Dossier
israëlo-palestinien
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Liens plus récents
Israël serait-il donc coupable de génocide ?...
Question
de Charles Olivier à l'IA : y a-t-il présentement un
génocide à Gaza en particulier ?
Mandat
d'arrêt contre Netanyahou
Former
U.S. Army Colonel Ann Wright speaks with clear moral
force
Écoutez
un peu ce que disent les sionistes à la fin de ce vidéo...
AU COEUR DE LA CENSURE ANTI-PALESTINIENNE DE META
Liens plus anciens (et datant donc d'au moins dix ans !...)
La maison de la paix de Jérusalem
Paroles d’oz
Deux
voix controversées pour la paix
Pourrait-on enfin percevoir quelque chose comme une lueur
d'espoir, au bout du tunnel ?...
Discours sans concession de Nétanyahou devant le Congrès
américain
Mouvement
au
Proche-
Orient
Et pourrait-on tout au moins entrevoir enfin un peu d'espoir
du côté de la Palestine ?
La
Palestine aux Nations unies
La
Palestine obtiendra le statut d'État observateur à l'ONU
Une
victime
questionne
le
revirement
du
juge
Goldstone
Goldstone
se
rétracte
Et si ce qui manquait par-dessus tout, c'était surtout,
d'une part comme de l'autre, la simple capacité à comprendre
la perspective exprimée par la l'autre partie impliquée ?...
Les Israéliens divisés sur le blocus de la bande de Gaza
Ce conflit pourra-t-il vraiment se régler tant qu'on
continuera de chaque côté à démontrer autant de mauvaise foi
?...
Les manuels scolaires de la discorde
À
travers les colons israéliens, le Hamas vise l'Autorité
palestinienne
Flottille
pour Gaza: les militants voulaient la violence, selon un
général israélien
Un
plan
simple
-
Mario Roy
Fiasco
Le
Proche-Orient est-il mûr pour un plan de paix Obama?
Neoconservatives,
Loyalty and Logic - Joe Klein
Et si ce qui manquait plus que jamais, c'était surtout le
renforcissement, sinon la réapparition d'un certain "middle
ground" ?...
L'État
pirate
Empower
the
moderates
Une
condamnation
prématurée
-
André Pratte
Et comment Israël peut-il prétendre à une quelque sorte de
bonne foi que ce soit, tout en continuant pourtant à
ignorer les principales doléances des Palestiniens, comme
si de rien n'était ?...
Des Palestiniens voient rouge
La colonisation, un frein au processus de paix
Colonies
- Israël exclut de prolonger le moratoire
Se pourrait-il donc que le gouvernement israélien ne
démontre tout simplement aucune volonté de faire avancer
le processus de paix de quelque façon que ce soit ?...
Les
Palestiniens
mettent
les
documents
en
doute
Israel rejected historic concessions, ‘Palestine Papers’
reveal
Les Israéliens seraient-ils donc incpables de faire mieux
que les Nazis, bien qu'ils soient pourtant les mieux
placés pour savoir à quel point un tel comportement peut
s'avérer inacceptable ?...
Des
colons radicaux s’attaquent aux mosquées
Les tensions ravivées par un colon
Naplouse
- Affrontements entre colons israéliens et Palestiniens
Deux rabbins soupçonnés d’incitation à la violence
Séparatisme
sexuel en Israël - Des rabbins secouent les fondements de
l'État juif
En
bref - Manif anti-arabe
Israël
et ses Arabes - Des rabbins lancent un appel à la
discrimination
Ou se pourrait-il qu'Israël démontre tout simplement une
petite tendance à faire un usage disproportionné de la
force, pour le moins qu'on puisse dire ?...
I Shall Not Hate: A small book that should change Harper’s
foreign policy - Gerard Caplan
Y aurait-il donc quelque chose de pourri en terre d'Israël,
ou du moins en ce qui concerne le climat politique et social
qu'on peut y rencontrer ?...
« Ici, on ne sait pas vraiment qui est l’ennemi »
Campagne
israélienne - «N'épousez pas un juif américain!»
Contre la discrimination faite aux femmes
Vie ordinaire en pays déchiré
Le
poids
lourd
de
la
droite
À
Gaza, le centre commercial de la controverse
A
Mideast reading list for Tories willing to learn - Gerald
Caplan
Une
députée israélienne menacée de mort
... et que dire de l'armée israélienne, pendant qu'on y est
?...
Une nouvelle vidéo met l’armée israélienne sur la
défensive
Un enfant palestinien comme bouclier humain
Y aurait-il donc "quelque chose qui cloche", pour ainsi
dire, en ce qui concerne le traitement qu'Israël réserve au
peuple palestinien ?...
Chez
soi, dans une prison à ciel ouvert
Une colonie sans clôtures
Lutte pour les terres du désert
Une
économie
souterraine
Des
yeux bleus pour Gaza
Le
combat
du
libraire
de
Jérusalem
WikiLeaks
- Israël a voulu asphyxier Gaza
Selon
Human Rights Watch - Israël étouffe le développement de la
Cisjordanie
Colonisation:
les enjeux en sept questions
Nétanyahou
et Abbas ont rendez-vous en Égypte mardi
Rapport
de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le
développement - L'état de santé de l'économie
palestinienne continue de se détériorer
A
Mideast reading list for Tories willing to learn - Gerald
Caplan
L'autre
lutte israélo-palestinienne
Une
étude publiée par The Lancet - Le blocus aura des
conséquences durables sur la santé des Gazaouis
Gaza,
entre
misère
et
espoir
La
politique israélienne pose «un grave problème»
Et n'est-ce pas justement ce que les "flotilles de la paix"
tendent à démontrer ?
La
flottille
interdite
Peaceful
flotilla essential step to win freedom for Palestinians
Trois Gazaouis sur quatre survivent grâce à l’aide
humanitaire
Le
double
sacrifice
du
Mavi Marmara
La
flottille
de
la
discorde
Le traitement qu'Israël réserve aux Palestiniens
s'apparenterait-il donc à de la violence ethnique ?...
Le
cynisme ordinaire
Et par ailleurs, Israël n'est-il pas en train de démontrer
une fois pour toutes que les politiques de dureté n'ont
surtout tendance qu'à se retourner contre ceux qui l'ont
justement appliquée ?...
Israel should acknowledge Hamas is here to stay
Les tunnels vers l'Égypte, une industrie florissante
En continuant à supporter Israël, ne nous trouvons-nous pas
surtout à supporter un régime d'apartheid au moins aussi
inacceptable que celui que nous avions pourtant déjà dénoncé
en Afrique du Sud, et que nous avions même contribué à
renverser, par ailleurs ?...
Reconnaissez la Palestine -- Une voie nouvelle vers la
paix
Le
négociateur palestinien s’insurge contre le « système
d’apartheid »
Se pourrait-il donc que, cette fois, Israël soit tout
simplement allé trop loin ?...
«C'était Apocalypse Now»: deux Canadiens à bord
du Mavi Marmara
Une
alliance indestructible?
Cracks
in
the
bedrock
of
U.S.-Israel
relations?
-
Jeffrey
Simpson
Rift
with
U.S.
puts
Netanyahu
on
the
precipice
Le
Quartette condamne la colonisation israélienne
Crise
entre Washington et Israël: «un problème sérieux»
La
gifle israélienne
Construction de 1600 logements juifs à Jérusalem-Est -
Dans l'embarras, Nétanyahou appelle au calme
Netanyahu regrets diplomatic row with U.S., but won’t axe
Israel’s settlement plans
Les
pourparlers compromis?
Israël
poursuit la colonisation, Biden condamne
Joe Biden' s Mideast peace talks descend into
'condemnation'
Proche-Orient
- Biden affirme son soutien à un État palestinien et
critique à nouveau Israël
Y aurait-il enfin une lueur au bout du tunnel ?...
Colonies
juives de Cisjordanie - Nétanyahou pourrait limiter
l'ampleur des futurs chantiers
Sometimes
it's
only
hard
men
who
can
make
peace
-
Jeffrey
Simpson
Négociations
de paix - Lueur d'espoir en Israël, scepticisme ailleurs
Les
grands enjeux des négociations israélo-palestiniennes
Proche-Orient
- Ils ont tout à perdre
Reprise
des pourparlers israélo-palestiniens - Dans un an, deux
États?
