Divers
Le père Noël, un mauvais exemple
Le père
Noël pourrait être accusé d’activités dangereuses,
notamment de ne jamais mettre sa ceinture ni porter un
casque quand il voyage en traîneau.
PARIS — Le père Noël donne le mauvais exemple avec son
ventre rond et ses déplacements en traîneau, et devrait se
mettre au régime et circuler à pied ou à vélo, selon une
analyse réalisée par un chercheur australien et publiée
aujourd’hui par le British Medical Journal.
« Sur le plan épidémiologique, il y a une corrélation
entre les pays qui vénèrent le père Noël et ceux où le
taux d’obésité des enfant est élevé », relève Nathan
Grills, diplômé australien de santé publique. Il juge
cependant « prématuré » d’établir une causalité, même si
l’image du père Noël promeut, affirme-til, le message qu’«
obésité est synonyme de bonne humeur et de jovialité ».
Le Dr Grills rappelle la tradition de certains pays qui
consiste à laisser au père Noël des gâteaux et du brandy,
ce qui « est mauvais pour son tour de taille et pour
l’obésité parentale ». « On devrait plutôt, dit-il,
l’encourager à partager avec les rennes les carottes et le
céleri qu’on leur laisse. »
Il note aussi que sur certaines cartes postales, on voit
encore le père Noël fumer la pipe – on peut imaginer,
s’insurge le Dr Grills, la réflexion d’un enfant de 12 ans
: « Il fume, il doit bien avoir 99 ans, et il n’est pas
encore mort du cancer du poumon. »
Le père
Noël pourrait aussi être accusé de certaines activités
dangereuses, et notamment de ne jamais mettre sa ceinture
ni porter un casque quand il voyage autour de la Terre en
traîneau.
En cette période de pandémie, le risque qu’il attrape ou
propage la grippe A (H1N1) – par l’intermédiaire de ses
doublures qui hantent les rues et les centres commerciaux
– est réel. « Le père Noël est potentiellement un vecteur
de maladies infectieuses », estime le Dr Grills, qui cite
une étude selon laquelle, en moyenne, « on éternue ou
tousse sur lui jusqu’à une dizaine de fois ».
Il s’étonne que l’embauche d’un père Noël ne s’accompagne
pas d’un contrôle de son état de santé, et témoigne de sa
propre expérience dans ce domaine: «J’étais embrassé ou
pris dans les bras à chaque occasion par des enfants au
nez morveux, et jamais on ne m’a donné quoi que ce soit
pour nettoyer mes joues entre les clients.»
Selon lui, on manque de recherches rigoureuses sur le fait
que le père Noël encourage des attitudes néfastes pour la
santé et sur le risque infectieux que font encourir ses
doublures. Et il propose une nouvelle image du père Noël,
un homme mince qui fait du sport pour s’entraîner en
prévision du rude effort du 24 décembre.
CHAMPIGNONS SAUVAGES Hausse des cas d’intoxication au
Québec - Stéphanie Bérubé
« Certaines
espèces toxiques ressemblent à d’autres comestibles. C’est
très difficile de faire la différence, à moins d’avoir une
expertise poussée », explique l’épidémiologiste Sophie
Gosselin.
Année après année, au Québec, la cueillette de champignons
gagne des adeptes. Ce n’est pas sans risque : les cas
d’intoxication sont à la hausse et une mycologue amateur a
perdu la vie à Montréal, vendredi, après avoir consommé des
champignons hautement toxiques au début du mois.
PHOTOPIERREMCCANN, ARCHIVES
LA PRESSE
On trouve de 20 à 25 espèces de
champignons mortels au Québec. Les plus courants sont les
amanites, dont la vireuse et la tue-mouches (notre photo).
Les morts liées à la consommation de champignons sont
extrêmement rares : ce n’est que la deuxième officiellement
répertoriée au Québec. La première est survenue en 2004.
Cette fois, Judith Koritar, de Waterville, en Estrie, avait
mangé de gros champignons qu’elle avait cueillis sous un
arbre, à proximité de son domicile. Elle les avait cuisinés
le dimanche soir et s’est trouvée très malade tôt le
lendemain matin. Une intoxication si grave que Mme Koritar,
âgée de 65 ans, a dû subir une transplantation du foie
quelques jours plus tard. Son état s’est malheureusement
détérioré, notamment à cause de complications aux poumons.
À l’hôpital Saint-Luc, où a été traitée Judith Koritar, on
admet que des cas d’une telle gravité sont très inhabituels,
ici, parce que la récolte de champignons n’est pas une
activité courante. En Europe, par exemple, on voit plus
fréquemment des intoxications très graves.
Espèces dangereuses
Il y a environ 3000 espèces de champignons auQuébec. Une
centaine sont dangereux et de 20 à 25 d’entre eux sont
mortels, explique Gérard Mathar, de Gaspésie sauvage, petite
entreprise de commercialisation de champignons forestiers
québécois. Les plus courants sont les amanites, dont la
vireuse et la tue-mouches, ce beau champignon coloré qui est
souvent représenté dans les bandes dessinées.
Il existe plusieurs classes de champignons toxiques. Les
plus dangereux provoquent une insuffisance hépatique,
explique la Dre Sophie Gosselin, toxicologue au Centre
antipoison du Québec. Malheureusement, les cas
d’intoxication augmentent parce que la cueillette des
champignons est de plus en plus populaire, confirme la Dre
Gosselin. « Nous avons noté une hausse des cas soupçonnés
d’empoisonnement », dit cette spécialiste, qui croit que
certains cueilleurs manquent de prudence. « Certaines
espèces toxiques ressemblent à d’autres comestibles,
dit-elle. C’est très difficile de faire la différence, à
moins d’avoir une expertise poussée. »
Gérard
Mathar, lui-même cueilleur aguerri, approuve: la chasse aux
champignons n’a rien de banal. « Il y a une sorte
d’engouement excessif depuis quelques années et les gens se
jettent sur les champignons sans avoir les connaissances
essentiel les , dit-i l. I ls sont habitués d’aller cueillir
des petits fruits et croient qu’on peut récolter les
champignons aussi facilement. »
« Certaines personnes vont jusqu’à goûter à un champignon
pour juger s’il est bon! déplore Gérard Mathar. Ça n’a pas
de sens ! »
Champignons de pelouse
Les cas d’intoxication ne sont pas l’apanage des coureurs
des bois à la recherche d’espèces exotiques. Le Centre
antipoison du Québec doit aussi composer avec des cas de
maladies liées à la consommation de champignons de pelouse,
un phénomène nouveau. « Il y a eu un changement
d’épidémiologie », explique la Dre Sophie Gosselin. Ainsi,
des champignons qui poussent en milieu urbain et qui étaient
autrefois considérés comme inoffensifs peuvent maintenant
être vénéneux, explique la spécialiste.
Les cas de consommation de ces champignons sont parfois
accidentels, comme ce fut le cas de deux fillettes de
Montréal qui ont dû subir un traitement de décontamination
préventif la fin de semaine dernière après avoir consommé
des lépiotes de Josserand.
Plusieurs facteurs expliquent pourquoi les champignons de
pelouse sont plus dangereux qu’auparavant. Les changements
climatiques sont certainement en partie responsables de
l’apparition de nouvelles espèces, estime Sophie Gosselin,
ainsi que les voyages. « La terre se déplace facilement d’un
pays à l’autre, explique la Dre Gosselin. La carte
géographique des champignons a beaucoup changé depuis
quelques années. »
« Le plus sage pour l es parents qui ont de j eunes enfants,
estime Gérard Mathar, est d’arracher les champignons qui se
trouvent sur le terrain de la maison, pour éliminer les
risques. »
QUELQUES RÈGLES POUR LA CUEILLETTE
1-Avant de
se lancer, il faut suivre un cours de mycologie donné par un
cercle de mycologie sérieux. On peut aussi profiter des
activités d’identification de ces spécialistes pour apporter
des champignons sauvages. Ne jamais les consommer au
préalable. 2-Il ne faut pas se contenter d’un ou deux guides
pratiques, mais se documenter de plusieurs livres qui
présenteront les champignons adaptés au climat québécois,
des ouvrages abondamment illustrés qui permettent d’avoir
plusieurs photos de la même espèce. 3-Mieux vaut se
concentrer sur quelques champignons facilement
identifiables. Les chanterelles communes, par exemple. Les
autres, ceux qu’on ne connaît pas, méritent d’être tout de
même photographiés. La cueillette est une activité de
respect de la nature, d’abord et avant tout.
CRÈMES SOLAIRES Un produit chimique suscite des
questions
« Beaucoup
de gens peuvent qualifier l’oxybenzone d’un peu douteux,
mais il n’est pas nécessairement problématique. Pour
éliminer tout risque de réaction allergique, il est
préférable d’utiliser un écran qui ne contient pas ce
produit. »
Prudence avec les crèmes solaires qui contiennent de
l’oxybenzone. Bien qu’il ne soit pas interdit, ce produit
chimique, ut i l isé dans la fabr ica t ion d’écrans
solaires destinés tant aux adultes qu’aux enfants, suscite
des inquiétudes.
Des études menées sur des animaux
ont démontré que l’oxybenzone, contenu dans des crèmes
solaires, est un ingrédient hautement allergène. Mais à
ce jour, les risques pour l’humain n’ont pas été
clairement établis.
Des études menées sur des animaux ont démontré que
l’oxybenzone est un ingrédient hautement allergène. Mais
surtout, ce filtre chimique traverse la barrière de la
peau pour pénétrer dans le corps. Il peut se retrouver
dans le sang et l’urine.
À ce jour, peu d’études ont toutefois été menées sur des
humains, encore moins des études cliniques à grande
échelle. Les risques n’ont pas été clairement établis.
D’ailleurs, ni Santé Canada ni la Food and Drug
Administration n’ont cru bon d’émettre un avertissement
toxicologique concernant ce produit. L’Union européenne,
en revanche, oblige les compagnies à indiquer clairement
sur le contenant que le produit contient de l’oxybenzone.
Au début de l’été, le groupe a mé r i c a i n Env i r on
menta l Working Group a relancé le débat en publiant une
évaluation de près d’un millier de produits solaires sur
son site internet.
Résultat : plusieurs ont été jugés inadéquats, soit parce
qu’ils n’offrent pas de protection suffisante, soit parce
qu’ils contiennent certains ingrédients jugés douteux,
comme l’oxybenzone.
Faut-il s’en inquiéter et jeter les crèmes qui en
contiennent, surtout celles destinées aux enfants ?
« Beaucoup de gens peuvent qualifier ce produit d’un peu
douteux, mais il n’est pas nécessairement problématique.
C’est certain que si quelqu’un a la peau sensible et qu’il
veut éliminer tout risque de réaction allergique – c’est
tout de même clairement documenté –, il est préférable
d’utiliser un écran qui ne contient pas ce produit »,
explique le Dr Ari Demirjian, dermatologue à la Clinique
privée de dermatologie de Montréal.
On trouve deux types d’écrans solaires sur le marché. Le
premier, chimique, contient des ingrédients comme
l’oxybenzone. Le second, plutôt qualifié d’écran physique,
est fait à base de dioxyde de titane.
« C’est
un choix personnel. La population doit en être informée,
mais ce n’est pas à moi de dire de l’utiliser ou pas »,
dit le Dr Demirjian.
Comme les enfants de moins de 2 ans sont les plus
sensibles, le médecin ajoute que les parents inquiets
qui veulent maximiser la protection et limiter
l’utilisation des produits chimiques peuvent utiliser un
écran physique.
Il reste que la meilleure façon de se protéger du soleil
est de porter un chapeau et des vêtements longs, et
d’enduire de crème solaire les surfaces de peau qui
restent exposées, rappellent les dermatologues.
« Les écrans solaires sont efficaces et sûrs; le
problème, c’est que les gens ne les utilisent pas assez
et s’y fient trop », souligne le Dr Joël Claveau,
dermatologue à la Clinique du mélanome et des cancers
cutanés à l’Hôtel-Dieu de Québec.
Il ne croit pas qu’il faille s’inquiéter de
l’oxybenzone. En fait, il faudrait plutôt s’inquiéter de
l’augmentation du nombre de cancers de la peau. « Je
vois passer de 25 à 30 nouveaux cas par semaine à mon
bureau », déplore le Dr Claveau.
L’été pluvieux n’arrange pas les choses. Les gens ont
l’impression qu’il n’est pas nécessaire d’appliquer une
protection solaire lorsque le ciel est nuageux, ce qui
est faux.
