prix du Canada à 74 millionsCAN. Un chiffre trop bas au goût de Tourisme Montréal, qui estime plutôt son impact à 100 millions.
Selon Tourisme Montréal, les touristes dépensent près de 100 millions de dollars durant le week-end du Grand Prix du Canada. En 2008, la course a attiré 319 000 spectateurs, dont 60% provenaient de l’extérieur de Montréal.
L’étude de la banque néerlandaise ING, réalisée en collaboration avec la revue spécialisée britannique Formula Money et publiée en septembre dernier, compile les retombées économiques de chacun des 17 Grands Prix de Formule 1 en 2007. Le Grand Prix du Canada arrive au 11e rang au chapitre des retombées économiques, ex-æquo avec celui du Japon. Les retombées économiques du Grand Prix du Canada sont évaluées à 70 millionsUS (74 millionsCAN avec le taux de change de l’époque), comparativement à la moyenne de 89 millionsUS par Grand Prix. ING et Formula Money se targuent d’avoir réalisé la première étude indépendante sur les retombées économiques de la F1.
Selon l’étude ING– Formula Money, les divers ordres de gouvernement ont versé 20 millions pour la présentation du Grand Prix du Canada en 2007. En tenant compte des retombées économiques, ils ont obtenu un rendement de 350% sur leur investissement. Le rendement moyen des investissements publics en F1 est de 553%.
Encore plus ?
Tourisme Montréal évalue que l’impact économique du Grand Prix du Canada est encore plus important. Selon l’organisme, les touristes dépensent près de 100 millions de dollars durant le week-end du Grand Prix. En 2008, le Grand Prix du Canada a attiré 319 000 spectateurs, dont 60% provenaient de l’extérieur de Montréal, 18% des États-Unis et 7% de l’Europe. « Il n’y a pas d’autre événement à Montréal qui attire autant de gens de l’extérieur », dit Jean Gosselin, vice-président en marketing sportif à la firme de relations publiques National.
Hier, Tourisme Montréal était incapable de préciser la méthodologie ayant mené à la conclusion des dépenses touristiques de 100 millions durant le Grand Prix du Canada.
Selon des sources au courant du dossier, tant la Ville de Montréal que les milieux d’affaires montréalais ont toujours considéré que les retombées économiques du Grand Prix étaient de 75 millions. Cette somme inclut les 30 millions de dollars dépensés par les spectateurs de l’extérieur du Québec et les membres des écuries de F1 durant leur séjour à Montréal.


CRISE DANS LA F1 Les espoirs pour le Grand Prix ravivés

« Si Bernie Ecclestone règle son différend, je pense que pour 2010, les chances du retour du Grand Prix à Montréal sont très bonnes. »
Le grand schisme qui menace la Formule 1 pourrait bien être évité, a affirmé son principal dirigeant, hier, relançant de plus belle les espoirs de revoir le Grand Prix à Montréal, selon le maire Gérald Tremblay.
« Si Bernie Ecclestone règle son différend, je pense que pour 2010, les chances du retour du Grand Prix à Montréal sont très bonnes », a-t-il indiqué, hier.
La Ville, Québec et Ottawa négocient depuis décembre le retour de la F1 à Montréal, à l’instigation d’Ecclestone, le responsable de la commercialisation du circuit. Or, ces pourparlers n’aboutiront à rien si la F1 ne parvient pas à régler la crise, a martelé le maire.
« Je veux rassurer les gens de Montréal , du Québec et du Canada: on ne fera aucune entente si nous n’avons pas des garanties légales, des documents signés qui certifient qu’on a les écuries, les pilotes et les manufacturiers », a-t-il déclaré.
Huit écuries, dont Ferrari, McLaren et Renault, ont formé une organisation parallèle, la Formula One Teams Association (FOTA), et menacent de quitter le giron de la Formule 1 pour former leur propre circuit. Les dirigeants de la F1 ont répliqué en brandissant la menace de milliards en poursuites. La situation s’est envenimée au point où l’on semblait près du point de rupture avant le Grand Prix de Silverstone, hier.
Mais le grand patron de la FIA, Max Mosley, s’est fait rassurant au terme de la course. Il affirme qu’une entente est beaucoup plus proche qu’il n’y paraît.
« Nous préférons la négociation au recours aux tribunaux », a-t-il indiqué à l’Associated Press.
La veille, le patron de l’écurie McLaren avait déclaré qu’il fallait à tout prix conclure un pacte pour régler le différend avant la fin juillet.
Selon une source bien informée, l’entente pourrait survenir bientôt. Car les dirigeants du circuit automobile ont tout intérêt à régler le litige pour protéger leurs investissements.
« Bernie Ecclestone a investi assez d’argent dans cette entreprise qu’il ne va pas la laisser partir comme ça », a résumé cette source.
Tout cela sourit à Gérald Tremblay, qui assure que les gouvernements n’ont rien changé à l’offre qu’ils avaient faite à Ecclestone l’automne dernier dans un effort ultime pour le convaincre de garder la lucrative course dans la métropole.
Même son de cloche du côté du ministre des Finances, Raymond Bachand, qui se dit « très confiant » de pouvoir ramener le Grand Prix au Canada. Il fait valoir que l’effort en vaut la chandelle, puisqu’il s’agirait du plus important événement touristique au pays.
« Il faut d’abord s’entendre sur l’aspect économique, a-t-il prévenu. Mais bien sûr, c’est aussi conditionnel à ce qu’il (Ecclestone) soit toujours le gestionnaire global de la Formule 1 dans le monde. »
Selon le dernier scénario envisagé, c’est Ecclestone lui-même qui agirait comme promoteur de la course. Les gouvernements lui verseraient une aide financière de 75 millions.



La rondelle ne roule pas pour Québec  -  Mathieu Perrault
Au cours des derniers jours, on a beaucoup discuté de la volonté du maire de Québec, Régis Labeaume, de ramener une équipe de hockey de la LNH dans la Vieille Capitale. La Presse a discuté de la faisabilité du projet avec Philippe Merrigan, professeur d’économie à l’UQAM et auteur de Dernière minute de jeu, un livre sur l’économie de notre sport national.
QY
Sur cette photo de 1980, le Canadien de Montréal jouait contre les Nordiques de Québec.
a-t-il une réelle possibilité que la LNH revienne à Québec? R Si le projet de construire u n a mph i t h é â t r e s e concrétise, ça augmente les possibilités. C’est une condition nécessaire. Mais il ne faut pas oublier que les autres villes candidates, entre autres Winnipeg, peuvent faire la même chose. Et dans les villes où les équipes de la LNH vont moins bien, des rivales munies d’un amphithéâtre rendent la menace de départ plus crédible. La LNH a tout intérêt à mousser ces candidatures tout en sachant qu’il est possible qu’il n’y ait pas de déménagement. C’est une vieille tactique. Q Le
Québec est-il un marché viable pour deux équipes ? R I l faut souligner qu’en plus, il y a Ottawa qui est à peu près dans le même marché. Mais je crois que l’engouement est tellement extraordinaire au Québec qu’on peut penser qu’il y a de la place. Le problème, c’est qu’à Québec, les revenus générés par les loges de luxe seront passablement inférieurs. Le prix des billets sera donc plus élevé que la moyenne de la Ligue, qui est de 55$. Pour des bons billets, on parlera de 130 à 140$ par match, de 6000 à 7000$ pour un billet de saison. Les premières années, simplement l’excitation d’avoir une nouvelle équipe, ça irait bien. Mais il y a des périodes longues où ça ne marche pas. Chicago a eu une très longue disette, mais c’est Chicago, les contrats de télévision sont suffisants pour garder l’équipe à flot. On peut penser qu’une équipe à Québec devrait toujours garder les salaires près du plancher de 40 millions, ce qui fait qu’elle ne serait pas concurrentielle. C’est clair que c’est un investissement à haut risque. Q Au-
delà de l ’ i ntérêt des amateurs, quel est l ’avantage d’une équipe de la LNH pour Québec? R Les études scientifiques faites sur l’impact économique des amphithéâtres en termes de rendement pour le contribuable montrent que c’est décevant. Sur une somme de 400 millions, on peut penser que l’investissement public serait de 300 à 350 millions, en vendant le nom de l’amphithéâtre. Les revenus générés par les équipes professionnelles sont en grande partie accaparés par les joueurs et les propriétaires. La majorité des villes n’ont même pas de frais de location pour l’équipe et une grande partie des revenus des concessions sont aussi redonnés aux équipes. Pour ce qui est des taxes de vente, c’est seulement un déplacement de la consommation, et non pas de nouveaux revenus. Même si on a des revenus en louant à d’autres équipes sportives, à des foires et à des congrès, dans le meilleur des cas, on parle d’un rendement de 2% à 3% par année et, dans la majorité des cas, le rendement est négatif. C’est sûr que les gens de l’extérieur apprennent que la ville existe, c’est de la publicité gratuite pour le tourisme, mais Québec est assez bien connu. À Montréal, certains fans des Bruins et avant cela des Red Sox font le voyage, mais je doute qu’ils se rendent jusqu’à Québec. QY
a-t-il d’autres avantages ? R Du côté social, c’est une autre histoire. Ça resserre l’esprit communautaire, les gens se parlent de hockey. QY
a-t-il d’autres désavantages? R Le principal problème, c’est la bataille politique. John Manley avait offert de l’aide aux équipes canadiennes quand le dollar valait 65 cents et il avait dû retirer son offre devant les critiques.
. Labeaume a bien raison de dire que Québec a besoin d’un amphithéâtre, pour les foires, les sports et éventuellement une équipe de hockey – il en parle en dernier. Si on n’est pas capable de construire le CHUM à Montréal, je doute qu’on accepte de dépenser 400 millions en fonds publics pour la LNH. Q Un
partenariat public-privé serait-il la solution ? R Les f r a i s de l o c a t i on devraient être garantis pendant plusieurs a nnées, disons 40 ans. Comme les équipes ne veulent pas payer de loyer, le gouvernement devra les payer lui-même. Qu’arrive-t-il si l’équipe déménage après 15 ans? Et en plus, chaque année, il y aurait une ligne au budget provincial qui dirait « location de l’amphithéâtre pour l’équipe de la LNH ». C’est politiquement insoutenable. D’ailleurs, M. Labeaume n’en a pas parlé parce que ce n’est pas faisable. Q La
récession augmente-telle les chances de Québec? R Je pense qu’il y aura au contraire davantage d’opposition à un f i nancement public. Q Ne
pourrait-on pas voir l ’amphithéâtre comme un stimulus fiscal ? R Au Québec, dès que le gouvernement décide de construire quelque chose, il y a une levée de boucliers. Alors l’investissement arriverait probablement bien après la récession. Q La
récession diminue-t-elle la valeur des équipes ? R Ça va aider l’investisseur qui va vouloir a mener l’équipe. Le prix sera probablement abaissé de 10 % à 30 %. Quebecor pourrait être intéressée parce qu’elle aime acheter à bas prix. Mais il faudra payer une compensation pour entrer dans le marché du Canadien. Pour la Caroline, c’était de l’ordre de 10 à 15 millions payés à Washington, mais pour Hamilton, on a parlé de 100 millions payés à Toronto. Q Quel
s erait l ’ i mpact du retour d’une équipe de la LNH à Québec pour le Canadien ? R Ce n’est ja mais bon de perdre un monopole. Les acheteurs de publicité et les contrats de télé seraient plus concurrentiels. Le marché du nord du Québec est intéressant, on l’a vu avec la guerre des brasseries à l’époque. Q La
disparition des Nordiques avait donc été bénéfique pour le Canadien. R C’est di f f i c i l e à di r e , parce qu’il y a eu le lockout et la baisse de la valeur du dollar.

Régis Labeaume attise l’espoir  -  Frédéric Denoncourt
Retour des Nordiques à Québec
Le maire Régis Labeaume a continué d’alimenter la machine à rumeurs hier en arborant fièrement le chandail des Nordiques lors d’une entrevue avec Jean-René Dufort.
Le maire de Québec Régis Labeaume a accordé une entrevue à Jean-René Dufort de l’émission Infoman vêtu d’un chandail au logo des Nordiques.
« Vous n’allez pas nous ramener ça, les Nordiques? On était tannés!» a lancé Infoman au maire de Québec, qui lui accordait une entrevue sur la Grande-Allée, où il était venu présenter une candidate.
« C’est pas vrai ! Vous avez le goût de recommencer à nous haïr! a répliqué M. Labeaume. Tout le monde a hâte à ça. »
Quelques minutes avant l’arrivée de Jean-René Dufort, Régis Labeaume s’était éclipsé pour aller revêtir un chandail des Nordiques acheté à New York il y a quelques jours, après sa rencontre avec le commissaire de la Ligue nationale de hockey, Gary Bettman.
«C’est pour quand, le premier match ? » a poursuivi Infoman. « Ça, c’est pas clair encore! La date n’est pas encore déterminée. Venez nous revoir la semaine prochaine », a répondu le maire.
Le maire de Québec ne cesse depuis quelques jours d’apporter de l’eau au moulin de tous ceux qui croient que le retour d’une équipe de la LNH est une réelle possibilité. M. Labeaume a-t-il déjà obtenu certaines ga ra nties de M. Bettman ? Ce serait très surprenant. Chose certaine, Régis Labeaume fera une annonce importante jeudi ou vendredi dans ce dossier. « Il nous reste du travail à faire d’ici là. »
Interrogé pour savoir s’il attendrait le retour d’Espagne de Mario Bédard, qui a déployé d’importants efforts depu is u n a n pou r fa i re construire un nouvel amphithéâtre, le maire a répondu par la négative. « M. Bédard a été mis au courant de ce qu’on faisait et de notre rencontre avec M. Bettman. Alors ce qu’on attend, ce sont des rapports. Il y aura les plans et les montages financiers et peut-être des chiffres nouveaux, mais pas de surprise pour personne. »
«Ce qu’on va vous dire dans les prochains jours va être très exact, on va savoir exactement où on s’en va. Il y a un itinéraire dans tout ça. Ça ne se fera pas du jour au lendemain», a enchaîné M. Labeaume.
Depuis son retour de New York, le maire continue de faire avancer le dossier. Il s’est par contre défendu de vouloir récolter tous les mérites d’un éventuel retour du hockey de la LNH à Québec en faisant une grosse annonce en pleine campagne électorale.

La rivalité entre Montréal et Québec renaîtra-t-elle ?
Des investisseurs pourraient avoir envie de ressusciter les Nordiques
La vente du Canadien à la famille Molson ravive le rêve de plusieurs amateurs de hockey à l’autre bout de l’autoroute 20. Des promoteurs espèrent que l’effervescence qui a entouré la vente du Tricolore incitera des investisseurs à ramener les Nordiques à Québec.
Le dernier match des Nordiques à Québec, le 14 mai 1995.
Au cours des dernières années, plusieurs groupes ont affiché le désir de construire un nouvel amphithéâtre dans la Vieille Capitale pour y ramener une franchise de la Ligue nationale de hockey (LNH).
Or, si trois consortiums québécois et deux investisseurs étrangers étaient intéressés à acquérir le Canadien, il est bien possible que des gens d’affaires soient intéressés à investir dans le retour des Nordiques, croient d’éventuels promoteurs.
« Si ces gens sont intéressés à acheter le Canadien, pourquoi est-ce qu’il n’y aurait pas de l’intérêt pour ramener le hockey à Québec ? demande Mario Bédard, qui pilote le projet J’ai ma place. Et peut-être à coût moindre que ce que ça coûtait pour acheter le Canadien. »
Nouvel amphithéâtre
M. Bédard ne milite pas pour un retour des Nordiques comme tel. Il souhaite plutôt construire un amphithéâtre pour remplacer le défunt Colisée. Son objectif : y tenir des spectacles d’envergure. Mais il convient que son projet gagnerait beaucoup de l’arrivée d’un promoteur qui souhaiterait ramener le hockey professionnel à Québec.
Mark Charest, qui dirige LNH Québec, estime que la stratégie de la Ligue, qui consiste à établir plusieurs équipes dans le Sud des États-Unis, est un échec. Il a bon espoir que des propriétaires seront prêts à déménager leur club dans un marché où le hockey est déjà plus populaire. À condition qu’il y ait un auditorium qui puisse l’accueillir.
Son groupe souhaite donc bâtir un amphithéâtre à SaintAugustin-de-Desmaures, une banlieue à l’ouest de Québec. La facture de base serait de 320 millions. C’est une pente abrupte, mais la vente du CH change la donne, croit M. Charest.
« Que la propriété du Canadien revienne à un investisseur québécois, pour nous, ça crée un engouement additionnel, a-t-il indiqué. On voit qu’il y a un engouement pour le hockey au Québec. »
Les groupesquébécois quin’ont pu mettre la main sur le CH, celui mené par Quebecor Média ou celui de Charles Bronfman, pourraient bien être tentés d’investir dans le retour des Nordiques.
Le gouvernement québécois aidera
Chose certaine, l’argent offert par Québec pour faciliter l’achat de la Sainte Flanelle sera sur la table si des investisseurs souhaitent le retour de leurs anciens rivaux. Le gouvernement avait offert des prêts de 100 millions par le biais d’ Investissement Québec ou de la Société générale de financement (SGF) pour encourager des investisseurs locaux. Mais tout indique que les Molson n’en auront finalement pas besoin.
« Il faut que le plan d’affaires soit bon, il faut que le projet soit rentable, il faut qu’il y ait des capitaux derrière, affirme le ministre des Finances du Québec, Raymond Bachand. Si ces conditions sont remplies, je ne vois pas pourquoi, si les gens ont de la difficulté à se financer, on ne pourrait pas avancer un prêt de 100 millions, avec intérêts, dans des conditions similaires. »
La porte-parole de Quebecor Média, Isabelle Dessureault, n’a pas rappelé La Presse, hier. L’entreprise a fait savoir par le biais de sa filiale TVA qu’elle n’étudie aucun projet pour ramener la LNH à Québec.
Le Fonds de solidarité, lui, n’a pas fermé la porte à la possibilité de s’impliquer financièrement dans un deuxième club au Québec. « Nous étudierons toutes les demandes qui nous seront soumises, comme le veut notre politique interne », a indiqué Josée Lagacé.



Initiation au soccer  -  Stéphane Laporte
C’est l’heure du cours d’éducation physique pour la classe de quatrième année C de l’école primaire Notre-Dame-de-Grâce. On a hâte. Le mardi matin, on joue au hockey cosom. Je plie la palette jaune de mon bâton en plastique pour la courber au max. Je suis prêt. Monsieur Thibault arrive enfin. Il a dans ses mains un ballon. Pas la petite balle trouée du cosom. Un gros ballon rond.
« Aujourd’hui, on va jouer au soccer. — Au sucker??? — Non O’Brien, au soccer! En Europe, ils diraient au football!
— Au football! Mais on est en culottes courtes...
— Pas le football américain, le football tout court, comme tes culottes!
Le prof nous explique rapidement les rudiments de ce nouveau sport. On le connaît déjà un peu. On a déjà vu des gens jouer à ça dans des films français. À moins que ce soit la pétanque?
— Écoutez, la gang ! Vous n’avez pas le droit de toucher au ballon avec vos mains, mais vous pouvez le cogner avec votre tête. — Sauf Allard? — Pourquoi? — P a r c e q u ’ i l n ’a p a s de tête... »
Pauvre monsieur Thibault ! Il n’a pas devant lui des athlètes très ouverts d’esprit. On n’a pas envie d’assimiler toutes les subtilités du soccer. Nous, on voulait jouer au hockey, alors on va jouer au soccer comme on joue au hockey. Trois attaquants, deux défenseurs et un gardien. Je laisse mon bâton de côté. Et j ’y vais avec les pieds. Pas facile, surtout lorsque l’on a les pieds croches. Quoique pour confondre la défensive adverse, c’est presque un avantage.
On ne sait pas trop quoi faire de nos mains. Les plus fringants se poussent à qui mieux mieux. Les plus amorphes se jouent dans le nez. Y’a même Allard qui mange son lunch en même temps qu’il doit garder les buts. Ça fait 30 minutes que l’on joue, toujours zéro à zéro. On a beau se forcer, on a beau essayer, ça ne fonctionne pas, y’a toujours un mur dans le chemin. Et le ballon n’est jamais du même côté que nous. Comme s’il nous snobait. Comme si on ne le méritait pas. Parce que trop incultes. On dirait qu’il veut rebondir jusqu’en Europe.
Soudain le petit Éric David se choque. Il crie, avec son accent pointu. Son père est français, un vrai, de France:
« Mais c’est pas ça du tout, le foot! D’abord, ça ne se joue pas à 6, ça se joue à 11. Et puis le filet, ça va pas ! Comment voulezvous que l’on fasse un goal dans des filets de hockey? Ça prend un filet beaucoup plus grand. Au moins six fois plus grand! »
Le prof se sent un peu remis en question. Il répond sur la défensive: « Écoute, Éric, je le sais que les filets de soccer sont plus grands, mais on n’en a pas des filets grands de même dans le gymnase. Tout ce qu’on a, ce sont des filets de hockey... »
« Alors jouons au hockey! » lance Garant. Tout le monde l’applaudit. Monsieur Thibault hausse les épaules: « Vous voulez jouer au hockey, ben jouez au hockey! » Et il s’en va! Yeah! On reprend nos bâtons, on se trouve une balle, et go Habs go! Le temps de le dire, et c’est déjà 5 à 2 pour nous.
La cloche sonne, c’est l’heure du dîner. On sort dehors. Éric David a ramassé le ballon de soccer. Il se met à dribbler. Son amie Johanne s’est mise devant la grosse clôture qui borde la cour d’école. Ils s’en servent comme filet. Il faut viser entre deux des poteaux. On s’invite dans leur jeu. Et bien vite on est 22 à courir après le ballon. La clôture de l’autre côté est devenue le filet de l’équipe adverse. Ça crie, ça rit, ça s’amuse. Autant en dedans le soccer, c’était plate, autant dehors, le soccer, c’est rond. C’est bon.
Quarante ans plus tard, rien n’a changé. Le hockey, c’est notre sport maison. Le soccer, c’est notre sport de récréation. Le hockey, c’est en dedans. Le soccer, c’est dehors. Le hockey est en nous. Le soccer est devant nous.
Aujourd’hui, il y a la grande finale de soccer au stade Saputo. L’Impact peut gagner le championnat. Et au Centre Bell, il y a le septième match d’une très longue saison de hockey. Le Canadien ne peut pas gagner grand-chose. Il peut plutôt perdre la face devant Kovalev et les Sénateurs. Pourtant pour la plupart des Montréalais, le match de la journée, c’est celui-là.
Le soccer est un sport qu’on nous a appris. Le hockey est un sport que l’on a toujours connu. Vous me direz que, maintenant, il y a plus de gamins qui jouent au foot que de gamins qui jouent au hockey, ça ne change rien. Le hockey fait partie de leur code génétique quand même. Le foot, ici, n’a pas encore de mythologie. Il n’a pas de Richard, Béliveau, Lafleur, Roy qui ont écrit l’Histoire. Le Manic n’a pas laissé de légendes. Peut-être que les joueurs de l’Impact commencent tranquillement à écrire celle du football au Québec, mais le Canadien a tellement d’avance qu’il ne faut pas s’étonner que ce soit le CH qui arrive premier dans nos coeurs, même avant que la première neige soit tombée.
Hal Gill n’y est pour rien. Mais Émile Bouchard y est pour beaucoup.
Bonne chance à l’ I mpact, bonne chance au Canadien... et à Kovalev!





Une opération « payante », dit Bachand  -  Tommy Chouinard
QUÉBEC — Québec fera une bonne affaire en attribuant un prêt de 75 à 100 millions de dollars à la famille Molson pour l’achat du Canadien de Montréal, estime Raymond Bachand, ministre des Finances. Cette opération lui rapportera de 7 à 9 millions de dollars par année.
Les Molson ont décidé de cogner à la porte du gouvernement Charest après que la banque américaine CIT, qui devait leur prêter 275 millions de dollars, se fut retirée du financement de la vente en raison d’ennuis financiers.
Le gouvernement avait déjà proposé un prêt d’Investissement Québec pouvant aller jusqu’à 100 millions à tout acheteur québécois. Les Molson avaient décliné cette offre au départ.
Le ministre a souligné que «si le taux est entre 7% et 9%» – les chiffres qui circulent à l’heure actuelle –, Québec empochera «de 7 à 9 millions de dollars par année» dans l’éventualité où le prêt s’élève à 100 millions. «C’est payant!» a lancé M. Bachand.
Le transfert du CH et du Centre Bell, propriété de George Gillett n’est toujours pas conclu.