Négociations
: Israéliens et Palestiniens affichent leur bonne volonté
L'espoir,
malgré tout
Le
dialogue direct israélo-palestinien reprendra début
septembre
Blocus
allégé - Gaza reprend vie, tout doucement
Israël
autorise sous conditions l’entrée de matériaux de
construction à Gaza
A
way forward for Netanyahu and Abbas
Les temps sont durs pour les pacifistes
Proximity
talks
are
no
mere
gesture
La
bonne nouvelle est ailleurs
Israël-Palestine:
les négos reprennent dans la méfiance
Nétanyahou
est optimiste
Israël
optimiste sur la reprise des négociations
Froid
entre Israël et Washington - Nétanyahou rencontrera Obama
Un
dialogue inauguré dans le scepticisme
Vers
des négociations «indirectes» entre Israël et l'Autorité
palestinienne
Relancer
les négociations
Israël veut employer les grands moyens
Les Palestiniens demanderaient à l’ONU
de reconnaître leur État
Mais le moins qu'on puisse dire n'est-il pas que les défis
ne devraient pas manquer sur la route devant mener à la
paix, ceci dit ?...
Des
négociations mises à mal - Israël : reprise des
constructions en Cisjordanie
Nétanyahou
et Abbas ont rendez-vous en Égypte mardi
Le
Hamas s'invite au coeur des négociations
Négociations
de paix - Lueur d'espoir en Israël, scepticisme ailleurs
Conférence
israélo-palestinienne de Washington - Occulter une
asymétrie infinie
À
travers les colons israéliens, le Hamas vise l'Autorité
palestinienne
Les
grands enjeux des négociations israélo-palestiniennes
Et en fait, y a-t-il encore moyen de tout simplement garder
espoir ?...
L’héritage controversé d’Yitzhak Rabin
«
Cette
terre
est
assez
grande
pour
tout
le
monde
»
Margaret
Atwood
versus
George
Will
on
the
Mideast
Le
rêve ambitieux d'un Juif de Beyrouth
... ou l'impasse ne semble-t-elle pas toujours aussi totale
?...
Un
processus qui n'en finit pas de commencer - Abbas et
Nétanyahou se rencontrent de nouveau en Égypte
Heurts
à Jérusalem: protestation palestinienne à l'Onu
Israël se trouverait-il donc à se carrément faire fi du
droit international, et ce en toute impunité, de surcroît
?...
Tournée
du héros de la rue arabe
... Ou se serait-il plutôt fait une spécialité de naviguer
aux frontières de la légalité ?...
Raid israélien « excessif » , blocus naval légitime
Légal ou pas, le blocus israélien?
Israel’s
naval
blockade
pitches
and
rolls
with
the
Law
of
the
Sea
En fait, Israël ne ferait-il que pousser toujours plus loin
les limites de l'inacceptable ?... (Ou autrement dit :
Israël serait-il passé maître dans l'art de "voir jusqu'ou
il peut aller trop loin" ? Ou autrement dit, Israël se
serait-il approprié ce qui fut jadis la spécialité d'un
certain Hitler ?...)
Entrevue
avec Avraham Burg, homme d'affaires et ex-politicien
israélien
Conflit
israélo-palestinien - La colonisation fait trébucher les
pourparlers de paix
L'extrême-droite
israélienne défile à Jérusalem-Est
Refus
d’un
gel
Israël
menace le Hamas d'une opération punitive
Netanyahou
rencontre Obama et hausse le ton sur Jérusalem
Israël
rejette les appels au gel de la colonisation
Netanyahu
shows little yearning for peace
Crise
avec Washington: Israël contre-attaque
Netanyahu
regrets
diplomatic
row
with
U.S.,
but
won’t
axe
Israel’s
Les
pourparlers compromis?
Israël
poursuit la colonisation, Biden condamne
Israël ne pourrait-il donc comprendre d'autre langage
que celui de la pression ?...
La
fuite en avant
Peace
talks
in
peril
as
Israeli
settlement
freeze
expires
La
pression augmente sur Israël
Des
pressions insuffisantes
Et justement, pourra-t-on vraiment espérer quelque
avancement que ce soit tant que les États-Unis
s'entêtront à assurer un "soutien inflexible" à Israël
quoi que celui-ci puisse faire, justement ?...
A seat at the table is too much to ask for Palestine?
Obama
et Nétanyahou (bis)
Obama
cède aux Israéliens
Un
sceptique non confondu
Obama
dément toute crise avec Israël
Agreeing
to
disagree:
Why
the
U.S.
snubbed
Israel
Crise
avec Washington: Israël contre-attaque
« Les États-Unis auraient pu faire plus »
Et par ailleurs, pourra-t-on vraiment espérer une éclaircie
dans ce dossier tant que les États-Unis s'entêteront dans
leur impérialisme grossier ?...
La
police sur la corde raide en Palestine
La
route
versWashington
passe
par
Jérusalem
Biden
aims
harsh words at Iran on visit to Israel
Comment les États-Unis
peuvent-ils prétendre qu'il n'est pas en leur pouvoir de
faire quoi que ce soit pour régler le conflit
israélo-palestinien, alors même qu'ils s'obstinent à
apposer leur véto à l'ONU sur toute résolution qui a le
malheur de viser à contraindre Israël de respecter ne
serait-ce que la moindre ses obligations internationales
?...
Colonisation
juive - Le veto américain à l'ONU soulève la colère
palestinienne
U.S.
vetoes UN draft condemning Israeli settlements
Et si tout ne dépendait en fait que de l'électorat
américain nord-américain et de ses divers caprices
?...
How the political shift among Jewish voters plays in
Canada - Jeffrey Simpson
Obama, Israël et le vote juif
Combien de temps encore laisserons-nous Israël se moquer
impunément du monde entier ?...
La
colonisation continue malgré la réprobation internationale
Israël croirait-il que sa cause soit vraiment juste,
pour se permettre ainsi de n'avoir d'autre idée que de
gagner à n'importe quel prix, et par n'importe quel moyen
?...
La «légitime défense» d'Israël - Yves Boisvert
Les
espions israéliens - Comédie d'erreurs
Israël
sur la sellette
Israël croit-il pourtant qu'à force de traiter les
Palestiniens comme des citoyens de seconde classe, pour le
moins qu'on puisse dire, il ne se trouve en fait qu'à miner
lui-même ce qui peut lui rester de crédibilité ?
New
book on settlements charts the ‘unmaking of Israel’
Qu'est-ce qui fait donc qu'il semble si compliqué pour
Israël de réaliser qu'à force de se faire des ennemis, on ne
peut en fait que s'enfoncer soi-même dans son propre pétrin
?
With friends like this, Israel needs no enemies - gerald
caplan
A
Palestinian state is Israel’s best path to security
Car à force de faire fi de toute autre perspective que la
sienne, Israël n'est-il pas en train de s'enfoncer
lui-même dans son propre cul-de-sac ?...
Netanyahou
isolé
Proche-Orient
- Israël n'a plus que les États-Unis au monde
Proche-Orient
- La Turquie et l'Égypte se distancient d'Israël
L’affrontement
Obama:
Israël sera isolé si le processus de paix n'est pas
crédible
Two states are better
than one
La
stratégie du boomerang
Israël
rejette toute enquête internationale
Les organisateurs de la flottille entendent récidiver
Une
alliance indestructible?
Who
are
the
friends
of
Israel?
Pas
question de mettre fin au blocus de Gaza - Israël, sous
pression, expulse les militants propalestiniens
Disproportionate
force feeds propaganda against Israel
Gaza:
Israël maintiendra son blocus en dépit des pressions
internationales
Comment
perdre
ses
amis
-
André Pratte
Militants
contre l'embargo de Gaza
Le pacifiste armé
Nétanyahou
défend l'assaut d'Israël
Ne pourrait-on pas commencer à parler d'une certaine
unanimité internationale pour ce qui est de dénoncer les
abus d'Israël envers le peuple palestinien ?...
Un
projet de résolution sur les colonies juives remis à l'ONU
L’Amérique
du
Sud,
un
nouvel
allié
Les
Sages s'opposent à la démolition de maisons de
Palestiniens
UN
experts
say
Israeli
forces
broke
law
in
flotilla
raid
Gaza
is like a prison camp: British PM
Boycottage
artistique contre Israël
Paris
propose que l'UE contrôle les navires à destination de
Gaza
L'ONU
prépare une commission d'enquête internationale sur le
raid
Israël
de plus en plus isolé
L'ONU
réclame une enquête impartiale
Guerre
de Gaza: Israël et le Hamas doivent «rendre des comptes»
Gaza: le blocus israélien est «inacceptable», selon Ban
Ki-moon
Violente
sortie du Premier ministre turc contre Israël
Londres
rabroue Israël et expulse un diplomate
Le
Quartette condamne la colonisation israélienne
Ottawa
condamne la colonisation de Jérusalem-Est
Souriez,
meurtriers, vous êtes filmés!
Des
artistes dénoncent l'«apartheid israélien»
Meurtre
à Dubaï: l'Australie convoque l'ambassadeur d'Israël
Meurtre
à Dubaï: des pays européens haussent le ton
Nouvelles
accusations de crimes de guerre contre Israël
Se pourrait-il qu'Israël soit maintenant seul à se penser
pratiquement irréprochable dans ce dossier ?...