Danger dans les cabines
Par ailleurs, les cabines de bronzage figurent désormais
parmi les agents cancérigènes les plus dangereux. Une
étude menée par le Centre international de recherche sur
le cancer, une agence de l’Organisation mondiale de la
santé, révèle que le risque de cancer de la peau grimpe
de 75% chez les personnes qui fréquentent les cabines de
bronzage avant l’âge de 30 ans.
Le risque que posent les cabines de bronzage et
l’exposition aux rayons ultraviolets est désormais
considéré comme aussi élevé que l’arsenic, indique
l’analyse, publiée sur le site internet du magazine The
Lancet Oncology.
15 millions d’or manquent à la Monnaie canadienne
— La Monnaie
royale du Canada pourrait avoir été victime d’un vol d’or de
quelque 15 millions de dollars, indique un rapport d’audit
rendu public hier.
La
Monnaie royale canadienne produit plus d’un milliard de
pièces par année dans son usine ultramoderne de Winnipeg.
La Monnaie royale, qui frappe la monnaie du Canada et d’autres
pays, avait reconnu le mois dernier avoir perdu la trace d’une
quantité non précisée de métaux précieux et avait commandé un
audit externe.
Cette analyse, réalisée par le cabinet Deloitte et Touche,
conclut que 15,3 millions de dollars manquent à l’appel et que
cet « écart » entre la quantité d’or figurant dans les coffres
de l’institution et dans ses livres ne relève apparemment pas
d’une erreur comptable ou de comptabilisation.
Cela confirme que la disparition de l’or pourrait être due à
un vol. Le gouvernement avait annoncé au début du mois avoir
demandé une enquête de la Gendarmerie royale du Canada (GRC),
ce qui avait déjà été interprété par des membres de
l’opposition comme un signe que la disparition du métal
précieux avait une origine criminelle.
« Tu n’appelles pas la police montée si tu as un problème
comptable », avait lancé Thomas Mulcair, numéro deux du
Nouveau Parti démocratique.
Dans un communiqué, la Monnaie royale du Canada (MRC) dit
cependant « n’être toujours pas en mesure de confirmer s’il
manque un volume physique d’or » dans ses stocks.
Elle précise
que « tous les avoirs de (ses) clients et les métaux précieux
entreposés (dans ses coffres) sont en lieu sûr et ont été
comptabilisés ».
Le rapport de Deloitte et Touche indique qu’il manque 17 500
onces troy d’or, soit environ 0,32% de la production de la MRC
pour l’exercice 2008.
Il recommande à la MRC de procéder à une revue de ses
opérations techniques et à un examen comptable des périodes
précédentes, mais surtout de remanier sa sécurité.
« Il faudrait revoir de façon plus approfondie la sécurité des
systèmes et évaluer les risques d’activité inappropriée tant
de la part des ressources internes qu’externes », écrit-il
diplomatiquement.
La Monnaie royale canadienne, société d’État, a pour mandat de
produire des pièces de circulation et des pièces hors
circulation pour le Canada et d’autres pays et de gérer le
système de monnayage national. Elle indique produire plus d’un
milliard de pièces par année dans son usine ultramoderne de
Winnipeg.
La société fait régulièrement l’objet d’une vérification pour
assurer la transparence de ses activités, « ce qui rend ses
chambres fortes d’autant plus sûres », précise-t-elle sur son
site.
Disparition mystérieuse de lingots
La GRC
enquêtera sur le vol possible de métaux précieux à la Monnaie
royale canadienne
— Le gouvernement Harper veut que la GRC enquête sur ce qui
pourrait être le vol de près de 10 millions de dollars en
métaux précieux, comme de l’or et de l’argent, à la Monnaie
royale canadienne.
Le
Toronto Star a révélé hier que la valeur des métaux
manquants atteindrait 10 millions de dollars. Les
porte-parole officiels, comme le ministre d’État responsable
du Transport, RobMerrifield (notre photo), ont refusé de le
confirmer.
La semaine dernière, le producteur national de pièces de
monnaie a confirmé qu’il avait demandé une enquête externe sur
la différence entre les quantités d’or, d’argent, de platine
et de palladium comptabilisées dans ses livres et le stock
contenu dans sa forteresse de la rue Sussex, à Ottawa.
Jusqu’ici , ses porte-parole ont maintenu que cette différence
n’était peut-être due qu’à une erreur comptable, et ont dit
vouloir attendre les résultats de l’enquête avant de sauter
aux conclusions. Or, pressé de questions depuis une semaine
par les partis de l’opposition à Ottawa, le gouvernement a
fini par annoncer hier qu’il avait demandé que la Gendarmerie
royale du Canada mette son nez dans cette affaire.
« Ce matin, j’ai découvert que la Monnaie royale ne sera pas
capable de retrouver la trace de tout l’argent perdu avec
l’enquête, a admis le ministre d’État responsable du
transport, Rob Merrifield, à la période de questions. J’ai
donné l’instruction à la Monnaie royale d’appeler la GRC en
renfort, pour qu’elle examine cette affaire de manière plus
complète. »
Le ministre d’État a aussi précisé que les conclusions de
l’enquête externe pourraient être prêtes dès cette semaine et
qu’il les rendrait publiques sans délai.
L’opposition
sceptique
Mais les partis de l’opposition doutent de sa bonne foi. Selon
le député libéral Joe Volpe, le gouvernement est au courant de
la situation depuis plus longtemps qu’il ne le laisse
entendre. « C’est incroyable que le gouvernement, qui était au
courant depuis quatre mois, se rende à l’évidence seulement
aujourd’hui, par rapport à une action que nous réclamons
depuis maintenant une semaine », a-t-il dit.
M. Volpe a affirmé que sept des neuf membres du conseil
d’administration de la société d’État avaient été nommés par
les conservateurs et que le président était un ami proche du
ministre des Finances, Jim Flaherty. En plus de fabriquer et
de distribuer les pièces canadiennes de circulation normale
comme de collection, la Monnaie royale canadienne a vendu 2,2
milliards de pièces à 12 pays en 2007.
Les autres partis ont joint leurs voix à celle du député
libéral pour dénoncer l’incompétence du gouvernement dans le
dossier. « Ce gouvernement est une vraie passoire, a lancé la
députée du Bloc québécois Christiane Gagnon. Un ministre
oublie des documents secrets chez sa copine. Une ministre
égare ses documents dans un studio de télévision et perd des
cassettes compromettantes et, pour couronner le tout, la
Monnaie canadienne ignore où sont passés des lingots d’or
valant des millions de dollars. Est-ce que le premier ministre
peut nous indiquer quel plan d’urgence il entend mettre de
l’avant pour freiner cette crise aiguë d’incompétence? »
C’est le Toronto Star qui a révélé hier matin que la valeur
des métaux manquants atteindrait 10 millions de dollars. Le
quotidien a cité des sources anonymes. Les porte-parole
officiels, comme le ministre d’État Merrifield, ont refusé de
le confirmer.
La société de la Couronne a connu peu de vols depuis sa
fondation, il y a 101 ans. Le dernier incident notoire remonte
à 1996. Un machiniste avait alors dérobé huit barres d’or
presque pur, qu’il avait vendues 8000$. De ventes en reventes
sur le marché noir, la marchandise avait atteint un prix final
de 40 000$. Pour des raisons inexpliquées, la Couronne avait
au bout du compte laissé tomber les accusations de vol qui
pesaient sur lui.
Peur de l’avion: tes Ativan ou ma DS?
- Marie-Claude Lortie
Selon « Le
Point », on a 45 fois plus de risque de mourir en voiture
qu’en train et 90 fois plus qu’en avion. C’est ce petit
discours intérieur qu’il faut se tenir quand on embarque en
avion et qu’on a quelques sueurs froides: « Ça serait bien
pire, si je prenais la voiture... »
« Ima g i ne z que c ’e s t comme un petit ruisseau qui
frappe un caillou », me lance le commandant Robert Piché au
bout du fil, alors que je l’implore de me rassurer au sujet
des turbulences, ces soubresauts qui me donnent des frissons
chaque fois que j’embarque dans un avion.
Un ruisseau ? L’image est efficace. Le pilote, qui s’est
fait connaître en effectuant un atterrissage d’urgence
spectaculaire aux Açores, alors qu’il était aux commandes
d’un Airbus 330 d’Air Transat en 2001, en a vu d’autres. Il
parle d’un ton rassurant, presque détaché. Il ne me dit pas
« y’a rien là », mais c’est tout juste. Je l’entends et déjà
je me sens mieux. Une bonne chose pour lui puisqu’en marge
de son travail de pilote, il donne maintenant des séminaires
pour aider les gens à vaincre leur peur de l’avion. Il leur
explique notamment comment fonctionnent ces grosses bêtes,
ce qui aide à éteindre les craintes irrationnelles.
« En 40 ans, ajoute le commandant Piché, j’en ai vu
seulement deux fois de la vraie turbulence. » Bon, me voilà
maintenant convaincue que la troisième fois, ce sera quand
je serai à bord...
Si tout se passe comme prévu, quand vous lirez ces lignes,
je serai de nouveau sur la terre ferme. Mais entre la
rédaction de ce texte et votre lecture, il y aura un moment
difficile: un voyage en avion.
Sept longues heures suspendues dans les nuages que j’espère
passer profondément endormie mais dont je sais que
j’enregistrerai, même dans mon sommeil, chaque soubresaut.
Apparemment, je n’ai pas tant la phobie de l’avion qu’un
petit stress post-traumatique. Mon cas ne doit pas être très
grave, car mon envie de voyager est plus forte que mes
inquiétudes, comme c’est le cas pour bien des gens. Mais les
souvenirs de trois très mauvaises expériences me hantent et
me replongent dans ma peur chaque fois que je sens le lourd
caisson de métal qui me transporte avoir un petit hoquet.
Depuis l ’accident survenu au début du mois de juin, sur le
vol d’Air France Rio-Paris, sans parler de celui qui est
arrivé la semaine dernière sur Yemenia Airlines, je me suis
rendu compte que je n’étais vraiment pas toute seule. Ces
derniers incidents ont déclenché, on dirait, une sorte de
ronde de confessions autour de moi. Même des gens calmes et
sereins ont développé une petite crainte de l’avion. Rien de
phobique, mais un inconfort,
La peur en avion n’est pas exactement anormale, m’explique
Andrée Letarte, psychologue au département des troubles
anxieux et de l’humeur à l’hôpital
Louis-HippolyteLafontaine. Philo-génétiquement, nous ne
sommes pas programmés à être assis dans le ciel, en
mouvement. « Il est normal d’être déstabilisé », ditelle.
Une fois cela reconnu, il faut aussi admettre que prendre
l’avion n’est pas dépourvu à 100% de danger. Oui, il y a des
je dirais, appelant même parfois les anxiolytiques.
Il faut
dire qu’on est au début de l’été et que bien des familles
partent en voyage en avion et que la question se pose: quoi
fai re quand on meurt d’envie d’aller en Provence ou en
Catalogne et qu’on a peur de voler ? Le timing pour les deux
crashs, juste avant les vacances, n’était pas génial.
accidents et quand il y en a, ce n’est pas drôle.
Sauf que, et c’est là la clé de la gestion de notre
inconfort, il faut aussi comprendre que le risque est très
faible. Tellement faible qu’il se compare avantageusement à
celui que l’on prend chaque fois que l’on prend la voiture.
Chaque a nnée, l i sa i s - j e récemment dans Le Point, il
y a au total plus de deux milliards de voyageurs suspendus
dans le ciel. Oui, chaque mort dans un écrasement est 100%
mort. Mais c’est quand même une bien petite proportion.
Toujours dans Le Point: on a 45 fois plus de risque de
mourir en voiture qu’en train et 90 fois plus qu’en avion.
C’est ce petit discours intérieur qu’il faut se tenir quand
on embarque en avion et qu’on a quelques sueurs froides : «
Ça serait bien pire, si je prenais la voiture... »
Il y a toutes sortes de façons de réapprendre à penser quand
on embarque dans un avion, continue Mme Letarte, et des
psychologues peuvent aider les gens qui en sentent le
besoin.
Mon truc : me répéter que l’auto c’est pire, ensuite dormir
évidemment si possible, mais sinon, jouer à un jeu vidéo.
Quand je suis sur ma DS – je suis pas mal certaine qu’une
PSP aurait le même effet –, c’est bizarre, mais mon cerveau
arrête de penser à autre chose. Parfois l’agent de bord
vient me chicaner et me dire de l’éteindre au décollage et à
l’atterrissage. Quand je leur explique le problème, ils me
laissent tranquille. Brain Age, Super Mario... Non, ça ne fa
i t pas sérieux.