Vente du Canadien : Québec allongera 75 millions  -  Denis Lessard
QUÉBEC — Le gouvernement Charest allongera jusqu’à 75 millions – un prêt d’Investissement Québec – pour assurer la conclusion de la transaction de la vente duCanadien à la famille Molson.
Annoncé le 20 j uin, le transfert du club et du Centre Bell de George Gillett à un groupe d’actionnaires où la famille Molson sera majoritaire n’est pas encore conclu, à deux semaines du début des camps d’entraînement et à un mois du début de la saison régulière.
Bien que Gillett souhaitait que la transaction soit réglée fin août, les discussions doivent se poursuivre entre les Molson et le gouvernement du Québec, a appris La Presse. Pas de panique toutefois, de part et d’autre de la table, on comprend que ces dates butoirs restent amovibles. En mai dernier, le groupe Gillett avait multiplié les échéances, autant d’ultimatums inutiles.
Pour le patron de la Banque de Montréal, Jacques Ménard, ces délais ne doivent pas semer le doute sur l’issue des discussions. « Pour moi il y a une entente, il n’y a pas de doutes, et cela devrait être annoncé dans le détail quelque part en septembre », explique celui qui avait été mandaté par George Gillett pour l’opération de vente du Canadien.
Pour Luc Beauregard, porteparole des Molson, « il n’y a pas d’embûches majeures ». Ces discussions juridiques à plusieurs partenaires sont parfois longues. Une annonce aura d’ailleurs lieu dès cette semaine, qui précisera le poids relatif des principaux actionnaires.
On sait déjà que l’on trouvera, avec les Molson, BCE, le Fonds de solidarité FTQ et la famille Thomson par l’entremise de sa société d’investissement Woodbridge Company, a confirmé M. Beauregard hier.
L’ensemble du portrait de famille sera dévoilé plus tard, a-t-il expliqué.
Volte-face
Conf ident iel lement , a appris La Presse, le Conseil des ministres à Québec a donné, au début de l’été, le mandat à Investissement Québec de négocier les conditions d’un prêt selon des conditions précises. C’était une volte-face par rapport à juin – le ministre Raymond Bachand, alors responsable du Développement économique, avait d’abord indiqué que Québec était disposé à prêter 100 millions de dollars aux acheteurs. Mais tout de suite après l’annonce de la transaction, le ministre avait indiqué que les acheteurs n’auraient pas besoin de cette intervention.
La volte-face de Québec s ’ explique. Durant l ’ été, le banquier habituel du Canadien depuis trois ans, la banque américaine CIT, a frôlé la faillite et s’est subitement retiré du financement de la vente. Originellement, la banque devait prêter les quelque 250 millions nécessaires aux acquéreurs sans qu’il y ait besoin d’intervenir pour le gouvernement Charest.
Avec une créance de second rang, le gouvernement devra demander un taux d’intérêt légèrement supérieur au marché – on parle de 7 à 9%. La Ligue nationale exige que tout acheteur de franchise ait au moins 50% de capital à investir – le reste peut se financer par emprunt. La transaction pour l’achat du Canadien, du Centre Bell, de la compagnie de spectacles et de l’aréna de Brossard – lieu des entraînements – tourne autour de 500 millions de dollars canadiens.
C’est la Banque Nationale qui va jouer le rôle de banquier principal, bien qu’elle compte partager cette créance avec d’autres institutions financières.
Propriété québécoise…
Une des condit ions de Québec demeure intouchable. La propriété du club doit rester à majorité québécoise. Or, c’est là que le bât blesse. En dehors des deux ou trois principaux actionnaires – avec les Molson en tête –, on trouve une poignée d’investisseurs, une demi-douzaine, confie-t-on, dont le niveau de participation prévisible fluctue encore au fil des semaines. Certains se sont même désistés en cours de route et d’autres sont apparus. C’est ce qui fait que la transaction n’est pas encore confirmée.
Car Québec ne signera pas de chèque tant que tout le monde n’aura pas fait son lit, explique-t-on.
Parmi les act ionnai res minoritaires, quelques surprises ; Luc Bertrand, par exemple, qui serait prêt à injecter quelques millions dans le CH. Il joue un rôle de négociateur pour les Molson. Joint hier, l’ancien président de la Bourse de Montréal n’a pas nié, mais a souligné que c’était Luc Beauregard – l’ancien patron de National – qui était seul porte-parole pour cette transaction. D’autres personnalités connues dans les cercles d’affaires montréalais seront du nombre des « actionnaires » du club, indique-t-on.
Le changement de propriété risque aussi d’être la fin de la carrière de Pierre Boivin à titre de président du Canadien. Ce dernier n’a pas fait mystère de son départ à des proches. Il s’était rapproché d’un des acheteurs potentiels qui n’a pas été retenu. Au surplus, l’un des frères Molson, Geoffrey, a l’oeil sur la présidence du club, indiquent des sources proches de ces tractations.
Selon d’autres rumeurs, Québec tient aussi à ce que la qualité du club soit préservée. Une équipe professionnelle n’a guère d’autre valeur que son succès. Pour s’assurer qu’un nouveau propriétaire, avide de profit, ne se contente pas de recruter des joueurs de second plan, l’acquéreur pourrait devoir s’engager à consentir en rémunération au moins 75, voire 80% du plafond salarial chaque année, semble-t-il.



GO HABS GO! -  Geoff Molson
D’ici à la clôture de la transaction, les décisions au sujet du Canadien relèvent de l’équipe en place
Notre intention est d’être propriétaires pour longtemps et de nous efforcer de ramener la Coupe Stanley à Montréal.
L’auteur est le leader du groupe de gens d’affaires qui a conclu une entente de principe avec George Gillett pour l’achat du club de hockey Canadien.
Avec mes frères Andrew et Justin, je tiens à exprimer notre grande reconnaissance à la population de Montréal et de l’ensemble du Québec, ainsi qu’aux partisans du Canadien partout ailleurs, pour l’appui formidable qui nous a été témoigné depuis que nous avons annoncé notre offre d’achat.
Le Canadien et le hockey sont une passion pour nous, tout comme le Tricolore est un élément important de la culture et de la vie quotidienne de Montréal – la ville dans laquelle notre famille est établie depuis très longtemps.
Nous avons décidé de déposer une offre d’achat pour le Canadien maintenant parce que la chance d’acquérir une équipe comme celle-là est l’occasion d’une vie. Nous sommes à une étape de notre vie où nous sommes prêts à relever ce type de défi. C’est une occasion que nous ne pouvions pas laisser passer.
Il y a eu beaucoup d’interrogations dans les médias et parmi les partisans concernant les différents aspects de la transaction visant à acquérir les 80,1% de l’équipe ainsi que le Groupe Spectacle Gillett et le Centre Bell. Il faut comprendre que la transaction a fait l’objet d’une entente de principe, mais qu’elle n’a pas encore été conclue et on ne prévoit pas qu’elle le soit avant la fin de l’été.
On sait que Molson Coors Brewing Company détient déjà une participation de 19,9% dans l’équipe et le Groupe Spectacle Gillett. Le Fonds de solidarité des travailleurs du Québec et BCE ont confirmé qu’ils seraient nos partenaires dans la transaction visant à acquérir les intérêts restants. Ajoutons que la compagnie Woodbridge sera avec eux dans le capital de l’entreprise. Woodbridge contrôle CTVglobemedia, qui possède RDS, la chaîne de télévision diffusant les parties du Canadien en français. Nous avons également plusieurs autres partenaires montréalais dont les noms seront divulgués en temps opportun.
Plusieurs s’interrogent sur nos intentions et nos vues sur un certain nombre d’enjeux, tant en ce qui concerne ce qui se déroule sur la patinoire que sur d’autres aspects. Comme nous ne sommes pas encore propriétaires de l’équipe, il est difficile pour nous de faire des commentaires sur plusieurs des questions que se posent les médias et les partisans.
George Gillett est propriétaire de l ’ équipe jusqu’à la clôture de la transaction. George Gillett et Pierre Boivin ont été très aimables et nous ont informés de leurs plans actuels. Nous connaissons George Gillett et sa famille depuis plusieurs années et nous avons confiance en leur bon jugement quant aux décisions sur l’avenir de l’équipe qui devront être prises pendant la transition.
En ce qui concerne la performance de l’équipe à court terme et à long terme, nous sommes des partisans et nous réagissons aux succès et aux déboires du Canadien de la même manière que l e s aut r e s pa r t i s a ns . Comme eux, nous aimerions voir une équipe gagnante sur la glace chaque année.
Tout le monde sait que c’est un gros défi. La LNH est aujourd’hui une ligue extrêmement compétitive avec des plafonds salariaux et un haut degré de parité entre les équipes. Il est plus difficile que jamais de bâtir un prétendant à la Coupe. Nous sommes motivés à relever le défi et à nous assurer que l’équipe soit compétitive chaque saison. Notre intention est d’être propriétaires pour longtemps et de nous efforcer de ramener la Coupe Stanley à Montréal.
En tant que membres d’une famille établie à Montréal depuis plus de deux siècles et qui a longtemps été associée aux Canadiens de Montréal, nous sommes extrêmement fiers de pouvoir redevenir les propriétaires de cette équipe légendaire, lorsque sera conclue la transaction.
Nous remercions tous ceux qui nous communiqué leur appui au cours des derniers jours. Comme on dit au Centre Bell : Go Habs Go !



Les années Gillett, entre ombre et lumière -  Jean-François Bégin
Le défi des Molson est de redonner enfin aux partisans du Canadien une équipe dont ils puissent être fiers autrement que par réflexe conditionné par le marketing, une équipe capable d’éviter la répétition des déboires de la saison qui vient de s’achever.
Quand il est venu se promener autour du ring au combat PascalDiaconu, vendredi soir, George Gillett affichait la mine satisfaite de l’homme qui sait qu’il va gagner le gros lot. On comprend maintenant pourquoi.
Cinq cents millions de dollars, ce n’est pas rien. Surtout quand on se souvient que Gillett a payé moitié moins, il y a huit ans, pour mettre la main sur le joyau du patrimoine sportif québécois, son amphithéâtre et la division spectacles de Molson.
Cette plus-value remarquable est à la mesure du rétablissement spectaculaire opéré par le Canadien et ses compagnies soeurs sous la houlette de la famille Gillett. L’équipe tristounette dont presque personne ne voulait quand l’homme d’affaires du Colorado en a fait l’acquisition avec l’aide de la Caisse de dépôt et placement du Québec est devenue au fil des ans une véritable planche à billets.
La remontée du dollar canadien y a été pour quelque chose. Le principal poste de dépenses du Canadien, le salaire des joueurs, est en dollars américains, alors que les revenus – billetterie, commandites, droits de télé, produits dérivés – sont presque tous en dollars canadiens. C’est une évidence: le Canadien, comme les cinq autres équipes canadiennes, se porte mieux quand le huard plane autour de 90¢ US que lorsqu’il fait du rase-mottes à 60¢, comme c’était le cas à l’époque où Gillett est arrivé à Montréal.
Mais le succès financier du club, qui aurait généré des profits de 45 millions en 2007-2008, est surtout attribuable au travail colossal de l’équipe de direction du Canadien. Grâce entre autres à un lucratif contrat avec le Réseau des Sports, le club est devenu omniprésent dans le paysage médiatique. Les matchs du Canadien sont disputés à guichets fermés depuis 2005 et la liste d’attente pour les abonnements de saison compte des milliers de noms. Les initiatives de marketing – retraits des chandails des grands joueurs de l’histoire du Tricolore, soirées rétro, présentations d’avant-match jazzées, etc. – se sont multipliées à un rythme fou.
Au travers de tout ça, on a réussi à rajeunir le public de l’équipe et à rendre le Canadien désirable pour une génération qui a pourtant peu ou pas connu les heures de gloire de ce club centenaire. La 24e et dernière conquête de la Coupe Stanley, faut-il le rappeler, remonte à 1993. Seize ans, c’est long.
C’est d’ailleurs là le principal reproche qu’on peut adresser à George Gillett au moment où son règne s’achève. Même si son engagement envers le club ne s’est jamais démenti, le remarquable succès financier du Canadien, qui se situe année après année parmi les trois clubs les plus lucratifs de la LNH, a eu très peu d’échos sur la patinoire.
Le bilan comptable est étincelant, mais le palmarès sportif est bien peu étoffé, malgré l’embauche, il y six ans déjà, de Bob Gainey à titre de directeur général. Un des rares faits saillants aura été la première place dans l’Association de l’Est, tions de certains joueurs et élimination en quatre coups de cuiller à pot par les Bruins en première ronde des séries.
Il faudra que les Molson trouvent le moyen de refaire du Canadien de Montréal une équipe gagnante, à la hauteur de la belle histoire de son premier siècle d’existence, qu’on nous a servie à toutes les sauces depuis un an. Une équipe qui fait plus d’efforts pour recruter des joueurs québécois, aussi. Et une équipe qui rêve vraiment à la Coupe Stanley, au lieu d’être satisfaite de se qualifier pour les séries.
Il va se passer beaucoup de choses au cours des 10 prochains jours. Le repêchage amateur aura lieu vendredi à Montréal et pourrait être le théâtre de transactions majeures – y compris, rêvons un peu, l’échange qui amènerait finalement Vincent Lecavalier à Montréal. Le CH aura aussi l’occasion de frapper un grand coup le 1er juillet, date à laquelle les joueurs admissibles obtiennent leur autonomie.
Pour le Canadien, l’avenir commence maintenant. Avant que la vente de l’équipe ne soit finalisée et avant, donc, que les Molsonneprennent les commandes, comme l’a rappelé avec insistance leur porte-parole, hier. Façon de se dédouaner au cas où les choses ne tourneraient pas comme la direction du CH l’espère? Je l’ignore. Mais il me semble que si j’avais en poche une entente de principe pour une transaction de plus d’un demi-milliard, j’aurais l’impression d’avoir gagné le droit d’être consulté sur les prochains gestes que fera l’équipe. en 2007-2008. Mais en sept saisons, l’équipe n’a remporté que trois séries éliminatoires, sans jamais parvenir à franchir le second tour. Même dans une ligue à 30 équipes où règne la parité, ce n’est pas assez. Pas à Montréal, en tout cas.
Le défi des Molson est de redonner enfin aux partisans du Canadien une équipe dont ils puissent être fiers autrement que par réflexe conditionné par le marketing, une équipe capable d’éviter la répétition des déboires de la saison qui vient de s’achever : congédiement de l’entraîneur, manchettes tapageuses sur les fréquenta-




Le patrimoine des Molson -  Sophie Cousineau
Les Québécois méconnaissent les Molson. Surtout, ils mésestiment leur attachement à Montréal. Pourtant, aucune autre famille n’a autant marqué la ville.
C’ e s t a s sez i ronique, quand on y repense. Lorsque le Canadien de Montréal a été mis en vente, à la fin mars, la famille Molson ne figurait même sur les listes de prétendants ! Il n’y en avait que pour Guy Laliberté, Serge Savard, René Angélil, Pierre Karl Péladeau et autres multimillionnaires exubérants.
John Molson était un formidable entrepreneur. Il a notamment ouvert une banque qui comptait 125 succursales lorsque la Banque de Montréal l’a acquise, en 1925. Ci-dessus, un billet de 20$ de la BanqueMolson daté de 1904.
Personne n’a songé aux Molson, une famille qui semblait s’effacer depuis que la fusion avec Coors a entraîné le déménagement du centre décisionnel de la brasserie montréalaise au Colorado. à sa naissance, à son mariage et à son décès.
Eric Molson, le père d’Andrew, de Geoff et de Justin, les frères qui ont conclu un accord pour racheter le Canadien, a toujours adhéré à cette maxime. Les entrevues de ce chimiste réservé se comptent sur les doigts des deux mains.
Ses fils Andrew et Geoff sont plus visibles, toutes proportions gardées. Andrew, l’aîné de 41 ans, travaille en relations publiques ! Cet ex-porte-parole de la Bourse de Montréal est l’un des dirigeants du cabinet National. Quant à son frère Geoff, 38 ans,
En fait, n’eût été de la présence d’Andrew et de Geoffrey Molson au conseil d’administration de la Molson Coors Brewing Co., le partenaire de George Gillett avec une participation de 19,9%, les frères Molson n’auraient jamais montré leur jeu. C’est ce conflit d’intérêts qui les a forcés à mettre cartes sur table et à se retirer des délibérations.
Cette discrétion est à l’image de la famille Molson depuis des décennies. Un vieux dicton raconte que le nom d’un Molson ne doit paraître dans les journaux que trois fois sa vie durant : il fait mousser les ventes de bière chez Molson Canada.
Malgré cette présence timide, les Molson passent encore inaperçus lors des matchs auCentreBell. Les Québécois méconnaissent les Molson. Surtout, ils mésestiment leur attachement à Montréal. Pourtant, aucune autre famille n’a autant marqué la ville.
On se souvient de John Molson comme du fondateur d’un empire brassicole. Mais on ignore à quel point cet orphelin qui a émigré d’Angleterre en 1782, à l’âge de 18 ans, était un formidable entrepreneur.
John Molson a fait construire le premier bateau à vapeur qui sillonnera le Saint-Laurent , début d’une flotte qui fera de ce brasseur le plus grand armateur d’Amérique du Nord. Il a financé la construction du premier chemin de fer au pays, le Champlain & St . Lawrence Railroad.
John Molson a exploité une cour à bois et un luxueux hôtel. Tout comme il a ouvert une banque qui comptait 125 succursales lorsque la Banque de Montréal l’a acquise, en 1925. Il a fait construire le premier théâtre et le deuxième hôpital de la métropole, l’Hôtel-Dieu ne suffisant plus à la demande.
Cet héritage est encore bien visible à Montréal. Il y a la brasserie de la rue Notre-Dame, dont les silos et l’horloge octogonale dominent le panorama. Il y a le stade Percival-Molson qui vibre à la clameur des partisans des Alouettes. Il y a l’ancienne Banque Molson, un bijou de l’architecture du Second Empire, rue Saint-Jacques…
Les Molson ont fait bien des choses, mais ils n’ont pas fondé le Tricolore. C’est Ambrose O’Brien, un amateur de hockey d’Ottawa, qui en a eu l’idée, en 1909. Toutefois, les Molson sont ce qui se rapproche le plus des propriétaires patrimoniaux du club.
Acheté en 1957 par le sénateur Hartland de Montarville Molson et son frère Thomas, le Tricolore restera aux mains de l’entreprise familiale jusqu’en 2001. Seule exception: un interlude de six ans, dans les années 70. Les cousins David, William et Peter, à qui la famille avait cédé le Canadien à prix d’ami, revendront l’équipe aux frères Peter et Edward Bronfman – ce qui a provoqué une belle chicane de famille. La brasserie rachètera l’équipe au prix fort, en 1978.
Les jeunes frères Molson sontils des acheteurs sentimentaux ? Est-ce la raison qui explique pourquoi ils ont allongé une somme formidable qui dépasserait les 500 millions de dollars ?
Il y a des précédents. Lorsque Bombardier a vendu sa filiale qui produit des motoneiges, jugeant que cette activité ne cadrait plus avec le matériel de transport, la famille BeaudoinBombardier a réinvesti dans ce fabricant de Valcourt. Il lui était inconcevable de se dissocier de ce patrimoine familial.
Ou, est-ce parce que le Tricolore, son amphithéâtre et la division spectacles sont plus rentables que tous pensaient ? Peut-être, encore, que les frères Molson croient au projet immobilier de Cadillac Fairview qui s’esquisse autour du Centre Bell, George Gillett étant de mèche avec ce promoteur.
Chose certaine, les Molson n’ont apparemment eu aucun mal à financer cette acquisition. Ils ont levé le nez sur le prêt de 7% à 9% que Québec leur offrait, un taux pourtant sympathique en récession.
Ils ont trouvé en BCE et la fami l le Thomson des al l iés dans le club du « anybody but Quebecor ». BCE, surtout, avait tout à perdre de la vente de l’équipe au câblodistributeur. Quebecor aurait usé de son accès aux matchs et aux spectacles pour promouvoir son service sans fil et rivaliser avec Bell Mobilité. L’entreprise aurait tout fait pour casser le contrat de commandite qui donne son nom au Centre Bell jusqu’en 2022. Et elle aurait pris le relais du Réseau des sports en 2013 pour la diffusion des parties de hockey. Or, RDS appartient à CTVglobemedia, dont BCE détient encore 15% des actions.
Pour la même ra ison, la richissime famille Thomson, qui détient 40% de CTVglobemedia par l’entremise de son holding Woodbridge, aurait été tout aussi mécontente.
Les ennemis de mes ennemis ne sont-ils pas mes meilleurs amis ?


Un club plus francophone, croit Guy Lafleur
« Je pense que ça va enlever la peur que certains joueurs ressentent à l’idée de venir à Montréal », a dit l’ancien numéro 10 des Canadiens.
Les Molson imprimeront vite leur marque sur le Canadien de Montréal, croit Guy Lafleur. Le légendaire attaquant estime que les nouveaux propriétaires devraient favoriser la venue de joueurs francophones au sein de l’organisation.
« J’ai l’impression qu’ils vont tout faire pour que cette équipe soit représentative de la ville, autant au niveau de la glace qu’en dehors, a dit Guy Lafleur en marge d’une séance d’autographes, hier. Il pourrait y avoir plus de francophones. »
L’ancien numéro 10 connaît bien les Molson, qui étaient propriétaires du club lorsqu’il s’y est joint au début des années 70. La famille, enracinée à Montréal depuis plus de 200 ans, voudra restaurer le caractère francophone de l’équipe, à l’image de la métropole.
« J’ai l’impression qu’ils vont tout faire pour que cette équipe soit représentative de la ville, autant au niveau de la glace qu’en dehors, a-t-il affirmé en marge d’une séance d’autographes, hier. Il pourrait y avoir plus de francophones. »
Le Tricolore pourrait changer de look dans les prochains jours, puisque plusieurs de ses joueurs, dont Saku Koivu, Alex Kovalev, Alex Tanguay et Mike Komisarek, deviendront des agents libres le 1er juillet. Guy Lafleur a bon espoir que l’arrivée des nouveaux propriétaires incitera d’éventuels joueurs autonomes à se joindre à la formation.
« Je pense que ça va enlever la peur que certains joueurs ressentent à l’idée de venir à Montréal, a-t-il indiqué. Dans mon cas, quand j’ai évolué pour la famille Molson, on a toujours été traités aux petits oignons. C’était vraiment le fun de jouer pour des propriétaires comme ça. »
Dickie Moore, qui a porté l’uni forme bleu-blanc-rouge pendant 12 saisons, est encore plus optimiste. « Ils vont gagner la Coupe Stanley ! » s’est-il exclamé lorsque rencontré à la Marche du courage, un rassemblement annuel contre le cancer de la prostate.
Le maire heureux
Le maire Gérald Tremblay a également bon espoir que les nouveaux propriétaires mèneront l’équipe aux grands honneurs. Il se dit ravi que la Sainte Flanelle ait été achetée par des investisseurs québécois.
« Ça nous soulage, a-t-i l confié. Quand on voyait qu’il y avait des gens de l’extérieur du Canada qui étaient intéressés, on avait des doutes sur le genre de partenariats qui pouvaient être formés. »
Joey Saputo, qui prenait part à la Marche du courage avec MM. Moore et Tremblay, avait affiché son intérêt pour le Canadien au début du processus de vente. Mais le président de l’Impact s’était retiré de la course. « Le processus ne se déroulait pas comme je le souhaitais », a-t-il résumé.
Il a félicité Geoff Molson pour avoi r remporté la mise, et s’est dit « heureux pour lui ».
« Si je me projette 40 ans dans le futur, si j’étais dans la même position, je serais heureux que mes enfants puissent acheter mon club avec l’appui de la ville », a-til affirmé. Les frères sont devenus la troisième génération de Molson à deveni r propr iétai res du Canadien de Montréal, samedi. Ils ont battu au fil d’arrivée des consortiums menés par Quebecor Media, Charles Bronfman et deux investisseurs étrangers.
Le Fonds de solidarité de la FTQ a annoncé qu’il fait partie de l’équipe qui a acheté le club, confirmant les informations de La Presse. BCE est aussi associé aux Molson, de même que le groupe Thomson, un géant des médias.
« Nos 575 000 actionnaires deviennent par le fait même actionnaires du Canadien de Montréal, c’est une belle fierté », a indiqué Josée Lagacé, porteparole du Fonds.