Marches internationales contre le blocus israélien de Gaza
Se pourrait-il donc qu'Israël ne puisse que se voir toujours
plus isolé sur la scène internationale ?...
Et comment cela pourrait-il faire autrement que d'être
empiré par un changement de régime en Égypte, comme ailleurs
dans le monde arabe ?..
Proche-Orient
- La Turquie et l'Égypte se distancient d'Israël
L’Égypte
ouvrira sa frontière avec Gaza
The
Arab
Spring
recasts
the
Israeli-Palestinian
conflict
Israël
entre
deux
feux
Israël
s'alarme de l'instabilité chez ses voisins
En fait, se pourrait-il donc que les Juifs eux-mêmes
s'avèrent de plus en plus nombreux à oser critiquer la
position officielle d'Israël, notamment en ce qui peut
concerner la Palestine ?...
« Un, deux, un, deux: deux capitales à Jérusalem »
Pro-
israéliens,
pro-
paix
et
anti- Nétanyahou
Se pourrait-il qu'Israël soit en train de dériver dans le
radicalisme, le militarisme le racisme, avec tout ce qu'un
tel cocktail peut impliquer de plus inquiétant pour la
suite des choses ?...
Ne serait-il pas temps pour Israël de commencer à se
demander s'il n'y aurait pas quelque chose qui cloche avec
son approche ?...
Nucléaire:
Israël réclame des «sanctions paralysantes» contre Téhéran
Mandat
d'arrêt contre Livni: Londres veut éviter d'autres cas
Israël ne saurait-il répondre aux critiques qu'en
s'employant à les faire taire ?...
Noam
Chomsky interdit d'accès en Israël
Israël n'a-t-il donc pour seule défense que de traiter
d'antisémites tous ceux qui ont le malheur d'oser
critiquer quoi que ce soit qu'il puisse faire ?...
Anti-Semitic
to
criticize
Israeli
construction
in
Jerusalem?
Nous
ne sommes pas antisémites
Les Conservateurs pousseraient-ils leur effronterie
jusqu'à afficher béatement un soutient inconditionnel et
unilatéral envers Israël ?...
Quand le Proche-Orient crée une crise politique au Canada
Les
libéraux accusent Harper de multiplier les nominations
partisanes
Qu'est-ce qui prend donc aux Occidentaux, et surtout au
Canada, de tant s'obstiner à soutenir Israël aussi
unilatéralement ?...
Piètre
performance
Le
doyen du Parlement s'en va
Et si l'Occident commençait par assumer sa propre part de
responsibilité, plutôt que de se berner à n'accuser les
autres des problèmes qui pourtant n'auront jamais été
causés par nul autre que lui-même ?...
The
West
needs
to
face
its
own
intrigue
and
deceit
Avec
Obama, la Maison Blanche se montrerait-elle enfin
déterminée à ce qu'on puisse constater un certain
avancement même dans le pire des dossiers, celui du
conflit israélo-palestinien ?...
Obama:
Israël sera isolé si le processus de paix n'est pas
crédible
Obama
trace
les
frontières
d’un
État
palestinien
Paix
au Proche-Orient - L'ambition d'Obama
1967: A critical year for Obama’s presidency
Barack
Obama prône un État palestinien basé sur les frontières de
1967
Must
balance Israeli security, Gaza needs: Obama
Transfert
de missiles au Hezbollah: Washington convoque un diplomate
syrien
Obama
face à Israël - Richard Hétu
The
latest
U.S.
Mideast
position:
lots
of
noise
signifying
nothing
Proche-Orient:
George Mitchell poursuit sa navette entre Israéliens et
Palestiniens
L'offre
d'Israël sur les colonies «aide le processus de paix»
Les
nouvelles colonies israéliennes dénoncées
La
rencontre Netanyahu-Obama, «une base décisive»
Obama
reçoit discrètement Netanyahu
Quand
le Proche-Orient dit non à Obama - Richard Hétu
Mais n'est-il pas pourtant clair qu'elle pourrait en faire
plus, sinon beaucoup plus ?...
Obama et Nétanyahou font la paix
Proche-Orient:
Abbas estime qu'Obama «ne fait rien pour l'instant»
Abbas: pas de négociations sans un gel de la colonisation
Serions-nous donc en train d'assister à l'émergence d'un
nouveau joueur majeur dans ce dossier, et ce pour le
meilleur comme pour le pire ?...
Israël
et
la
Turquie:
à
un
cheveu
du
divorce
Gaza
- Une crise qui appelle un nouveau leadership
La
Palestine n'en a que pour la Turquie
Le jeu de la Turquie - Lysiane Gagnon
La Turquie maintient la pression sur Israël
Israël n'a-t-il rien de mieux à faire que de demander aux
autres de réparer le mal qu'il a lui-même commis ?...
Israël
propose un «plan Marshall» pour les territoires
palestiniens
L'impasse ne pourra-t-elle donc se dénouer que si les
Palestiniens réussissent à prendre eux-mêmes le dossier en
main ?...
Après
le Brésil - Au tour de l'Argentine de reconnaître la
Palestine
État
palestinien - Vers une déclaration unilatérale
d'indépendance?
Salam
Fayyad: un politicien en mission pour la Palestine
Preaching
for
a
Palestinian
state
Et autrement, l'impasse ne semble-t-elle pas toujours aussi
totale ?...
Diplomatic end run on a very bumpy Mideast road - JEFFREY
SIMPSON
Le blocus en trois questions - Katia Gagnon
Après
trois jours de mission au Proche-Orient - Mitchell revient
bredouille
Nouveau
tir de roquette de Gaza vers Israël
Mahmoud
Abbas accuse l'Iran d'empêcher une réconciliation
Fatah-Hamas
La
colonisation continue malgré la réprobation internationale
« Nous resterons ici »
Les
Palestiniens exigent le gel des colonies pour négocier
Une
survivante de la Shoah en grève de la faim pour Gaza
La
colonisation continue malgré la réprobation internationale
Gaza:
le blocus israélien interdit la reconstruction
Les Palestiniens demanderaient à l’ONU
de reconnaître leur État
La « Louise Arbour » du Pakistan - AGNÈS
GRUDA
Il
faut sauver le soldat Shalit
Le
rapport Goldstone fait des vagues au Canada
La
Chambre des représentants rejette le rapport sur Gaza
Ban
appelle Israël à cesser ses «actes de provocation»
Israël
accusé de priver les Palestiniens d’eau
ONU
: Le rapport Goldstone approuvé
L’ONU réclame des enquêtes
Accusé,
Israël tire sur le messager - Agnès Gruda
Mur
de Cisjordanie : SÉCURITÉ OU POLITIQUE ? -
AGNÈS GRUDA
CISJORDANIE—
LE MUR SANS FRONTIÈRE - AGNÈS GRUDA
Voir aussi Voir aussi Dossier MURS et UNE
VILLE
EMMURÉE
Offensive
israélienne contre la bande de Gaza : Rapport
accablant de l'ONU pour Israël
Ben Laden veut séduire les Occidentaux -
Judith LaChapelle
Israël fait à sa tête
Cisjordanie
: pas de gel des colonisations en vue
Gaza privée de pièces détachées pour ses
égouts
Grosse crise diplomatique Suède-Israël - AGNÈS
GRUDA
Colonies juives : NÉTANYAHOU MAINTIENT LE CAP
Israël : Obama «irréaliste»
Israël
se dit prêt à freiner la colonisation en Cisjordanie
ISRAËL Expulsions dénoncées
Deux familles palestiniennes expulsées
ISRAËL « Paix chaude »
ISRAËL Accord sur les colonies
Deux entreprises québécoises poursuivies pour
crimes de guerre en Palestine
CONSTRUCTION D’IMMEUBLES EN CISJORDANIE Deux
entreprises deMontréal accusées en Cour supérieure
Jimmy
Carter dénonce le traitement infligé aux Palestiniens
Un
bien
maigre cochon - Agnès Gruda
Le
« pas en avant » de Nétanyahou
Un
lobby juif de gauche à Washington
Un prisonnier porteur de paix ? -
Laura-Julie Perrault
Le
Fatah « sorti des soins intensifs »
Le
Fatah lave son linge sale en famille -
Laura-Julie Perrault
Premier accord entre le Fatah et le Hamas
ISRAËL
« Politique de paix »
Crispations
entre Jérusalem et Washington
Nétanyahou juge non-négociable la poursuite de la
colonisation
Le
triple
non d’Israël
Obama
invite Arabes et Israéliens à Washington
Mahmoud Abbas en visite au Canada
Nétanyahou envisage une solution « à
deux peuples », selon Barak
Voir aussi Peu
d’espoir au Pakistan et auMoyen-Orient
Et si les Palestiniens avaient aussi leurs torts, après tout
?