Mais je vous ça marche.
t rès
le dis,
L’Airbus de Yemenia - Mario Roy
Un deuxième
avion à s’abîmer en mer en quelques semaines vient de causer
la mort de 152 de ses 153 passagers et membres d’équipage;
seule une adolescente a survécu (photo), projetée hors de la
carlingue lors de l’impact puis repêchée dans les eaux de
l’océan Indien. On se souvient qu’un appareil d’Air France a
connu le même sort au large du Brésil, il y a unmois, la
tragédie faisant 228 victimes.
Cette fois, l’appareil perdu est celui du transporteur Yemenia
qui, tout récemment, a eu maille à partir avec les autorités
françaises responsables de la sécurité aérienne.
L’Airbus 310 incriminé, l’un des 12 avions exploités par la
firme yéménite, a été interdit d’atterrissage en France en
raison de problèmes techniques relevés en 2007. Construit en
1990, il avait accumulé 52 000 heures de vol (ce qui n’est pas
dangereux en soi, mais demande un entretien plus strict). De
fait, les passagers du vol de lundi étaient partis de Paris ou
Marseille sur un A330 avant de changer d’appareil à Sanaa pour
voler ensuite vers les Comores à bord de l’A310 en question.
Également, Yemenia a souvent fait l’objet de plaintes de sa
clientèle en raison de son service erratique, des conditions
d’hygiène déficientes et du « sentiment d’insécurité »
(rapporte un client à la chaîne France 24) prévalant à bord de
ses avions.
Yemenia était donc sous surveillance, sans toutefois faire
partie des 200 compagnies aériennes, en majorité africaines,
placées sur la liste noire leur interdisant l’espace aérien
européen.
Bien sûr, on ne sait pas encore ce qui s’est produit.
Mais, si toute
tragédie aérienne consterne, le moindre soupçon concernant
l’éventuelle négligence d’un transporteur en matière de
sécurité terrorise littéralement. L’acte de foi et de
confiance que chacun fait lorsqu’il monte à bord d’un avion
est incompatible avec ce genre de doute et de méfiance.
En Europe, on a tout de suite réagi.
Le commissaire aux Transports de l’Union européenne, Antonio
Tajani, a proposé que la liste noire européenne soit désormais
mondiale. Mais plusieurs doutent de l’efficacité d’une telle
liste: les transporteurs visés sont en général obscurs, ne
volent que localement et fréquentent peu les grands aéroports
internationaux. Une stratégie alternative consisterait à
consentir davantage d’assistance technique aux transporteurs
et aux aéroports des pays émergeants, tout en accroissant les
contrôles exercés par l’Organisation de l’aviation civile
internationale (OACI).
Bref, le débat est à faire. Et le Canada doit y participer.
Certes, aucun transporteur d’ici ne se trouve sur la liste
noire européenne et leur cote de sécurité est élevée. Mais les
Canadiens voyagent (de fait, une Canadienne se trouvait à bord
du vol 626 de Yemenia). Et, notamment par la grâce de vols de
correspondance discrètement sous-traités, ils peuvent se
retrouver à voler sous des pavillons plus ou moins obscurs et
susceptibles de réserver des surprises.
Si le terme de mondialisation a un sens, c’est bien en matière
de sécurité aérienne : personne n’y échappe.
CRASHAU LARGEDES COMORES Bahia, la rescapée, rentre
en France
CRASHAU LARGEDES COMORES Bahia, la rescapée, rentre
en France
Un oeil clos,
une voix très faible, un visage tuméfié, les images de Bahia
Bakari, 12 ans, la rescapée du vol 626 de la compagnie Yemenia
qui s’est abîmé mardi au large des Comores, ont suscité grande
curiosité et vives critiques dans le monde hier.
Les images d’une – très courte – entrevue avec l’adolescente
ont été diffusées hier sur France 2; elles ont été captées
dans l’avion qui a ramené hier Bahia Bakari en France. La
jeune fille, visiblement exténuée, est cadrée en très gros
plan. « Comment tu te sens ? » demande une journaliste. « Bien
», répond faiblement Bahia. « Comment s’est passé le voyage? »
« Ça va. » « C’est pas trop long? » « Non. »
« Tu es émue? » demande le médecin qui l’accompagne. « Un
petit peu, un petit peu », répond Bahia. « Ton papa t’attend.
» « Je sais. »
Les réactions d’indignation de téléspectateurs ont commencé à
fuser sur le site de France 2, accusant la télé publique
française d’avoir versé dans le sensationnalisme en exploitant
la faiblesse de la rescapée. France 2 s’est expliquée sur son
site en révélant dans quel contexte ont été prises les images
(voir capsule).
Durant le voyage, l’adolescente a évoqué l’accident et raconté
que « des consignes ont été données, elle a senti comme de
l’électricité puis un grand bruit et elle s’est retrouvée à
l’eau », a rapporté le secrétaire d’État français à la
Coopération, Alain Joyandet, présent dans l’avion qui ramenait
la jeune fille.
Bahia Bakari a ainsi retrouvé son père, qui était resté dans
la demeure familiale de Corbeil-Essonne (à 40 km au sud de
Paris), lorsque sa mère et elle ont pris l’avion pour les
Comores, où elle devait passer l’été. Le corps de sa mère n’a
pas été retrouvé, la jeune fille en a été informée avant de
rentrer en France. Le père, Kassim Bakari, a déclaré être «
partagé entre le soulagement et le chagrin » en retrouvant
Bahia, puisqu’il a perdu sa femme dans l’accident.
Les
médecins de l’hôpital parisien qui ont examiné Bahia à son
retour ont déclaré qu’elle souffre de « contusions multiples
de gravité modérée » et « de brûlures nécessitant une prise
en charge spécialisée ». « Ces traumatismes multiples ne
menacent pas, a priori, le pronostic vital », ont-ils
ajouté. La jeune fille, qui a survécu en s’accrochant durant
une douzaine d’heures à un morceau du fuselage, souffre
également d’une fracture de la clavicule et de brûlures aux
genoux.
Elle est vraisemblablement la seule survivante du crash.
Hier, l’armée française a indiqué que les opérations de
recherche se concentrent « sur une zone de dérive, où l’on
voit de moins en moins de choses, les débris ont tendance à
s’éparpiller », selon l’AFP. Mardi, un avion militaire avait
repéré une balise de détresse et de nombreux débris, parmi
lesquels « des hublots, une roue de l’avion, des morceaux de
carlingue », qui n’ont pas été retrouvés depuis.
Le Yémen se défend
La compagnie aérienne Yemenia a suspendu hier la liaison
Marseille– Sanaa « pour une durée indéterminée ». Hier, le
ministre du Transport du Yémen, Khaled al-Wazir, s’est dit «
surpris » par « les jugements anticipés » portés sur les
causes de l’accident « avant la publication des résultats de
l’enquête en cours ». Les autorités françaises et des
membres de la communauté comorienne de France ont mis en
cause l’état de l’appareil – qui faisait la liaison Sanaa–
Moroni et qui avait été interdit sur le sol français – et
des défauts de maintenance.
Le président français Nicolas Sarkozy a repris hier l’appel
à une « liste noire mondiale » des compagnies aériennes. «
Des mesures avaient été prises en France. Incontestablement,
il faut maintenant qu’il y ait une réglementation mondiale
pour qu’une compagnie classée dangereuse ne puisse
transporter des passagers nulle part dans le monde », a-t-il
dit.
Comme il l’avait fait après le crash du vol d’Air France au
large du Brésil il y a un mois, Nicolas Sarkozy a assisté
hier soir à une cérémonie religieuse à la mémoire des
victimes, cette fois-ci à la Grande Mosquée de Paris. Le
Conseil français du culte musulman a demandé que la « prière
de l’absent » soit dite dans toutes les mosquées de France
aujourd’hui après la grande prière de midi, en l’honneur des
victimes.
« Nous naviguons sur une mer de débris »
L’empennage de
l’Airbus a été récupéré ainsi que 24 des 228 victimes
— Les équipes fouillant la zone où le vol AF447 Rio-Paris d’Air
France se serait abîmé, au large du Brésil, ont retrouvé hier un
grand morceau de la queue de l’appareil, une découverte qui
pourrait permettre d’affiner les opérations de recherche des
boîtes noires. L’armée brésilienne a annoncé que 24 corps
avaient désormais été repêchés dans l’Atlantique.
Des
matelots de la marine brésilienne récupèrent des débris de
l’Airbus d’Air France qui s’est abîmé en mer la semaine
dernière. Évidemment, ont dit hier les autorités, priorité est
donnée à la récupération des corps des victimes.
Les équipes de recherche ont également aperçu deux sièges et
d’autres débris portant le logo Air France et récupéré des
dizaines de composants structurels de l’appareil. Ils avaient
déjà repêché des fragments d’aile et plusieurs centaines
d’objets personnels qui auraient appartenu aux passagers.
« Nous naviguons sur une mer de débris », a déclaré un membre de
l’équipage de la frégate brésilienne Constituiçao, au quotidien
brésilien O Globo.
Le colonel de l’armée de l’air brésilienne Henry Munhoz a
annoncé que 8 corps supplémentaires avaient été retrouvés hier,
portant à 24 le nombre de corps récupérés.
Les 8t corps ont été retrouvés dans la zone où 16 autres avaient
été récupérés depuis samedi, à environ 640 km au nord-est de
l’archipel de Fernando de Noronha, au large de la côte nord du
Brésil, et environ 70 km de la position depuis laquelle l’avion
avait envoyé des messages signalant des pannes électriques et
une dépressurisation de la cabine.
Les navires
militaires brésiliens et français présents sur zone ont récupéré
jusqu’ici de nombreux débris de l’Airbus A330 d’Air France qui
s’est abîmé dans l’océan avec 228 personnes à bord dans la nuit
du 31 mai au 1er juin pour des raisons encore inconnues.
Le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva a promis que
son pays ferait tout son possible pour récupérer les corps et
les rendre à leurs familles. « Nous savons combien il est
important pour les familles de récupérer l’être cher », a-t-il
déclaré hier dans son émission hebdomadaire radiophonique.
Les efforts se portent en particulier sur la l’emplacement des
boîtes noires, dont les enregistrements devraient permettre de
percer le mystère de la catastrophe. Le sous-marin nucléaire
français Émeraude, attendu dans la zone de recherches demain,
tentera avec ses puissants sonars de « repérer les signaux émis
par les boîtes noires », a expliqué le capitaine de vaisseau
Christophe Prazuck, porte-parole de l’état-major des armées
françaises.
Le navire océanographique français Pourquoi pas est lui aussi en
route vers le secteur du crash, avec la mission de récupérer les
enregistreurs « dès lors que l’Émeraude aura localisé leur
position précise », selon le porte-parole.
Les recherches se concentrent sur une zone au milieu de
l’Atlantique de plusieurs centaines de kilomètres carrés, à 650
kilomètres au nord-est de l’archipel brésilien de Fernando de
Noronha, qui est situé au large de la côte nord du Brésil.
Les corps et les débris repêchés devaient être acheminés à
Fernando de Noronha. Ils seront ensuite transportés à Recife
pour identification.
15 nouveaux corps sont retirés des eaux
— Après cinq
jours de vaines recherches au milieu de l’océan, la petite
armada internationale déployée à quelque 1100 km de la côte
brésilienne a commencé au cours des 24 dernières heures à
récupérer les premiers débris de l’Airbus A330 du vol AF 447
RioParis qui s’est abîmé avec 228 personnes à bord il y a une
semaine. Dix-sept corps (dont 15 hier) ont été retirés des
eaux de l’Atlantique.
Si la catastrophe était encore inexpliquée, des informations
convergentes ont mis de plus en plus précisément en cause les
systèmes de mesure de la vitesse des Airbus A330.
« Un total de 17 corps ont été repêchés ainsi que des dizaines
de composants structurels de l’avion », a dit le porte-parole
de l’armée de l’air, le lieutenantcolonel Henry Munhoz.
Le porte-parole a précisé que neuf corps avaient été
recueillis pa r la f réga t e bré s i l ienne Constitucão et
huit par la frégate française Ventôse.
« Les pièces récupérées de l’avion sont des pièces importantes
qui confirment qu’elles proviennent de l’Airbus » et certaines
portent le logo d’Air France, a déclaré le porte-parole.
Auparavant, il avait indiqué que « des centaines d’objets »
comme des sièges et des masques à oxygène avaient été repérés.