L’enracinement -  YVES BOISVERT

Cette génération de Molson incarne à merveille la nouvelle génération des gens d’affaires anglophones montréalais: bilingues, profondément attachés à leur ville, soucieux de son succès.
Il y a encore des gens à Montréal prêts à payer trop cher pour quelque chose de montréalais. Juste pour ça, pour cet acte de foi dans l’avenir économique de Montréal, l’achat du Canadien par les frères Molson est une belle nouvelle pour ceux qui aiment la ville.
Quand on regarde à qui on a affaire, il y a une autre belle nouvelle cachée pour Montréal. Cette génération de Molson incarne à merveille la nouvelle génération des gens d’affaires anglophones montréalais : bilingues, profondément attachés à leur ville, soucieux de son succès.
L e s Mol s on , pou r t a nt , auraient pu mille fois refaire leur vie ailleurs, à Toronto ou à New York. Ça s’est vu, sous différents couverts politiques et financiers, dans la communauté d’affaires montréalaise, n’est-ce pas ? Chez ceux qui n’ont pas digéré la montée du nationalisme québécois et la montée en puissance de la classe d’affaires francophone.
Geoffrey Molson, 38 ans, est de la septième génération de Molson à Montréal. Il a étudié aux États-Unis, s’est marié avec une Américaine, a travaillé dans de grandes sociétés aux ÉtatsUnis. C’est donc par choix qu’il est revenu vivre ici. Ses enfants vont à l’école française et, clairement, il est plus qu’ouvert au fait français. Son frère Andrew, 41 ans, a fait son droit à l’Université Laval.
Quelle que soit la valeur de leur raisonnement économique, voilà
Le génie du baloney
Mais voyez comme les temps changent. En 2001, aucun homme d’affaires, aucune entreprise québécoise n’était intéressée à mettre un sou pour acheter le Canadien.
C’était pourtant la même équipe pleine d’histoire et de mythes. Ce grand rassembleur intermittent des Montréalais de toutes langues, religions, convic t ions . . . La dernière conquête de la Coupe n’avait que huit ans. Maurice Richard venait de mourir et nous étions des dizaines de milliers à faire la queue pour passer devant son cercueil. Je veux dire : le lien affectif était fort avec cette équipe.
Mais personne, ici, ne paraissait en vouloir.
George Gillet, lui, était prêt à mettre un sou. Pas tellement plus, mais tout de même un sou.
Quand il a acheté, personne ne prenait Gillett trop au sérieux. Il avait l’air d’un cowboy en mal de divertissement, lui qui sortait d’une faillite et qui faisait ses affaires dans une entreprise d’empaquetage de viande transformée.
Ça sentait un peu le baloney, son histoire. Avez-vous oublié ?
Eh bien, ce matin, c’est lui le génie.
La brasserie Molson a vendu au plus bas, en 2001. Et les frères Molson viennent d’acheter au plus haut en 2009. Je pose une question du dimanche matin: les frères Molson sont-ils optimistes ou émotifs? Dans les deux cas, mieux vaut des acheteurs locaux.
Sauf que… autant on ne pouvait pas prévoir en 2001 que le hockey ferait le grand ménage des gens éminemment mobiles économiquement et socialement… mais qui ont choisi Montréal, et qui viennent de le choisir encore davantage. Ils disent aujourd’hui à tout le monde qu’ils prévoient y prospérer.
Message reçu.
On était tellement content qu’il a eu le club, l’édifice (et les droits de construire en hauteur), l’usine à spectacles en ne versant que quelques millions de dollars. La brasserie Molson et la Caisse de dépôt ont financé l’affaire en plus.
Huit ans plus tard, tout le monde et les frères Molson veulent acheter le Canadien. Gillet reprend son sou et beaucoup d’autres au passage. dans ses finances en déclenchant un lock-out… autant il est présomptueux de penser que les années qui viennent seront un fleuve sportif tranquille.
Cer tes , Montréa l restera Montréal. Mais voyez-vous tous ces sièges vides, ailleurs? Ces équipes soutenues à bout de bras par la ligue, donc les équipes qui font de l’argent, donc Montréal ? La faillite de Phoenix, les autres qui menacent… Tous ces contrats de huit, 10, 12 ans. Ils ne sont pas fous, les agents de joueurs. Ils voient bien que les plafonds salariaux vont baisser, ils savent que c’est l’année ou jamais de signer pour longtemps, au plus fort. Ce modèle économique est-il vraiment prometteur, ou ne va-t-il pas encore foncer tout droit dans le mur?
Leprojet dePierreKarlPéladeau avait une cohérence économique assez évidente. Un empire de médias, qui comprendra bientôt une chaîne spécialisée. Le câble, la téléphonie mobile bientôt, le divertissement. Tout cela semblait s’intégrer brillamment. Il pouvait se permettre de payer « trop cher » parce qu’il allait profiter davantage de cette équipe qu’un simple entrepreneur en transformation des sous-produits de la viande, disons, comme M. Gillett le fut.
Dans le cas des Molson, c’est beaucoup moins clair. D’autant qu’il s’agit de la famille, certes associée de près à la brasserie, mais tout de même à part.
Comme il n’y a pas de lien nécessaire entre la propriété locale et le succès futur de l’équipe.
Il y a cependant ceci, qui n’est pas sans intérêt : le lien entre les propriétaires, l’équipe, son histoire, sa ville, et l’histoire de sa ville. C’est un acte d’enracinement économique éloquent.

Le grand retour des Molson  -  Jean-Pasca l Beaupré
La propriété du Canadien revient en terre québécoise. La famille Molson récupère ainsi le joyau qu’elle avait cédé à George Gillett au début des années 2000. Bien qu’il n’était pas essentiel que le Tricolore et le Centre Bell soient vendus à des intérêts de chez nous, il s’agit indéniablement d’une excellente nouvelle pour les partisans.
L’attachement sentimental des Molson au Canadien ne date pas d’hier : ils ont été propriétaires de l’équipe pendant quatre décennies. Sous leur houlette, le Canadien a engrangé les Coupes Stanley et est devenu une véritable dynastie du sport professionnel. Molson rime avec tradition : ils ont le CH tatoué sur le coeur.
Pour remettre le grappin sur la concession, les frères Geoffrey, Andrew et Justin Molson ont dû ouvrir leurs goussets pour triompher au photo-finish. Jusqu’au fil d’arrivée, le clan Quebecor et Stephen Bronfman leur auront livré une dure bataille. Molson Coors détenant 19,9 % des actions du club, des membres de la famille faisaient partie du conseil d’administration du Canadien. En dernier ressort, les liens étroits qui les unissaient à M. Gillett ont dû peser lourd dans la balance.
M. Gillett a toutes les raisons de sourire à pleines dents. Comme nous l’avions souligné dans nos pages lorsqu’il s’était dit disposé à vendre l’équipe, il existait un danger réel que les nouveaux acquéreurs soient contraints de payer une « prime québécoise » si plusieurs joueurs financiers d’ici devaient s’affronter plutôt que de faire front commun.
C’est exactement ce qui s’est produit : trois groupes du Québec se sont engagés dans une compétition féroce qui a fait monter les enchères. Si bien que, en langage de hockey, M. Gillett a réussi un tour du chapeau. À presque 600 millions, estime-t-on, la somme de la transaction sera la plus élevée qui aura été versée pour une franchise de la Ligue nationale de hockey.
Pour Pierre Karl Péladeau, c’est une occasion en or qui vient de lui glisser entre les doigts. Nul doute que l’acquisition du Canadien aurait cadré à merveille avec la stratégie de convergence de Quebecor. La direction de RDS, qui retransmet les matchs du Canadien, doit respirer mieux ce matin.
À défaut d’une Coupe Stanley, George Gillett aura réussi à faire doubler la valeur du Canadien. Il récolte les fruits de ses efforts judicieux en marketing pour renforcer le sentiment d’appartenance des Québécois à la sainte Flanelle. Pas mal pour un propriétaire américain ! Cela dit, il aura besoin de ses profits substantiels pour renflouer ses finances chaotiques que la crise économique a malmenées.
Bien qu’il s’en défende pour l’instant, il ne serait pas surprenant que Serge Savard revienne au bercail chez le Canadien. Ça mettrait du baume au coeur de l’ancien directeur général qui avait été cavalièrement mis à la porte par le président Ronald Corey dans les années 90.
Les frères Molson héritent d’une franchise beaucoup plus solide que celle dont la famille s’était elle-même départie il y a huit ans. Les partisans inconditionnels s’attendent maintenant à ce qu’ils bâtissent une équipe susceptible d’aspirer à la Coupe Stanley, qui n’a pas paradé dans la rue Sainte-Catherine depuis maintenant 16 ans.



La vente, qui inclut aussi le Centre Bell et le Groupe Spectacles Gillett,
LE CANADIEN VENDU : UNE TRANSACTION D’AU MOINS 500 MILLIONS
... et la plus importante de l’histoire du hockey professionnel
Les Molson ont aussi un partenaire inattendu, confie-t-on à La Presse : le groupe Thomson, qui a fait fortune dans les médias. David Thomson, le président du conseil du groupe Thomson Reuters, est le Canadien le plus riche. Il figure au 24e rang du palmarès mondial des fortunes avec 13 milliards US.
Après des semaines de négociations, l’homme d’a f fai res amér icain George Gillett a cédé le Canadien de Montréal à la famille Molson. Une entente de principe a été rendue officielle, hier soir, scellant une transaction d’au moins 500 millions, la plus importante dans l’histoire du hockey professionnel.
Le prix du Canadien n’a pas été annoncé, pas plus que les partenaires de la famille Molson. Selon nos informations, la vente, qui inclut aussi le Centre Bell et le Groupe Spectacles Gillett, tourne autour de 500 millions.
BCE est associé au groupe Molson, quoique de façon minoritaire. Le Fonds de solidarité de la FTQ, qui avait affirmé que son appui au consortium mené par Quebecor Media n’était pas « exclusif », participe également au montage financier.
Les Molson ont aussi un partenaire inattendu, confie-t-on à La Presse: le groupe Thomson, qui a fait fortune dans les médias. David Thomson, le président du conseil du groupe Thomson Reuters, est le Canadien le plus riche. Il figure au 24e rang du palmarès mondial des fortunes avec 13 milliards US.
Ces éléments ne seront confirmés qu’une fois l’entente finalisée. La vente devra aussi recevoir l’aval du Bureau des gouverneurs de la Ligue nationale de hockey ( LNH), vers la fin du mois d’août.
Selon des sources fiables, les Molson partaient avec une longueur d’avance, parce que l’appréciation de la valeur du club au terme de la transaction avait un effet direct sur la valeur de la participation de 19,9% détenue par Molson-Coors.
George Gillett, un homme d’affaires du Colorado, a acquis 80,1% des parts du Canadien, le Centre Bell et la division spectacles de Molson pour 275 millions en 2001.
« Notre famille est très fière d’avoir été associée au club de hockey Canadien au cours des huit dernières années, et particulièrement d’avoir vécu l’année centenaire de l’organisation, a déclaré George Gillett par voie de communiqué. Je suis assuré que les frères Molson, qui font partie de l’héritage du club, vont assurer la préservation et le développement de cette grande institution. »
Les Molson ne prendront pas les commandes de l’organisation avant que la vente ne soit entièrement conclue, a indiqué leur porte-parole, Luc Beauregard. M. Gillett demeure donc l’actionnaire majoritaire d’ici là.
Membre du conseil d’administration de Molson Coors, qui détient déjà 19,9% des actions du Canadien, Geoffrey Molson fait aussi partie du conseil du Canadien. Lorsque la famille a annoncé son désir d’acquérir le club, à la fin du mois de mai, il avait indiqué qu’il ne participerait pas aux délibérations des deux conseils relatives à la vente de l’équipe.
Par voie de communiqué, M. Molson s’est dit très heureux du dénouement de la vente du club, et a reconnu sa « valeur patrimoniale pour la communauté montréalaise ». Il s’est aussi engagé à « maintenir la tradition glorieuse du club tout en travaillant avec la direction pour bâtir une solide équipe sur la patinoire et viser à ramener à Montréal la Coupe Stanley ».
La nouvelle de la transaction a été accueillie favorablement par le commissaire de la LNH, Gary Bettman. « Dans la mesure où ils ont été capables de trouver des acheteurs qui sont à l’évidence passionnés par le sport et de préparer une transaction qui convient à toutes les parties, c’est un grand plus pour la franchise et pour les partisans de Montréal », a-t-il déclaré à Las Vegas.
Outre les Molson, un consortium formé par Quebecor Media, les Productions Feeling de René Angélil et le Fonds de solidarité de la FTQ avait annoncé publiquement qu’il avait déposé une offre pour les propriétés de George Gillett. L’homme d’affaires Stephen Bronfman était aussi sur les rangs. Le ministre des Finances, Raymond Bachand, a révélé que deux groupes étrangers ont aussi tenté de mettre la main sur le club de hockey.
Le consor t ium mené par Quebecor Media a refusé de commenter la transaction, hier.
« Nous souhaitons laisser toute la place aux frères Molson », a indiqué Isabelle Dessureault, porte-parole de Quebecor Media.
Une transaction record
Jamais une équipe de la LNH n’a été vendue si cher. Le précédent record appartenait au Wild du Minnesota, vendu 225 millions de dollars américains en 2008. Mais cette transaction n’incluait pas une division spectacles, comme c’est le cas à Montréal.
Les problèmes financiers de George Gillett ont souvent fait la manchette dans les derniers mois. L’homme d’affaires et son partenaire Tom Hicks ont contracté une dette de 655 millions dans le cadre de l’acquisition du club de soccer anglais de Liverpool en 2007. Et le prêt vient à échéance en juillet.
Malgré d’excellentes performances sur le terrain, Liverpool a perdu 42,6 millions de livres (76 millions CAN) l’année dernière. Le poids des intérêts sur la dette était la principale cause de ce déficit.
C’est précisément l’inverse dans le cas du Canadien de Montréal, qui célèbre cette année son 100e anniversaire. L’équipe a déçu sur la glace, elle qui a été éliminée en première ronde des séries éliminatoires par les Bruins de Boston. En revanche, le club est considéré comme l’un des plus riches de la LNH. La revue Forbes lui a accordé une valeur de 334 millions, en octobre dernier, ce qui le plaçait au troisième rang dans la ligue.


Jamais une équipe de la LNH n’a été vendue si cher. Le précédent record appartenait au Wild du Minnesota, vendu 225 millions de dollars américains en 2008. Mais cette transaction n’incluait pas une division spectacles, comme c’est le cas à Montréal.

Un rafraîchissant retour aux sources - Réjean Tremblay
Le Canadien a été vendu aux trois frères Molson et c’est une très bonne nouvelle. Je ne sais pas pour vous, mais je tenais à ce que cette grande institution québécoise redevienne une propriété québécoise.
Les frères Molson sont de Montréal, ils ont grandi et ont vécu à Montréal, ils ont adopté un mode de vie montréalais et ils se sont intégrés avec respect à la majorité en parlant français tout en préservant leur culture et leur identité.
En plus, les gamins que je voyais s’amuser au Forumdans les belles années du Canadien sont devenus des hommes d’affaires et des citoyens respectés qui ont gardé leur amour de l’équipe. Ils feront de bons propriétaires et ils sauront ramener cette présence québécoise qui manque tant à l’équipe et à l’organisation. C’est normal, ils ont grandi et appris dans une organisation pour laquelle le lien avec les partisans dans tout le Québec et le reste du Canada était sacré. Ils vont exiger qu’on retisse ce lien, j’en suis convaincu.
L’ignorance et le mépris ont fait leur temps.
Je suis content pour les Molson, mais je l’aurais été tout autant si Quebecor et René Angélil avaient pu acheter l’équipe. C’est certain que les relations de travail auraient été compliquées dans l’entourage de l’organisation, mais on ne pouvait souhaiter l’échec pour un groupe qui avait la chance de rapatrier l’équipe qui avait été fondée pour servir les Canadiens français, comme on appelait les Québécois à l’époque.
Par ailleurs, on aurait pu se réjouir de la même façon si Steven Bronfman avait réussi à remporter les enchères. Lui aussi est un Montréalais modèle. Comme dirait Pauline, mon oui est inclusif.
Et en passant, il ne faut pas oublier de souligner le travail impeccable de Jacques Ménard et de la BMO dans cette histoire. Quant à Pierre Boivin, inutile d’en ajouter, un président qui met 300 millions dans les poches d’un propriétaire n’a pas besoin qu’on souligne son mérite. Les faits parlent.
Et que dire de mes confrères de La Presse ! Ces deux mois entre la primeur que le Canadien était en vente en avril et l’annonce d’hier ont été des mois stressants et très difficiles sur le plan professionnel. L’équipe a réussi à couvrir le processus sans se tromper sur les grands enjeux.
Disons que Sophie Cousineau aura attaché le grelot en décembre, qu’on aura eu la primeur du mandat de Jacques Ménard de vendre l’équipe et le reste en avril et que Jean-François Bégin a conclu le tour du chapeau dans l’édition d’hier.
Je le souligne parce que parfois, on a trop tendance à se flageller quand on commet une erreur ou qu’on manque une nouvelle.
Quand même étrange, George Gillett aura passé sa dernière soirée à titre de propriétaire de son Centre Bell assis près de ma blonde. Gillett a fait la navette entre ses bureaux et le ringside une bonne partie de la soirée. Je suis allé m’asseoir près de lui, nous avons discuté de ce qui se passait mais il ne voulait pas commenter. Quand j’ai posé une question précise, il m’a offert une gorgée de vin blanc de son verre à bière en plastique. À une autre question plus précise d’un confrère à propos de la vente à Molson, il a seulement répondu que c’était de la boulechite.
Effectivement, à 10 heures vendredi soir, ce n’était pas encore réglé. Mais ce n’était quand même pas de la boulechite. Des dizaines et des dizaines d’avocats, de comptables et de fiscalistes enfermés avec les gens de BMO poursuivaient une ronde infernale de négociations.
Sur le plancher, George Gillett était joyeux et souriant. Assis près d’une belle blonde, ça doit aider. Mais l’idée d’empocher bientôt plus de 500 millions devait aussi le rendre de belle humeur. Il aurait les fonds nécessaires pour tenter d’éviter la faillite de son empire.
C’est dans la nuit que les poignées de main ont été échangées. Dans la journée, on a préparé un communiqué de presse émis vers 18 h. Ça s’est fait tellement vite que la conférence de presse n’aura pas lieu avant une semaine ou deux. Le temps de bien préparer tout le monde.
« Il fallait agir comme ils l’ont fait. Il devait y avoir 1000 avocats et comptables engagés dans toutes les négociations », m’expliquait Serge Savard hier aprèsmidi. « Une fois que tu as prévenu les candidats malheureux qu’ils n’auront pas le marché, le secret professionnel tombe. Ce fut une belle lutte. Dès le début, on savait que ça grimperait jusqu’à 500 millions. On était prêts et curieusement, le financement a été assez facile à mettre en place. On savait que BCE serait dans le décor. Je suis très heureux que ce soit les jeunes Molson. Ce sont de bons petits gars », de souligner le Sénateur.
Je lui ai posé la question. Et non, il n’a pas le goût d’être directeur général du Canadien : « Je ne me cherche pas un job, j’ai ce qu’il faut dans la vie. Quand j’ai appuyé la famille Molson, je l’ai fait sans condition. Mais s’ils ont besoin de moi, s’ils sont intéressés à ce que je m’engage, ils vont me le faire savoir. Je les ai vus grandir », de dire Savard, qui était fort serein.
En tous les cas, il n’avait pas l’air d’un gars qui venait de perdre…
J’ai reçu des photos du party des Penguins à la résidence de Mario Lemieux. Certains fans ont la peau sensible. Ils invoquent le souvenir de Maurice Richard pour mieux s’indigner. Primo, la Coupe dans la piscine est une copie. Et deuzio, ce n’est quand même pas un calice sacré…


Une famille passionnée de hockey
Une bonne nouvelle pour les partisans, estiment Carbonneau et Tremblay
« Ils étaient au courant de beaucoup de choses, a expliqué Guy Carbonneau. Est-ce qu’ils vont changer certaines choses parce qu’ils sont propriétaires maintenant? Ils sont les seuls à le savoir. »
La vente du Canadien de Montréal aux Molson est une bonne nouvelle pour les partisans, estime l’ancien entraîneur Guy Carbonneau, qui a vanté l’engagement de la famille montréalaise à l’endroit du club de hockey.
« On voulait avoir un propriétaire québécois et qui a le Canadien de Montréal à coeur. Je crois qu’on a les deux », a résumé l’ex-entraîneur, joint par La Presse.
Eric Molson était à la tête du T r i colore l o r sque Guy Carbonneau a débuté sa carrière au début des années 80. L’ancien joueur de centre se dit certain que ses fils Andrew, Geoffrey et Justin feront tout en leur possible pour offrir une équipe gagnante aux partisans.
« Ils ont toujours été des gens extraordinaires et ils ont toujours appuyé le Canadien pour les bonnes raisons, a-t-il indiqué. Et je pense que c’est ce que les garçons veulent essayer de continuer. »
La t ransaction aura-t-elle un impact sur les opérations hockey du Canadien? L’ancien entraîneur l’ignore. Chose certaine, les acquéreurs possédaient déjà 19,9% du club avant la transaction.
« Ils étaient au courant de beaucoup de choses, a expliqué Guy Carbonneau. Est-ce qu’ils vont changer certaines choses parce qu’ils sont propriétaires maintenant? Ils sont les seuls à le savoir. »
Questionné à savoir si la vente de l’équipe relance le débat sur son statut au sein de l’organisation, Guy Carbonneau a répondu: « Je n’ai aucune idée, ce n’est pas à moi à décider. »
Son ancien coéquipier, Mario Tremblay, jubile. « Quelle belle nouvelle ! » s’est-il exclamé lorsque joint par Progrès-Dimanche.
Le natif d’Alma était très proche d’Eric Molson, le père des acquéreurs. Il décrit les trois fils comme des « maniaques de hockey ».
Il souligne aussi que deux des frères Molson ont déjà travaillé à Chicoutimi. « Je ne peux dire les années exactes, mais ils travaillaient pour Jean-Hugues Tremblay, à l’époque, a-t-i l relaté. Ils ont appris le français. Je les ai connus tout jeunes et aujourd’hui, ils sont propriétaires du Canadien. Je suis tellement heureux pour eux. »
Gestion courante
L’ancien directeur général Serge Savard, quant à lui, croit que les Molson s’engageront dans la gestion courante de l’équipe de hockey. Celui qui a retiré une offre d’achat au profit du consortium gagnant souligne que la famille a toujours été passionnée par le sport.
« Le sénateur ( Hartland) Molson est venu s’asseoir derrière le banc de l’équipe jusqu’à sa mort, a-t-il indiqué. Les Molson ont un grand passé dans le hockey et ils sont synonymes de hockey. Ils achètent l’équipe pour le hockey. »

Les Molson n’auront pas besoin d’un coup de pouce de Québec
Québec n’aura pas à intervenir pour faciliter la vente du Canadien à la famille Molson. Les acheteurs ont réussi à se financer sans recourir au coup de pouce proposé par le gouvernement Charest, a indiqué hier le ministre des Finances, Raymond Bachand.
Dans l’espoir d’encourager des Québécois à acquérir le légendaire club de hockey, Québec avait offert de consentir un prêt pouvant aller jusqu’à 100 millions par l’entremise d’Investissement Québec ou de la Société générale de financement (SGF).
Le prêt offert par le gouvernement portait un intérêt de 7% à 9%. Mais tout indique que les Molson n’en auront pas besoin, a dit M. Bachand. Ils auraient obtenu des condit ions plus avantageuses auprès d’un autre prêteur.
« On a fait l’offre, elle a été très appréciée, et elle a même aidé les négociations du consortium », a affirmé le ministre, hier.
Le ministre se réjouit
Grand amateur de hockey, Raymond Bachand s’est par ai l leurs réjoui de voi r des Québécois mettre l a main sur la sainte Flanelle, même s ’ i l considère que George Gillet t éta it un « excel lent propriétaire ».
Attachés à Montréal et au Canadien
Il fait valoir que la famille Molson, enracinée à Montréal depuis 223 ans, a maintes fois prouvé son attachement pour le Canadien et pour le hockey. C’est d’ailleurs la troisième génération de Molson à devenir propriétaire de la franchise.
« Quand vous vivez dans la ville de l’entreprise dont vous êtes propriétai re, vous êtes très sensible à tout ce qui se passe autour », estime Raymond Bachand.