The
real obstacle to Palestinian statehood
Ce dossier ne pourra-t-il donc connaître d'avancement que
du moment où les Palestiniens le prendront eux-mêmes en
main ?...
Les Palestiniens suspendus au vote du Conseil de sécurité
ONU:
la Palestine présente sa demande d'adhésion à un Conseil
de sécurité divisé
En
bref - ONU:division sur l'adhésion de la Palestine
La
Palestine devient un membre à part entière de l’UNESCO
Conseil
de sécurité - Un vote bientôt sur la Palestine ?
Demande
historique des Palestiniens
«
Le temps est venu »
Le moment de vérité
Ramallah en liesse
Dire oui à la Palestine
Un
État palestinien - Une urgence pour... Israël
Abbas
stakes Palestinian claim to state at UN
Mahmoud
Abbas demande la reconnaissance d’un État palestinien à
l’ONU
Palestine,
l'entité qui dérange
Initiative
palestinienne à l'ONU - Coup de poker ou acte de
reddition?
Israël
est dans tous ses états
Palestine’s state of mind
LE
PARI PALESTINIEN
Proche-Orient
- Washington cherche à éviter une crise à l'ONU
Reconnaissance
d'un État palestinien - Abbas discute avec les États-Unis
et l'UE avant d'aller à l'ONU
Salam Fayyad, le pragmatique
LE
PARI
DES
PALESTINIENS
En
bref - Abbas: la Palestine à l'ONU
Abbas
est optimiste - L'État palestinien bientôt reconnu ?
Les
Palestiniens enterrent les propositions de Clinton
Le
mandat de Mahmoud Abbas est prolongé
Les Palestiniens demanderaient à l’ONU de
reconnaître leur État
Projet
de déclaration unilatérale d'un État palestinien
Le
microboom de Gaza
UN
BOOM OU UN MIRAGE?
Et peut-on déceler un quelconque avancement du côté des
Palestiniens ?...
Réconciliation
palestinienne - Abbas et Mechaal s'entendent
La fracture de Gaza
À la croisée des chemins... encore une fois
Les
Palestiniens
célèbrent
l’unité
La
fin
des
dissensions
palestiniennes
?
Accord
surprise entre le Fatah et le Hamas
Fatah
and
Hamas
agree
to
reconciliation
deal
Abbas
dit oui au Hamas - Le président palestinien est prêt à
retarder le nouveau gouvernement
L'Autorité
palestinienne songe à prolonger le mandat d'Abbas
Mahmoud
Abbas: Partira? Partira pas?
Abbas:
pas de négociations sans un gel de la colonisation
Israël:
Peres appelle Abbas à rester au pouvoir
Abbas
renonce à la présidence de l'Autorité palestinienne
Palestinian 'unity' breakthrough isn't the real deal
Comment Israël peut-il s'indigner d'un rapprochement entre
le Hamas et le Fatah quand il a lui-même démontré qu'il ne
sert à rien d'espérer arriver à quoi que ce soit en tentant
de s'engager avec lui dans un processus de négociation
devant supposément mener à la paix ?...
La
réconciliation
est-
elle
bonne
pour
la
paix?
Et qu'en est-il du Hamas lui-même ?...
« Le deuxième siège » de Gaza
D'autres idées à ajouter ?...
Needed:
revolutionary
diplomacy
to
move
the
geopolitical
yardsticks
Failed
Oslo Accord bears generation of hardened youth
Oslo Accords
Israeli–Palestinian conflict
LIBAN
: SCRUTIN SOUS TENSION - Agnès Gruda
Le Hezbollah en position de force
Le CRTC donne le feu vert à Al-Jazira
La
grippe qatariote: Al-Jazira
Al-Jazira
refait une demande au CRTC
NOUVEAUX
HEURTS ENTRE FATAH ETHAMAS
Ahmadinejad au coeur d’une tempête
diplomatique
La
conférence internationale sur le racisme vouée à
l’échec?
Conflit
de Gaza: Israël responsable de six incidents graves
Le
parapluie
perdu - PATRICK LAGACÉ
Entre
peste et choléra PATRICK LAGACÉ CHRONIQUE
Les
Haredim vont-ils changer le visage d'Israël?
Et en attendant une solution pacifique à ce conflit, sa
militarisation croissante peut-elle vraiment être vue
autrement que comme s'avérant des moins rassurants ?...
Conférence
de suivi du Traité de non-prolifération nucléaire - Les
signataires du TNP veulent faire du Proche-Orient une
«zone dénucléarisée»
Why
Israel
won’t
let
its
locks
be
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Isaël et ses "petites
tendances génocidaires"...
Israel behaves
like Nazis...
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Obama et le lobby juif
Obama's
Irsael shuffle
Oslo Accords
Israeli–Palestinian conflict
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Deux voix controversées pour la paix
Israël
au concours Eurovision
Le jour où elle a appris que le duo qu’elle forme avec la
chanteuse juive Noa allait représenter Israël au concours
Eurovision 2009, Mira Awad était rivée à son écran de
télévision, en train de suivre l’offensive israélienne dans la
bande de Gaza.
PHOTO SERGEI KARPUKHIN,
REUTERS

Noa a la peau et les yeux sombres et est juive. Mira Awad a
la peau claire et les yeux verts et elle est arabe. Mais les
deux Israéliennes chantent pour la même cause.
Cette Arabe israélienne était atterrée en voyant les bombes
tomber sur Gaza. Mais cela ne l’a pas empêchée de joindre sa
voix à celle de Noa pour chanter There Must Be Another Way, la
chanson pacifiste qu’elles présentent à la finale du concours
de chanson européenne qui se tient aujourd’hui à Moscou.
« La peine n’a pas une seule adresse, je pleure pour nous deux
», chanteront les deux artistes sur l’estrade moscovite où
elles portent les couleurs de l’État hébreu.
Noa s ’ appel l e en vér i t é Achinoam Nini. C’est une Juive
israélienne originaire du Yémen. Mira Awad est une Arabe
israélienne chrétienne, originaire de Galilée.
Dénoncer un conflit
Les deux femmes ont uni leurs voix pour dénoncer un conflit en
apparence de plus en plus insoluble, entre deux peuples qui,
pourtant, se ressemblent.
« Mira a la
peau claire et les yeux verts et elle est Arabe, moi, j’ai la
peau et les yeux sombres et je suis une Juive israélienne,
même notre apparence prête à confusion », dit Noa dans une
entrevue diffusée sur YouTube. « Tout est comme ça,
ajoutet-elle en montrant ses doigts entremêlés. Mira et moi,
nous sommes pareilles. »
Mais pareilles ou pas, les deux femmes ont suscité des
réactions, de part et d’autre de la ligne ethnique qui les
sépare.
Pour les Palestiniens, le duo qui représente Israël
aujourd’hui à Moscou n’est qu’un paravent servant à donner une
meilleure image d’Israël.
« Chaque brique dans le mur de cette image truquée permet à
l’armée israélienne de lancer 10 nouvelles tonnes d’explosifs
et de bombes au phosphore », dénoncent l es s i gna t a i r e
s d’une pétition qui demandent à Mira Awad de se retirer du
concours.
Noa se trouve aussi entre deux feux. Ses prestations à
l’étranger attirent dorénavant des manifestants
anti-israéliens. Mais cela ne la rend pas plus présentable
auprès de la droite israélienne, qui la qualifie de «
cinquième colonne au sein de l’État ».
La minorité a rabe représente 20% de la population
israélienne. Pourtant , Israël n’avait encore jamais envoyé de
chanteur arabe au concours Eurovision, où il a déjà été
représenté par un transsexuel, et par un Juif noir.
Les deux chanteuses ne se font pas d’illusions : « Nous savons
que notre duo n’apportera pas la paix » , disent-elles. Mais
elles espèrent que leurs chansons contribueront à encourager
ceux qui croient que la paix est possible.
Relancer les négociations
Le premier ministre israélien est attendu aujourd’hui au
Caire pour discuter du processus de paix, au moment où
Washington tente de ramener Israël et les Palestiniens à la
table des négociations, suspendues depuis un an. Benyamin
Nétanyahou aura des entretiens avec le président Hosni
Moubarak et d’autres responsables égyptiens, selon des sources
égyptiennes. Ce déplacement intervient alors que
l’administration américaine de Barack Obama prépare, selon des
diplomates arabes et occidentaux au Caire, deux lettres de
garanties destinées aux Palestiniens et à Israël qui devraient
servir de base à une relance des négociations suspendues
depuis l’offensive de l’armée israélienne contre la bande de
Gaza à la fin de 2008. Par ailleurs, réagissant à des appels
d’offres lancés hier par le ministère israélien de l’Habitat à
Jérusalem-Est, la Maison-Blanche a indiqué que les États-Unis
«s’opposent à de nouvelles constructions israéliennes» dans la
partie orientale de Jérusalem et rappelé que le statut
permanent de la ville devait être négocié avec les
Palestiniens.