La plupart des
corps et des débris ont été recueillis à environ 1150 kmde la
ville de Recife, sur la côte nord-est du Brésil. Les corps
n’arriveront que demain dans l’archipel de Fernando de
Noronha. Ils seront ensuite transportés en avion à l’Institut
médico-légal de Recife, où une morgue a été installée.
Si les recherches sur le terrain progressaient, l’enquête
menée par les experts français semblait elle aussi avancer.
À Paris, le secrétaire d’État f r a nç a i s de s T r a nspor
t s , Dominique Bussereau, a réitéré que « pour l’instant, on
ne peut vraiment privilégier aucune hypothèse ».
Mais il a détaillé l’enchaînement de circonstances techniques
ayant pu provoquer la catastrophe. Si les capteurs de vitesse
gèlent au moment où l’avion traverse « une zone très humide,
une zone très dépressionnaire, une zone de turbulences », ils
n’indiquent plus la vitesse, a-t-il dit.
Cela peut provoquer « une sous-vitesse, qui peut entraîner un
décrochage, ou une survitesse, qui peut entraîner une
déchirure de l’avion », a expliqué le secrétaire d’État.
Air France a fait savoir samedi qu’elle avait accéléré depuis
le 27 avril son programme de remplacement de sondes
anémométriques dans ses avions A330 et A340 et a révélé que,
depuis mai 2008, « des incidents de pertes d’information
anémométrique en vol en croisière » sur des A340 et des A330
avaient été constatés. Selon l’hebdomadaire français Journal
du dimanche, de tels problèmes avaient été repérés sur
l’Airbus A330 dès 1996.
Mystère aérien au dessus de l'Atlantique :
FOUDROYÉ?
L’hypothèse d’Air France laisse les
experts de glace
«Je ne me souviens pas qu’il y ait jamais eu un accident lié au
phénomène [de la foudre]. » — Jules O’Shea, professeur à l’École
polytechnique
Un éclair peut-il causer la perte d’un avion dernier cri en
plein vol? La question s’est posée hier après que les dirigeants
d’Air France eurent évoqué la possibilité que la foudre soit
liée à la disparition d’un Airbus au large des côtes africaines
hier. Cependant, les experts ont mis bien peu de temps à douter
de cette première hypothèse.
Des
parents et amis de passagers du vol AF 447 pénètrent dans le «
centre de crise » aménagé à leur intention à l’aéroport
Charles-de-Gaulle, à Paris.
« La foudre frappe souvent les avions et je ne me souviens pas
qu’il y ait jamais eu un accident lié au phénomène, a noté hier
Jules O’Shea, professeur en génie électrique à l’École
polytechnique de Montréal. Les avions sont conçus pour que la
charge [d’un éclair] soit répartie également sur tout le
fuselage, qui sert de coquille à l’appareil. Les passagers ne
ressentent pas de choc électrique. » Dans la plupart des cas,
croit le professeur, la foudre laisse quelques marques sur le
fuselage. Ces dernières sont réparées par les compagnies
aériennes au retour au sol. « Mais ça n’arrête pas un vol »,
a-t-il ajouté.
Pilote de ligne et journaliste spécialisé en aviation,
JeanChristophe Lamy abonde. « La thèse d’un éclair puissant qui
a pu détruire à lui seul un avion n’est pas du tout plausible.
Cependant, il se peut que la foudre fasse partie d’une série de
circonstances qui ont mené à l’accident », a-t-il souligné. Ce
fut notamment le cas en 1963 quand la foudre a mis le feu aux
vapeurs de kérosène d’un avion de la compagnie Pan Am. Survenue
au Maryland, l’explosion qui en a résulté a tué 81 personnes et
entraîné de nouvelles mesures de sécurité.
Peu de détails, bien du mystère
Pour le moment,
Air France a laissé filtrer bien peu de détails sur les
circonstances de la tragédie aérienne impliquant un Airbus A330,
un appareil récent qui n’a jamais connu d’accident. Le directeur
général de la comse trouvait dans un secteur de l’Atlantique Sud
particulièrement enclin aux orages et aux cyclones, surnommé «
pot en noir » par les météorologues français. Quelque 14 minutes
plus tard, le système informatisé de l’appareil envoyait un
message à la compagnie aérienne annonçant des pannes électriques
multiples. L’avion a ensuite disparu, sans que ses balises de
détresse, conçues pour annoncer une situation de danger ou un
écrasement imminent, n’émettent de signal.
« C’est de la spéculation, mais il se peut qu’un éclair ait
conduit à une panne électrique et que le pagnie aérienne,
Pierre-Henri Gourgeon, a précisé hier soir que son organisation
attendait les résultats d’une enquête. Mais déjà, quelques
éléments d’information rendus publics hier faisaient l’objet
d’analyses.
Le commandant de bord du vol 447 a signifié à une tour de
contrôle qu’il traversait une « zone orageuse avec de fortes
turbulences » à 2h GMT alors qu’il radar ait été touché. Dans
ces circonstances, il se peut qu’il ait été difficile d’éviter
un nuage dangereux, comme un cumulonimbus. Ces nuages peuvent
mener à la désintégration d’un avion, puis à la perte de
contrôle », a avancé Jean-Christophe Lamy, en expliquant que les
pilotes apprennent dès les premiers jours de leur entraînement à
éviter ces nuages très instables. « Ce sont de véritables
monstres » faits de vents contraires et de morceaux de pierre et
de glace, a noté le pilote.
Jules O’Shea, quant à lui, évoque la possibilité d’une chute de
l’avion causée par des couches d’air superposées se déplaçant
dans des directions opposées. « Quand l’avion passe entre ces
couches, c’est là qu’il peut subir un décrochage et tomber de
5000 à 6000 pieds. Peut-être que dans ce cas-là, le décrochage a
été beaucoup plus grave », conjecture l’ingénieur, en rappelant
qu’en avril, un vol d’Air Canada, faisant la navette entre
Sydney et Vancouver, a dû atterrir d’urgence après avoir subi de
telles turbulences.
Le mystère qui entoure la disparition de l’Airbus d’Air France
rappelle cependant à l’expert en commande de vol un autre
épisode beaucoup plus noir de l’aviation canadienne : celui du
vol 182 d’Air India qui, en 1985, est parti de Toronto en
direction de Bombay, mais ne s’y est jamais rendu. Au début, les
autorités avaient rapporté une disparition avant de confirmer
qu’une bombe avait explosé, causant la mort de 329 personnes. «
Mais il n’y a pas assez d’éléments pour le moment qui permettent
d’aller vers cette thèse », a conclu M. O’Shea.
DES DÉBRIS D’AVION RETROUVÉS - Marc
Thibodeau
L’espoir
auquel s’accrochaient certains proches des passagers du vol
447 d’Air France s’est évanoui, hier, alors que l’armée
brésilienne a retrouvé des débris de l’Airbus flottant à la
surface de l’Atlantique. À l’aéroport Pierre-Elliott-Trudeau,
la tragé
L’armée de l’air brésilienne a retrouvé hier des débris
d’avion répartis sur une distance de cinq kilomètres au milieu
de l’océan Atlantique, dans la zone où aurait disparu l’Airbus
A330 d’Air France parti dimanche de Rio de Janeiro.
Le ministre de la Défense du Brésil, Nelson Jobim, a affirmé,
lors d’une conférence de presse tenue en après-midi, que les
débris provenaient « sans aucun doute » de l’appareil
recherché.
Un porte-parole de l’armée, Jorge Amaral, avait précisé, plus
tôt dans la journée, qu’un siège d’avion, une bouée, un
récipient et des traces de carburant avaient été identifiés en
matinée par un des appareils participant aux efforts de
recherche.
Le porte-parole avait souligné, quelques heures avant
l’intervention du ministre, qu’il ne serait pas possible de
confirmer qu’il s’agissait bien de composantes de l’appareil
disparu avant qu’une pièce avec un numéro d’identification ne
soit retrouvée.
La position des débris, à 650 kilomètres au nord-est de l’île
de Fernando de Norohna, pourrait signifier que l’appareil a
tenté de changer de cap avant de disparaître.
Une demi - douz a i ne de pays ont fourni des appareils pour
soutenir les recherches, appuyées notamment par les
États-Unis.
Le président américain, Barack Obama, a assuré, dans une
entrevue accordée à la télévision française, que son pays
fournirait « toute l’aide nécessaire » pour trouver ce qui
s’est passé.
« Chaque fois qu’il y a une catastrophe aérienne, nous sommes
tous très préoccupés », a indiqué le dirigeant américain,
attendu samedi en France pour marquer le 65e anniversaire du
débarquement de Normandie.
Le
gouvernement français avait annoncé qu’il demanderait de
bénéficier des capacités satellitaires du Pentagone.
Spéculations
En marge des recherches, les spéculations allaient bon train
sur les causes possibles de l’accident.
Lundi, un porte-parole d’Air France avait déclaré que
l’appareil avait « vraisemblablement » été foudroyé dans une
zone orageuse, subissant une panne de système électrique.
L’hypothèse a cependant été mise en doute par plusieurs
spécialistes qui insistent sur le fait que les avions sont
conçus pour résister à la foudre.
Leministre français responsable des Transports, Jean-Louis
Borloo, a déclaré que les experts du Bureau d’enquêtes et
d’analyses pour la sécurité de l’avion civile ne croyaient pas
qu’un simple foudroiement, « quelque chose de relativement
classique en aéronautique, aurait pu créer la perte de
l’appareil ».
«Il faut vraiment qu’il y ait eu
unesuccessiond’événementsextraordinaires pour pouvoir
expliquer ou tenter d’expliquer cette situation », a souligné
le ministre, en précisant que la découverte des boîtes noires
de l’appareil était une « priorité absolue ».
Bien que M. Borloo ait déclaré lundi que la piste terroriste
était écartée, le ministre de la Défense, Hervé Morin, a
indiqué hier qu’il était prématuré de tirer des conclusions à
ce sujet. « On n’a pas le droit d’exclure par définition
l’acte terroriste puisque le terrorisme, c’est la menace
principale pour l’ensemble des démocraties occidentales »,
a-t-il déclaré, en prenant soin de préciser qu’aucun élément
ne venait étayer cette hypothèse pour l’instant.
Le quotidien Le Parisien a indiqué que la direction
antiterroriste de la police judiciaire avait été chargée de
passer au peigne fin la liste des passagers pour identifier de
possibles suspects. « Notre seule certitude, c’est qu’il n’y a
pas eu d’appel de détresse envoyé par l’avion, mais des
alertes automatiques régulières pendant trois minutes,
indiquant la mise hors service de tous les systèmes », a
résumé le premier ministre français, François Fillon.
L’avion se serait désintégré en vol
— Les
messages émis par le vol AF447 avant sa disparition laissent
penser qu’il s’est probablement désintégré dans le ciel
avant de tomber dans l’Atlantique, selon une source au sein
de l’aéronautique ayant connaissance de l’enquête.
Seule une partie des messages émis par l’appareil avant sa
disparition a été rendue publique. Mais une chronologie
détaillée a été publiée hier par le quotidien brésilien O
Estado de S. Paulo, qui cite une source non identifiée au
sein d’Air France. Ces informations ont été confirmées à
l’Associated Press par une source au sein de l’aéronautique
ayant connaissance de l’enquête.
D’après les informations confirmées par cette source, le
pilote a envoyé un signal manuel à 23h, heure locale
indiquant qu’il traversait une zone de cumulonimbus noirs
chargés d’électricité qui s’accompagnait de vents violents
et d’éclairs. Dix minutes plus tard, une cascade de
problèmes aurait commencé, d’après la rafale de messages
automatiques envoyés par l’avion, selon cette source.
Ils
montreraient notamment que le pilote automatique s’est
désengagé, qu’un système informatique clé est passé en mode
d’alimentation de secours et que les moyens de contrôle
nécessaires pour assurer la stabilité de l’avion étaient
endommagés. Une alarme montrerait également la dégradation
des systèmes de vols.
Trois minutes plus tard, selon cette source, de nouveaux
messages automatiques auraient signalé une défaillance des
systèmes de contrôle de la vitesse, l’altitude et la
direction. Le contrôle du principal ordinateur de vol, entre
autres, est également tombé en panne.