Qui sont les trois frères Molson?
Qui sont les trois frères Molson, issus de la septième génération d’une puissante dynastie...
Andrew Molson, aux côtés de son père Eric, en mai dernier.
Geoffrey E. Molson, 38 ans, vient d’être nommé au conseil d’administration de Molson Coors. Il a déjà admis qu’il était moins réservé que son père, Eric H. Molson, celui-là même qui vient de prendre sa retraite de la présidence du CA de Molson Coors.
Geoffrey, qui est vice-président marketing de Molson Canada depuis 2006, rêve d’occuper un jour le poste que son père vient de céder à Peter Coors. Mais, pour l’heure, ses aspirations sont ailleurs. Lui et ses frères viennent de remettre le Canadien entre les mains des Molson pour la troisième fois.
Leur grand-père Thomas, de concert avec son frère Hartland, a acheté le Tricolore en 1957. Et leur père Eric était parmi les hauts dirigeants de la brasserie Molson quand elle a racheté l’équipe des frères Bronfman, en 1978.
Aujourd’hui, Geoff rey est membre du conseil d’administration du Club de hockey Canadien, dont Molson Coors détient toujours 19,9% des parts.
Grand amateur de hockey, Geoffrey Molson a fait ses études universitaires à l’Université St. Lawrence, dans l’État de New York, entre autres parce qu’elle offrait un bon programme de hockey. C’est d’ailleurs à St. Lawrence qu’il a rencontré sa femme, originaire de Boston. « La seule condition inscrite dans notre contrat de mariage est qu’elle ne peut plus appuyer les Bruins », a-t-il déjà raconté au magazine Les Affaires.
Titulaire d’un MBA du Babson Col lege, Geof frey Molson a travaillé pendant six ans dans diverses entreprises américaines, dont Coca-Cola, avant de devenir employé de Molson en 1999. Il a ensuite lancé la filiale américaine de Molson à Denver – avant la fusion avec Coors –, puis il est revenu à Montréal, il y a trois ans. Depuis, il suit de près les activités du Tricolore, assistant chaque année à une vingtaine de matchs de son équipe favorite.
Les enfants de Geoffrey Molson fréquentent l’école française. « Je parle français à mes enfants et je travaille toujours en français à Montréal, a-t-il raconté au magazine Les Affaires. Ça a toujours été important pour ma famille d’être bilingue. »
Ils connaissent bien Boivin
Andrew Molson est quant à lui vice-président du conseil d’administration de Molson Coors. Mais il est également vice-président du groupe-conseil RES PUBLICA, la société mère de National, le cabinet de relations publiques auquel il s’est joint en 1997.
L’homme de 41 ans a étudié le droit à l’Université Laval avant de devenir membre du Barreau en 1994. Il a également un baccalauréat en arts de l’Université Princeton ainsi qu’une maîtrise en gouvernance d’entreprise et en éthique des affaires de l’Université de Londres.
Andrew Molson s’engage dans les activités du musée McCord, de l’Université Concordia et de la Fondation de l’hôpital SainteJustine. C’est à ce dernier titre qu’il est appelé à côtoyer Pierre Boivin, l’actuel président du Canadien. Tandis que c’est au sein du conseil d’administration du club que son frère Geoffrey s’est familiarisé avec M. Boivin.
On sait peu de choses du cadet de la famille, Justin Molson. Il est architecte paysagiste au Vermont, où il vit en compagnie de sa famille.

George Gillett mi-figue, mi-raisin
L’homme d’affaires est plus riche de plusieurs millions, mais déçu de perdre l’équipe
George Gillett venait de descendre d’avion à Denver lorsqu’il a retourné l’appel de La Presse à la suite de la confirmation de l’entente de principe reliée à la vente du Canadien à la famille Molson.
George Gillett a souligné qu’il était triste de savoir que ses jours à titre de propriétaire du Canadien sont maintenant officiellement comptés, lui qui a acheté l’équipe en 2001 (notre photo).
Enc o r e pr o pr i é t a i r e du Tricolore, M. Gillett a indiqué que ses sentiments étaient partagés entre la joie d’avoir conclu un grand coup sur le plan des affaires, mais d’avoir perdu une équipe qu’il aimait.
S’il a échappé un petit fou rire lorsqu’on lui a demandé de confirmer la valeur de la transaction, M. Gillett a aussi mentionné qu’il était triste de savoir que ses jours à titre de propriétaire du Canadien sont maintenant officiellement comptés.
« Oui, c’est beaucoup d’argent », a-t-il d’abord souligné, avant de couper court aux réponses officielles.
« Je ne peux parler officiellement pour l’instant . Nous avons une entente, c’est vrai. Mais il faudra encore quelques semaines – peut-être plus d’un mois – avant que toutes les facettes de l’entente aient été véri fiées et contre-véri fiées. C’est à ce moment que la vente sera confirmée. Et j ’attendrai ce moment pour répondre aux quest ions. Je suis rentré à Denver pour passer un peu de temps à la maison avec mon épouse et je serai de retour à Montréa l plus ta rd cette semaine pour la réunion des gouverneurs et le repêchage. Je vais continuer de m’occuper de l’équipe, mais je resterai à distance des journalistes, car je ne peux rien dire de plus tant que la transaction ne sera pas conclue », a ajouté celui qui a acquis, en 2001, le Canadien et l e Cent r e Mol son pou r 275 millions.
« Les derniers mois ont été difficiles. Particulièrement les derniers jours alors que nous avons travaillé très fort pour conclure la transaction. Nous avons travaillé toute la soirée vendredi et c’est au cours de la nuit que nous nous sommes entendus sur les paramètres de l’entente de principe. Je veux prendre un peu de recul maintenant, laisser le dossier se régler avant de rencontrer la presse dans quelques semaines » , a conclu M. Gillett.
Et le FC Liverpool ?
Il sera maintenant intéressant de voir si la vente confirmée du Canadien et l’importance de la transaction permettront à George Gillett de prolonger son aventure à la tête du FC Liverpool en Grande-Bretagne.
C’est à cause d’ennuis importants de liquidités, encourus après l’acquisition du mythique club de soccer anglais avec son associé et propriétaire des Stars de Dallas dans la LNH, Tom Hicks, que M. Gillett a été contraint de vendre le Canadien. Cette transaction devrait lui permettre de rembourser ou de refinancer l’emprunt réalisé pour acquérir les Reds de Liverpool. L’incapacité de rembourser cette dette, dont l’échéance tombera dans tout juste un mois, aurait pu entraîner la perte pure et simple de l’équipe de soccer.




LES MOLSONN’ONT PAS PAYÉ TROP CHER -  Vincent Brousseau-Pouliot
Des experts ne sont pas surpris de la somme de 500millions US déboursée
pour l’achat du Canadien
Cinq cents millions US. C’est beaucoup d’argent pour une équipe de hockey, mais cette transaction record n’étonne pas Michael Rapkoch, un évaluateur financier qui a travaillé pour George Gillett lors de l’achat du Canadien en 2001.
« À 300 millions, j’aurais été surpris. À 600 millions, j’aurais été surpris. Mais à 500 millions, je ne suis pas surpris », dit le président de Sports Value Consulting, une firme du Texas qui a évalué des équipes sportives professionnelles pour une soixantaine de clients au cours des 10 dernières années.
Bien sûr, son ancien client, qui a acheté 80,1% du Canadien et du Centre Bell pour 275 millionsCAN en 2001, fera un profit considérable à la clôture de la transaction, à la fin août. Mais Michael Rapkoch estime tout de même que la famille Molson n’a pas payé trop cher pour l’empire montréalais de George Gillett. « La famille Molson n’a pas payé trop cher, dit-il. Elle a une bonne idée de valeur de l’équipe puisqu’elle s’y est impliquée depuis longtemps et qu’elle connaît bien les dirigeants, des gens de qualité comme le président Pierre Boivin et son bras droit aux finances, Fred Steer. »
L’évaluation financière d’une équipe sportive professionnelle n’est pas une mince tâche, prévient Michael Rapkoch. « C’est plus un art qu’une science », dit-il. Un art qui dépend davantage des revenus et de la capacité d’emprunt de l’équipe que de la simple multiplication des profits comme n’importe quelle société inscrite en Bourse. « Les profits sont importants, mais les acheteurs se basent davantage sur les revenus pour déterminer la valeur d’une équipe, dit Michael Rapkoch. On évalue plusieurs c r itères, dont la durée des contrats des loges, la demande pour les abonnements, les données économiques générales du marché de l’équipe. »
« Au hockey et au basket, les profits varient trop d’année en année selon la participation de l’équipe aux séries », ajoute Marc Ganis, président de SportsCorp, une firme de Chicago spécialisée dans la consultation sportive.
Selon les deux experts, le meilleur indicateur de la valeur d’une équipe reste sa capacité d’emprunt. Il s’agit en quelque sorte de la valeur attribuée à l’équipe par les institutions financières. « Bien des équipes qui perdaient de l’argent ont été vendues à des prix intéressants parce qu’elles avaient des actifs qui leur permettaient d’emprunter », explique Marc Ganis.
Dans le cas du Canadien, la LNH lui permet d’hypothéquer la moitié de sa valeur (édifice compris). Selon nos informations, le Canadien et le Centre Bell sont hypothéqués à hauteur d’environ 250 millions. Selon ce calcul, George Gillett pouvait espérer obtenir jusqu’à 500 millionsCAN pour son équipe de hockey.
Plus-value
Plusieurs facteurs ont contribué à faire monter les enchères pour le Canadien, qui aurait été vendu pour environ 575 millionsCAN (500 millions US). « Des équipes comme le Canadien de Montréal, qui transcendent leur sport, ne se retrouvent pas souvent sur le marché, dit Marc Ganis. Il y a donc forcément une plus-value pour acquérir une équipe de la trempe du Canadien. »
La concurrence féroce entre BCE et Quebecor dans le secteur des télécommunications a aussi joué un rôle dans les négociations. « Il y a un prix supplémentaire à payer pour empêcher un concurrent d’acheter », dit l’économiste montréalais Pierre Emmanuel Paradis, de la firme Groupe d’analyse.
George Gillett aurait pu obtenir encore plus d’argent pour son équipe de hockey si le marché du crédit ne s’était pas resserré depuis l’été 2007. « Dans un meilleur environnement économique, l’équipe aurait pu être vendue plus cher, dit Marc Ganis. Peut-être même 100 millions plus cher. »
Paradoxalement, l’accessibilité réduite au crédit a été l’une des raisons qui ont forcé George Gillett à se départir du Canadien de Montréal. L’homme d’affaires américain éprouve des problèmes de liquidités avec le Liverpool FC, son équipe de soccer en Angleterre. M. Gillett et son partenaire Tom Hicks doivent renégocier une dette de 350 millions de livres sterling (660 millionsCAN) en juillet.


VENTE DU CANADIEN Le clan Molson doit verser beaucoup moins que 633 millions - Francis Vailles

En achetant le Canadien, le clan Molson accepte de prendre à sa charge la dette du Canadien et du Groupe spectacles Gillett, de même que l’hypothèque du Centre Bell.
Question piège : combien doivent verser les frères Molson et leurs partenaires pour mettre la main sur le Canadien et le Centre Bell dans cette transaction évaluée à 633 millions ? Réponse : 283 millions.
En apparence, i l y a une contradiction entre la valeur de la transaction et cette réponse, mais dans les faits, il n’en est rien. C’est que le prix payé par le clan Molson englobe la dette de l’organisation du Canadien, évaluée à environ 350 millions de dollars, selon nos sources.
Autrement dit, en achetant le Canadien, le clan Molson accepte de prendre à sa charge la dette du Canadien et du Groupe spectacles Gillett, de même que l’hypothèque du Centre Bell. Pour combler les attentes de George Gillett et battre les autres offrants pour les Glorieux, les Molson et leurs partenaires ont donc mis environ 283 millions sur la table, nous explique-t-on.
Vue sous cet angle, l’acquisition du club de hockey apparaît moins hors de portée pour la famille Molson. D’autant plus que les Molson se sont adjoint de solides partenaires en Bell Canada et la riche famille Thompson, copartenaires de CTVglobemedia, qui possède le Réseau des sports (RDS), diffuseur des matchs du Canadien.
Dans le milieu des affaires, cette façon de présenter une transaction n’est pas exceptionnelle. Lorsque la caisse de retraite ontarienne Teachers’ a gagné la mise pour Bell en 2008, tous parlaient d’une transaction de 51,7 milliards de dollars. Or, cette somme comprenait la prise en charge de la dette de 16,9 milliards de l’entreprise de téléphonie. La transaction a finalement avorté, comme chacun sait.
Cela dit , d’où vient cette énorme dette de 350 millions de dollars contractée par George Gillett ? Essentiellement, elle vient de trois sources. D’abord, le Centre Bell serait hypothéqué à hauteur de 200 millions et le club de hockey lui-même, à 50 millions, a écrit La Presse au début mai sur la foi de deux informateurs fiables.
D’ailleurs, en 2006, l’hebdomadaire américain SportsBusiness Journal affirmait qu’un consortium bancaire dirigé par CIT Financial avait accepté d’octroyer 240 millions US à Gillett pour refinancer le club, la division Sports et spectacles et le Centre Bell. Ces 240 millions US équivalaient à environ 275 mill ions CAN à l ’époque, mais George Gillett s’était alors versé un dividende important, selon l’hebdomadaire.
La dernière portion de la dette origine d’une entente avec le financier américain JP Morgan Chase concernant les versements que Bell fait pour voir son nom accolé à l’amphithéâtre. Depuis 2003, les versements annuels de Bell, d’environ 5 millions, vont dans les coffres de la banque américaine plutôt que dans ceux du Canadien. Cette entente de 20 ans et 100 millions court jusqu’en 2023.
Encontrepartie, JPMorgan a accepté de verser entre 50 et 70 millions au Canadien dès 2003. Cette somme correspond à une dette, puisqu’en cas de défaut de paiement de Bell, c’est le Canadien qui sera tenu de rembourser les millions empruntés à JP Morgan.
Bref, les frères Molson et leurs partenaires verseront environ 283 millions, nous explique-t-on, en plus d’assumer les dettes de quelque 350 millions. Un informateur soutient que cette somme peut varier en fonction des résultats du litige avec la Ville de Montréal concernant le compte d’impôts fonciers.
Il semble que ces 283 millions serviront à rembourser la Royal Bank of Scotland concernant l’emprunt pour le club de soccer Liverpool FC, au Royaume-Uni. En janvier, le tandem George Gillett et Tom Hicks devait 313 millions de livres sterling à la Royal Bank, ce qui équivalait à environ 560 millions de dollars canadiens. La part de Gillett serait de 280 millions.



LES ACTIVITÉS DU BRASSEUR AU BEAU FIXE À MONTRÉAL -  Maxime Bergeron
La fusion avec Coors n’a pas ébranlé les fondations de l’entreprise
Les frères Molson ont atterri au centre de l’actualité le week-end dernier en rachetant le club de hockey Canadien. Mais comment se porte le brasseur fondé en 1786 par leurs ancêtres, cinq ans après sa « fusion d’égaux » avec l’américain Coors?
Assez bien, s’il faut en croire la direction, les syndiqués et les analystes. Molson Canada – la division canadienne de la nouvelle entité Molson Coors – compte toujours autant d’employés et de vice-présidents qu’avant la fusion annoncée en juillet 2004, affirme Marieke Tremblay, vice-présidente aux affaires corporatives.
« Les postes de vice-présidents de Molson inc. basés à Montréal avant la fusion sont pratiquement tous encore existants : soit ils ont été transférés en postes au sein de Molson Canada ou de Molson Coors, soit il y en a de nouveaux », a-t-elle indiqué dans un courriel à La Presse Affaires.
Molson Canada emploie au total 3000 personnes, dont 1800 à 2000 travaillent au Québec selon la saison. Un nombre inchangé depuis la f usion, soutient l’entreprise.
Stéphane Lacroix, porte-parole de la section locale 1999 des Teamsters, qui représente les employés d’usine de Montréal, confirme que la transaction n’a « pas changé grand-chose ».
« On n’a rien à dire contre et rien à dire pour, dans la mesure où il n’y a eu aucun impact négatif à l’usine de Montréal, a dit M. Lacroix. De façon générale, on produit encore toutes les mêmes bières, sauf la Blue Moon. »
La production de la Blue Moon, vendue seulement aux ÉtatsUnis, a été transférée au sud de la frontière à la fin de l’an dernier. En conséquence, Molson Canada a dû licencier 120 personnes à Montréal par des départs à la retraite, mais l’entreprise a en parallèle créé 100 postes permanents pour ses plus jeunes travailleurs.
Plus de Coors, moins de Molson
Du côté des livreurs, les conditions de travail sont demeurées les mêmes... même si les marques de bières vendues ont bien changé. L’entreprise mise plus sur la bannière Coors que sur les produits Molson depuis la fusion, selon Pierre Gingras, président de la section locale 501 des Travailleurs et travailleuses unis de l’alimentation et du commerce.
« C’est Coors Light, autrement dit, qui est dorénavant le véhicule au Québec pour Molson », a affirmé M. Gingras, qui représente quelque 200 livreurs et employés de laboratoires au Québec.
Dans l ’ensemble, la transaction finalisée en 2005 a été bénéfique tant pour Molson que pour Coors, selon l’analyste Pat Palozzi, de la firme Beutel Goodman& Company, qui suit de près la société.
« La fusion a été positive dans son ensemble selon moi: elle a permis de livrer les économies d’échelle prévues et la transition entre les deux équipes de direction s’est faite tout en douceur », a dit M. Palozzi, joint à Toronto.
Et qu’en est-il du siège social « double » partagé entre Montréal et Denver au Colorado ? Rien n’a bougé depuis la conclusion de l’alliance en 2005, affirme la porte-parole de Molson Coors.
Bureaux à Montréal
Eric Molson, président émérite, Andrew Molson, vice-président du conseil, et Geoff Molson, ont toujours leurs bureaux dans la métropole québécoise. « Les autres dirigeants de Molson Coors travaillent majoritairement de Denver mais sont régulièrement à Montréal », a dit Marieke Tremblay.
Les assemblées annuelles sont toujours tenues en alternance à Montréal et Denver, a-t-elle ajouté.
La plupa r t des décisions importantes qui touchent Molson Canada sont encore prises au pays, d’après Pat Palozzi. « La division canadienne continue d’être celle qui génère le plus de profits. Le Canada sera toujours très important pour cette société. »
Par ailleurs, la fusion récente entre Molson Coors et le brasseur Miller au sud de la frontière viendra accroître de beaucoup la présence du groupe dans le marché américain, a ajouté l’analyste.
M. Palozzi prévoit une croissance nulle ou légèrement positive des ventes de bière de Molson Coors cette année, dans le marché « mature mais très stable » de l’Amérique du Nord.
Le volume mondial de bière vendu par l’entreprise a reculé de 2,7% au premier trimestre de 2009. Il avait déjà baissé de 4,2% l’an dernier.
Les profits de Molson Coors ont fléchi de 22% en 2008, à 388 millions de dollars US. Le titre de l’entreprise a clôturé à 42,01$ hier à la Bourse de New York, en baisse de 2,4%. L’action a reculé de 14% depuis le début de l’année.


Le banquier du Canadien n’écarte pas la faillite - Vincent Brousseau-Pouliot
Il n’y aurait aucun impact immédiat sur les activités de l’équipe
CIT
Le Canadien est un débiteur de CIT, pas un créditeur. La seule différence en cas de faillite, c’est d’envoyer le chèque mensuel au syndic et non à CIT. »
Malgré un sauvetage in extremis de 3 milliards US, le banquier du Canadien de Montréal et du Centre Bell n’écarte pas la possibilité de déclarer faillite. Un scénario qui ne compliquera pas et qui ne retardera pas la vente de l ’équipe, assure la famille Molson.
« Ça ne change pas les horizons de la transaction », dit Luc Beauregard, porte-parole de la famille Molson, qui a conclu une entente de principe pour l’achat du Canadien de Montréal, du Centre Bell et du Groupe Spectacles Gillett. La transaction, dont la valeur est estimée entre 575 et 633 millions $ CAN selon nos sources, doit être officialisée au cours de l’été.
L’institution financière américaine CIT, qui détient une hypothèque de 350 millions sur le Centre Bell et le Canadien de Montréal depuis 2006 selon nos sources, éprouve de graves problèmes de liquidités depuis plusieurs mois. Lundi, elle a obtenu 3 milliards US grâce à une émission d’obligations. Hier, le banquier du Canadien de Montréal a admis que ce financement ne sera peut-être pas suffisant et que l’entreprise pourrait être forcée de déclarer faillite prochainement.
L’institution financière, qui se spécialiste dans les prêts aux PME, aurait aimé être sauvée par le gouvernement fédéral, mais Washington a refusé.
La faillite de CIT n’aurait aucun i mpact i mmédiat sur les activités du Canadien de Montréal, selon un avocat montréalais spécialisé dans les questions de financement bancaire. « Comme l’argent a déjà été versé par CIT au Canadien, il n’y a pas de problème. Le Canadien est un débiteur de CIT, pas un créditeur. La seule différence en cas de faillite, c’est d’envoyer le chèque mensuel au syndic et non à CIT », dit cet avocat sous le couvert de l’anonymat.
La Royale
De toute façon, CIT pourrait bien en être à ses dernières semaines comme banquier du Canadien de Montréal. Plusieurs experts consultés par La Presse Affaires estiment que les frères Andrew, Geoff et Justin Molson et leurs partenaires (BCE, David Thompson et le Fonds de solidarité de la FTQ) emprunteront à des banques canadiennes. Le cas échéant, ils rembourseraient la balance du prêt de 350 millions octroyé par CIT à George Gillett en 2006.
« Habituellement, la banque qui finance les acheteurs rembourse l’ancien prêteur et fait elle-même le nouveau prêt. Les banques canadiennes ne sont pas habituées de faire des prêts dans le milieu du sport professionnel, mais on a vu dans ce dossier que le Canadien n’est pas une équipe de sport professionnel comme les autres. Une banque canadienne ne prêtera pas aux Padres de San Diego, mais au Canadien de Montréal oui », dit l’évaluateur financier Michael Rapkoch, président de Sports Value Consulting, une firme du Texas qui a notamment travaillé pour George Gillett lors de l’achat du Canadien en 2001. Plusieurs banques canadiennes pourraient se partager le titre de banquier du Canadien en raison des sommes en jeu, mais la Banque Royale part favorite pour assurer le rôle du banquier principal en raison de ses liens avec la famille Molson, selon un avocat montréalais spécialisé dans les questions de financement bancaire. « La Banque Royale est réputée comme la banque des Molson. Avant la fusion avec Coors, Molson faisait la plupart de ses grosses transactions avec la Royale », dit-il sous le couvert de l’anonymat.
Le consortium dirigé par la fa mille Molson pourra aussi négocier un nouveau prêt avec CIT, qui a financé d’autres équipes de la LNH comme les Oilers d’Edmonton, les Devils du New Jersey, les Predators de Nashville et les Sénateurs d’Ottawa, selon le quotidien torontois The Globe and Mail.
Le directeur de la division du financement sportif de CIT, Gordon St-Denis, n’a pu répondre aux questions de La Presse Affaires hier. M. St-Denis est diplômé de l’Université Concordia et travaille au bureau new-yorkais de CIT.
Le titre du Groupe CIT a gagné 9,6 % (12 cents) hier afin de clôturer la séance à 1,37 $ à la Bourse de New York. Le titre avait clôturé à 41 cents jeudi dernier.


Le Canadien aura un nouveau banquier   -  Vincent Brousseau-Pouliot
Le Canadien de Montréal sera méconnaissable la saison prochaine. Nouveaux joueurs vedettes. Nouvel entraîneur. Nouveaux propriétaires. Même les banquiers seront remplacés.
L’institution financière américaine CIT, qui agit à titre de banquier du Canadien depuis 2006, ne sera pas le prêteur de la famille Molson. « Nous avons des arrangements avec d’autres institutions financières, mais nous préférons ne pas commenter à ce moment-ci », dit Luc Beauregard, porte-parole de la famille Molson. La transaction, dont la valeur varie entre 575 et 633 millions de dollars selon nos sources, doit être conclue avant le 31 août.
Citant des sources bien informées dans le milieu du hockey et de la finance, le Sports Business Journal a avancé lundi que CIT aurait promis de financer les Molson avant de se retirer du dossier. La volte-face de CIT, qui est au bord de la faillite, ne compromettrait pas la vente du Canadien aux frères Andrew, Geoff et Justin Molson et à leurs partenaires minoritaires ( BCE, le Fonds de solidarité FTQ et la famille Thomson par l’entremise de sa société d’investissement Woodbridge Company). 
Selon le Sports Business Journal, l’un des banquiers de la famille Molson serait l a Banque de Montréal, qui avancerait 250 millions, mais celle-ci dément la nouvelle. « Ce n’est pas BMO qui financera les Molson », a dit Ronald Monet, porte-parole de la banque.
Dans les milieux financiers montréalais, le nom de la Banque Royale circule comme futur banquier du Canadien de Montréal en raison de ses liens de longue date avec la famille Molson. « La Banque Royale n’a pas l’habitude de financer des transactions sportives, mais elle est réputée comme la banque des Molson. Avant la fusion avec Coors, Molson faisait la plupart de ses grosses transactions avec la Royale », a dit, sous le couvert de l’anonymat, un avocat montréalais spécialisé en financement bancaire.
La Banque Royale n’a pas indiqué si elle était dans les rangs afin de devenir le prochain banquier du Canadien de Montréal. « Nous ne ferons pas de commentaires à ce sujet », dit Raymond Chouinard, porte-parole de la Banque Royale.
Pour l’instant, une seule certitude : CIT ne sera pas le banquier du Canadien au début de la prochaine saison. Au cours des dernières années, CIT est devenue l’un des banquiers les plus influents du hockey professionnel. Il finance notamment les Devils du New Jersey, les Sénateurs d’Ottawa, les Predators de Nashville et les Oilers d’Edmonton. CIT est devenu le banquier du Canadien de Montréal en 2006, succédant à la Caisse de dépôt et placement du Québec.
Spécialiste des prêts aux PME, CIT est aujourd’hui au bord de la faillite. L’institution vieille de 101 ans a vu sa demande de plan de sauvetage rejetée par l’administration Obama, mais elle a été sauvée in extremis la semaine dernière grâce à une émission d’obligations de 3 milliards US. Le titre de CIT, qui a perdu 91% de sa valeur depuis un an, a clôturé la séance d’hier à 78 cents US, en baisse quotidienne de 2,5 % (2 cents US), à la Bourse de New York.