Le négociateur palestinien s’insurge contre le « système
d’apartheid »
RAMALLAH —
Le principal négociateur palestinien, Saëb Erakat, accuse
Israël de « saboter » la reprise des pourparlers de paix,
bloqués depuis des mois, en érigeant un « système
d’apartheid » dans les territoires occupés, dans une
interview à l’AFP.
PHOTO MOHAMAD
TOROKMAN, ARCHIVES REUTERS Cette Palestinienne s’est disputée
le mois dernier avec des soldats israéliens tandis
qu’éclataient des affrontements au poste de contrôle de
Qalandia, près de Ramallah, en Cisjordanie.
« Quarante-trois ans après avoir commencé, l’occupation
israélienne est devenue un régime d’apartheid pire que
celui de l’Afrique du Sud parce que jamais, même à ses
heures les plus sombres, les Noirs n’ont été empêchés de
prendre des routes que les Blancs empruntaient », martèle
M. Erakat, en faisant allusion à certaines voies de
circulation réservées aux colons juifs en Cisjordanie
occupée.
Lors d’un ent ret ien à Ramallah, siège de l’Autorité
palestinienne, M. Erakat a fulminé contre deux nouveaux
ordres de l’armée israélienne, de plus en plus
controversés, qui, selon lui, vont « transformer les
Palestiniens en criminels dans leurs propres foyers ».
Selon l’Autorité palestinienne et les associations de
défense des droits de l’homme, ces décrets, qui visent à
empêcher des « infiltrations » en Israël, pourraient «
vider » la Cisjordanie de ses habitants en autorisant
l’expulsion de ceux qui n’ont pas de « permis ».
Ce que dément le gouvernement israélien de Benyamin
Nétanyahou.
Mais celui
qui est chargé des négociations avec Israël depuis plus de
15 ans ne décolère pas: avec de telles décisions, explique
M. Erakat, M. Nétanyahou est « en train de détruire la
solution de deux États pour deux peuples », palestinien et
israélien, vivant côte à côte.
« La corruption de l’occupation conduit à l’aveuglement
politique, philosophe-t-il, nous sommes témoins de
l’aveuglement pol it ique de M. Nétanyahou.»
« Les colonies ou la paix »
Le premier ministre israélien et sa coalition de droite
avaient le choix: « Les colonies ou la paix. Ils ont
choisi les colonies et les colons », déplore le docteur
Erakat, universitaire de formation.
Le contentieux de la colonisation, en particulier à
Jérusalem-Est annexée depuis 1967, est le principal
obstacle à la relance des pourparlers
israélo-palestiniens, suspendus depuis la dernière guerre
de Gaza (décembre 2008-janvier 2009).
Les États-Unis s’efforcent depuis des mois de remettre le
processus de paix sur les rails – d’abord sous la forme de
discussions indirectes, dites de « proximité », jusqu’à
présent en vain, sur fond de profonde crise diplomatique
entre l’administration Obama et le gouvernement
Nétanyahou.
Une survivante de la Shoah en grève de la faim pour Gaza
Leur but
était de marquer le premier anniversaire de l’offensive
israélienne « Plomb durci » contre le mouvement islamiste
Hamas dans la bande de Gaza.
— Une survivante de la Shoah âgée de 85 ans a entamé hier
une grève de la faim au Caire pour protester contre
l’interdiction par les autorités égyptiennes d’une marche
vers Gaza organisée par des ONG internationales.
Hedy Epstein, âgée de 85 ans, a
cessé de s’alimenter pour protester contre
l’interdiction, par les autorités égyptiennes, de tenir
une marche vers Gaza.
Hedy Epstein, une militante juive américaine, a cessé de
s’alimenter comme d’autres personnes âgées d’un groupe
participant à cette marche et se fa isant appeler les «
grands-mères ».
« Je ne l’ai jamais fait auparavant, je ne sais pas
comment mon corps va réagir », a déclaré Mme Epstein,
installée sur une chaise devant les bureaux des Nations
unies au Caire, au milieu de plusieurs centaines de
militants.
Mme Epstein, née en 1924 dans une famille juive de
Fribourg, dans le sud de l’Allemagne, a perdu toute sa
famille dans les camps de la mort alors qu’elle avait pu
être évacuée en Angleterre en mai 1939. Depuis 1970, elle
parcourt le monde pour raconter son expérience de la
guerre.
Au total, 1400 militants de 43 pays avaient annoncé la
semaine dernière leur intention d’organiser cette marche à
partir de Rafah, ville à cheval sur l’Égypte et la bande
de Gaza. Leur but était de marquer le premier anniversaire
de l’offensive israélienne «Plomb durci» contre le
mouvement islamiste Hamas dans la bande de Gaza.
Mais les autorités égyptiennes leur ont opposé une fin de
non-recevoir, en mettant en avant «la situation sensible
dans ce territoire », prévenant en outre que «toute
tentative de violation de la loi et de l’ordre public »
serait « sanctionnée conformément à la loi».
La police
antiémeute a été déployée hier aux abords du bâtiment de
l’ONU, à qui les organisateurs de cette marche ont demandé
de jouer le rôle de médiateur.
Les participants à ce rassemblement ont déployé un grand
drapeau palestinien alors que d’autres criaient «Liberté
pour Gaza» dans plusieurs langues.
Dimanche, 300 Français participant à cette manifestation
s’étaient rassemblés devant l’ambassade de France au Caire
pour protester contre cette interdiction des autorités
égyptiennes.
« Ils affirmaient qu’ils transportaient de l’aide pour les
Palestiniens de la bande de Gaza, ce qui est un mensonge
», a déclaré le porte-parole de la diplomatie égyptienne,
Hossam Zaki, pour justifier la décision des autorités.
« Ils veulent une publicité médiatique pour faire pression
et embarrasser l’Égypte », a-t-il ajouté, cité par
l’agence égyptienne Mena.
La police égyptienne a également arrêté dimanche 38
militants internationaux à Al-Arish, près de Rafah, qui
s’apprêtaient à rejoindre le point de passage, selon les
organisateurs.
Le nombre de barrages a par ailleurs été augmenté dans le
Sinaï, sur la route menant à Rafah, pour bloquer les
participants à cette marche, a indiqué un responsable des
services de sécurité.
Israël veut employer les grands moyens
Des
responsables des colons furieux ont promis de continuer à
résister à ce moratoire.
JÉRUSALEM— Le gouvernement israélien envisage d’employer
les grands moyens pour faire respecter le gel des
nouvelles constructions dans les implantations juives de
Cisjordanie. L’armée pourrait ainsi avoir recours aux
forces spéciales, à des drones et aux équipements de
brouillage des télécommunications, d’après des
responsables militaires israéliens.
Des responsables des colons furieux ont promis de
continuer à résister à ce moratoire annoncé le mois
dernier par le premier ministre Benyamin Nétanyahou, ce
qui leur a valu une mise en garde du ministre de la
Défense Ehoud Barak.
D’après
une note de l’armée transmise aux médias israéliens et
dont le contenu a été confirmé hier à l’Associated Press,
le plan prévoit le déploiement de drones pour
photographier les constructions illégales. Des périmètres
de protection militaire seraient créés pour tenir à
l’écart les manifestants et les journalistes pendant la
démolition de bâtiments illégaux. Le document précise
aussi que diverses unités de l’armée pourraient être mises
à contribution, dont les forces spéciales, la police
militaire et même les spécialistes des télécommunications
pour brouiller les ondes des portables des colons.
« Tous ce qui est demandé aux colons et leurs chefs, c’est
d’appliquer la décision du gouvernement sur le gel des
nouvelles constructions en Cisjordanie pour cette période
définie et cela empêchera l’usage de la force et les
frictions avec les forces armées », a expliqué Ehoud Barak
lors d’une réunion politique.
Mais les responsables des colons disaient se sentir trahis
par Benyamin Nétanyahou, jusqu’ici leur vieil allié. «
Nous protégerons les maisons avec nos corps s’ils viennent
les détruire », a averti Arieh Eldad, un député de l’Union
nationale, parti ultra-nationaliste, sur la radio
israélienne.
Les Palestiniens demanderaient à l’ONU de
reconnaître leur État
JÉRUSALEM—
Échaudée par des années de négociations infructueuses,
l’Autorité palestinienne envisage maintenant de se tourner
vers l’ONU pour qu’elle reconnaisse unÉtat indépendant qui
serait proclamé unilatéralement par les Palestiniens.