Le dernier message automatique, à 23h14, indiquerait une
dépressurisation de la cabine et une défaillance électrique
totale, des événements catastrophiques dans un avion qui
plongeait déjà vraisemblablement vers l’océan, selon cette
source. « Cela ressemble clairement au scénario de l’avion
qui se désintègre », a expliqué ce responsable à
l’Associated Press. « Nous ne savons seulement pas pourquoi,
mais c’est ce que l’enquête montrera. »
Radars photo : La période de clémence est finie
- Tristan Péloquin
Fini la
période de grâce. Après trois mois de rodage, les
policiers québécois ont cessé ce matin de distribuer de
simples avertissements aux automobilistes pris par l’un
des 15 radars photo installés dans la province. À partir
de maintenant, les délinquants recevront par la poste de
vraies contraventions, payables en argent bien réel.
À S. O. S. Ticket, firme montréalaise spécialisée dans
la contestation de contraventions, on attend de pied
ferme les premières contraventions délivrées par ces «
policiers robots ». « Nous avons des techniciens qui ont
étudié le fonctionnement de ces systèmes. Nous attendons
juste que ça nous tombe dessus pour mettre leur
fiabilité à l’épreuve ( devant les t r ibunaux) » ,
affirme Alfredo Munoz, le président de la firme.
Pour l’heure, une quinzaine de ces appareils ont été
installés à des endroits stratégiques, dans la grande
région montréalaise, en Montérégie et dans
Chaudière-Appalaches. Certains de ces appareils sont
fixes et surveillent les véhicules qui brûlent un feu
rouge ou qui commettent des excès de vitesse. Les
autres, qui sont mobiles, sont installés à bord de
camionnettes et surveillent exclusivement les excès de
vitesse. Les conducteurs qui se font pincer par ces
appareils peuvent les reconnaître au puissant flash
lumineux qu’ils émettent pour éclairer la plaque
d’immatriculation qu’ils photographient.
Hier matin, rue Notre-Dame, àMontréal, la Sûreté
duQuébec terminait d’ailleurs une séance de formation
auprès d’opérateurs de ces systèmes. « Il y a eu une
première séance de formation avant de démarrer le
projet; maintenant, nous procédons à une formation
d’ajustement », a indiqué le sergent Éric Ouellet,
responsable des opérations mobiles de surveillance à la
SQ. Au total, les policiers chargés des radars photo ont
reçu quatre jours de formation.
Depuis
le début du projet pilote, il y a trois mois, les corps
policiers participants ont envoyé un total de 11 274
lettres d’avertissement à des conducteurs, soit pour
excès de vitesse, soit pour avoir brûlé un feu rouge.
Même s’il est encore trop tôt pour tirer les conclusions
définitives du projet pilote, le ministère des
Transports estime que les excès de vitesse ont diminué
de 44% dans les zones où ont été installés les radars
photo. Les grands excès de vitesse (40 km/h de plus que
la limite permise dans une zone de 60 km/h, et 60 km/h
de plus dans une zone de 100) ont quant à eux diminué de
94%, et le non-respect de feux rouges a diminué de 77%.
Dans tous les cas, la présence d’un radar photo ou d’un
appareil de surveillance aux feux rouges est clairement
indiquée par une série de panneaux routiers. Le
ministère des Transports et les corps policiers refusent
cependant de dévoiler quel sera leur degré de tolérance
pour les excès de vitesse captés par les radars photo.
Certains pays, comme l’Allemagne et l’Australie,
reconnaissent publiquement qu’ils règlent les appareils
pour qu’ils tolèrent une vitesse de près de 5 km/h
supérieure à la limite permise. En France, on ne tolère
aucun excès.
Le projet pilote prendra fin dans 18 mois. Au terme des
essais, ce sera aux élus de l’Assemblée nationale de se
prononcer sur la pertinence de garder ou non ces
appareils sur nos routes.
Pour obtenir plus d’information au sujet des radars
photo et des appareils de surveillance aux feux rouges,
les automobilistes sont invités à consulter le site web
mis sur pied par le ministère des Transports :
L’AUTO, CE JOUETDANGEREUX
- Tommy Chouinard
Le car
surfing qui fait une autre victime. Une vidéo qui montre
un enfant de 7 ans conduire le véhicule familial. Des
reportages dans tous les médias qui dressent le bilan
routier des vacances de la construction. Et le
Tout-Montréal qui rêve d’un retour p
« Les gens constatent que ce n’est pas la fatalité qui
entraîne des morts sur les routes, mais que c’est à
cause de gestes inconvenants de notre part. »
QQuel
PHOTO PATRICE LAROCHE,
LE SOLEIL
Jean-Marie De Koninck recommande
notamment que les jeunes obtiennent leur banque de 15
points d’inaptitude de façon très progressive.
lien faites-vous entre les accidents mortels de car
surfing et cette vidéo qui montre un enfant de 7 ans au
volant du véhicule familial ? R Ce que je remarque
surtout, c’est la réaction de la population. Elle trouve
dans les deux cas que c’est inacceptable. À force de
mettre la sécurité routière sur la place publique depuis
trois ans, ça a donné des résultats. Les gens constatent
que ce n’est pas la fatalité qui entraîne des morts sur
les routes, mais que c’est à cause de gestes
inconvenants de notre part. Vous savez, 80% à 90% des
accidents sur la route pourraient être évités. Et les
gens s’en rendent compte. QIl
n’en demeure pas moins que, malgré les campagnes de
prévention, des jeunes font du car surfing et un père
place son enfant derrière le volant. R Les gens prennent
parfois leur voiture pour un jouet. Ils veulent avoir du
plaisir. Les jeunes utilisent la voiture pour se
valoriser. Et il y a le fameux effet grégaire, l’effet
de groupe. Ça se produit davantage chez les jeunes. Il y
a eu beaucoup de progrès contre l’alcool au volant chez
les jeunes. Ceux de 18 ans sont les plus grands
utilisateurs de chauffeur désigné, alors que les adultes
sont plus réticents à se faire reconduire. Je l’ai vu
dans les bars de jeunes. Ils planifient leurs sorties
pour qu’il y en ait un qui boive du jus d’orange ou
autre chose. Sauf qu’il arrive que, quand ils sont dans
des partys exceptionnels, des bals de diplômés par
exemple, donc pas la sortie traditionnelle du samedi
soir, ils perdent la tête. Ils veulent montrer qu’ils
sont meilleurs que les autres. Ça leur monte à la tête.
Ils perdent les pédales. QL’auto
devient un jouet, une façon de se faire valoir ? R Pour
les jeunes, l’auto, c’est un sentiment de puissance, de
liberté, de plaisir, d’autonomie. Ça fait partie du bris
du cordon ombilical. À l’adolescence, les jeunes
essaient le plus possible de prendre leurs distances
avec leurs parents. Ils sentent le besoin de se détacher
de la famille, et la voiture contribue à cela. QL’auto
est aussi un symbole de liberté chez les personnes
âgées. Les aînés qui perdent leur permis perdent aussi
leur autonomie. R C’est un parallèle intéressant. Les
personnes âgées, quand elles perdent leur permis, c’est
dramatique. Ça représente beaucoup pour elles. QQue
doit-on
faire de plus pour éviter que des jeunes n’utilisent
l’auto comme un jouet ? R Le car surfing, c’est une
question d’éducation et de sensibilisation. Ça ne passe
pas par des lois plus sévères. QMais
pensez-vous que l’État pourrait rendre le permis plus
difficile à obtenir ou plus facile à perdre ? R Nous
l’avons recommandé. J’espère que la ministre (des
Transports, Julie Boulet) va aller dans ce sens-là. On a
recommandé que les jeunes obtiennent la banque de 15
points d’inaptitude, à laquelle on a droit vous et moi,
de façon très progressive. À l’heure actuelle, ils n’ont
droit qu’à 4 points les deux premières années, et s’ils
ne les perdent pas, on leur en donne 15 ensuite. Alors
il y a une espèce de sentiment d’euphorie qui survient à
ce moment-là. Les jeunes se disent : « Enfin, je vais
pouvoir être délinquant, m’en permettre quelquesunes
parce que j’ai 15 points. » Nous, ce qu’on propose,
c’est d’y aller très progressivement. Quatre points au
début, ensuite huit points, puis 12 points. Et les 15
points, les jeunes ne les auraient qu’à 25 ans. Ça
envoie un message: un instant, il va falloir que vous
nous démontriez que vous êtes mature avant d’avoir tous
les points. Soit dit en passant, les jeunes de moins de
25 ans sont responsables de 49% des cas de conduite
dangereuse. Alors qu’ils représentent 10% des détenteurs
de permis. Je pense aussi que c’est une question
d’éducation et de sensibilisation. QMais
quand on voit un père laisser son enfant de 7 ans
conduire, ce n’est pas un bon exemple… C’est un manque
de jugement. Les parents ont un rôle important à jouer.
Souvent ils s’en dédouanent. Ils disent que c’est
Ra déjà eu 2300 morts sur les routes, on est rendu à
557. Il faudrait baisser à 325 ou 350, si on veut
rejoindre les meilleurs pays comme la Suède, la Norvège
et les Pays-Bas. Avant 2006, la sécur ité routière était
le cinquième enjeu de société selon les sondages. À
partir de la fin de 2007, c’est devenu le deuxième,
après l’environnement. Il y a donc eu un changement
d’attitude dans la population. Le degré de tolérance est
moins élevé. Avant, un décès sur les routes, c’était la
fatalité : c’est normal, il y a beaucoup d’autos, il y a
de la neige... Maintenant, c’est non. On dit que ce
n’est pas normal que des enfants se fassent frapper par
un conducteur en état d’ébriété. Ce n’est pas normal
qu’un récidiviste se fasse arrêter pour la huitième
fois. On se dit qu’il faut que ça change, que c’est
inacceptable. à la SAAQ, au gouvernement, au Ministère
de s’en occuper. QEt
il y a aussi les coupables tout désignés. On dit que
c’est la faute des jeux vidéo, de l’internet et du
cinéma. Il faut aider les jeunes et les mettre en garde
par rapport à ce qu’ils voient. Et ce sont les parents
qui, au premier plan, devraient s’assurer de transmettre
les bonnes valeurs à leurs enfants. QAu cou r s de s d e
r n i è r e s années, les médias se sont intéressés de
plus en plus au nombre de morts sur les routes pendant
les vacances de la construction. Avant le début des
vacances, on parle de prévention. Après, on fait un
bilan. Pourquoi en a-t-on fait une sorte de tradition ?
R C’est à force de parler de sécurité routière. Des gens
me disent : « Je trouve qu’on parle trop de sécurité
routière. » Moi, je leur réponds que c’est mieux d’en
parler que d’en mourir. Avant on n’en parlait pas assez
et on en mourait. On
C’est la faute de Newton -
Patrick Lagacé
Quand tu
montes sur le toit d’une auto en marche pour faire des
singeries, ce n’est pas le sort, ce n’est pas le destin,
ce n’est pas la cruelle loterie de la vie. C’est un
choix.
IOn n’y peut rien, ou presque. Mais sur la liste des
trucs qui méritent ma sympathie, les victimes de car
surfing sont à peu près à la position 167.
Jessyca Gauthier
était au volant de la voiture sur laquelle Gabrielle
Dionne faisait du car surfing. Une inculpation de
conduite dangereuse ayant causé la mort pourrait
être portée contre elle, ce qui peut entraîner la
prison à vie.
Parce que
quand tu montes sur le toit d’une auto en marche pour
faire des singeries, ce n’est pas le sort, ce n’est pas
le destin, ce n’est pas la cruelle loterie de la vie.
C’est un choix. Depu i s u n moi s , de u x Québécois
sont morts en s’adonnant au car surfing. Début juillet,
dans l’ouest de Montréal, Kevin Ducharme est mort en
tombant d’un VUS en marche. Hier, Gabrielle Dionne est
morte, quell y a des tas de choses qui m’émeuvent dans
la vie.
Les enfants malades, par exemple. Montrez-moi un enfant
chauve, atteint de leucémie, et je braille comme un
veau.
Une jeune femme qui meurt écrasée par un bloc de béton
en tenant les mains de son mari dans un resto japonais,
un père de famille à qui on apprend qu’il n’a plus que
trois mois à vivre, un Airbus qui plonge dans
l’Atlantique sans explication: ça me touche.
Tout ça, c’est le sort, le destin, la cruelle loterie de
la vie. ques jours après avoir chuté d’une voiture à
Drummondville.
C’est triste. C’est bien évidemment un drame pour les
parents et pour les amis.
Mais Ducharme et Dionne sont morts en faisant une
connerie. À sa face même, le car surfing est une bêtise.
Ceux qui ne le savent pas devraient le savoir. Pour les
mêmes raisons qu’on prend l’escalier plutôt que de
sauter de la fenêtre de son logement du deuxième étage.