Minuit moins cinq pour le CH - Jean-François Bégin
Un dénouement semble imminent dans le romanfeuilleton de la vente du Canadien. Selon des informations obtenues hier de source bien informée, les tractations entre la famille Gillett et les acheteurs potentiels en sont à la phase « des ultimes marchandages ». « C’est en ce moment que ça se passe. On en est aux derniers échanges, comme dans toute négociation du genre. On est dans les derniers soubresauts de la fin, dans la dernière ligne droite », a assuré à La Presse une source proche du dossier.
Dans son numéro à paraître lundi, le SportsBusiness Journal ( SBJ), une publication américaine spécialisée, rapporte de son côté qu’un accord de vente du Canadien et du Centre Bell, pour une somme de 506 à 537 millions US (574 à 610 millions CAN), pourrait être annoncé dès le week-end prochain.
L’intention de George Gillett serait de conclure la transaction avant le repêchage de la Ligue nationale, qui a lieu le vendredi 26 à Montréal. La séance de sélection sera précédée mercredi d’une réunion du conseil des gouverneurs de la Ligue.
Il n’a pas été possible de savoir lesquels des acheteurs potentiels sont toujours dans la course, mais une de mes sources et une autre de mon collègue William Leclerc, de notre bureau d’Ottawa, affirment que la famille Molson est toujours dans le coup. Outre les Molson, un consortium formé de Quebecor Media, des Productions Feeling de René Angélil et du Fonds de solidarité de la FTQ a annoncé publiquement qu’il avait déposé une offre, la semaine dernière. L’homme d’affaires montréalais Stephen Bronfman est également sur les rangs et des groupes américains se seraient aussi montrés intéressés.
Si la somme avancée par le SBJ est conforme à la réalité, elle établirait un nouveau record pour une transaction concernant une équipe de la LNH. George Gillett obtiendrait une spectaculaire rentabilité de l’investissement qu’il a fait en achetant le Canadien, son amphithéâtre et la division spectacles de Molson pour 275 millions CAN, en 2001. Jusqu’ici, les estimations les plus optimistes faisaient plutôt état d’une valeur globale d’un demi-milliard de dollars canadiens.
Il semble cependant évident que Gillett n’empochera pas tout cet argent, car le Canadien et le Centre Bell traînent une lourde dette qui devrait normalement être assumée par l’acheteur. Le mois dernier, La Presse Affaires a rapporté que cette dette se chiffrait à 250 millions, dont une hypothèque de 200 millions liée au Centre Bell.
Quoi qu’il en soit, et même si une source citée par le SBJ n’écarte pas la possibilité que Gillett, 70 ans, ne vende qu’une part minoritaire de ses actifs montréalais, la fin du règne de l’homme d’affaires américain semble plus que probable. Avec plusieurs acheteurs potentiels dans le coup, le marché est idéal pour un vendeur – a fortiori pour un vendeur qui affirme, comme l’a fait M. Gillett, qu’il a l’intention de laisser ses finances en règle à ses fils.
En effet, rien ne garantit que Gillett trouvera autant d’intéressés s’il décide de conserver le Canadien, le Groupe spectacles Gillett et le Centre Bell encore quelques années. De plus, grâce au remarquable travail de mise en marché fait par son groupe au cours des huit dernières années, la valeur de ses propriétés n’est probablement pas loin de son sommet: tous les matchs du Canadien sont déjà disputés à guichets fermés et les spectacles se succèdent à un rythme fou. Difficile de faire mieux.
Enfin, la froide réalité financière pourrait le forcer à se départir d’une équipe pour laquelle son affection et son enthousiasme n’ont jamais été mis en doute. Un prêt de 655 millions consenti par la Royal Bank of Scotland à Gillett et à son partenaire Tom Hicks pour l’acquisition du club de football de Liverpool est exigible à la fin du mois de juillet. L’horloge tourne.





Que le meilleur gagne! -  RÉJEAN TREMBLAY
C’est le capitalisme qui s’exprime dans son essence », s’est exclamé hier un des acteurs principaux de la grande bataille que se livrent les grandes corporations pour mettre la main sur le Canadien.
Il faisait allusion à la guerre de tranchées entre Quebecor et BCE, deux grandes entreprises qui ont leur siège social à Montréal. Les deux entreprises de communications ont des intérêts énormes à défendre et des retombées tout aussi importantes à aller chercher dans cette guerre. Sans parler des profits du joyau de Gillett.
Bell a racheté le nom du Centre Molson il y a quelques années. À l’origine, c’était un contrat de 100 millions pour 20 ans. On sait que George Gillett a escompté le contrat à New York pour une somme au comptant d’environ 70 millions. La meilleure façon pour BCEde protéger son acquis est évidemment de mettre la main sur le Canadien, le Centre Bell et le Groupe Gillett. Comme c’est la meilleure façon de protéger l’investissement de la compagnie dans RDS. Hier, un autre acteur dans le feuilleton a été limpide : « Penses-tu que Pierre Karl Péladeau va endurer RDS dans ses platebandes s’il achète le Canadien? » a demandé mon interlocuteur.
Il se peut toujours qu’un groupe américain ou étranger mette la main sur le Canadien. On connaît au moins un troisième acteur qui est représenté à Montréal par l’avocat et banquier Michael Fortier. Et il est tout aussi actif. Mais pour l’instant, BCE-Savard et Quebecor semblent en bonne posture. C’est quand même rassurant de voir que deux groupes québécois et canadiens sont en mesure de rapatrier une institution aussi vitale que le Canadien. « Il y a 10 ans, aucune entreprise n’avait été en mesure d’acheter le Canadien. On l’a laissé partir à un prix d’aubaine. Cette fois, malgré les circonstances financières difficiles, on a deux compagnies qui sont au plus fort de la lutte. Pour moi, c’est déjà valorisant. Il faut juste espérer que la meilleure entreprise réussisse », a dit un personnage engagé dans le dossier.
Les informations circulent au compte-gouttes. Pour obtenir une certitude, il faut souvent joindre trois ou quatre sources et garantir l’anonymat absolu. Juste dans la journée d’hier, j’ai pu valider des infos auprès de trois acteurs importants dans la vente.
C’est le 25 juillet que George Gillett doit rembourser certains de ses prêts.
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Même en promettant le « off the record » le plus crédible, on récolte des généralités. Et ces acteurs contredisent souvent ce que des sources périphériques ont laissé couler. C’est encore arrivé hier.
Il y a aussi des leçons à tirer de la vente du Canadien à Gillett il y a une dizaine d’années. À l’époque, tous les projecteurs étaient braqués sur BCE et sur Stephan Bronfman. Et sur René Angélil, que Dan O’Neil, président de Molson, avait sondé en évoquant un prix de vente dépassant les 400 millions. Angélil n’a reçu l’offre de 250 millions faite à Gillett qu’une fois sa décision prise de ne pas poursuivre ses démarches pour acquérir le Canadien. Mais qu’on se rappelle comment tout le monde avait été surpris par l’entrée de Gillett lors de la conférence de presse. Il était un pur inconnu que personne n’avait vu venir. Il faut se méfier, rien ne dit qu’on n’assistera pas encore une fois à un scénario semblable.
Dernier point. On craint comme la peste, chez les parties mêlées à la vente du Canadien, que George Gillett ne soit en train de se servir des offres d’achat et de ces négociations pour sauver son empire en le refinançant. Un autre de nos acteurs : « On craint queM. Gillett ne retourne voir ses banquiers en leur montrant les offres d’achat obtenues pour le Canadien et le reste. Il pourrait les rassurer sur la valeur de l’équipe et du Centre Bell, et ainsi obtenir un autre de ces prêts dont il a eu le secret au cours de sa carrière. S’il a une offre d’au moins 400 millions, c’est beaucoup plus facile d’établir une valeur encore plus élevée pour garantir un emprunt. Ce n’est pas pour rien que Gillett n’a toujours pas déclaré publiquement que le Canadien était à vendre. Il faut se méfier de cette option. »
Évidemment, il peut être frustrant de lire tous ces textes où on ne peut donner le nom des sources. Mais c’est le prix à payer pour avoir un minimum de données et d’infos, puisque tous ceux qui sont mêlés aux négociations ont signé des ententes de confidentialité.
Si la vente a lieu en juin, on estime que le « closing » pourrait avoir lieu avant la fin de juillet. Hasard sans doute, c’est le 25 juillet que M. Gillett doit rembourser certains de ses prêts. DANS LE CALEPIN — Guy Carbonneau a passé quelques jours à Sept-Îles, sa ville natale. Partout où il est allé, il a été accueilli comme un héros… qu’on se permet de saluer et d’approcher avec une belle familiarité.



Votre confiance se mérite
J’ai dit hier dans le journal ce que j’avais à dire sur le travail de Bob Gainey. Personnellement, j’estime que les partisans auraient plus de chances d’encourager une grande équipe avec un autre directeur général. Mais il est évident que Gainey a décidé de rester à son poste de directeur général et peut-être d’entraîneur, et ce sera maintenant à Pierre Boivin et George Gillett de prendre la décision finale sur sa situation dans l’organisation.
BobGainey s’est assuré que les manchettes des journaux et des bulletins de nouvelles sportives mettent l’accent sur le bris de confidentialité dont se serait rendu coupable sonhomologueduLightningdeTampaBay.
C’est d’ailleurs la première fois depuis qu’il s’est offert pour prendre le poste de directeur général d’André Savard que Gainey met un bémol dans une réponse. Il a affirmé hier qu’il ne pouvait confirmer son retour tant que ses patrons n’auraient pas pris leur décision à son sujet. Auparavant, Gainey ne se préoccupait absolument pas des états d’âme de Pierre Boivin, son patron direct selon l’organigramme.
Par contre, je sais que Pierre Boivin ne donnera plus jamais carte blanche à Gainey. Il va falloir que ces deux-là s’expliquent et que M. Boivin fasse connaître ce qu’il attend exactement de son employé. Va-t-il exiger davantage de respect envers les fans et les gens de hockey issus de la société québécoise ?
Par ailleurs, dans sa façon de ne pas répondre, Gainey a confirmé qu’il avait promis yeux dans les yeux, deux semaines avant de crucifier Guy Carbonneau, qu’il démissionnerait plutôt que de le congédier. C’est lui qui doit maintenant vivre avec sa trahison.
Et il a confirmé un scoop de Mathias Brunet à propos de Vincent Lecavalier. Malheureusement , je serais surpris que Lecavalier accepte de venir s’enterrer dans une organisation qui ne sait même pas quels joueurs elle mettra sur la glace la saison prochaine.
Ce fut une conférence de presse teintée de rose. Tout va bien et tout s’explique. Tant mieux pour les partisans, qui devront sans doute vivre une autre saison de misère l’an prochain.
Rien n’est réglé. Le Canadien est toujours à vendre, le processus progresse, mais en attendant qu’on y voie plus clair, personne ne se retrouve vraiment dans une situation pour prendre des décisions vitales pour l’organisation. Rien ne garantit que Pierre Boivin et Bob Gainey seront encore des dirigeants du Canadien dans six semaines. Ça complique le travail de Pierre Boivin, nul ne peut le nier.
Cela dit, si je faisais confiance à l’équipe de direction hockey, je pourrais espérer une bonne tournure des événements. Le directeur général du Canadien va sans doute perdre Lang, Schneider, Dandenault, Koivu et quelques autres. Mais en même temps, il va se retrouver avec une vingtaine de millions pour attirer quelques bons joueurs. Le problème, c’est que Mats Sundin, Daniel Brière, Brendan Shanahan l’ont montré : les vrais joueurs autonomes de qualité ne veulent rien savoir de cette organisation et de Montréal.
Ça veut dire que Trevor Timmins va repêcher d’autres joueurs moyens et médiocres en Sibérie, que de rares joueurs moyens vont accepter une offre de Gainey s’il est encore en poste, et que le Canadien va rester une équipe moyenne et parfois médiocre. Et que les Québécois vont continuer à se faire bouchonner par l’organisation de leur ville et de leur province. Mais c’est sans doute ce que vous voulez puisque vous avez une si grande capacité de tolérance.
Quelques mots sur Carey Price. Je sais qu’il n’a que 21 ans et qu’il subit une pression énorme. Mais il peut compter sur la confiance totale et absolue de son entraîneur et de son directeur général. Combien d’athlètes ont pu se sentir autant supportés que Carey Price ?
Je sais aussi que c’est un jeune de la nouvelle génération de la casquette. Mais hier, j ’aurais apprécié qu’on puisse voir ses yeux quand il est venu rencontrer les journalistes. Si on enlève ses lunettes fumées quand on s’adresse à un douanier par politesse, il me semble que les centaines de milliers de fans qui ont suivi le point de presse à la télé auraient mérité de jauger la sincérité de ses réponses en voyant son regard.
Pensez-vous que Patrick Roy n’aurait pas regardé ses interlocuteurs droit dans les yeux à 21 ans ?
Il ne faudrait pas que la seule imitation de Casseau que puisse faire Carey Price soit de lever les bras en l’air pour envoyer promener la foule. On devrait avoir droit à quelques jours de tranquillité mais, dans une semaine à peine, la saga va reprendre.

Si Bob Gainey reste à son poste, il faudra cependant faire comme Pierre Boivin. Lui retirer sa carte blanche. Votre confiance, ça se mérite!

L’art de détourner l’attention
Les blessures et la grande gueule de Brian Lawton. Voilà pourquoi, selon Bob Gainey, la saison du centenaire du Canadien a tourné au cauchemar. L’explication est séduisante, mais elle est un peu courte.
« Les gars se demandent si jouer à Montréal vaut tous les tracas que ça cause, s’ils ont envie de répondre à des questions tous les jours, souligne Mathieu Dandenault. Certains joueurs vont préférer aller voir ailleurs. »
En qualifiant de « honteuse » la conduite du directeur général du Lightning de Tampa Bay, Gainey s’est trouvé un coupable bien commode, à des milliers de kilomètres du vestiaire de son équipe.
Gainey s’est assuré que les manchettes des journaux et des bulletins de nouvelles sportives mettent l’accent sur le bris de confidentialité dont se serait rendu coupable Lawton, plutôt que sur plusieurs problèmes bien réels auxquels son équipe a été confrontée à compter de la mi-saison.
Que Chris Higgins et Tomas Plekanec, qui ont connu une saison misérable, aient été affectés par les rumeurs qui les mêlaient à une transaction impliquant Vincent Lecavalier, ça se conçoit. Les deux ont tendance à se mettre énormément de pression sur les épaules. Suffisait pour s’en convaincre de voir l’air de chien battu de Plekanec, hier, pendant qu’il battait sa coulpe. Si un joueur du Canadien a un urgent besoin d’un rendez-vous chez le psychologue sportif, c’est bien lui.
Mais Brian Lawton n’a rien à voir avec la baisse de régime et les fréquentations douteuses des frères Kostitsyn, à propos desquelles Gainey, faut-il le rappeler, s’était déclaré « très préoccupé » en février. Lawton n’est pas celui qui a empêché Alex Kovalev de passer à la vitesse supérieure avant le dernier mois de la saison. Il n’est pas la cause des déboires de Carey Price après le match des Étoiles. Il n’est pas responsable du fait que plusieurs joueurs de l’équipe ne pouvaient tout simplement plus sentir Guy Carbonneau, au point où Bob Gainey s’est senti obligé de congédier son vieil ami, le 9 mars. Et puisqu’on y est, ce n’est pas Lawton qui s’est arrangé pour que près de la moitié des joueurs du Canadien obtiennent leur autonomie en même temps, une situation qui « n’est pas optimale », comme Gainey l’a admis avec un sens bien aiguisé de la litote, hier.
Je n’ai pas de raison de mettre en doute les allégations de Gainey au sujet de Lawton, qui aurait coulé les nomsdes joueurs duCanadiendans le but de faire monter les enchères pour Lecavalier. Mais en s’en prenant aussi durement à son homologue de Tampa, il détourne, par calcul ou non, l’attention du public des problèmes internes de son club.
Cela dit, il est vrai que les blessures ont fait mal au Canadien. On ne peut être privé pendant de longues périodes de joueurs aussi importants que Robert Lang, Andrei Markov, Alex Tanguay, Mathieu Schneider, Mike Komisarek et quelques autres – comme le Canadien l’a été à un moment ou l’autre cette année – sans que les performances de l’équipe ne finissent par s’en ressentir. Mais le mal du Canadien était beaucoup plus profond que celui infligé par les blessures, si nombreuses qu’elles aient été.
IIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIII La bonne nouvelle, c’est que le Canadien jouira cet été d’une rare flexibilité. Avec des engagements financiers d’environ 23 millions seulement en vue de la prochaine saison, l’équipe a toute la marge de manoeuvre nécessaire pour être très active sur le marché des joueurs autonomes sans compensation et pourrait même tester pour la première fois le marché des joueurs autonomes avec restriction.
La moins bonne nouvelle, c’est qu’avec les péripéties rocambolesques de la saison qui vient de se terminer, il risque d’être plus difficile que jamais d’attirer chez le Canadien des joueurs autonomes dignes de ce nom. « Les gars se demandent si jouer à Montréal vaut tous les tracas que ça cause, s’ils ont envie de répondre à des questions tous les jours, souligne Mathieu Dandenault. Certains joueurs vont préférer aller voir ailleurs. »
La chance de jouer pour une équipe gagnante peut bien sûr venir à bout de certaines réticences. Mais avec la fin en queue de poisson de sa saison 2008-2009, le CH n’a pas des arguments de vente très éloquents.
C’est pourquoi il est important pour le Canadien de marquer un grand coup avant le 1er juillet, date à laquelle s’ouvrira le marché des joueurs autonomes. Il faut que Bob Gainey – ou son successeur, si le Canadien est vendu et que le nouveau propriétaire décide d’installer quelqu’un d’autre dans le fauteuil de directeur général – complète une transaction qui frappe l’imagination. Il faut qu’il envoie le signal que le Canadien n’est pas reparti pour un autre interminable plan quinquennal, mais qu’il entend plutôt rebondir dès la saison prochaine.

Et quand on pense transaction, quel est le premier nom qui nous vient en tête? Vincent Lecavalier, évidemment. Sauf que je ne suis pas sûr que Lawton va maintenant avoir envie de reprendre avec Gainey le tango interrompu en janvier…



Une bien triste histoire -  PIERRE FOGLIA
Permettez que je revienne sur la fin de saison du Canadien. D’abord sur cette hâtive conférence de presse où il ne s’est rien dit, sauf quand Bob Gainey a mis un partie des déboires de son équipe sur le dos du... Lightning de Tampa Bay! L’extraordinaire, c’est que personne n’a éclaté de rire, ni rien.
Et les blessures bien sûr. Presque tout serait la faute des blessures.
L’histoire de cette série serait l’histoire d’une équipe en santé qui affrontait des éclopés. Moi je dis que c’est surtout l’histoire d’une équipe inspirée qui en affrontait une qui ne l’était pas du tout. Pourquoi le Canadien était-il si peu inspiré ? Là-dessus, allez lire les commentaires de mes collègues des sports qui vont tous dans le même sens : les affaires qui ont miné la saison, les clans qui divisent cette équipe, des joueurs autonomes qui étaient peut-être plus préoccupés de leur prochaine destination que de la présente fin de saison, etc.
J’ajouterais une autre raison que n’approuveront pas mes collègues : Carey Price. Il a été mauvais. Pas très mauvais. Un peu mauvais. Dany Dubé, sans doute un des plus fins analystes de la scène de hockey chez nous, voit en Carey Price un gardien d’avenir, un gardien d’exception, un très grand talent, opinion visiblement partagée par Bob Gainey... et par Carey Price lui-même.
J’ai détesté la surréaliste apparition du jeune gardien à cette conférence de presse. Sa mâchée de gomme. Sa casquette sur les yeux, ses lunettes fumées. S’il ne voulait pas qu’on le voie, il n’avait qu’à pas venir. J’avais trouvé amusant qu’il réplique à la foule, j’ai trouvé lamentables ses demiexcuses mâchouillées dédaigneusement. Il se prend déjà pour Barry Bonds, ce petit con?
Je vous entends : il n’a que 21 ans. Le même Dany Dubé nous a même arraché une larme en ajoutant : c’est un enfant. L’enfant nous a dit qu’il allait trouver l’été bien long: « franchement je ne sais pas ce que vais faire de mon été! » Pauvre petit bonhomme. What about a trip autour du monde pour voir un peu le monde La Chine, l’Inde, le Moyen-Orient, l’Afrique. Tu vois le garçon là-bas avec une lumière sur le devant de son casque? Il s’apprête à descendre dans la mine. Il y travaille depuis deux ans. Il a 16 ans. Lui c’est un enfant, lui.
Je ne retire rien de ce que j’ai déjà dit ici de Bob Gainey. Je continue d’apprécier l’homme, sa rugueuse sobriété, son humour, mais je comprends tout à coup ce qui l’a amené à se séparer de Guy Carbonneau. Leur point de rupture, le point sur lequel ils devaient s’engueuler sans arrêt, je suis sûr que ce n’était pas sur le plan de match qu’ils s’engueulaient: c’était sur la façon d’être avec les joueurs.
Arrête de les baver, devait dire Gainey.
Qu’ils mangent d’la marde, devait répondre Carbo. Devaient s’engueuler aussi sur Price. Carbo y serait allé avec Halak.
Finalement, ils se sont formidablement plantés tous les deux.
Une bien triste histoire.
VACANCES –
Quand t’es vieux, tu peux prendre des vacances si tu veux, mais tu ne pourras pas empêcher les gens de penser que c’est parce que t’es malade. Qu’est-ce que vous avez, M. Foglia?
OK, je vais vous le dire, mais chut... J’ai le bohu-bohu. C’est une dent qui me pousse dans le cul, il a fallu que je change ma selle de vélo, j’ai maintenant une selle avec un trou au milieu: autrement je ne pourrais pas m’asseoir. Va savoir, j’ai peut-être bien aussi, en route, trois ou quatre cancers, je vous en reparlerai quand j’irai voir mon médecin, mais ce n’est pas demain. Il est malade, mon médecin. Il a la scarlatine. Il l’a attrapée d’un patient.
Le patient en question avait le cancer du poumon avec des métastases au foie. Le médecin, mon médecin, lui donnait trois mois, paf le patient attrape la scarlatine! C’est elle qui l’a tué en une semaine. Il est mort avec plein de petits boutons partout. Peut-être que mon médecin va mourir aussi. La grippe porcine, dites-vous? Quand t’es vieux, tu peux prendre des vacances si tu veux. Quand t’es jeune aussi. Mais sachez-le, la mort n’en prend jamais. Tadam.
PREMIÈRE LONGUE SORTIE –
De chez moi tous les chemins ou presque mènent à Burlington. Croiriez-vous qu’après toutes ces années il en est encore (des chemins) que je n’ai pas pédalés ? Celui du bord du lac, tiens. Pas celui des îles au milieu du lac Champlain que je trouve sans intérêt – bien entendu, c’est celui que vous préférez – mais celui qui, côté Vermont, longe la rive sur près de 40 kilomètres avant de devenir en terre battue pour aller se perdre dans des collines oubliées du progrès où les vaches n’ont jamais vu de cycliste, je le jurerais à leur effarement. Ou peut-être est-ce mon accoutrement ? Mes varices ? Mon allure générale de monstre préhistorique à pédales ?
Après quelques kilomètres de purgatoire, on reconnecte avec le lac Champlain à Malletts Bay, où, à quelques palmiers près, on pourrait se croire au bord d’un lac italien. Les Adirondacks, en face, valent bien les Apennins. Il y avait un parc désert avec un banc, j’y ai lu quelques pages d’un livre minuscule d’Antonio Tabucchi – c’est la condition absolue que je pose aux livres pour les mettre dans ma sacoche de vélo : d’être minuscules.
De Malletts Bay la piste cyclable m’a déposé au Waterfront juste comme arrivait le ferry de Port Kent, en face, dans l’État de New York.
Première soirée de printemps à Burlington, une des villes les plus agréables à vivre en Amérique. Je ne lance pas ça comme ça, j ’en ai la preuve : l’unique McDo a fermé faute de clients. Rue Church, les gens ont dîné fort tard aux terrasses, une jeune femme blonde jouait de l’accordéon, il était écrit « merci » en français dans son chapeau où j’ai jeté un billet.
Je suis rentré le lendemain par un autre chemin magnifique, mais beaucoup trop long et montagneux pour un vieux monsieur qui a le bohu-bohu.