PHOTO MAJDI MOHAMMED, AP
Un petit Palestinien a célébré «
l’indépendance » de son pays, hier, à Naplouse en
Cisjordanie, entre des affiches du président de
l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas. Celui-ci
pourrait s’adresser bientôt à l’ONU, afin qu’elle
reconnaisse un État indépendant palestinien.
« C’est un moment décisif pour nous», a déclaré hier Saeb
Erekat, négociateur en chef de l’Autorité palestinienne.
«Nous avons pris part à ce processus de paix afin de
parvenir à une solution à deux États, a-t-il rappelé. Le
but est de dire aux Israéliens que désormais la communauté
internationale reconnaît une solution à deux États sur les
frontières de 1967.»
Après 18 ans de pourparlers en pointillés avec l’État
hébreu, l’Autorité palestinienne a donc décidé de se
tourner vers le Conseil de sécurité des Nations unies.
Elle souhaite établir un État indépendant qui recouvre la
bande de Gaza, la Cisjordanie et Jérusalem-Est,
territoires conquis par Israël lors de la guerre des Six
Jours en 1967.
Les efforts pour relancer le processus de paix sont
actuellement dans l’impasse. Le premier ministre israélien
Benyamin Nétanyahou exhorte les Palestiniens à revenir à
la table des négociations. Mais le président de l’Autorité
palestinienne Mahmoud Abbas refuse tant que se poursuivent
les constructions dans les colonies juives en Cisjordanie
et à Jérusalem-Est (Israël s’est unilatéralement retiré de
la bande de Gaza en 2005). Les Palestiniens exigent un gel
de la colonisation pour reprendre les pourparlers.
Benyamin Nétanyahou refuse de son côté d’utiliser les
frontières d’avant 1967 comme base d’un accord de paix.
Même si
le Conseil de sécurité de l’ONU adoptait une résolution
reconnaissant un État palestinien, cette indépendance
serait impossible à traduire sur le terrain. Près de 500
000 colons juifs habitent en Cisjordanie et à
Jérusalem-Est, où sont stationnés des milliers de
militaires israéliens. Et même s’il s’est retiré de la
bande de Gaza, où le Hamas s’est emparé du pouvoir en juin
2007, l’État hébreu en contrôle toujours les frontières
terrestres et maritimes.
Les Palestiniens ont déjà proclamé leur indépendance
unilatéralement. Il s’agissait d’une déclaration purement
symbolique, faite le 15 novembre 1988 par Yasser Arafat à
Alger. Des dizaines de pays avaient alors reconnu la
Palestine, ce qui ne s’était pas du tout traduit
concrètement sur le terrain.
Saeb Erekat n’a pas précisé quand les Palestiniens
comptaient en appeler au Conseil de sécurité de l’ONU. Ses
propos ne sont peut-être donc destinés qu’à faire pression
sur l’État hébreu.
Le ministre israélien de la Défense Ehoud Barak pense que
si les pourparlers ne reprennent pas rapidement, la
communauté internationale risque de se ranger derrière les
Palestiniens. « Sans un accord, il est possible
qu’augmente le soutien à une déclaration unilatérale
d’indépendance palestinienne », s’est-il inquiété hier
devant le cabinet israélien.
Nimr Hamad, un conseiller de Mahmoud Abbas, a affirmé de
son côté que les Palestiniens n’avaient «pas l’intention
de se précipiter» devant le Conseil de sécurité de l’ONU.
«Nous allons bien préparer cela, en ayant des discussions
politiques et diplomatiques. Nous voulons que le Conseil
de sécurité n’en débatte qu’une fois que nous aurons reçu
des garanties », a confié Nimr Hamad au quotidien
israélien Maariv. «Ce n’est pas la peine de se précipiter
pour se heurter à un veto américain.»
« Les États-Unis auraient pu faire plus »
En
novembre dernier, Israël avait annoncé le gel de la
colonisation en Cisjordanie. Pourtant, depuis cette
décision, la construction de centaines de logements bat
son plein dans les colonies israéliennes. Dernière annonce
en date: celle de 1600 nouveaux logements à Jérusalem-Est.
Ce qui n’a pas manqué de jeter un froid à l’occasion de la
visite du vice-président américain Joe Biden, cette
semaine, en Israël. Le point sur la question.
PHOTO
BERNAT
ARMANGUE, ASSOCIATED PRESS Des manifestants de gauche ont
protesté, hier, dans le quartier de Sheikh Jarrah, à
Jérusalem-Est, en soutien aux familles palestiniennes
évincées de leurs maisons par le gouvernement israélien.
QMardi, l’État hébreu a permis la construction de 1600
nouveaux logements à JérusalemEst. Jeudi, le quotidien
Haaretz a révélé que jusqu’à 50 000 logements pourraient y
être construits dans les prochaines années pour des colons
juifs. Pourquoi ces logements ne sont-ils pas visés par le
gel annoncé en novembre? R Le 26 novembre 2009, le
gouvernement israélien a interdit pour une période de 10
mois les nouvel les constructions dans les colonies juives
en Cisjordanie. Ce gel est toutefois assorti d’une
panoplie d’exceptions, dont le territoire de
Jérusalem-Est, considéré comme la capitale d’un futur État
palestinien et dont l’annexion à Israël n’est pas reconnue
par la communauté internationale. «Mais la plupart des
membres du gouvernement, à l’exception des travaillistes,
croient qu’ils doivent garder plein contrôle sur
Jérusalem-Est. La position du gouvernement est qu’il ne
redonnera pas Jérusalem-Est aux Palestiniens», dit le
professeur Rex Brynen, du département de sciences
politiques de l’Université McGill.
Q Pou rquoi annoncer la construction de ces logements, en
sachant que les ÉtatsUnis la désapprouveront, juste au
moment de la visite du vice-président Joe Biden?
R Il y a
deux ou trois hypothèses pour l’expliquer, croit Rex
Brynen. « Le gel de la construction dans les colonies
n’est pas terriblement populaire dans le cabinet israélien
», note-t-il. D’autre part, selon M. Brynen, la faute
revient peut-être tout simplement au processus
bureaucratique d’autorisation qui a abouti cette semaine
pour ce projet. Jeudi, le premier ministre Benyamin
Nétanyahou a exprimé « ses regrets pour le moment
malheureux » de l’annonce israélienne, invoquant une
erreur de calendrier. Q Qu’en est-il de la crédibilité des
États-Unis pour encourager le processus de paix?
R «D’abord, les Américains ont dit qu’ils s’opposaient à
toutes les colonies dans les Territoires occupés, rappelle
M. Brynen. Ensuite, ils ont accepté un compromis où Israël
allait arrêter, d’une certaine façon, la colonisation en
Cisjordanie, mais pas à Jérusalem-Est, où c’est le plus
important. Puis, Joe Biden a été personnellement humilié
par cette annonce de colonisation à Jérusalem-Est alors
qu’il y était présent.» La crédibilité de l’administration
Obama aux yeux des Palestiniens et du monde arabe en
souffrira, croit M. Brynen. «Si la superpuissance
américaine n’arrive même pas à arrêter les Israéliens dans
leur colonisation illégale, quelle sorte de superpuissance
est-ce? C’est ce qu’on peut s’attendre à entendre du côté
palestinien.»
Q En réaction à l’annonce de la construction, Joe Biden a
manifesté son mécontentement, notamment en se présentant
1h30 en retard au dîner d’État convoqué en son honneur.
Les États-Unis ont-ils été assez fermes?
R « Non. Les États-Unis auraient pu faire tellement plus,
comme de qualifier ces colonies "d’illégales" au lieu de
simplement parler d’un "problème" ou d’un "obstacle", dit
Rex Brynen. J’ai remarqué que dans la déclaration
canadienne, le ministre Lawrence Cannon critique la
décision israélienne, en utilisant le mot "obstacle"
plutôt que de parler de colonies "illégales". C’est une
formulation très adoucie, comparativement aux positions
prises dans le passé qui les ont qualifiées "d’illégales".
»
Q Comment ont réagi les Palestiniens ? R Jeudi, le
président palestinien Mahmoud Abbas a annoncé ne pas
vouloir renouer le dialogue avec Israël sans un gel
complet de la colonisation à Jérusalem-Est et en
Cisjordanie occupée. La Ligue arabe a ajouté que sa «
position est claire: il ne peut pas y avoir des
négociations directes ou indirectes si les récentes
décisions israéliennes (concernant la colonisation) ne
sont pas annulées ».
La « Louise Arbour » du Pakistan - AGNÈS
GRUDA
La juriste pakistanaise Hina Jilani défend le rapport sur la
guerre de Gaza
Elle est
toute petite, sourit peu, parle vite, souvent sans
attendre que vous ayez fini de lui poser votre question.
Et elle ne s’empêtre pas dans des fioritures. Ses constats
sont clairs et tranchants.