Un char + de la vitesse + un être humain en équilibre
sur le toit = Claude Poirier a beaucoup de chances de
parler de vous prochainement.
On dira que c’est la faute de YouTube. Le site de
partage de vidéos regorge de ces cascades idiotes faites
par des idiots et filmées par des idiots.
On dira que c’est la faute de Grand Theft Auto, célèbre
jeu vidéo créé par Rockstar Games qui compte plusieurs
versions depuis son lancement, en 1997. Dans une des
versions, un personnage fait du car surfing. Une étude
américaine établit même un lien entre la parution de
nouveaux chapitres de GTA surfing.
Sauf que le car surfing existait avant l’avènement de
YouTube et de GTA. On a constaté une vague, dans les
années 80, après que Hollywood eut mis en scène des
zigues qui font du car surfing dans Footloose (1984) et
dans l’inoubliable Teen Wolf (1985).
Alors peut-être que c’est la faute de Kevin Bacon et de
Michael J. Fox aussi.
et des accidents de
car
Mais j’ai trouvé qui est, ultimement, responsable des
accidents de car surfing.
C’est un vieil Anglais né en 1643, du nom d’Isaac
Newton.
En fait, c’est la seconde des lois du mouvement de
Newton qui est responsable des drames de car surfing.
Marcel Thouin, physicien et prof en enseignement des
sciences à l’Université de Montréal, me l’a résumée
ainsi : « Quand un objet est en mouvement, il a tendance
à rester en mouvement, à moins qu’une force ne l’arrête.
»
L’obj e t – l ’ humain – agrippé à une voiture est donc
projeté par en avant si la voiture arrête. Et il est
projeté en arrière si elle accélère. « La seule
solution, dit le prof Thouin, c’est de tenir une vitesse
constante. »
Je le souligne même si c’est évident : il s’agit là
d’une observation, pas d’un conseil !
Pour Marcel Thouin, c’est clair : « Que des jeunes
fassent du car surfing montre qu’ils ne comprennent pas
les principes scientifiques de base. » Peut-être,
professeur… Mais tout comme les gobelets de café de McDo
nous rappellent que le liquide qu’on s’apprête à boire
est très chaud, il faudra peut-être apposer des
autocollants explicites sur le toit des véhicules, du
genre SI VOUS POUVEZ LIRE CECI ET QUE LE VÉHICULE EST EN
MARCHE, VOUS ALLEZ BIENTÔT MOURIR.
Quand la sécurité d’autrui est en jeu, je suis un
intégriste. C’est pourquoi je suis en faveur des radars
photo sur nos routes. Parce que la vitesse tue et que la
vitesse des autres peut me tuer, moi.
Quand on ne met à peu près que sa propre sécurité en
jeu, là, je deviens quasiment libertaire. Je plaide pour
que le « marché » fasse la loi. Pour que la nature
décide des morts et des vivants.
J’ai récemment commencé à faire du vélo. Je porte un
casque. Par choix. Je n’ai pas besoin de l’État pour me
dire que mon gagne-pain, mon bonheur relatif et ma
motricité possèdent ce dénominateur commun: un cerveau
en bon état.
Le casque accroît mes chances de m’en tirer indemne en
cas d’impact? Je porte un casque. Point. Oui, bon, ça me
décoiffe, mais je me traîne une bouteille de fixatif et
le tour est joué…
Le car surfing, c’est comme le bronzage. On sait
désormais, depuis cette étude parrainée par l’OMS, que
le bronzage en cabine est cancérigène. On accroît de
façon exponentielle ses risques d’avoir un cancer de la
peau si on se fait bronzer en cabine, surtout avant 30
ans.
Qu’ont en commun le fait de monter sur le toit d’un
véhicule en marchepour épater ses amis et celui de
s’enfermer dans une cabine de bronzage pour épater ses
amis? C’est dangereux. Et c’est un choix.
Courir après sa mort - Patrick
Lagacé
Malgré la
présence de la SQ, les malades mentaux du volant qui
conduisent comme s’ils s’étaient échappés d’un asile sont
encore très, très nombreux. La SQ, en 2008, a distribué plus
de 8000 tickets pour grand excès de vitesse.
— Si vous roulez trop vite, vous allez les rater, c’est sûr.
Elles sont sur le bord des routes, discrètes et immobiles.
Mais non, pas les marmottes. Les petites croix qui signalent
le lieu d’un accident, l’endroit précis où quelqu’un s’est
tué.
Depuis quelques semaines, je roule beaucoup au Québec, pour
une série de chroniques qui sera publiée prochainement.
Et si je n’ai pas vu – en Mauricie, en Jamésie, au
Lac-Saint-Jean, en Abitibi, dans Charlevoix et sur la
Côte-Nord – 50 de ces marqueurs de mort, eh bien! je n’en ai
pas vu un.
Je me suis arrêté, quatre ou cinq fois, pour voir.
Les messages : On t ’ aime Stéphane! RIP, Julie. We’ll never
forget you.
J’en ai vu partout, de ces croix. Quasiment toujours des
croix, en fait. Souvent plantées dans l’herbe. Parfois
plantées dans le roc, sur des socles arrimés au roc, fruit
d’un dur labeur. Je... Je... Je... Je ne sais pas comment
dire, je suismêmemalde lepenser, mais j’ai unproblème, un
tout petit problème avec ces cénotaphes. Permettez un détour
avant d’y arriver. m’a permis de constater deux choses.
Primo, la SQ semble très, très présente sur les routes. Je
suis dans l’anecdotique, mais je n’arrête pas de voir des
voitures de patrouille, tapies dans les buissons ou derrière
les viaducs, pour traquer les chauffards. Bravo, bien fait.
Deuzio, malgré cette présence, les malades mentaux du volant
qui conduisent comme s’ils s’étaient échappés d’un asile
sont encore très, très nombreux. La SQ, en 2008, a distribué
plus de 8000 tickets pour grand excès de vitesse.
Un cas, si vous me permettez. Mardi dernier, sur la 138, un
peu après 10h, entre Les Escoumins et Forestville, sur la
Côte-Nord.
Je sens une présence derrière moi. Je lève les yeux vers le
rétroviseur. Et il y a une femme assise sur ma banquette
arrière !
Cheveux noirs avec des mèches pâles, rouge à lèvre généreux,
verres fumés.
Bizarre: en partant de mon motel des Escoumins, j ’étais
seul...
Évidemment, la fille n’était pas assise sur la banquette
arrière de ma Rabbit. Elle était assise dans son auto à
elle. Et son parechocs reniflait le derrière de ma bagnole,
tellement elle me suivait de près.
Débile. Et inutile. Donnemoi de l ’espace, madame,
j’étouffe...
Dans la voie inverse, une colonne d’autos. Impossible de me
dépasser, poupée.
Mais la Toyota Corolla bleu foncé dont la plaque
d’immatriculation commence par un 6 me colle quand même aux
fesses.
Alors j e lève le pied. La Rabbi t r a l ent i t . Message :
décolle, madame.
Mais rien n’y fait. Ce n’est pas une erreur. À 100 dans une
zone de 90, je suis désespérément lent pour Jacqueline
Villeneuve. Alors elle me colle au cul. C’est extrêmement,
mais extrêmement agressant.
Là, je me fâche. J’appuie – très, très délicatement – sur le
frein. Si délicatement que je ne ralentis pas. Je veux juste
allumer mes lumières de frein.
Je vois les
rides de colère aux lèvres de Jacqueline (elle est si près),
quand elle prend peur et freine... Pour revenir me coller au
cul, les baguettes en l’air, dans la seconde.
Dans la voie inverse, finalement, une accalmie. LaToyota
fonce et me dépasse. Arrivée à ma hauteur, la fille me fait
des simagrées comme une ado intoxiquée au Red Bull. J’ai
pensé: « Cr**** de folle. »
La Toyota disparaît rapidement de l’horizon, filant à une
vitesse impossible, multipliant les dépassements.
J’ai des envies de génocide.
Puis, 20 minutes plus tard, au loin, les gyrophares d’une
auto de la SQ, en bordure de la route. Il était 10h45. Au
kilomètre 665, environ. Juste avant Forestville.
Je retiens mon souf f le. Je ralentis et...
Y ES ! C’e s t Ja c quel i ne Villeneuve, dans sa Toyota
Corolla bleu foncé dont la plaque commence par un 6!
Joie et bonheur. Il y a une justice.
Il y a une justice. Et il y a le bonheur qui ne dure jamais
longtemps...
Vingt minutes plus tard, que vois-je dans mon rétroviseur?
Eh oui. La Toyota Corolla bleu foncé de Jacqueline
Villeneuve, qui zigzague derrière le pick-up rouge qui me
suit à bonne distance, en gars civilisé.
Elle cherche une brèche. Elle ne tolère pas d’être «
immobilisée » à 90.
Elle finira par nous doubler, tous, violant une double ligne
jaune qui signale une interdiction de dépasser. Avant,
encore, de disparaître de l’horizon.
Statistiquement, les flics sont impuissants: il y aura
toujours trop de fous, et de folles, du volant pour leurs
effectifs. Ça nous ramène à quoi? Ça nous ramène aux radars.
Eh oui, aux méchants radars. Pas pour remplacer les
policiers. Pour les appuyer. Pas pour-rempl i
r-les-coffres-del’État. Parce que dans les pays où il y a
des réseaux de radars sur les routes, il y a moins de morts.
Mettez des radars sur nos routes : les Jacqueline Villeneuve
ou les Lewis Hamilton vont tellement recevoir de tickets par
la poste qu’ils devront vendre du chocolat de porte à porte
pour les payer. Alors, seulement, i ls lèveront le pied.
Et cesseront de j ouer à la roulette russe avec nos vies.
Où m’en allais-je, donc, sur la route impeccablement pavée
de l’indignation dominicale?
Ah, oui. Ces marqueurs de mort qui se multiplient sur le
bord des routes. Ces petites croix blanches qui nous
rappellent qu’ici, quelqu’un est mort d’un accident de
voiture.
Je sais que je devrais vous dire que tout cela est triste.
Et ce l’est.
Mais je n’arrive pas à m’émouvoir totalement. Je ne
frissonne pas comme je devrais quand je vois ces croix.
Parce que je sais bien que parmi ces morts, il y en a une
sacrée gang qui a couru après.
NOUVELLE-ZÉLANDE Larmes de sang pour ralentir sous la
pluie - Catherine Handfield
Pendant les
deux mois de la campagne, aucun accident n’a été signalé
sur les trois autoroutes où les panneaux ont été érigés,
alors que sur l’une de celles-ci, on y comptait en moyenne
un accident par semaine au printemps. Mieux, la vitesse
moyenne des automobilistes a baissé de 7 km/h.
Quand il fait beau, le garçon aux cheveux blonds sourit
tendrement, l’air innocent. Mais quand il pleut, l’ange se
transforme en démon: son visage s’ensanglante. Des larmes
de sang coulent de ses yeux, de ses oreilles, de son nez.
Est-ce un vampire? Une scène d’un nouveau film d’horreur ?
Non, il s’agit plutôt d’un panneau-réclame pour le moins
dérangeant installé ce printemps en bordure des autoroutes
de Nouvelle-Zélande.
La publicité-choc, qui fait fureur ces jours-ci sur le
web, visait à convaincre les automobilistes de ralentir
sur la chaussée mouillée. Trois panneaux ont été installés
d’avril à mai en bordure des autoroutes de la région
d’Auckland, au nord du pays. Le printemps est pluvieux en
Nouvelle-Zélande, et les accidents de la route se
multiplient.
Le concept de la campagne de sensibilisation est simple.
Un visage d’enfant ou d’adulte figure sur un large panneau
blanc. Quand il pleut, un senseur actionne un système de
pompes. Résultat: du colorant alimentaire rouge sort du
panneau et ruisselle le long du visage de la victime.
« C’était une publicité simple d’un point de vue
technologique, mais très efficace » , estime Mark Baker,
conseiller en communications du conseil du district de
Papakura, joint en Nouvelle-Zélande.
Les résultats ont en effet dépassé toutes les attentes.
Pendant les deux mois de la campagne, aucun accident n’a
été signalé sur les trois autoroutes où les panneaux ont
été érigés, alors que sur l’une de cellesci, on y comptait
en moyenne un accident par semaine au printemps. Mieux, la
vitesse moyenne des automobilistes a baissé de 7 km/h.