Le visage du bleu-blanc-rouge - JEAN-PASCAL BEAUPRÉ
Si George Gillett décide de vendre le Canadien, il doit agir rapidement.
Quand les joueurs du Canadien se retrouveront au camp d’entraînement en septembre, le visage de l’organisation pourrait être méconnaissable.
Maintenant que l’équipe a pris le chemin des vacances après son élimination expéditive, beaucoup d’action est à prévoir en dehors de la patinoire.
Si George Gillett se résigne à se départir du Tricolore, la vente doit se faire rapidement pour donner la chance au nouveau propriétaire d’imprimer sa marque sur la prochaine saison du bleu-blancrouge. De nombreux points d’interrogation subsistent au terme de ce long chemin de croix qu’on a fait subir aux partisans depuis le match des Étoiles. Un centenaire qu’ils vont s’empresser d’oublier.
Du côté des opérations hockey, plusieurs décisions cruciales devront être prises en cascade d’ici l’été. À commencer par le cas Bob Gainey: doit-il demeurer en selle même s’il souhaite rester en poste? Le directeur général a perdu beaucoup de plumes récemment, de nombreux amateurs ne lui ont pas pardonné le congédiement de Guy Carbonneau.
Qu’il s’en aille ou non, Bob Gainey a signifié qu’il ne retournerait pas derrière le banc. Il faudra donc dénicher un nouvel entraîneur-chef. Le choix ne revient pas au propriétaire, mais l’ancien no 23 voudra sûrement attendre de recevoir un vote de confiance de son grand patron avant de procéder à cette embauche. Or, il serait bizarre que le nouveau coach ne soit pas nommé avant le repêchage de la Ligue nationale à la fin juin.
La moitié des joueurs réguliers de l’équipe deviendront libres comme l’air le 1er juillet, dont le capitaine Saku Koivu et Alex Kovalev. Lesquels voudra-t-on retenir? Qui cherchera-t-on à aller cueillir sur le marché des joueurs autonomes ? Difficile également de progresser dans ce dossier sans savoir quelle sera la masse salariale disponible. Ce sera au nouveau propriétaire de trancher.
La juxtaposition de la sévère récession et de la déconfiture du Canadien aura-t-elle un impact sur la campagne de vente des billets dans quelques semaines ? Le Centre Bell fait salle comble depuis plusieurs années, mais le passé n’est pas garant de l’avenir. Surtout quand on ignore qui prendra les rênes de l’équipe.
M. Gillett a mentionné qu’il prendrait le soin de bien examiner ses options et les propositions sur la table. Vend ou vend pas? Trouvera-t-il plutôt un partenaire minoritaire qui acceptera d’investir 400 millions dans son holding sportif tout en lui laissant le contrôle? Le temps commence à presser pour le propriétaire américain qui doit vite dégoter du financement pour renflouer ses coffres. En juillet, il doit renégocier l’emprunt de 450 millions qui lui a permis d’acquérir le LC Liverpool et qui ne sera pas prolongé de nouveau par la Royal Bank of Scotland. Sans compter un autre prêt personnel de 75 millions, également à refinancer prochainement, sur lequel il doit payer des intérêts de 19%.

Malgré des finances saines, on sent que le vaisseau du Canadien tangue. Ce serait la moindre des choses que le nouveau propriétaire dispose d’un peu de temps pour donner un coup de gouvernail. C’est aussi une question de respect pour les centaines de milliers de partisans inconditionnels qui appuient et vénèrent la sainte Flanelle.


Des patins sans l’âme - OLIVIER PIERSON
L’auteur réside à Montréal.

Le congédiement de Carbo a fait planer un mirage et la qualification in extremis du Canadien en séries fut un écran de fumée
Il serait peut-être temps de donner plus de place à l’engouement et à la jeunesse. Pour soulever un trophéaussi pesant que la Coupe Stanley, il faut une âmeLa défaite sans gloire du Canadien de Montréal face aux Bruins de Boston a posé un linceul sur une saison bien terne. Mais fallait-il espérer davantage d’une équipe sans inspiration et sans âme?

Les partisans en rêvaient. À gorge déployée, ou dans l’intimité de leur pensée. Pour les 100 ans du Canadien de Montréal, on avait dressé la table et mis de beaux couverts. Les chandelles étaient allumées, et on s’était dit que leur lueur survivrait aux séries. Oui mais voilà, la loterie sportive est sans pitié et la pièce de monnaie est tombée du mauvais côté.
Après une formidable saison 2007-2008 qui permettait l’espoir, le CH s’est pris les pieds dans le tapis rouge pour s’écrouler piteusement au pied des marches. Ce que l’on retiendra de la saison actuelle? Pas grand-chose, en tout cas pas assez pour enflammer une discussion. Cette année, les gros titres ont été consacrés aux affaires extrasportives, à l’infirmerie du club et à toutes ces supputations qui empoisonnent un vestiaire, aussi talentueux soit-il.
Le tort du Canadien – et de bon nombre de commentateurs sous perfusion – aura été de s’être vu trop beau... et trop fort. Les patins étaient devenus trop petits, les chevilles trop grosses... Le congédiement de Carbo a fait planer un mirage, et la qualification in extremis en séries fut un écran de fumée. On se demande aujourd’hui si son bourreau et ami (le sont-ils encore ?) Bob Gainey va goûter lui aussi à la faut une âme. Sans cette arme secrète, le talent est un placebo, au mieux une pirouette de désespoir.
Alors que le centenaire de cette équipe mythique poursuit son règne, chacun espère désormais que la sainte Flanelle redeviendra québécoise. Et si cette étincelle identitaire insufflait un souffle nouveau? Et si la fierté revenait dans la danse ? Si George Gillett a renfloué les caisses du Canadien, il ne porte pas en lui les gènes du hockey pure laine. Et sans vouloir faire offense au reste de l’équipe, avouons tout de go que la foulame aiguisée du couperet de la déception. Personne ne poussera des cris d’orfraie si la désillusion fait vaciller cet autre champion.
Il va falloir sans doute songer à nettoyer les écuries d’Augias. Au lieu de s’embourber dans des croyances poussiéreuses, il serait peut-être temps de donner plus de place à l’engouement et à la jeunesse. N’oublions pas que pour soulever un trophée aussi pesant que la Coupe Stanley, il gue des Québécois de la formation a mis un peu de pommade sur une saison indigne d’une équipe taillée, soi-disant, pour le gros gâteau d’anniversaire.
Lesté de 24 Coupes Stanley, le chandail tricolore est devenu très lourd à porter. Soit. La sueur qu’il impose ne facilite pas les choses. Mais lorsque l’amour déteint sur les couleurs, toutes les victoires sont belles et les défaites moins amères.






Amer dénouement
La saison du centenaire devait être faste. Dirigé par le finaliste au trophéeJack-Adams, championentitre del’Associationdel’Est, avecRobert Lang, GeorgesLaraqueetAlexTanguay en renfort, le Canadien était promis à de grandes choses.
La défaite du Canadien a été saluée par des huées, des ovations offertes en guise de dérision à l’endroit de Carey Price pour le moindre arrêt de routine, ovations qui ont poussé Price à imiter Patrick Roy en levant les bras au ciel...
Cette saison du centenaire s’est terminée sur une tout autre note: par une défaite cinglante de 4-1.
Une défaite qui a été saluée par des huées, des ovations offertes en guise de dérision à l’endroit de Carey Price pour le moindre arrêt de routine, ovations qui ont poussé Price à imiter Patrick Roy en levant les bras au ciel et des appels répétés à Guy Carbonneau.
Loin de condamner Carey Price pour son geste à l’endroit des partisans, un geste en tous points semblables à celui posé par Roy le 2 décembre 1995 après un arrêt de routine devant Sergei Fedorov des Red Wings de Detroit, Bob Gainey l’a défendu avec vigueur.
« Les partisans ont été impolis et injustes. J’imagine que Carey aurait pu garder son calme. Mais quand tu te fais ainsi attaquer, qui te défendra si tu ne le fais pas toi-même? » a d’abord lancé Bob Gainey et faisant ensuite référence à des incidents semblables survenus à Los Angeles.
« Les partisans des Kings, des odieux trous-du-cul ont chassé Darryl Sydor en le huant. Nous avons hérité de ce très bon jeune défenseur à Dallas et ils nous ont aidé à gagner. Nos partisans devraient y penser à deux fois avant de faire des gestes semblables. Car ils pourraient chasser de très bons joueurs qui viendront ensuite battre le Canadien avec d’autres formations. »
Bouteilles plutôt que confettis
Le Canadien s’incline donc en quatre rapides parties aux mains des Bruins de Boston. C’était la sixième fois depuis l’expansion de 1967 que le Canadien était ainsi balayé d’une série.
Depuis 1a dernière conquête de la Coupe Stanley, le Tricolore n’a offert que quatre victoires en séries et encore, elles sont toutes survenues en première ronde.
Des circonstances qui ont contribué à une fin de match tumultueuse au Centre Bell.
Car au lieu de célébrer une 25e Coupe Stanley sous une pluie de confettis, les joueurs du Canadien ont dû se protéger d’une averse de bouteilles d’eau tirées par des partisans frustrés lorsque la sirène à mis un terme à la rencontre, aux séries, à la saison. « J’appréhendais ce genre de réaction et mes craintes se sont concrétisées. Je tiens toutefois à remercier tous les amateurs qui nous ont malgré applaudis après le match, mais certainement pas ceux qui nous ont envoyé des bouteilles par la tête », a lancé un Christopher Higgins, aux larmes après la défaite.
Bon début, mauvaise fin
Comme ils l’avaient fait lundi, les joueurs du Canadien ont bien amorcé la rencontre. Andrei Kostitsyn a donné les devants 10 au Tricolore. Mais les Bruins, avec deux buts rapides en fin de première marqué par Michael Ryder et David Krejci, ont vite démontré leur supériorité.
Toujour s pr ivé d’Andrei Markov, Robert Lang et Francis Bouillon, le Canadien devait aussi se passer d’Alex Tanguay, Mathieu Schneider et Patrice Brisebois, le Canadien ne s’est pas remis de ces deux filets.
Phil Kessel et Michael Ryder une fois encore, avec son quatrième contre son ancienne équipe, ont scellé l’issue du match. « Personne n’aime perdre, surtout en quatre matchs. On a été battus par une meilleure équipe, mais nous l’avons parfois aidée. Comme ce fut le cas ce soir », a lancé Bob Gainey, qui tirera un trait sur la saison cet après-midi à Brossard.
« Nous avons connu une année difficile avec les blessures, un changement d’entraîneur. Mais nous nous sommes rendus en séries, ce qui était notre objectif. Mais il faut reconnaître que dans les circonstances, il nous était difficile de rivaliser avec les Bruins qui formaient une meilleure équipe que la nôtre », a ajouté Gainey.
Dans le vestiaire, Chris Higgins ne pouvait se consoler avec les propos de son coach.
« Certainement pas ce soir et au cours des prochains jours. Tu n’atteins par la Ligue nationale avec une attitude de perdant. Tu cherches toujours une façon de gagner et non une façon de perdre. »
Obligé de déclarer forfait avant le match, Alex Tanguay vociférait contre ceux qui mettaient son courage en doute.
« Je vais me faire opérer à l’épaule droite au cours des prochains jours et je ne suis pas capable de lever mon bras gauche. J’ai fait l’échauffement et j’ai tout tenté, mais c’était impossible. Je n’ai joué que 50 matchs cette année. Je me bats pour un contrat. Je voulais jouer le plus de matchs possible en séries et connaître le plus de succès possible en séries pour m’aider à obtenir ce contrat. Je suis vraiment choqué des commentaires que j’ai entendus », a conclu Tanguay.


Gainey doit partir
Gainey s’était engagé à ce que l’équipe qu’il bâtissait soit en mesure de lutter pour la Coupe Stanley ce printemps, le printemps du centenaire. C’est une faillite totale.
Malgré tout le respect que j’éprouve pour Bob Gainey, je pense qu’il devrait préparer son départ. Je sais que ce n’est jamais le bon moment pour quitter une organisation comme le Canadien, surtout avec la vente de l’équipe dans le décor, mais le bilan des cinq dernières années de Gainey ne pèse pas assez lourd pour qu’on lui fasse confiance pour un nouveau plan quinquennal.
Bob Gainey a eu du mal à faire face à celui qu’il avait congédié en janvier 2006. Jamais il n’a regardé Claude Julien dans les yeux quand ce dernier est venu le saluer après le match.
Je refuse de faire le procès d’un homme qui a certainement travaillé avec honnêteté et entêtement. Mais le directeur général, lui, doit rendre des comptes.
Il a sacrifié un coach qui avait mené le Canadien à la première position de l’Association de l’Est, l’an dernier, qui, le 17 janvier, complétait la meilleure première moitié de saison des 25 dernières années et qui, au moment de se faire congédier, venait de gagner cinq des sept derniers matchs de l’équipe.
Gainey l’a remplacé comme il l’avait fait avec Claude Julien, et le résultat a été désastreux. Désastreux à tous les plans.
Gainey a réussi quelques bonnes transactions. Alex Tanguay est son meilleur coup. Il a fait signer un contratàRobertLangcommejoueur autonome et Lang en a donné pour l’argent dépensé. Même chose pour Matthieu Schneider.
Mais il a commis des erreurs épouvantables avec Mike Ribeiro et Cristobal Huet, sans parler des joueurs qu’il a négligé de garder à Montréal. De plus, il a brisé un lien sacré entre les hockeyeurs québécois et l’organisation. tout est bouché. Et l’ineffable Trevor Timmins, le patron du dépistage, qui trouve toujours le moyen de pisser dans les oreilles de certains chroniqueurs, a complété le travail de bouchonnage. Juste à regarder où sont assis les rares dépisteurs responsables du Québec à la table du Canadien au repêchage. Sont au bout, là où ils ne seront entendus par personne.
Hier, Claude Julien, congédié en janvier 2006 par Bob Gainey, a donné une autre leçon de hockey à celui qui l’a congédié pour prendre sa place et terminer la saison. Une maudite à part ça. Comme ses Bruins en avaient donné une plus grosse encore lundi soir. Comme ils en avaient donné une plus énorme samedi. Comme ils l’avaient fait lors du premier match.
D’ailleurs, les deux coachs qui ont gagné leur série en quatre matchs sont Claude Julien et Alain Vigneault. Quelle ironie!
Bob Gainey va tenter de convaincre les naïfs en disant que son plan de ne pas faire signer de contrat aux joueurs autonomes lui donne une marge de manoeuvre importante pour améliorer l’équipe. À cela je réponds que c’est de la boulechite.
La vérité, c’est que les partisans vont recevoir en mai leur facture de 12 000$ pour acheter leurs abonnements de saison sans avoir la moindre petite idée des corps qui vont remplir les chandails tricolores. Et vous pensez que Vincent Lecavalier va venir à Montréal sans savoir avec qui il va jouer? Y avez-vous pensé, 10 joueurs autonomes? Et ceux qui Jamais depuis 50 ans le Canadien n’a-t-il été aussi pauvre en joueurs québécois. Encore pire, Gainey a fermé la porte aux espoirs des entraîneurs francophones de monter dans la Ligue nationale. À part Sergio Momesso, adjoint à Hamilton, il n’y a pas un seul coach québécois dans toute l’organisation. Les Alain Vigneault, Michel Therrien, Claude Julien (Ontarien francophone), Jacques Lemaire, Mario Tremblay et les autres n’auraient jamais eu la chance de faire carrière dans la Ligue nationale sans le Canadien. D’autres, comme Jacques Martin et Bob Hartley, sont passés par les Nordiques. Aujourd’hui , après cinq ans de l’ère Gainey, vont rester sont plus des pommes pourries que des actifs. Les Kostitsyn, ça vous allume?
Dans une compagnie ordinaire, c’est le président lui-même qui prendrait la responsabilité de demander des comptes. Et une fois le bilan étudié, le verdict serait sans pitié. Gainey s’était engagé à ce que l’équipe qu’il bâtissait soit en mesure de lutter pour la Coupe Stanley ce printemps, le printemps du centenaire. C’est une faillite totale.
Pierre Boivin se retrouve malheureusement avec une autorité morale diminuée. La vente du Canadien et l’incertitude qui règne au Centre Bell vont sans doute l’empêcher de prendre des mesures draconiennes. Il se retrouve dans une situation ne lui permettant pas d’exiger la démission de Gainey ou de le congédier. Mais au bout du compte, s’il ne fait rien, c’est lui qui va finir par payer le prix et se faire mettre dehors. Parce que lui aussi a failli, lui non plus n’a pas rempli ses engagements. Il a donné carte blanche à Gainey, avec le résultat qu’on connaît. Ça n’arrivera pas. Je parle d’André Savard. L’orgueil a trop souvent le dessus sur la raison. Mais le meilleur directeur général que le Canadien ait eu depuis le départ de Serge Savard aura été André Savard. Et par une bonne marge. On l’a humilié en l’obligeant à jouer la comédie du gars heureux de céder son poste à Gainey mais il s’est toujours comporté avec dignité, même si Gainey ne l’a jamais écouté une seconde.
Ça n’arrivera pas, mais ce qui pourrait arriver de mieux à cette organisation serait qu’on rappelle Savard en s’excusant et en lui redonnant son poste. Tant qu’à reconstruire, aussi bien le faire avec quelqu’un qui a la compétence et qui est capable d’écouter.
J’écris ces lignes et ça me fait de la peine. Je connais Bob Gainey depuis 34 ans. Je l’ai vu payer de sa personne, je l’ai vu se donner corps et âme pour son équipe, je l’ai vu prendre soin des jeunes hommes qu’il tentait de diriger.
Mais je suis payé pour donner mon opinion à la lumière de mon expérience et dans les limites de mon jugement. Et moi, Bob Gainey directeur général, je n’ai pas confiance. DANS LE CALEPIN – Carey Price a au moins retenu une chose de Patrick Roy. Quand il a été hué en deuxième, il a levé les bras en signe de dérision envers la foule. Mais il a tout l’été pour se faire oublier. Et pour noyer ses déceptions avec vous savez quoi. Rien de mieux qu’une douzaine de bières pour apaiser son angoisse, c’est bien connu. Par contre, il n’est pas responsable de l’élimination du Canadien.
J’avais choisi le Canadien en six. Ça veut dire que je pensais que Markov pourrait revenir au jeu et que Bob Gainey saurait préparer ses joueurs. Je me suis trompé sur les deux points.
La foule du Centre Bell a été dure hier envers ses favoris. Elle a hué les joueurs et a scandé « Carbo » et « Guy » comme jamais cette saison. Par contre, elle les a applaudis à la toute fin quand ils ont salué leurs partisans.

Mais faut pas s’inquiéter, ils vont être 21 350 au premier match la saison prochaine. C’est ce qui compte, les profits.



La symphonie pathétique
Il était vraiment temps que finisse cette foutue saison. Qui est maintenant officiellement une saison foutue. Cette ultime défaite a été laide. Laide comme la foule qui a tourné Carey Price en dérision sur un arrêt de routine, en deuxième période. Et laide comme la réaction de Price, qui a répondu en levant les deux bras dans les airs, comme Patrick Roy un certain soir de décembre 1995.
Price ne méritait pas ça. Il a fait preuve d’immaturité hors de la patinoire cette saison, ce n’est un secret pour personne. Il a été souvent ordinaire et franchement mauvais par moments. Mais pas hier soir. Il n’était absolument pas responsable des quatre buts marqués jusque-là par les Bruins. Même qu’il avait stoppé coup sur coup deux échappées plus tôt en deuxième!
Si les fans voulaient démolir pour de bon la confiance d’un jeune athlète, ils n’auraient pu mieux s’y prendre. J’ignore quelle est la pire insulte entre « trou de cul » (comme Bob Gainey a qualifié hier les partisans de Los Angeles qui huèrent jadis Darryl Sydor) et « bâtard » (l’épithète qu’il avait réservée aux tortionnaires de Patrice Brisebois). Mais Gainey avait raison de trouver les partisans injustes. Reste que Price a mal réagi. À ce jeu-là, un athlète ne sortira jamais gagnant. Jamais. Après la saison qu’il vient de connaître, le jeune gardien n’avait qu’une seule option: encaisser sans mot dire. Sa réaction, même spontanée, a une portée symbolique trop grande pour ne pas laisser des cicatrices qui mettront du temps à s’estomper…
Ce geste de Price a marqué le point le plus bas d’une saison qui n’en manque pourtant pas. La dégringolade de la première à la huitième place dans l’Association de l’Est. La régression marquée de plusieurs joueurs, de Price à Sergei et Andrei Kostitsyn en passant par Chris Higgins, Mike Komisarek et Tomas Plekanec. L’épidémie de blessures qui a dévasté le vestiaire. Les manchettes-chocs sur la vente possible de l’équipe et les fréquentations douteuses des frères K. Les vacances forcées d’Alex Kovalev. Le congédiement de Guy Carbonneau. Et ainsi de suite, comme autant de mouvements dans la symphonie pathétique qu’aura été la saison du Centenaire. Jusqu’au couac final, cette élimination en quatre coups de cuiller à pot face à des Bruins désormais sans complexes.
Annus horribilis, vous dites ? Mettons que si on était dans Dallas, ce vieux soap américain, ce serait le moment pour Bobby Ewing de sortir de la douche et de nous dire : toute cette saison n’était qu’un (mauvais) rêve.
La déception exprimée hier soir par les partisans, qui s’est aussi manifestée par des « Carbo, Carbo » bien sentis, est à la mesure des attentes énormes créées par l’organisation. Rarement un club aura investi autant d’énergie que le Canadien dans l’autocélébration et l’exaltation de sa gloire passée. Le marketing a été fabuleux. Le retrait du chandail de saint Patrick, les chandails d’époque (on va charitablement oublier le pyjama rayé), les briques personnalisées à la place du Centenaire, les plaques commémoratives, les pièces de monnaie, les DVD, les montages vidéo léchés au Centre Bell – rien n’avait été laissé au hasard pour rendre encore plus folles de leur équipe une ville et une province déjà assez dingues, merci.
Mais on ne gagne pas des matchs avec des cérémonies spectaculaires, même sur des airs de U2. ( En passant, peuton espérer entendre autre chose au Centre Bell que l’estimable quatuor irlandais à l’occasion du deuxième siècle qui s’annonce ? Merci.) Si le grand manitou du marketing Ray Lalonde peut dire mission accomplie, Bob Gainey doit maintenant se prêter à un sérieux examen de conscience.´
Le Canadien deMontréal devait faire mieux cette année. Peut-être pas aussi bien que ce que les «experts» aux lunettes teintées de rose (moi le premier) prévoyaient en début de saison. Mais quand même mieux que cette huitième position arrachée par la peau des fesses et ce balayage en première ronde. Il n’est pas normal que l’équipe se soit désintégrée de la sorte en deuxième moitié de saison. Car c’est de cela qu’il s’agit. Une désintégration.
À mi-parcours, le CH avait une fiche de 25-10-6. La deuxième moitié a été l’inverse de la première : 16-20-5. Comme si les dieux du hockey avaient voulu punir les partisans du Canadien d’avoir eu l’impudence d’envoyer quatre joueurs au match des Étoiles, alors qu’un seul, Andrei Markov, le méritait.
Coïncidence? En tout cas, la saison du Canadien a tourné en eau de vaisselle autour de la classique annuelle, qui avait lieu à Montréal. Entre le 21 janvier et le 19 février, le CH a présenté un dossier atroce de 3-11-1. Guy Carbonneau a commencé à jouer à la roulette avec ses trios, les blessures se sont accumulées et puis voilà, Bob Gainey est descendu derrière le banc pas longtemps après.
Quand Carbonneau a été congédié, j ’ai écrit que Bob Gainey jouait quitte ou double. Il a perdu son pari. Les blessures à Andrei Markov, Alex Tanguay, Mathieu Schneider, sans parler de celles à Robert Lang, Francis Bouillon et Patrice Brisebois, ont fait très mal, c’est l’évidence. Le Canadien ne luttait pas à armes égales avec les Bruins. Mais même avant, on n’a jamais senti que Gainey avait réussi à remettre son équipe sur les rails.
Le plan de cinq ans a échoué. La moitié des joueurs de l’équipe obtiennent leur autonomie cet été. L’avenir du gardien d’avenir de l’équipe est plus nébuleux que jamais. Et la saison qui devait être la plus belle s’achève dans l’ignominie la plus totale.


Bob Gainey, s’il décide de rester – et si on lui permet de le faire – n’aura pas assez d’un nouveau plan quinquennal pour mettre de l’ordre dans tout ça.