PHOTO ANDRÉ PICHETTE, LA
PRESSE
L’avocate Hina Jilani est l’une
des quatre membres de la commission d’enquête sur la
guerre de Gaza dirigée par le juge sud-africain Richard
Goldstone. La juriste de 56 ans était de passage à
Montréal cette semaine.
Hina Jilani, c’est un peu la Louise Arbour du Pakistan.
Avocate, elle a fondé le premier cabinet juridique féminin
de son pays. Parallèlement à son engagement pour les
droits des Pakistanaises, elle a travaillé dans des
instances internationales spécialisées dans la défense des
droits et a occupé des postes importants à l’ONU.
Mais c’est sa toute dernière mission internationale qui a
amené Hina Jilani à Montréal, cette semaine. La juriste de
56 ans est l’un des quatre membres de la commission
d’enquête sur la guerre de Gaza. Dirigée par le juge
sud-africain Richard Goldstone, la commission a publié en
septembre un rapport qui blâme Israël et le Hamas pour les
crimes de guerre qu’ils auraient commis au cours de ce
conflit. Et leur demande de tenir des enquêtes
indépendantes sur leur conduite de la guerre, à défaut de
quoi ils pourraient être traduits devant la justice
internationale.
Mal reçu par le Hamas, le rapport a soulevé la fureur d’
Israël. Le gouvernement américain l’a rejeté, et a poussé
le leader palestinien Mahmoud Abbas à faire pareil.
Celui-ci a cédé sous la pression, avant de revenir sur sa
décision, sans quoi il aurait défoncé des plafonds
d’impopularité dans les territoires palestiniens.
Réaction « hystérique »
Début
novembre, l’Assemblée générale de l’ONU a accepté le
rapport Goldstone par un vote de 114 contre 18. Dans le
camp du « non » : les États-Unis, Israël, mais aussi
l’Allemagne, l’Italie et le Canada.
Le rapport Goldstone continue donc à faire des vagues. Et
Hina Jilani est venue le défendre cette semaine à
l’université McGill. « Nous nous attendions à un certain
niveau de critique, mais la réaction d’Israël a été
carrément hystérique », a-t-elle dit lors de notre
rencontre, mercredi.
Ce qui l’agace surtout, c’est qu’une partie importante des
critiques découle, selon elle, de l’attitude même de
l’État hébreu. Non seulement celuici avait refusé de
collaborer avec le juge Goldstone, mais en plus, il a
interdit aux enquêteurs d’entrer sur le territoire
israélien.
Pour entendre des Israéliens raconter leur vie sous la
menace des roquettes palestiniennes, la Commission
Goldstone a dû les faire venir à Genève. « J’aurais aimé
visiter les sites dans le sud d’Israël, voir l’étendue des
dommages et mesurer l’impact psychologique du conflit »,
affirme Hina Jilani. «Nous ne voulions pas laisser les
victimes israéliennes sans voix », assure l’avocate, selon
qui cette politique de la porte fermée explique l’apparent
déséquilibre du rapport de 574 pages, dont seule une
portion congrue décrit les exactions du Hamas.
Que fera l’ONU?
Mais ce n’est pas la seule raison de cet apparent
déséquilibre,
Le blocus en trois questions - Katia Gagnon
Q
Pourquoi Israël impose-t-il un blocus à Gaza?
R Israël impose un blocus au 1,5 million d’habitants de
la bande de Gaza depuis juin 2007, moment où le Hamas a
pris le contrôle politique du territoire palestinien.
L’État israélien, qui considère le Hamas comme un groupe
terroriste, affirme que le blocus vise à affaiblir ce
mouvement et à faire cesser les attaques à la roquette
sur son territoire ainsi que la contrebande d’armes.
L’ONU, quant à elle, a qualifié le blocus de Gaza de «
punition collective » et de « siège médiéval ». Q
Comment se traduit concrètement ce blocus?
R Les
habitants de Gaza reçoivent environ le quart des
importations qu’ils recevaient avant l’établissement du
blocus. Seuls certains produits alimentaires sont
autorisés. Israël achemine 100 camions par jour de
matériel humanitaire, soit 15 000 tonnes par semaine.
Mais c’est loin d’être suffisant : selon les chiffres de
l’ONU, les deux tiers des Gazaouis vivent dans
l’insécurité alimentaire. L’agence de l’ONU qui s’occupe
des territoires palestiniens distribue de la nourriture
à la moitié de la population. L’approvisionnement en eau
est également affecté par le blocus, à cause de manque
de pièces de rechange pour les pompes et les tuyaux,
ainsi que du courant intermittent. Les Gazaouis
obtiennent seulement la moitié de l’eau dont ils ont
besoin annuellement et 80% de cette eau ne satisfait pas
aux critères de salubrité de l’Organisation mondiale de
la santé. Q Quel est l’impact concret du blocus ?
R Les écoles manquent cruellement de matériel scolaire
de base, et les hôpitaux, de médicaments. Plus de 10 000
patients ont dû être évacués pour être soignés en
Israël, mais les autorités israéliennes ont refusé
l’entrée à 20% d’entre eux. Comme la plupart
desmatériaux de construction et l’essence sont interdits
d’entrée, la reconstruction des édifices de Gaza,
lourdement endommagés lors de l’opération Plomb durci de
2008, est virtuellement impossible. Les deux tiers des
industries de la bande de Gaza ont fermé leurs portes.
Le taux de chômage oscille entre 30 et 40%. Les trois
quarts des habitants de Gaza vivent avec moins d’un
dollar par jour. Un système de tunnels a été mis au
point entre la bande de Gaza et l’Égypte, qui favorise
la contrebande de biens de consommation courants. L’ONU
estime que 80% des importations de Gaza arrivent par ces
tunnels.
Israël accusé de priver les Palestiniens
d’eau
JÉRUSALEM
— Amnistie internationale a accusé, hier, Israël de priver
les Palestiniens d’eau tout en la issa nt les colons
israéliens de Cisjordanie profiter de quantités « presque
illimitées ».
PHOTO SAID KHATIB, AFP
L’approvisionnement en eau potable
est une source de tracas pour les Palestiniens de
Cisjordanie et de Gaza.
I sraël l i mite sévèrement l’accès à l’eau dans les terr
i t oi r e s pa l e s t i n i e ns « e n maintenant un
contrôle total sur des ressources communes et en
poursuivant des politiques discriminatoires », déplore l
’o r ga nisation de défense des droits humains dans un
rapport.
« Israël ne laisse les Palestiniens accéder qu’à une
fraction des ressources communes en eau, qui se situent
surtout en Cisjordanie occupée, alors que les colonies
israéliennes illégales reçoivent des quantités
pratiquement illimitées », écrit Amnistie.
Les Israéliens consomment quatre fois plus d’eau que les
Palestiniens, selon le rapport. Cette « inégalité » est
encore plus criante dans certaines régions de Cisjordanie,
où des colonies utilisent 20 fois plus d’eau par tête
d’habitant que les Palestiniens des localités voisines qui
survivent avec 20 litres par jour.
« Piscines, pelouses bien arrosées et vastes exploitations
agricoles irriguées dans les colonies contrastent avec les
villages palestiniens voisins dont les habitants doivent
se battre quotidiennement pour assurer leurs besoins en
eau », poursuit le rapport.
Selon le
ministère israélien des Affaires étrangères, Israël
partage équitablement les ressources en eau avec les
Palestiniens, qui ont droit à 23,6 millions de m3 par an,
selon un accord bilatéral, et qui « dans les faits
bénéficient de deux fois plus ».
« Israël a rempli toutes ses obligations », a réagi le
ministère dans un communiqué. En revanche, les
Palestiniens « ont franchement violé leurs engagements »
en c reusant plus de 250 puits sans autorisation et en ne
construisant pas d’usines de traitement des eaux usées.
Selon Amnistie, en revanche, les Palestiniens ne sont pas
autorisés à creuser de nouveaux puits ou à restaurer les
anciens sans permis des autorités israéliennes. En outre,
de nombreuses routes sont fermées à la circulation, ce qui
contraint les camions-citernes à faire des détours pour
ravitailler les villages qui ne sont pas reliés au réseau
de distribution d’eau.
Amnistie internationale évalue à quelque 180 000 à 200 000
le nombre des Palestiniens qui n’ont pas accès à l’eau
courante en Cisjordanie.
Dans la bande de Gaza, l’offensive israélienne de l’hiver
dernier a endommagé les réservoirs d’eau, les puits, les
égouts et les stations de pompage, des dégâts qui
s’ajoutent à l’impact du blocus israélien et égyptien du
territoire.
ONU: Le rapport Goldstone approuvé
GENÈVE —
Le Conseil des droits de l’homme de l’ONU a adopté hier
une résolution lancée par les Palestiniens qui approuve le
rapport Goldstone dénonça nt des c r i mes de guerre lors
du conflit à Gaza l ’ hiver dernier, et renvoie de facto
le dossier au Conseil de sécurité à New York.