« Cer t ains l ’ ont détestée, d’autres l’ont adorée, mais
une chose est sûre, la publicité n’a laissé personne
indifférent », assure Mark Baker.
Les
autorités du conseil de Papakura songent sérieusement à
réitérer l’expérience l’année prochaine, si leur budget
le permet. Et ils ne sont pas les seuls. L’agence de
publicité Colenso BBDO, qui a conçu la campagne, est en
discussion avec l’Irlande pour exporter le concept.
Les Québécois y auront-ils droit, un jour? Gino
Desrosiers, porte-parole de la Société de l’assurance
automobile du Québec (SAAQ), souligne que ce genre de
publicité ne correspond pas au ton adopté par
l’organisme gouvernemental cette année.
« On travaille davantage sur les comportements que sur
les conséquences des accidents », souligne M. Desrosiers
qui, personnellement, trouve le panneau-réclame « très
frappant ».
De toute façon, les lois québécoises sur l’affichage ne
permettraient pas un tel concept, souligne Roger T
remblay, publ icitai re pigiste. Il est en effet
interdit de mettre des pièces mobiles sur les panneaux,
puisque cela pourrait distraire l’automobiliste.
C’est d’ailleurs le premier reproche que formule M.
Tremblay à la campagne néozélandaise. « Personnellement,
je freinerais si je voyais un tel panneau-réclame, et ça
serait imprudent. C’est justement ce que la publicité
souhaite éviter », note-t-il.
Roger Tremblay doute également que la campagne
néozélandaise atteigne son objectif. Et le publiciste
s’y connaît dans le domaine : il a conçu la première
publicité-choc de la SAAQ, « La vitesse tue », diffusée
pour la première fois en 1993. On y voyait un jeune
homme envahi par la culpabilité après avoir causé la
mort de sa blonde (Marie-Josée Croze) dans un accident
dû à un excès de vitesse.
« Les publicités pour contrer la vitesse au volant
s’adressent aux conducteurs intrépides et récalcitrants,
aux têtes de cochon de 18 à 30 ans. Et pour les brasser,
il faut absolument qu’ils se reconnaissent dans le
personnage à l’écran », estime M. Tremblay.
« Un visage d’enfant qui saigne... C’est esthétique,
intéressant, mais efficace ? J’en doute », conclut-il.
Bateaux dangereux - Chantal
Côte-Pier
Récemment, à la marina de Sorel-Tracy, je me suis
embarquée à bord d’un bateau d’excursion afin de
participer à une sortie sur l’eau offerte par le
Biosphare dans le cadre du mois de l’archéologie.
J’ai adoré l’activité, car elle m’a permis d’en
apprendre un peu plus sur notre histoire et celle
des Iroquois. Seule ombre au tableau : la peur !
Peur que notre embarcation chavire à cause de la
vitesse excessive des autres bateaux.
J’avais l’impression de me retrouver dans une course
Nascar sur une piste ovale, car nous étions souvent
pris en sa ndw ic h entre deu x bateaux qui nous
dépassaient. Naturellement, les conducteurs de ces
bateaux nous fa isa ient de beau x signes d’amitié
en riant et en levant leur verre à notre santé… ou à
notre mort.
Dire
que je venais d’apprendre l’histoire du bateau qui
avait heurté le pont de Berthier à cause des vagues
causées pa r un speed boat . Pas très rassurant.
J’aimerais savoir pourquoi le gouvernement
n’instaure pas un programme de surveillance accrue
su r l’eau. L a sécurité sur l’eau est-elle moins
importante que sur la route ? Faut-il attendre que
plus de d ra mes su rvien nent pou r modifier les
lois ?
Je connais un propriétaire de bateau qui prend un
taxi lorsqu’il fait la fête, mais qui n’a aucun cas
de conscience lorsqu’il s’agit de consommer une
caisse de 12 sur son bateau en quelques heures
seulement. Pouvez-vous imaginer l’état dans lequel
il se trouve à son retour après une journée en
bateau ? Comme i l d it ave c finesse : « Au moins,
je ne prends pas ma voiture pour retourner chez moi
! » Quelle intelligente réflexion ! Le pire dans
tout cela, c’est qu’ils sont légion à raisonner
ainsi.
Sur la route, nous devons respecter des lois , a
lors pourquoi n’en serait-il pas de même sur les
voies navigables ? Apparemment, en bateau, il n’y a
pas de limite de vitesse. Celle-ci est laissée au j
ugement des gens. Comment faire appel à son jugement
lorsqu’on est ivre ? Et lorsqu’il y a des panneaux
de signalisation à certains endroits, la plupart ne
les respectent même pas. Pouvezvous imaginer si nous
faisions la même chose sur la route ? Où se situe la
logique dans tout cela ? Quelqu’un peut-il
m’expliquer, s’il vous plaît ?
UN LOISIR POPULAIRE MAIS TROP PEU
ENCADRÉ - Ariane Lacoursière
La
semaine dernière, Jacques Godin, 70 ans, a perdu la
vie quand un bateau à moteur est entré en collision
avec son voilier sur le fleuve Saint-Laurent. Selon
plusieurs intervenants interrogés par La Presse, cet
accident démontre qu’au Québec, les activit
Chaque année, de 10 à 20 personnes perdent la vie en
naviguant sur les cours d’eau du Québec. Depuis
janvier, 11 plaisanciers sont morts. Mais ce faible
nombre d’accidents n’est que la pointe de l’iceberg.
PHOTO ROBERT
MAILLOUX, LA PRESSE
Au lac Bowker, dans
les Cantons-de-l’Est, la tension entre amateurs de
bateaux à moteur et riverains a atteint des sommets
cet hiver quand un citoyen a voulu y installer un
parcours de ski nautique. « Il avait obtenu l’accord
de Transports Canada. Il ne manquait plus qu’une
publication officielle et le parcours pouvait être
construit. On s’y est opposés et le projet a échoué
», affirme une riveraine.
« Il y a peut-être 200 incidents ou plus chaque été
qui pourraient être très dangereux. Ils ne sont pas
comptés dans nos statistiques car il n’y a pas de
victime », dit le président du Conseil québécois du
nautisme, Vahé Vassilian.
Selon plu sieur s i ntervenants interrogés par La
Presse, la sécurité nautique n’est pas encore ancrée
dans la culture québécoise. « Heureusement que les
gens naviguent sur des grandes surfaces. Car dans les
faits, beaucoup de personnes ne savent pas du tout
comment condui re. S’i ls naviguaient sur des cours
d’eau étroits, il y aurait beaucoup plus d’accidents
», affirme Ginette McDuff, directrice générale de
Sogerive, organisme paramunicipal qui gère le port de
plaisance RéalBouvier à Longueuil.
Au début de l’année, Mme McDuf f a dû interpel ler un
homme qui partait en bateau sans gilet de sauvetage et
sans système d’appel à l’aide. « En plus, il partait
avec sa femme et son bébé, dit-elle. Il n’avait aucune
notion de sécurité. »
Des
règles de base bafouées
Présidente du club de canoë de Lachine, Christine
Granger affirme elle aussi que très peu de gens
maîtrisent les notions de navigation nautique. Parmi
les règles les plus souvent bafouées, Mme Granger cite
en exemple les petites embarcations qui circulent au
centre des lacs, les conducteurs qui consomment de
l’alcool à bord et les bateaux à moteur qui font de
grosses vagues près des petites embarcations.
En nautisme, la règle veut aussi que l’embarcation la
plus manoeuvrable cède toujours le passage. En
théorie, les voiliers ont donc presque toujours
priorité. « Mais quand un bateau à moteur suit un
voilier, dès qu’il voit une brèche, il le dépasse »,
note Mme McDuff.
Selon elle, il suffit d’assister aux feux d’artifice
de La Ronde sur l’eau pour constater l’inconscience de
plusieurs navigateurs. « Certains sont 12 dans une
chaloupe, avec de l’alcool, remarque-t-el le. D’autres
bateaux passent très près d’embarcations ancrées et
risquent de passer dans leur cordage. Il y a vraiment
plein de gestes dangereux qui sont faits ces soirs-là
! »
Depuis 1999, Transpor ts Canada impose progressivement
des cartes de navigateur aux conducteurs de bateaux à
moteur. Pour obtenir ce document, il suffit de passer
un examen de connaissances nautiques sur l’internet ou
dans des
Il
suffit d’assister aux feux d’artifice de La Ronde
sur l’eau pour constater l’inconscience de plusieurs
navigateurs. « Certains sont 12 dans une chaloupe,
avec de l’alcool. D’autres bateaux passent très près
d’embarcations ancrées et risquent de passer dans
leur cordage. Il y a vraiment plein de gestes
dangereux qui sont faits ces soirs-là ! »
classes spécialisées. Coût de l’opération : 50 $.
À partir du 15 septembre prochain, cette carte sera
obligatoire. « La Sûreté du Québec et le ministère
des Ressources naturelles auront le mandat de faire
les vérifications », dit la porte-parole de
Transports Canada pour le Québec, MarieAnyk Côté.
Mais cette mesure n’est que de la poudre aux yeux,
selon plusieurs acteurs du secteur nautique. «
N’importe qui peut passer l’examen et avoir la
carte, affirme Mme McDuff. C’est très facile et on
peut consulter l’internet durant l’examen ! »
M. Vassilian est du même avis. « Nous discutons avec
Transports Canada pour que l’encadrement des examens
soit meilleur et que les questions soient plus
difficiles », dit-il.
Pas un permis de conduire
La
responsable des cartes de conducteur à Transports
Canada, Martine St-Germain, explique que l ’ objec t
i f des cartes est « d’augmenter les conna i s sa
nces en sécur it é nautique des conducteurs » . « Ce
n’est pas un permis de conduire », dit-elle.
M. Vassilian estime toutefois qu’un examen pratique
devrait être obligatoire avant de pouvoir naviguer.
« Je vois régulièrement des gens s’acheter et
conduire des bateaux de 30 à 40 pieds alors qu’ils
n’ont aucune expérience, note-t-il. Ça n’a pas de
bon sens ! Il devrait y avoir des examens pratiques
comme dans le cas des voitures. »
Le président de l’Association maritime du Québec,
Yves Paquette, croit pour sa part que les
conducteurs incompétents sont l’exception. « Je
dirais qu’il y a le même pourcentage de gens
imprudents sur l’eau que sur les routes,
déclare-t-il. Les gros bateaux coûtent cher. Les
gens qui se les achètent suivent souvent des cours
pour ne pas les abîmer. »
Le copropriétaire de la marina Le Nautique à
Saint-Jean-surRichel ieu, Pier re Sénéchal , affirme
lui aussi que les plaisanciers sont généralement
compétents. « Quand ils ne sont pas sûrs, ils vont
suivre des formations » , dit-il.
Mais selon Mme McDuff, il est temps que le
gouvernement serre la vis aux plaisanciers. « Le
loisir gagne en popularité. Ma marina est pleine et
j’ai des listes d’attente de 100 personnes chaque
été pour occuper mes quais. Va-t-il falloir attendre
qu’il y ait plus de morts pour faire quelque chose?
» demande-t-elle.
« Il y a une patrouille nautique, mais elle n’est
jamais là ! »
Alors qu’il est facile d’obtenir le droit de
conduire une embarcation motorisée au Québec (voir
autre texte), la surveillance sur les cours d’eau
n’est pas très rigoureuse, de l’avis de plusieurs
personnes rencontrées par La Presse.
« Il y a une patrouille nautique, mais elle n’est
jamais là! » remarque la présidente du club de
canoë de Lachine, Christine Granger.
Selon les régions, la Sûreté du Québec, les corps
de police municipaux ou la Gendarmerie royale du
Canada patrouillent dans les cours d’eau. « Il y
en a, des policiers, mais pas assez. Ils
travaillent fort, mais ils ne sont pas assez
nombreux », juge le président du Conseil québécois
du nautisme, Vahé Vassilian.
Même si 75% des activités nautiques au Québec se
font dans la région de Montréal, seulement cinq
agents du Service de police de la Ville de
Montréal ( SPVM) pat roui l lent dans les cours
d’eau de la métropole. « On s’occupe du fleuve
Saint-Laurent, de la rivière des Prairies, du lac
Saint-Louis… » énumère le responsable du module
nautique du SPVM, Réal Durocher.
Au cours des 13 dernières années, M. Durocher a vu
le nombre de plaisanciers augmenter. Mais il
explique que le nombre d’agents affectés à la
patrouille nautique « est déterminé en fonction de
priorités organisationnelles » et non pas en
fonction des besoins.