L’impuissance de Bob Gainey

Est-ce que ces joueurs qui dénonçaient haut et fort le manque de communication de Guy Carbonneau prouvent maintenant qu’ils sont incapables d’en donner plus, même avec celui qui les paye derrière le banc ?
Muter Georges Laraque et Alex Tanguay. Éca r ter Tomas Plekanec et Mat t D’Agostini. Donner une chance à Sergei Kostitsyn et à Yannick Weber. Espérer un miracle de Francis Bouillon au détriment de l’expérience de Patrice Brisebois...
Tout cela était bien beau. Mais on attend encore les résultats. Et quand Bob Gainey se regarde dans le miroir, l’entraîneur-chef qui se trouve d’un côté de la glace doit faire des gros yeux au directeur général qui se cache de l’autre côté. Pourquoi? Parce que les deux premiers matchs de la série ont fait la preuve par quatre que le Canadien ne peut rivaliser avec les Bruins.
Lorsqu’il a mis Guy Carbonneau à la porte, deux semaines seulement après lui avoir garanti son poste, Bob Gainey assurait qu’il était temps de donner de la stabilité à cette équipe, qui en manquait cruellement. Qu’a fait Gainey depuis le début de la série? Il a imité Carbo en multipliant les changements afin de camoufler les lacunes de son équipe.
Une équipe que Bob Gainey, le directeur général, croyait capable de gagner. Une équipe que Bob Gainey, l’entraîneur-chef, n’arrive pas à faire gagner.
Pourquoi? Parce que les changements qu’il apporte ne l’améliorent pas... ou pas assez.
Bob Gainey pensait-il vraiment que Georges Laraque pourrait nuire ne serait-ce qu’un peu à Zdeno Chara?
Le seul joueur du Canadien qui soit arrivé à déconcentrer le géant Chara au cours des dernières années est Steve Bégin. Il y est arrivé en le frappant, en lui tournant autour comme une mouche tourne autour de vous savez quoi !
Le gros Georges n’a rien fait de mal. Il s’est même attiré quelques compliments après le premier match. Mais a-t-il vraiment dérangé Chara? Jamais !
On ne peut reprocher à Gainey de tenter de fouetter son équipe. Mais après deux matchs, on doit conclure qu’il a amputé son premier trio de l’élément qui avait permis au Tricolore de compter sur un premier trio digne de ce nom en fin de saison.

Un premier trio dont le Canadien et ses partisans s’ennuient depuis le début des séries.
Et s’il est vrai qu’Alex Tanguay a donné des ailes à Glen Metropolit et à Christopher Higgins, il n’arrivera jamais à les transformer en Koivu ou Kovalev.
Continuons: Plekanec et D’Agostini méritaient peut-être leur retrait de la formation.
Mais on les a remplacés par qui? Par Sergei Kostitsyn. Par un joueur indiscipliné sur et hors de la patinoire, par un égoïste qui a permis aux Bruins de prendre le contrôle du match en marquant sur une pénalité dont il a écopé.
Par Weber, qui a un beau talent et un bel avenir, mais aucune expérience. Voyons donc!
EtFrancisBouillon: commentdiable a-t-onpuprendre pareil risque avec un joueur qui n’avait pas subi le test d’un vrai entraînement depuis deux mois? Tout cela témoigne d’une certaine panique. Ou si cela faisait partie d’un beau plan, ce plan n’était pas bon. Pas bon parce que le Canadien a remplacé quatre trente sous par une piastre.
Quand tout était facile en début de saison, quand le Canadien gagnait contre des petites équipes en dépit des blessures, on louangeait sa « belle » profondeur. Elle est passée où, cette profondeur, depuis que plus rien n’est facile? Depuis que c’est rendu très difficile alors qu’on est en séries privé d’Andrei Markov.
Guy Carbonneau a payé de son poste ce manque de profondeur, qui l’a obligé à jongler avec ses joueurs au point de les échapper.
Et voilà que comme Carbo l’a fait trop souvent avant lui, Bob Gainey hisse le drapeau blanc.
À la question: « Que doivent faire vos joueurs pour retrouver le chemin de la victoire », Bob Gainey a répondu après le match de samedi: « Écouter leur coach! » Quoi? Les joueurs n’écoutent pas plus Gainey qu’ils n’écoutaient Carbo! Est-ce que la vérité commencerait à sortir ? Est-ce que ces joueurs qui dénonçaient haut et fort le manque de communication de Carbo prouvent maintenant qu’ils sont incapables d’en donner plus, même avec celui qui les paye derrière le banc?
Ils ont encore le match de ce soir pour nous faire mentir. Car s’ils perdent ce soir, pas sûr qu’on aura besoin d’un cinquième match pour déterminer le gagnant de cette série.



Carbonneau - Faire le vide pour mieux rebondir
GUY CARBONNEAU TRICOLORE DANS L’ÂME
« J’aimerais être de retour derrière un banc la saison prochaine. J’ai aimé mon expérience comme entraîneur, et je veux continuer. »
Amer, Guy Carbonneau? Non, pas vraiment. Déçu, alors ? Oui. Déçu de constater que le Canadien, son Canadien, ne joue plus au hockey cette saison.
Congédié par le directeur général Bob Gainey début mars, Guy Carbonneau s’est fait plutôt discret au cours des dernières semaines. Mais les partisans de l’équipe montréalaise ne l’ont visiblement pas oublié.
En entrevue téléphonique avec La Presse, hier, l’ancien entraîneur du CH a confié qu’il n’a pas passé beaucoup de temps à regarder les matchs de la formation montréalaise à la télé en séries. Ce qui ne l’a pas empêché de ressentir un brin de tristesse quand le club est tombé en quatre parties face aux Bruins de Boston, la semaine dernière.
« Es t-ce que j ’ a i rega rdé les matchs du Canadien en séries? Pas beaucoup, a répondu Carbonneau hier. J’ai regardé deux ou trois minutes ici et là, un peu des autres matchs des séries aussi. Mais j’ai surtout essayé de faire autre chose. Aller au cinéma, par exemple. Je n’ai pas voulu forcer la note avec le hockey. Pour moi, c’est important de m’éloigner un peu, de faire le vide… »
Congédié par BobGainey début mars, Guy Carbonneau s’est fait plutôt discret au cours des dernières semaines. Mis à part sa présence remarquée au gala Artis dimanche soir – « J’ai trouvé que la réaction des gens était extraordinaire et réconfortante », a-t-il dit –, l’ancien entraîneur du CH n’a pas cherché à faire parler de lui… mais a fini par faire parler de lui malgré tout. savoir ça. Mais j’ai été déçu quand le Canadien a été éliminé. C’est toujours décevant de voir ça. J’ai fait partie de cette famillelà pendant des années, je suis un Canadien dans l’âme… Une élimination rapide comme ça, ce n’est pas plaisant, ni pour la ville, ni pour les partisans. »
Et comment expliquer cette élimination rapide, au juste ? « Ça n’a pas fonctionné cette année, mais ce n’est pas à moi de dire ce qui s’est passé », s’est-il limité à répondre. différent? Pas quand j’étais là. J’ai commis des erreurs au début. Mais je ne pense en avoir commis une quand j’ai dit publiquement que j’étais à court de réponses. Ça, c’était plus de la frustration, parce que je devais répondre aux mêmes questions des journalistes trois fois par jour. Ce que je voulais dire, c’est qu’à ce moment-là, je n’avais plus rien de neuf à dire. »
Quant aux rumeurs sur l’identité véritable du responsable de son congédiement, Carbo jure qu’il ne pense pas à ça. « Je ne
C’est que les partisans ne l’ont pas oublié. Ils n’ont surtout pas oublié ce congédiement-surprise survenu en fin de saison, au point de scander son nom au Centre Bell alors que le Canadien en était à son dernier soupir face aux Bruins.
Bien sûr, Guy Carbonneau est au courant. « Oui, j’ai entendu parler des partisans qui criaient mon nom au Centre Bell... C’est réconfortant, c’est plaisant de
À la suite de son congédiement, Guy Carbonneau a dû encaisser quelques critiques de la part de ses anciens soldats. Parmi ceux qui lui ont adressé des reproches, il y a Alex Kovalev, qui a déclaré que les joueurs avaient trop souvent du mal à comprendre les décisions de leur entraîneur.
Malgré tout, le principal intéressé n’a aucun regret. « Est-ce que j’aurais fait quelque chose de veux pas embarquer là-dedans. Je ne sais pas ce qui est arrivé, je vais peut-être chercher à le savoir un jour, mais pas maintenant. Pour le moment, je veux seulement faire le vide. »
Mais ce n’est pas si facile de faire le vide. Pas quand on s’appelle Guy Carbonneau. Pas quand l’histoire de cette fin abrupte continue d’alimenter les discussions dans cette ville folle de hockey. Pas quand les moindres déclarations sont analysées pendant des jours.
Pas quand on sait que la vérité va finir par sortir un jour… Au bout du fil, Guy Carbonneau pouffe de rire. « J’ai dit ça juste de même. Je ne m’attendais pas à ce que ça provoque une aussi grosse réaction... Je ne pensais pas à quelque chose de précis quand j’ai dit ça. C’est juste que tout finit toujours par se savoir. Disons que ça a fait boule de neige… » S’il n’en tient qu’à lui, Carbo ne restera pas à la maison bien longtemps. Son but: se dénicher un job d’entraîneur dans la LNH en vue de la prochaine saison. Déjà, certaines rumeurs l’envoient derrière le banc du Wild du Minnesota. Pour l’instant, la destination finale importe peu. Tout ce qu’il veut, c’est une autre chance.
« Ce n’est pas moi qui vais choisir où je vais aller, a-t-il conclu. On verra. Mais je pense que j’aimerais être de retour derrière un banc la saison prochaine, j’aimerais me remettre à faire le travail que je faisais avec le Canadien. J’ai aimé mon expérience comme entraîneur, et je veux continuer. »


Koivu : Victime du débat linguistique  -  Caroline Morgan
Francophones et anglophones ont réagi très différemment au départ du capitaine du Canadien Saku Koivu
N’oublions pas la responsabilité de la direction du Canadien. Quand il s’agit de soutirer le maximum de dollars aux amateurs, le club n’hésite pas à jouer à fond la carte identitaire.
Amatrice de hockey, l’auteure est traductrice et réside à Montréal. Le traitement qu’ont fait les médias et les amateurs du départ de Saku Koivu, capitaine pendant neuf saisons du Canadien de Montréal, révèle un malaise profond à l’égard de cette organisation qui récupère sans scrupule la fierté identitaire et linguistique du Québec à des fins de marketing.
Être humain avec ses qualités et ses faiblesses, Saku Koivu a été capitaine du Canadien pendant neuf saisons.
C’est du moins ce qui ressort de la lecture de divers sites médiatiques et forums d’amateurs. Au final, pour de trop nombreux francophones et anglophones, Saku Koivu aura servi d’instrument pour alimenter l’éternelle controverse linguistique.
Les éloges polis dont M. Koivu a fait l’objet dans les médias francophones ne font pas oublier que de nombreux chroniqueurs et amateurs l’avaient pris en grippe depuis longtemps. Il faut voir la vulgarité et la cruauté des commentaires dans les différents sites et forums. « Bon débarras ! » « Hypocrite! » « Il était temps! » « Pomme pourrie ! » Puis, le plus persistant des reproches : « Après 14 ans à Montréal, il ne parle pas un mot de français! »
Cette dernière accusation est fausse. M. Koivu utilisait le français en privé, mais ne s’est j amais sent i suf f isamment confiant pour le faire devant les médias. Mais pourquoi laisser les faits gâcher une si bonne histoire ?
Du côté anglophone, les commentaires ne sont guère plus objectifs. Chroniqueurs et amateurs divinisent l’ex-capitaine. Dave Stubbs ( The Gazette) affirme même sans rire qu’il a incarné « l’essence même du Canadien pendant plus d’une décennie ». On souligne jusqu’à plus soif sa dignité, ses blessures, sa lutte contre la maladie.
Les chroniqueurs sportifs de The Gazette omettent commodément que le leadership du numéro 11 a fait l’objet de nombreux doutes. Par-dessus tout, on se plaît à rappeler comment le Tricolore a bravement refusé de céder à ces maudits « bigots de la langue », tel un chrétien affrontant le martyre plutôt que d’abjurer sa foi.
De nouveau, on fait entorse à la vérité. À sa dernière entrevue, M. Koivu a déclaré qu’il aurait adoré pouvoir parler couramment le français. Mais pourquoi laisser les faits gâcher une bonne histoire?
Un double discours
Saku Koivu ne méritait d’être ni démonisé ni sanctifié. Les médias en général ont souligné son courage, sa ténacité, sa générosité et son attachement à la communauté montréalaise, mais aussi son orgueil et son côté peu rassembleur. Les postes les plus prestigieux du Tricolore sont comme les postes politiques : on ne peut les occuper de longues années sans accumuler les critiques et les reproches. Être humain avec ses qualités et ses faiblesses, Saku Koivu ne pouvait tout simplement pas résister à l’usure du temps.
N’oublions pas la responsabilité de la direction du Canadien. Quand il s’agit de soutirer le maximum de dollars aux amateurs, le club n’hésite pas à jouer à fond la carte identitaire: on ressort la tradition, les racines canadiennes-françaises du club, les Flying Frenchmen, Maurice Richard, « L’histoire se joue ici ». ..
Év i demment, l e publ i c demande alors pourquoi le capitaine ne parle pas français et pourquoi l’alignement des joueurs semble, au chapitre de la représentativité, parfaitement interchangeable avec celui des 29 autres équipes de la Ligue nationale de hockey. Alors, le Tricolore se fait tartuffe et se réfugie dans l’excuse typique: les joueurs sont payés pour jouer au hockey, pas pour faire de la représentation culturelle. Il est grand temps que le Canadien de Montréal cesse de manger à tous les râteliers. Ou il assume son discours identitaire et envoie ses joueurs à l’Institut Berlitz, ou – ce qui semble plus réaliste – il arrête de charrier les amateurs avec la tradition, les racines et tout le reste, et se cantonne à sa mission: vendre du hockey.




Bobby Nadeau, militant malgré lui  -  Yves Boisvert
Si Bobby Nadeau, le 22 mars 2008, jette ses gants de gardien et se bat avec Jonathan Roy, ce n’est qu’une autre déplorable bagarre générale dans le hockey junior. Deux jours plus tard, on n’en parle plus.
Mais Bobby Nadeau ne s’est pas battu. Et cette décision à elle seule a eu des conséquences incalculables sur le sport national. La scène d’un jeune homme qui se fait agresser et qui refuse la bagarre a pris des proportions telles que, soudain, le hockey junior lui-même s’est retrouvé au banc des accusés.
Les gens du milieu avaient beau dire qu’il s’agissait d’un incident malheureux monté en épingle, personne ne les écoutait. Ils avaient perdu le contrôle du sujet. Le gouvernement a été sommé d’agir au nom de la protection de la jeunesse, de l’éducation et du développement du sport. On a mis une pression telle sur la LHJMQ qu’elle a récrit de force quelques règlements. Le nombre de bagarres a diminué des deux tiers dès la saison suivante. Les autres ligues juniors canadiennes entendent l’imiter.
Plus encore : l’été qui a suivi, la Direction des poursuites criminelles et pénales a changé les critères pour porter des accusations contre des participants à un match de hockey.
L’ancienne directive voulait qu’on accuse un joueur qui se bat uniquement si l’autre avait refusé de se battre et était blessé. Bobby Nadeau a refusé de se battre avec Jonathan Roy mais n’a pas été blessé. Il a fallu récrire la directive et c’est ainsi que Roy a été accusé, puis s’est avoué coupable hier.
C’est fou ce qu’un gars peut provoquer en restant accoté sur son filet, quand on y pense.
Il y a donc lieu de vanter le courage et la volonté de Bobby Nadeau, le jeune homme par qui la sous-culture du hockey junior a fait un bond en avant. Seul contre tous !
Sauf que Bobby Nadeau n’en demandait pas tant. En fait, il ne demandait rien du tout, sinon de finir au plus vite ce match de hockey, que son équipe menait 7 à 1, sans se blesser, sans se faire suspendre parce qu’il se serait battu avec le gardien no 2 de l’autre équipe. Nadeau a été un temps classé au 21e rang des meilleurs joueurs juniors en Amérique du Nord.
En fait, il avait des ordres stricts de son entraîneur des Saguenéens de Chicoutimi, Richard Martel : tu ne te bats sous aucun prétexte, sauf à la rigueur contre leur numéro 1.
Il était donc accoté sur la barre de son filet quand cette bagarre de fin de match a éclaté. Bon, à minuit, ce serait son anniversaire, il allait avoir 20 ans et il allait se concentrer sur le prochain match, à Québec. Quand Roy est arrivé à son bout de la patinoire, il était convaincu qu’il s’agripperait à lui, mais il n’a pas pensé que les coups allaient pleuvoir.
«Ne croyez pas que je sois un gars très, très pacifique, m’a-t-il dit. Je me suis déjà battu, je n’ai rien contre les bagarres. Quand les deux joueurs veulent participer, c’est très rare qu’il y a des blessés. Avoir su que ça tournerait comme ça, je ne suis pas sûr que je referais la même chose.»
Tourné comme quoi ? Le délire médiatique, le Colisée de Québec plein à craquer qui hurle son nom à la partie suivante, la difficulté de se concentrer, l’élimination de son équipe, les gens qui le traitent de peureux, de «jaune», ces bassesses qu’on chuchote dans le milieu, qu’on laisse deviner à son agent, les accusations criminelles…
Avoir su tout ça, il aurait probablement jeté ses gants pour se battre.
Le héros de notre histoire est donc infiniment rétif. En fait, il ne veut rien savoir de tout ça, et surtout pas des accusations criminelles. « Pas un joueur de junior de ma génération ne pense que ça méritait une accusation criminelle, et moi je n’ai jamais porté plainte, là-dedans. On ne sait jamais quand on peut aller trop loin. Ça aurait pu m’arriver.»
Bobby Nadeau est maintenant aux études et joue dans le hockey u niversita i re, à Dalhousie, grâce à des bourses de la LHJMQ et de l’université. Ne comptez pas sur lui pour donner des conférences sur la violence au hockey. Si on veut changer les règles, qu’on le fasse, lui ne milite pour rien. Tout ce qu’il en retire de bien, c’est d’avoir découvert plus vite que d’autres l’importance de la famille et de ses vrais amis.
Son père, Robert Nadeau, a vu le travail de 8 ou 10 ans de son fils «s’écrouler en 10 minutes», dit-il. Il est bien content que les choses «évoluent dans le sens d’une plus grande dignité humaine» et que les gens de hockey aient été «forcés de se poser des questions qu’ils ne se posaient pas».
Mais cette ligue a très mal réagi, dit-il, et les Saguenéens ont laissé tomber son fils. On lui a même interdit de le voir dans la semaine qui a suivi, pour éviter les distractions pendant cette importante série…
«C’est une business, le hockey junior. Si c’était à recommencer, sachant les capacités scolaires de mon fils, jamais je ne l’enverrais là. Je me console en me disant que l’événement a fait évoluer les choses. »
Ce n’était donc pas le projet idéologique de la famille Nadeau de réformer le hockey junior. Mais ce militant enrôlé malgré lui dans le parti des nonviolents a accompli énormément, même si c’est par omission. Et il en a payé le prix, autant que s’il avait livré volontairement ce combat qui ne l’intéressait pas...

Mea-culpa et absolution pour Jonathan Roy  -  Caroline Touzin
Jonathan Roy a plaidé coupable, hier, de s’être livré à des voies de fait sur son adversaire Bobby Nadeau lors d’un match en mars 2008. L’ex-gardien de but des Remparts de Québec a obtenu l’absolution inconditionnelle et n’aura pas de casier judiciaire. I
CHICOUTIMI — « La société ne doit pas tolérer que des joueurs de hockey deviennent des l utteu rs ou des boxeurs sur la patinoire. »

Le juge Valmont Beaulieu a lancé ce message, hier, au moment de prononcer sa sentence à l’égard de Jonathan Roy. L’ex-gardien de but des Remparts s’était reconnu coupable plus tôt dans la journée de voies de fait sur Bobby Nadeau, le gardien de but des Saguenéens, au cours d’un match. Le j eune homme de 20 ans a ainsi coupé court à son procès, qui devait débuter hier au palais de justice de Chicoutimi.
L’e x-ho c keyeu r devenu chanteur a bénéficié de la clémence du juge, qui lui a accordé l’absolution inconditionnelle. Le magistrat a su iv i la recom ma ndation commune de la Couronne et de la défense. L’accusé s’évite un casier judiciaire qui aurait compliqué la poursuite de sa carrière aux États-Unis.
Le juge Beaulieu a déploré la « cultu re d’acceptation » des bagarres au hockey dans la société. « Le tribunal ne voudrait pas qu’on retienne de la situation que, ce jour-là, Jonathan Roy a eu un écart de jugement. Il a commis une infraction criminelle. »
Le 22 mars 2008, lors d’un match des séries éliminatoires entre les Remparts et les Saguenéens, une mêlée générale a éclaté. Bien qu’un arbitre ait tenté de le retenir, Jonathan Roy a traversé la patinoire et s’en est pris au gardien des Saguenéens, Bobby Nadeau. Le jeune Nadeau a reçu 16 coups de poing sans répliquer, en tentant simplement de se protéger. Il n’a subi aucune blessure et n’a pas porté plainte à la police. À la demande de la poursuite, la police de Saguenay a tout de même fait enquête. Les accusations ont été portées contre Roy quatre mois plus tard.
« La rudesse fait partie du hockey. Seuls les esprits obscurs et ne faisant aucun effort intellectuel ne comprendront pas la différence entre rudesse et violence. Le hockey ne doit plus être considéré comme un sport violent », a ajouté le juge Beaulieu.
Jonathan Roy a fait son mea-culpa, hier. « Il y a des l i m it e s . J ’a i dé pa s s é c e s limites. » Il a dit regretter les coups portés à Bobby Nadeau, son doigt d’hon neu r à la foule et les propos méprisants et dénués de remords qu’il a tenus lors de l’entrevue d’après-match. « J’ai manqué énormément de jugement », at-il répété à plusieurs reprises lors de son témoignage.
« Regrets sincères »
L’accusé a paru émotif lorsqu’il a reconnu avoir déçu sa mère et « enlevé de la crédibilité » à son célèbre père. Le juge Beaulieu a estimé que ces regrets étaient sincères. Il a toutefois mis en doute les raisons qui avaient poussé Roy à attaquer Nadeau.
Roy a nié qu’il ait voulu forcer Nadeau à se battre pour qu’il écope d’une suspension. Le magistrat lui a reproché de « manquer de transparence » sur ce point, non sans égratigner au passage son père et ex-entraîneur, Patrick Roy. « Si votre réponse avait été oui (à la question de savoir s’il a cherché à provoquer Nadeau), vous êtes une personne intelligente ; la question suivante aurait été : Est-ce que quelqu’un vous l’a commandé ? » a souligné le juge.
L’avocat de Jonathan Roy, Me Steve Magnan, n’est pas d’accord avec ce reproche adressé à son client. « J’ai compris l’interprétation du j uge . M a is si mon c l ient ava it répondu , il n’au ra it pas donné la réponse que monsieur le juge attendait », a-t-il indiqué à sa sortie de la salle d’audience. Les Roy ont quitté le palais de justice sans faire de commentaire.
Jonat ha n Roy a au ssi affirmé qu’il avait souffert du traitement médiatique qui lui a été réservé, particulièrement dans le sketch de l’émission de fin d’année à Radio-Canada, dans lequel on le dépeignait comme un être violent. « Pour encore longtemps, vous aurez à vivre avec cette image négative de votre personnalité », lui a dit le j uge. Jonathan Roy aurait dû être conscient à l’époque de sa « responsabilité sociale » à titre de gardien de but, « vu positivement par le public tout simplement parce que son père est une
vedette et, pour certains, le plus grand gardien de but dans l’histoire du hockey », selon le magistrat.
Le jeune homme de 20 ans s’est engagé à faire un don de 5000 $ « avec son argent » à des orga nismes de charité. Neuf mois après avoir entamé sa carrière de chanteur, il compte enregistrer un second album à New York le mois prochain. Aux yeux du tribunal, l’accusé est « complètement réhabilité ». L a Couronne, représentée par Me Denis Dionne, abondait dans ce sens. « L’attitude du jeune Roy ce soir-là est à mille lieues de son attitude d’aujourd’hui. Il est sympathique, réservé et sans prétention. »

Quant à Bobby Nadeau, la Cou ron ne a fa it va loi r qu’il s’était retrouvé da ns une « situation fort embarrassante » où il a dû jouer le rôle de celui qui se « laissait battre au risque de passer pou r u n peu reu x », a lors qu’en réa l ité i l ne fa isa it que suivre les règles du jeu. « Bobby Nadeau a été le plus intelligent des deux ce soirlà », a reconnu la défense.