Personne de la Sûreté du Québec n’a rappelé La
Presse pour discuter du problème à l’échelle
provinciale.
Le voilier et le bateau à moteur, deux mondes
« Le voilier et le bateau à moteur, ce sont deux
mondes. Les gens qui choisissent l’une ou
l’autre de ces options ne sont pas les mêmes.
Ils ont des tempéraments différents. Certains
veulent aller lentement alors que les autres
veulent aller vite. »
Au cours des sept dernières années, le nombre
d’adeptes de sports nautiques n’a cessé
d’augmenter, selon l’Association maritime du
Québec. Si bien qu’aujourd’hui, le nombre
d’embarcations de plaisance atteint près de 850
000 dans la province.
Nathalie Matthon, de la
Fédération de voile du Québec, assure que les
accrochages entre voiliers et bateaux à moteur
sont rares. Mais elle reconnaît que si les
gens s’informaient un peu plus sur les
réalités de leurs vis-à-vis, ils seraient plus
attentifs aux effets de leur conduite sur les
autres. « Un bateau à moteur qui fait de la
vague à un voilier, c’est dérangeant »,
illustre-t-elle.
Copropriétaire de la marina Le Nautique de
Saint-Jean-surRichelieu depuis 2000, Pierre
Sénéchal affirme que les bateaux à moteur sont
de plus en plus visibles sur les cours d’eau de
la province. « On voit beaucoup plus de bateaux
à moteur pour les sports nautiques, comme le
wakeboard. La demande pour des places à quai est
plus forte que jamais », dit-il.
La voile gagne aussi en popularité. Si bien que
sur les cours d’eau, deux cultures cohabitent.
« Le voilier et le bateau à moteur, ce sont deux
mondes. Les gens qui choisissent l’une ou
l’autre de ces options ne sont pas les mêmes.
Ils ont des tempéraments différents. Certains
veulent aller lentement alors que les autres
veulent aller vite », compare Ginette McDuff,
directrice générale de Sogerive, organisme
paramunicipal qui gère le port de plaisance
RéalBouvier à Longueuil.
Si la cohabitation entre embarcations à voile et
à moteur se déroule généralement bien, il y a
parfois de petits accrochages. « La fin de
semaine, il y a beaucoup de bateaux à moteur.
Certains ne nous voient pas et nous font
beaucoup de vagues. Dans ces conditions, c’est
dur pour nous de naviguer », affirme le
directeur de l’École de voile de Lachine, Marc
Doyon.
Nathalie Matthon, de la Fédération de voile du
Québec, assure que les accrochages entre
voiliers et bateaux à moteur sont rares. Mais
elle reconnaît que si les gens s’informaient un
peu plus sur les réalités de leurs visà-vis, ils
seraient plus attentifs aux effets de leur
conduite sur les autres. « Un bateau à moteur
qui fait de la vague à un voilier, c’est
dérangeant, illustre-t-elle. Un voilier qui
arrête dans un chenal à paquebots, ça ne se fait
pas… Les gens doivent le savoir pour ne pas le
faire. Tout passe par l’éducation. »
Des riverains excédés
Au lac Bowker, dans les Cantons-de-l’Est, la
présence de plus en plus marquée de bateaux à
moteur entraîne son lot de querelles entre
voisins.
Selon Yvan Leclerc, qui habite au lac Bowker
depuis plus de 50 ans, les bateaux à moteur sont
toujours plus nombreux et gros. « Les nouveaux
bateaux de planche nautique ( wakeboard) font
des vagues très hautes qui érodent nos berges et
causent beaucoup de dommages », dit M. Leclerc.
« Acheter un chalet au bord de l’eau est
maintenant dispendieux. Ceux qui en ont les
moyens ont souvent l’argent pour avoir un gros
bateau. Mais notre lac reste petit et l’impact
de ces bateaux sur les berges, sur la qualité de
l’eau et sur la sécurité est majeur », ajoute
Diane Bélanger, qui habite au lac Bowker depuis
1974.
Au Québec, 38 lacs sont totalement interdits aux
embarcations à moteur. Plus de 300 autres ont
des limitations de circulation diverses. Par
exemple, certains cours d’eau ne permettent pas
le ski et la planche nautiques. D’autres
interdisent les bateaux sur une partie seulement
de leur territoire. Seulement huit lacs sont
frappés d’une interdiction totale de naviguer
par Transports Canada.
Selon Mme Bélanger, interdire les bateaux à
moteur sur un lac n’est pas simple. Car
Transports Canada a le dernier mot. « Le
municipal et le provincial ne peuvent rien faire
pour limiter les bateaux, dénonce la riveraine.
Et le fédéral n’est pas du tout sensible aux
préoccupations locales. »
« Le fédéral protège le droit à la navigation,
ajoute M. Leclerc. Il ne se préoccupe pas du
tout de l’environnement. »
Durant un après-midi, La Presse a sillonné le
lac Bowker et a remarqué que la majorité des
riverains possèdent un bateau à moteur.
« La fin de semaine, ils font du ski et du tube
nautiques. Les gens peuvent tourner en rond
éternellement, remarque M. Leclerc. Il y a des
vagues constamment. On puise notre eau de
consommation dans le lac. L’été, à cause des
remous, je dois changer mon filtre constamment.
»
Parcours de ski nautique
Cet hiver, la tension entre amateurs de bateaux
à moteur et riverains a atteint des sommets au
lac Bowker quand un citoyen a voulu y installer
un parcours de ski nautique. « Il avait obtenu
l’accord de Transports Canada. I l ne manquait
plus qu’une publication officielle et le
parcours pouvait être construit. On s’y est
opposés et le projet a échoué. Mais c’est
choquant de voir que Transports Canada protège
plus facilement le droit à la navigation que les
lacs », affirme Mme Bélanger.
L’instigateur du projet, Raphaël Trottier, est
encore un peu troublé d’avoir dû abandonner son
projet. « Il y a un groupe minoritaire
anti-bateaux qui veut interdire les bateaux à
moteur ici. Mais la majorité des riverains
souhaitent plutôt faire une utilisation
civilisée du bateau », dit M. Trottier, qui
habite au lac Bowker depuis huit ans.
Pour respecter les riverains, les plaisanciers
acceptent entre autres de ne pas ci rculer à
haute vitesse dans une bande de 75 m tout au
long des rives. « Depuis longtemps, on essaie de
cohabiter dans la paix et de respecter les
riverains », assure M. Trottier, qui déplore que
les bateaux à moteur aient si mauvaise presse.
« Les gens utilisent la vieille image du bateau
qui pollue et s’en servent pour entretenir les
préjugés envers les embarcations à moteur. Ce
n’est plus ça, le nautisme. Et il ne faut pas
oublier que dans un été, si j’utilise mon bateau
50 heures en tout, c’est beaucoup », dit-il.
M. Trottier tient aussi à faire la nuance entre
les bateaux de ski nautique, qui ne font pas de
vagues, et ceux de planche naut ique, « qui sont
construits pour faire de la vague ». « On a tout
mélangé dans le dossier de parcours de ski
nautique, martèle-t-il. On a eu peur de vagues
qui n’existent pas. »
Pour le président du Conseil québécois du
nautisme, Vahé Vassilian, il est vrai que la
pression populaire favorise rarement les
conducteurs de bateaux à moteur. « Les reproches
leur tombent souvent dessus. Mais ce qu’il faut
retenir, c’est que l’eau est à partager avec
tout le monde, avec courtoisie. »
La canicule se poursuit à Montréal -
Catherine Handfield
Le
mercure a atteint 32,7° hier, quatrième jour
consécutif de smog
La première canicule de la saison s’est poursuivie
hier : Montréal a enregistré sa journée la plus chaude
de l’été. Le smog s’est maintenu au-dessus de la
métropole, occasionnant une légère hausse de
fréquentation aux urgences.
PHOTO DAVID BOILY, LA
PRESSE
En fin d’après-midi, hier, le mercure a atteint 32,7°
à la station météorologique de l’aéroport
Montréal-Trudeau. En tenant compte du facteur humidex,
les Montréalais ont ressenti une température dépassant
les 40°.
Il s’agit sans conteste de la plus chaude journée de
l’année, confirme Jacques De la Sablonnière,
météorologue à Environnement Canada. Le temps pluvieux
du début de l’été n’a offert aux Montréalais que cinq
journées au-dessus de 30°. Jusqu’à hier, la
température la plus élevée avait été enregistrée le 25
juin (31,4°).
Aucun record de chaleur n’a toutefois été battu,
souligne M. De la Sablonnière. Le 17 août 1987,
Environnement Canada avait enregistré 33,9° à Dorval.
Ailleurs au Québec, les records ont été battus à
Roberval et à Bagotville.
À Montréal, la première canicule de la saison devrait
se poursuivre aujourd’hui alors que le mercure
dépassera les 32°. Pour que l’on puisse parler de
canicule, la température doit se maintenir audessus de
30° pendant trois journées consécutives, précise
Jacques De la Sablonnière.
Comme toute bonne chose a une fin, l’épisode de
chaleur devrait se terminer demain. Environnement
Canada prévoit l’arrivée d’un front froid accompagné
d’averses ou d’orages. Le mercure chutera à 27°, mais
le soleil sera au rendez-vous encore jusqu’à demain.
Les météorologues d’Environnement Canada prévoient que
la dépression en haute altitude responsable du temps
maussade que le Québec a connu au mois de juillet
reviendra dès vendredi.
Smog
et urgences
Pour la quatrième journée consécutive, Environnement
Canada a lancé hier un avertissement de smog pour le
Grand Montréal. La qualité de l’air était considérée
comme « mauvaise » dans toute l’île, selon le Réseau
de surveillance de la qualité de l’air.
La situation n’est toutefois pas alarmante, rassure
JacquesDe la Sablonnière. Environnement Canada
enregistre chaque année entre 15 et 20 épisodes de
smog, particulièrement lorsqu’il fait chaud, que le
taux d’humidité est élevé et que la circulation de
l’air est faible.
Le ministère fédéral recommande tout de même aux
personnes souffrant de problèmes respiratoires de
limiter l’exercice à l’extérieur. D’ailleurs, des
hôpitaux montréalais ont enregistré une légère hausse
des consultations aux urgences en raison des problèmes
pulmonaires causés par le smog.
C’était le cas aux hôpitaux Saint-Luc et Hôtel-Dieu,
indique Alexandra Ouimet, conseillère aux
communications du Centre hospitalier de l’Université
de Montréal. La chaleur a également incommodé quelques
personnes: ce week-end, un patient s’est présenté à
l’Hôtel-Dieu après avoir souffert de déshydratation,
précise Mme Ouimet.
Le smog devrait se résorber en fin d’après-midi
aujourd’hui, ex pl ique Jacques De la Sablonnière,
grâce à la pluie.
En attendant, ventilateurs et climatiseurs ont
fonctionné à fond de train, hier. Au cours de périodes
de canicule, HydroQuébec s’attend à une consommation
hebdomadaire de 21 000 mégawatts, soit 15% de plus que
la moyenne estivale. La climatisation peut représenter
jusqu’à 10% de la consommation.
AOÛT PLUS CHAUD QUE JUILLET!
Si la tendance se maintient, le mois d’août sera plus
chaud que le mois de juillet cette année. À la mi-août, la
moyenne des températures maximales est de 26,3°, soit 1,5°
de plus que la normale. En juillet, la moyenne a été de
24,2°, soit 2° de moins que la normale. « En fait, la
température que l’on connaît ce mois-ci ressemble davantage
à celle du mois de juillet, et la température enregistrée en
juillet serait plus adaptée au mois d’août », résume Jacques
De la Sablonnière, météorologue à Environnement Canada. –
Catherine Handfield
TORONTO PROLONGE L’OUVERTURE DE SES PISCINES
La vague de chaleur a frappé plusieurs villes du sud de
l’Ontario, hier, si bien que les heures de bain libre ont
été prolongées jusqu’à 23h45 dans la majorité des piscines
publiques de Toronto. Avec le facteur humidex, les Torontois
ont ressenti une température dépassant les 40°, ce qui en a
incité plusieurs à se rafraîchir dans les piscines et le lac
Ontario. Tout comme à Montréal, Environnement Canada a lancé
une alerte de smog dans plusieurs régions de l’Ontario. –
Catherine Handfield
Dossier MURS
LES MURS ONT GAGNÉ - AGNÈS GRUDA
UNE
BRÈCHE
DANS LE MUR - Nicolas Bérubé
IRLANDE
DUNORD : LES MURS DE LA HAINE - Isabelle
Hachey