Violence au hockey : Une «culture», ça se change  -  YVES BOISVERT

Violence au hockey : Une «culture», ça se change  -  YVES BOISVERT
Il n’y a rien de nouveau, rien de révolution na ire, surtout rien de mal dans le verdict de culpabilité rendu hier contre un j oueur de la LHJMQ. Rien pour remettre en question la nature du hockey, quoi qu’en dise l’avocat de ce jeune homme.
Simplement le rappel sa luta i re de quelques règles élémentaires que des gen s de ho c key oubl ient périodiquement.
Personne n’a jamais dit que le Code criminel cesse de s’appliquer sur les glaces de hockey. On tolère un niveau élevé de rudesse, évidemment, puisque c’est un sport de contacts. Chaque joueur accepte un degré raisonnable de risques. Mais jamais les gestes intentionnels de violence unilatérale.
Il y a de nombreux précédents devant la cour criminelle, y compris de joueurs de la Ligue nationale, de Donald Brashear (coup de bâton sur la tête) à Todd Bertuzzi (agression par derrière).
Un coup de bâton dans le visage, cela n’a j amais fait partie du hockey, et c’est une agression armée dans la rue Sainte-Catherine comme à l’aréna. L’étonnant serait de s’en étonner.
Merci Jonathan
Évidemment, la ligue junior n’aime pas « l’image » que projette cette affaire, qui se conclut trois semaines avant le procès à Chicoutimi de Jonathan Roy, accusé de voies de fait aux dépens du gardien Bobby Nadeau.
Et pourtant, on prouvera un jour que ces deux affaires ont été extrêmement utiles pour faire évoluer ce qu’on appelle « la culture » du hockey junior.
En une seule saison, le nombre de bagarres a diminué de 75 % dans le hockey junior québécois, selon les statistiques de la LHJMQ.
Pourquoi ? Parce qu’elle a eu l’air très, très fou après la bagarre générale de mars 2008, où Jonathan Roy et son père se sont illustrés comme vous savez. C’eût été amusant en 1975. C’était maintenant scandaleux. La ligue a resserré ses règlements. Pas au point d’éliminer les bagarres, mais assez pour se faire traiter de ligue de tapettes par plusieurs vétérans.
E t qu ’apprend-on ? L’Ontario entend imiter le Québec. Pourtant, l’an dern ier, cer ta i ns spéc ia l istes nous disaient qu’en limitant les bagarres au Québec, on allait former des mauviettes et les désavantager face aux joueurs du reste du Canada.
Nouvelles règles
En même temps, comme par hasard, le Directeur des pou r su ites c r i m i nel les et pénales a modifié ses directives en matière de violence au hockey. Une modification d’importance, passée à peu près inaperçue.
Jusque-là, une directive de 1977 disait aux procureurs de n’accuser un joueur de hockey que s’il avait causé des lésions corporelles intentionnellement.
Autrement dit, des coups qui ne résultent pas en une blessure (des voies de fait si mples), su r la glace, ne devaient pas donner lieu à une accusation criminelle. On laissait faire. C’est ainsi que le Procureur général du Québec interprétait le Code criminel da ns le contexte du hockey.
O r , J o n a t h a n R oy n ’a pas blessé Bobby Nadeau. Selon l’ancienne directive, il n’aurait pas dû être accusé.
Mais… le 28 juillet 2008, alors que l’enquête policière est ter m i née, change !
Dorénavant, on demande aux procureurs de déposer de s a c c u s at ion s de voie s de fait simples dans le cas de non-consentement de la victime. Autrement dit, si deux j oueurs se battent, ils consentent. Mais si un joueur va en battre un autre qui refuse le combat , il pourra être accusé de voies de fait même s’il n’y a pas de blessure.
la d i rec tive
Dans la directive de 1977, on visait à « limiter et surtout éliminer (la violence) qui est faite volontairement, sciemment et qui vise à blesser un adversaire ».
Depuis un an, on ratisse plus large. On vise à « limiter et sanctionner (la violence) à l’encontre de laquelle on ne peut valablement et légalement opposer une défense de consentement ».
On vient donc d’ouvrir la porte beaucoup plus largement à des accusations criminelles dans le monde du hockey.
L’avocat de Jonathan Roy a plaidé que cette modification à la directive visait spécifiquement son client et était donc abusive.
En effet, elle arrive juste à temps pour permettre de le faire accuser.
Mais l e j u g e Va l m o n t B eau l ieu a rejeté l ’a r g u - ment la semaine dernière, estimant que la poursuite n’avait pas violé les droits de Roy en mo d i f ia nt s a directive. Il aura donc son procès.
Q uel le que soit l’issue de ce procès, on menace de nouveau x coups de pied judiciaires les adeptes de la moronnerie sportive. Dans le milieu assez conservateur du hockey, ça devrait avoir un bel effet pédagogique.



LA VIOLENCE AU BANC DES ACCUSÉS  -  Caroline Touzin
Un joueur de la Ligue de hockey junior majeur du Québec doit-il consentir de façon « illimitée » à recevoir des coups sur une patinoire, et ce, même s’il refuse de jeter les gants ?
Cette question est au coeur du procès criminel d’un hockeyeur accusé de voie de fait armée et de voie de fait causant des lésions. Le procès a commencé hier matin à Montréal en chambre de la jeunesse, puisque l’accusé était mineur au moment de l’incident.
L’automne dernier, l’équipe de la LHJMQ pour laquelle jouait l’accusé a disputé un match contre une autre équipe de cette ligue semi-professionnelleàMontréal. Durant la partie, une escarmouche a éclaté entre plusieurs joueurs. L’accusé aurait alors invité à se battre la victime alléguée, un joueur de l’équipe adverse, en lui donnant avec son bâton deux coups sur la poitrine à la manière d’un double-échec. Le jeune homme aurait refusé de laisser tomber les gants. Mais l’accusé lui aurait tout de même asséné « un violent coup de bâton à deux mains dans le visage », a raconté l’arbitre du match, Dominick Bédard, venu témoigner hier.
Une ordonnance de non-publication interdit aux médias d’identifier l’accusé et la victime, même si cette dernière était majeure au moment de l’incident. La procureure de la Couronne, Me Ellen Baulne, entend prouver que l’accusé s’est servi de son bâton comme d’une arme pour frapper la victime sans son consentement. Personne ne peut consentir à ce qu’un bâton de hockey serve d’arme sur la patinoire, a dit la procureure.
De son côté, la défense, représentée par Me Richard Shadley et Me Steve Magnan, a souligné la particularité de la LHJMQ, dans laquelle des adolescents de 17 ans jouent aux côtés d’adultes de 20 ans. Un mineur a « moins de maturité » et est « moins responsable de ses gestes », a indiqué Me Shadley. « Ce n’est pas une ligue récréative. Le code du hockey et les règles changent selon que c’est récréatif ou semiprofessionnel », a expliqué l’avocat. Les joueurs de la LHJMQ sont rémunérés. Ils jouent 80 parties par an devant de 10 000 à 15 000 spectateurs chaque fois, a-t-il ajouté.
La victime a témoigné qu’elle n’avait jamais eu l’intention de se battre. Elle était dans un coin de la patinoire, alors que la
mêlée a éclaté près de la ligne bleue. « Je ne voulais pas m’en mêler. J’arrivais tranquillement pour voir si l’un de mes joueurs était en difficulté », a expliqué le jeune homme. Il dit avoir reçu deux coups à la poitrine de la part de l’accusé, qui l’invitait à se battre. « Je suis resté comme une statue sans bouger », a-t-il raconté. C’est à ce moment-là qu’il a reçu le coup de bâton au visage. Sous l’impact, il s’est effondré sur la patinoire. Il est tout de même revenu au jeu le soir même.
Il a eu besoin d’un point de suture près de la bouche et a dû se nourrir de liquide pendant une semaine. Aujourd’hui, certaines de ses dents sont toujours sensibles et sa mâchoire craque, a-t-il fait valoir. Il a porté plainte à la police quelques jours après l’incident. Dans un contre-interrogatoire serré, Me lui a suggéré qu’il avait porté plainte en raison de la pression de ses parents. Le père de la victime aurait été insatisfait de la suspension de 15 matchs imposée par la LHJMQ à l’accusé, selon l’avocat de la défense. L’accusé a d’ailleurs appelé la victime pour lui offrir ses excuses, cinq jours après l’incident. « J’avais de la difficulté avec sa sincérité », a dit la victime à la cour.
La Couronne a déposé en preuve une vidéo filmée du haut des gradins. « Ce n’est pas une vidéo que j’aime regarder. À chaque fois, ça me donne des frissons », a dit la victime. On y entend une foule bruyante, excitée au moment de l’échauffourée. Les spectateurs sifflent et crient. On y discerne difficilement les joueurs des deux équipes. Lorsque la victime alléguée reçoit le coup de bâton au visage, on la voit tomber sur la patinoire. À ce moment-là, la foule se met à huer copieusement son assaillant. Ce dernier se dirige immédiatement vers le vestiaire sans broncher. L’arbitre Dominick Bédard a décrit l’accusé comme un hockeyeur rapide « qui ne joue pas sale », mais dont le rôle est de provoquer l’autre équipe pour lui faire prendre des punitions. Ce système de provocation fait partie des règles non écrites du hockey, a reconnu l’arbitre en contre-interrogatoire.

L’accusé et la victime sont accompagnés de leurs parents au tribunal. Le procès reprend aujourd’hui devant le juge Jacques A. Nadeau.

« Les bagarres font partie de la game »
« Les bagarres font partie de la game. Elles ne sont pas juste tolérées dans notre ligue, mais dans la Ligue nationale, aussi. » C’est ce qu’est venu expliquer hier le directeur des opérations hockey de la LHJMQ, Pierre Leduc, au procès criminel du jeune hockeyeur accusé d’avoir commis une voie de fait armée avec son bâton sur la personne d’un autre joueur durant un match, la saison dernière.
« Le hockey est un jeu d’action. Des incidents comme ça peuvent arriver », a témoigné le dirigeant de la LHJMQ, hier, en chambre de la jeunesse à Montréal. L’incident est survenu deux mois après que cette ligue semi-professionnelle eut resserré ses règles concernant les bagarres, a-t-il expliqué à la cour. Bien que les bagarres soient tolérées en général, c’est désormais « tolérance zéro » envers son instigateur ou l’agresseur (dans le cas où l’autre joueur refuse de se battre), a fait valoir M. Leduc. La notion d’instigateur existait déjà, mais la sanction imposée était moins sévère.
L’accusé dans cette affaire n’a toutefois pas reçu de punition à titre d’instigateur ou d’agresseur, et ce, même si sa victime alléguée n’a jamais jeté les gants. Le jeune hockeyeur a plutôt reçu une punition pour bâton élevé et extrême inconduite de partie. Le nouveau comité de discipline de la LHJMQ, formé d’un préfet et de quatre conseillers, dont M. Leduc, s’est ensuite réuni et lui a imposé une suspension de 15 matchs. « Il y a 10 ans, il aurait reçu une suspension d’un match ou deux pour le même geste. Dans ce dossier, la Ligue a pris ses responsabilités », a-t-il assuré.
Les bagarres ont diminué de 50% la saison dernière, première année du durcissement des règles. Il y a en moyenne une demi-bagarre par match, a fait valoir le directeur des opérations de la LHJMQ.

— Caroline Touzin

Amateurs, pourquoi ne faites-vous pas le ménage vous-mêmes? -  Marie - Claude Lortie
Mon opinion sur la violence au hockey, je me la suis faite en 1977, je crois, ou peut-être un peu avant. Je regardais encore des matchs à cette époque-là. J’aimais bien. On gagnait tout le temps la coupe Stanley avec Guy Lafleur.
Mais une chose me tapait déjà totalement sur les nerfs: les batailles. Les interminables batailles. Je trouvais ça d’une lourdeur, d’un ennui. Du temps perdu gris et visqueux. De la platitude solide comme lorsqu’il faut faire la queue pour renouveler sa carte d’assurance maladie et qu’on a oublié sa lecture. Ou quand il faut attendre aux douanes derrière un camion qui nous bouche la vue, dans le verglas. Long, long, long pour rien du tout.
Je ne peux pas concevoir que quiconque trouve intéressant de regarder de telles scènes de gars qui se battent sur la glace, mais il y a longtemps que j’ai décidé de cesser d’en parler. La vie est trop courte pour avoir à écouter quiconque défendre la violence au hockey.
Hier après-midi, toutefois, je me suis trouvée plongée malgré moi dans ce sujet par un groupe de gars révoltés par le niveau de la violence et l’acception de cette violence dans le hockey junior. La raison de la discussion: le procès qui vient d’ouvrir à la suite d’une attaque au bâton d’une gratuité inouïe d’un joueur envers un autre joueur, dans la Ligue junior majeur. Les gars, donc, voulaient savoir si je partageais leur indignation.
« Ben oui, c’est clair. » – Tu trouves pas ça scandaleux? – Oui, c’est ce que je viens de te dire. Les gars étaient mille fois plus énervés que moi et déçus de mon calme.
En fait, ai-je tenté d’expliquer, ce n’est pas que je ne suis pas scandalisée. Je le suis. Beaucoup. Sauf qu’il y a belle lurette que les très nombreuses personnes comme moi, pas trop amatrices de hockey, dépassées et découragées par l’importance qu’on accorde à ce sport dans notre espace public, ont abandonné l’idée d’avoir toute discussion là-dessus avec les fans, les membres de la secte.
Apathie? Lâcheté? Non. Dans la vie, c’est le cas de le dire, on choisit ses batailles. Et celle-là aurait dû être menée depuis longtemps non pas par ceux qui n’aiment pas ce sport, mais par ceux qui l’adorent.
Ce sont eux, parents, joueurs amateurs, spectateurs, fans, tous ces gens qui ont du plaisir à regarder le sport et à le pratiquer qui auraient dû prendre la parole longtemps avant qu’on en arrive là, à ce cirque dégénéré qui a besoin, apparemment, d’être policé par les tribunaux.
Pourquoi les amateurs ont-ils attendu que l’abcès crève et qu’on appelle les juges pour ramasser le dégât? Ne peuventils pas faire eux-mêmes leur ménage? Avaient-ils peur d’être traités de peureux et de non-virils et autres épithètes inintéressantes à tendance homophobe qu’on entend, parfois, parfois, dans les vestiaires et les gradins?
Moi, je vous l’ai dit, je trouve ça d’un ennui profond, la bataille. Et quand on me dit que « ça fait partie de la game », je ne sais plus qui je trouve plus « macaque » (expression préférée des enfants actuellement). Sont-ce les joueurs violents ou leurs fans?
Alors si un juge commence à potasser là-dedans et à vous dire comment jouer, ce n’est pas moi qui serai déçue. C’est vous.


Les grands débats de société -  Pierre Foglia
Vous savez, bien sûr, que Michael Jackson est mort. Je voulais dire : êtes-vous t annés de savoir que Michael Jackson est mort? Préparez-vous: je crains qu’il ne meure encore toute la semaine prochaine. Jeudi, dans un effort louable de diversifier l’actualité, Radio-Canada a envoyé Céline Galipeau au Nouveau-Brunswick pour la mort de l’ex-gouverneur Roméo Leblanc : f lop total. Toute la province a zappé en même temps; rien à foutre de Roméo Leblanc . D’ail leurs, tout le monde le confond avec Roméo Pérusse parce que les deux racontaient des jokes, comme celle-ci tiens : une fois, c’est un gars qui va voir son médecin et son médecin lui dit : il te reste deux semaines à vivre. Et le gars lui répond : O. K. d’abord, je vais prendre les deux dernières de juillet.
Est-elle de Roméo Leblanc ou de Roméo Pérusse ? On n’a jamais su. J’ai écouté le reportage de Céline Galipeau jusqu’au bout dans l’espoir qu’elle le dirait ; elle ne l’a pas dit. Vous ne la trouvez pas un peu stuck-up, des fois, la Galipeau ?
Si je suis misogyne ? Un petit peu, sans doute. J’y pensais justement ce matin en lisant ma collègue Marie-Claude Lortie sur la violence au hockey. Je me disais, ça prend forcément une fille pour écrire que les bagarres au hockey l’ennuient, je la cite, autant que d’attendre aux douanes derrière un camion.
Quatre-vingt-dix-huit pour cent des gars que je connais pensent, comme moi, que les bagarres font partie de la game. On n’attend pas après. On ne les souhaite pas. Mais quand elles arrivent, c’est sûr, on ne s’ennuie pas. Même que des fois on aime ça. Même que ces joueurs que l’on appelle « policiers » sont souvent parmi les plus populaires ; rappelez-vous l’ovation à Georges Laraque lorsqu’il a été présenté à la foule, la saison dernière.
Ces discussions sur la violence au hockey reviennent ponctuellement à chaque dérapage, comme cette attaque à coup de bâton qui fait actuellement l’objet d’un procès en chambre de la jeunesse – c’est d’ailleurs bien dommage qu’on ne puisse pas révéler l’identité de l’accusé dans ce cas précis ; on comprendrait alors que ce n’est pas le hockey qui est en cause ici. Ces dérapages ne témoignent pas de la violence extrême du hockey, ils témoignent seulement de la moronnerie de quelques individus.
On est malhonnête quand on nous montre Jonathan Roy, le célèbre chanteur, qui fesse et varge et s’acharne sur l’autre gardien qui ne se défendait pas et qu’on dit : voyez, c’est ça, la violence au hockey. C’est pas ça du tout, la violence au hockey. Ça, c’est un truc malade qui mérite d’être jugé mais surtout d’être soigné.
La violence « normale » au hockey, c’est autre chose. C’est par exemple Georges Laraque qui se bat contre Donald Brashear; deux Noirs. La violence au hockey, c’est essentiellement la faute de Noirs. Anyway, je voulais dire qu’on perd son temps à être contre les bagarres au hockey ; c’est un peu comme être contre le pincenez en nage synchronisée, c’est pas beau mais c’est pas si laid que ça et ça aide.
Il y a des débats pas mal plus urgents que celui-là à mener pour le bien de la société. Par exemple celui-ci, qui nous a occupés toute la semaine : fautil payer les décrocheurs pour qu’ils ne décrochent pas ?
Quelle grande idée ! Je dirais même, quel le sui t e logique d’une autre grande idée : le renouveau pédagogique.
Reprenons au début. Pour accommoder les futurs décrocheurs, on a changé, il y a une dizaine d’années, la mission première de l’école ; il ne s’agissait plus d’instruire les élèves mais de les former ; il ne s’agissait plus de leur transmettre des savoirs, mais de les « transversaliser » . En clair : tu ne veux pas étudier, mon petit bonhomme? Ben c’est pas grave ; ferme ton livre, on va faire un projet.
Ça n’a pas suffi. Ils ont continué de décrocher.
Alors on a considérablement baissé les exigences sur les matières indispensables, parce qu’il fallait bien quand même apprendre à lire et à écrire. Ils méritaient 0 ? On leur mettait 6 sur 10, la note de passage. Et pour leur éviter l’horreur de l’échec, on ne les a plus fait redoubler. Ça n’a pas suffi non plus. Plus de 10 ans après la mise en place de la réforme, ils continuent de s’ennuyer à l’école, à trouver les profs plates, à trouver que tout cela est du temps perdu. Bref, à décrocher plus que jamais.
D’où cette formidable idée de les payer pour qu’ils restent à l’école.
Mais si ça ne marche pas non plus ? Que vont-ils bien pouvoir faire de plus?
J ’ a i entendu di re qu’ i l s a l l a i ent l es emmener aux putes.
Une vieille dame, Mme Font, meurt à l’hôpital en avril. L’état civil émet le certificat de décès officiel avec deux erreurs. Homme au lieu de femme. Veuf au lieu de veuve. Il ne sera pas possible de faire exécuter le testament tant que la correction n’aura pas été faite.
Oh là là ! se désole la dame de l’état civil, très gentille, au téléphone. Renvoyez les trois copies par courrier recommandé avec une lettre spécifiant les corrections à apporter.
Deux semaines plus tard, retour du nouveau certi ficat avec les mêmes erreurs.
Oh là là ! Pas encore ! s’excuse la dame de l’état civil, toujours très gentille. Renvoyez les trois copies par courrier recommandé avec une lettre spécifiant les corrections à apporter.
Deux semaines plus tard, retour du nouveau certi ficat avec les mêmes erreurs.
Oh là là ! Mais c’est pas vrai ! se tortille la dame de l’état civil au bout du fil. Renvoyez les trois copies...
Le nouveau certificat vient d’arriver. Oh là là ! avec les mêmes erreurs.
Le troglodyte est un petit oiseau assez commun, speedé, braillard, pas très sympathique. Elle surtout. Ce printemps, c’est lui qui allait chercher les matériaux pour garnir le nid dans cette cabane qu’on a clouée sur un piquet de clôture. C’est lui qui faisait tout le boulot. Elle, elle inspectait, jamais contente. On les voyait se disputer. Je te l’ai dit cent fois, pas de plumes, pas de poils de chat, lui criait-elle, tout ébouriffée. Les petits de la seconde couvée sont partis mardi. Dans le nid, parmi les branchages, on a trouvé deux clous, un curedents, un trombone, et un petit bout de journal de rien du tout, la frange du haut d’une page de La Presse ; on lit juste la date : 26 avril. J’ai vérifié, c’était un dimanche. On avait un journal le dimanche, à l’époque.


La nostalgie à TVA, c’est vrai!  -  Hugo Dumas
Les humez-vous ces effluves de nostalgie QuébecMontréal qui émanent de tous les pores de TVA? Difficile de ne pas en avoir plein les narines. Car cette eau de vestiaire numéro 19 – comme Joe Sakic et Alain Côté – parfume de grands pans de la programmation 2009-2010 du «vrai réseau».
Racontée avec panache par Réjean Tremblay dans Lance et compte: Le grand duel, la vieille rivalité de l’autoroute 20 divertit agréablement. C’est toujours rigolo d’assister à des prises de bec entre Jacques Mercier et Marc Gagnon, entre les deux coqs Guilbeault et Labrie ou entre les j ournalistes du Scoop de Québec et ceux de la grosse Presse de Montréal. La grande ville contre le village. Les urbains hautains contre les campagnards complexés. En fiction, ça fonctionne. Très bien.
Lundi soir, en revoyant les i mages tou rnées au Colisée entre le National et le Canadien, j’ai même ressenti un léger pincement, pendant quelques secondes, en repensant à mes bons vieux Nordiques, malheureusement déménagés au Colorado.
Une mini dose de nostalgie télévisuelle, ça passe. Mais là où ça devient franchement agaçant, c’est quand TVA essaie de nous convaincre que, oh mon dieu, c’était donc bien intense dans ces annéeslà et maudit qu’on s’ennuie de ces chicanes-là qui ont séparé le Québec en deux factions: les bleus d’un côté et les rouges de l’autre.
Demain soir au Banquier spécial hockey, Julie Snyder passera de looongues minutes à ressasser – encore et encore, chanterait Laurence Jalbert – la controverse ayant flotté autour du fameux but d’Alain Côté. Sérieusement, existe-til encore des fans de hockey qui dorment mal la nuit en se remémorant cet incident sportif survenu en avril 1987 ? Pourquoi, en 2009, soit près de 15 ans après le départ des Nordiques, Julie Snyder ramène-t-elle ces querelles sur la glace ? Ne sommesnous pas collectivement passés à un autre appel?
Faut croire que non. En janvier, la démone blonde et son fidèle complice Stéphane Laporte catapulteront en ondes une «télérivalité» QuébecMontréal, où deux équipes de joueurs amateurs s’affronteront à chacun des bouts de la 20, question de fouetter notre bon vieux fond anti-Montréal ou anti-Québec, c’est selon.
Comprenez-moi bien, ici. Longtemps, j’ai adoré les Nordiques et profondément haï le Canadien, que l’on rebaptisait – avec beaucoup de maturité – le Canachien. Mes joueurs préférés? Blake Wesley et Tony McKegney, que personne d’autre n’encourageait, d’ailleurs.
En 1995, les Nordiques ont quitté la Vieille Capitale et moi aussi. Les tensions sportives ont considérablement diminué, les mentalités ont évolué et cette époque où les fans de deux clubs ennemis en venaient aux poings n’existe plus. Du moins, on l’espère.
Quant à la ville de Québec, même si elle n’héberge plus de franchise de la LNH, elle a changé pour le mieux, s’est ouverte sur le monde et n’a pas à souffrir de complexes d’infériorité par rapport à sa rivale montréalaise.
Bref, nous sommes ailleurs. Et non à la fin des années 80. Alors, pourquoi TVA s’entête-t-il à nous refaire vivre des guéguerres dépassées, que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître ? Bonne question.
Car il existe tellement d’autres sujets de débats d’ordre national comme, tenez, Marie-Mai, on la préfère blonde ou noire ? De grâce, laissons les souvenirs d’Alain Côté au vestiaire. Et arrêtons de se mirer dans le rétroviseur.