L’adoption, votée à une faible majorité des 47 membres du
Conseil des droits de l’homme, a provoqué un tollé du côté
d’Israël, tandis que l’Autorité palestinienne et le Hamas
n’ont pas caché leur satisfaction.
Cette résolution « entrave les efforts pour promouvoir la
paix au Proche-Orient », a averti le ministère israélien
des Affaires étrangères, dénonçant « un encouragement pour
les organisations terroristes dans le monde entier ».
De son
côté, l’Autorité palestinienne à l’origine du texte s’est
félicitée du vote obtenu grâce au soutien du groupe arabe,
de l’Organisation de la conférence islamique (OCI), des
non-alignés et des pays africains, majoritaires au Conseil
des droits de l’homme.
Q u a n t a u mouve me n t i sla miste Hamas, r iva l de
l’Autorité palestinienne et qui contrôle la bande de Gaza,
il a espéré « que ce vote conduira à un procès des chefs
de l’occupation (israélienne) ».
À l ’ i ssue de deux j ours mouvementés, la résolution
palestinienne a été adoptée hier par 25 voix contre 6
votes négatifs (dont les États-Unis) et 11 abstentions.
Cinq États, dont la France et le RoyaumeUni, ont refusé de
participer.
L’ONU réclame des enquêtes
NEW YORK —
Israël et le s Pa lestiniens ont été pressés de toutes
parts, hier à l’ON U, d’enquêter su r les graves
allégations de crimes durant le conflit de l’hiver dernier
à Gaza, suivant la recommandation d’un rapp o r t c o n t
r ove r s é s u r c e s affrontements.
Lors d’un débat mensuel au Conseil de sécurité sur le
Proche-Orient, qui a été utilisé par les pays arabes pour
braquer le projec teu r su r l’affaire de Gaza, l’ON U et
les représentants des principaux États membres, y compris
les États-Unis, ont tous appuyé cette demande.
Le chef de l’ONU, Ban Kimoon, a appelé « toutes les
parties à mener à l’interne, sans tarder, des enquêtes
crédibles sur la manière dont le conflit a été conduit ».
Position soutenue par les États-Unis, la France et la
Grande-Bretagne.
L’ambassadeur américain adjoint, Alejandro Wolff, a
réitéré les « sérieuses réserves » de Washington
concernant le rapport, notamment « son accent exagérément
mis sur Israël ». Mais il a a f f i r mé q ue Wa sh i n g
to n « prenait au sérieux les allégations contenues da ns
le rapport ».
L’o u ve
r t u r e d e telles enquêtes est une des recommandations
du rapport de la commission d’enquête dirigée par le juge
sud-africain Richard Goldstone.
L e rappor t acc use l ’a r - mée israélienne, ainsi que
les milita nts pa lestiniens, d’avoir commis « des crimes
de guerre » et « de possibles crimes contre l’humanité »
du ra nt l ’o f f e n s i ve israélienne à Gaza.
La commission Goldstone avait été chargée d’enquêter su r
la guerre de Ga za par le Conseil des droits de l’homme de
l’ON U, organe jugé suspect pa r I sraël et Washington pou
r sa tendance à consacrer plus de temps à Israël qu’à
d’autres pays.
Jugea nt le ma ndat de la com mission « biaisé » à son
encontre, l’État hébreu n’avait pas coopéré à l’enquête,
pas plus que le mouvement palestinien Hamas, qui contrôle
Gaza.
Accusé, Israël tire sur le messager - Agnès
Gruda
Le Conseil
des droits de l’homme de l’ONU étudie depuis hier le
rapport Goldstone sur l’offensive militaire israélienne
dans la bande de Gaza. La brique de 575 pages recommande
de traduire en justice les responsables des crimes de
guerre commis à cette oc
«Len plus des trois semaines d’affrontement. Résultat :
les « péchés » d’Israël y occupent une place prépondérante
et donnent l’impression que les quelques pages consacrées
aux roquettes palestiniennes ne sont là que pour faire
bonne figure.
PHOTO MOHAMMED ABED, AFP
Des civils et des ambulanciers
palestiniens courent se mettre à l’abri pendant un
bombardement israélien, lors de l’offensive dans la
bande de Gaza, en janvier dernier.
Le rapport occulte aussi le Certains des incidents cités
rôle des dirigeants du Hamas par le rapport Goldstone sont
Le Hamas a rejeté ce rapdans les tirs contre Israël,
d’autant plus crédibles qu’ils port. Furieux lui aussi,
Israël attribués aux seuls « groupes sont conformes à la
politique a lancé une offensive diploarmés » palestiniens,
comme d’Israël à l’égard du Hamas matique pour discréditer
les si ces groupes n’entretenaient depuis sa victoire aux
législaconclusions du juge Goldstone, aucun lien avec les
patrons de tives de 2006. qu’il accuse d’avoir produit un
Gaza. Cette politique peut se résudocument déséquilibré en
Mais ce n’est pas une raison mer ainsi: plus on étrangle
faveur des Palestiniens. pour rejeter la conclusion de
Gaza sur le plan économique,
Ces derniers jours, Human fond du rapport, qui docuplus
ses habitants voudront se Rights Watch et Amnistie mente
plusieurs cas où l’armée débarrasser du Hamas, qu’ils a
culture de l’iminternationale ont appelé israélienne a
délibérément tiendront pour responsable de punité » a trop
duré la communauté internatiodétruit l’infrastructure
éconoleurs souffrances. au Proche-Orient, a nale à
approuver les conclumique de Gaza, en bombarEn réalité,
cette politique dénoncé hier le juge Richard sions du
rapport. Mais hier, dant un poulailler, un moulin renforce
l’emprise du Hamas Goldstone en présentant son le
représentant américain à farine ou des installations sur
cette population privée de rapport sur latout.guerre de
Gaza Michael Posner l’a plutôt jugé d’égout. Et qui
détaille pludevant le Conseil des droits « disproportionné
». sieurs attaques démesurées Sur le plan militaire, cela
de l’homme de l’ONU. Ce document prête effeccontre des
zones civiles où conduit à une stratégie qui
Ce rapport conclut que l’artivement flanc à la critique.
l’argument de tirs défensifs ne a été énoncée peu de temps
mée israélienne a commis des Mais pas assez pour rejeter
tient pas la route. avant l’offensive contre Gaza crimes
de guerre, et vraisemson principal constat: dans ce Et à
supposer même que ces par le commandant israélien
blablement des crimes contre conflit, les deux parties ont
attaques aient pu être justifiées Gadi Eisenkot.
l’humanité, lors de son offendélibérément infligé des
soufpar des raisons militaires, le Cela s’appelle « la
doctrine sive dans la bande de Gaza, il frances inutiles à
des populajuge Goldstone et ses collabode Dahiya », du nom
d’un y a neuf mois. Il blâme aussi tions civiles. rateurs
n’ont pas eu l’occasion quartier de Beyrouth contrôlé les
groupes armés palestiniens de le vérifier : Israël leur a
par le Hezbollah et lourdepour leurs attaques contre
refusé toute collaboration. ment bombardé à l’été 2006.
les civils israéliens, qualiSe s enquêteu r s n’on t Et
cela consiste à viser des fiées elles aussi de crimes d’a
i l leur s même pas pu civils en signe de représailles de
guerre. Et il fait porter au entrer en Israël – ils ont dû
– ce qui constitue précisément Hamas la responsabilité des
se rendre en Suisse (!) pour un crime de guerre, affirme
le guerres interpalestiniennes. recueillir les témoignages
juge Goldstone.
Visées larges
Le juge
Goldstone a pris le parti de viser très large. Il décrit
en détail l’impact de l’occupation israélienne dans les
territoires palestiniens des Israéliens victimes des
roquet tes palest iniennes. Comme quoi Israël, qui
reproche au juge Goldstone de l’avoir condamné à l’avance,
nourrissait lui aussi quelques préjugés…
Incidents crédibles
Le juge Goldstone met trop l’accent sur les crimes de
l’armée israélienne et ne blâme pas assez le Hamas? « Ce
n’est pas une coïncidence ; la majorité des morts et de la
destruction ont eu lieu du côté palestinien », rétorque
Daniel Levy, ancien conseiller de l’ex-premier ministre
israélien Éhoud Barak…
Dans un article publié dans The Guardian, Daniel Levy
suggère à l’État hébreu de saisir l’occasion pour mettre
au rancart la « doctrine de Dahiya » et cesser d’infliger
aux Palestiniens des punitions collectives.
Pour l’instant, Israël se sert plutôt des défaillances du
rapport Goldstone pour le torpiller conformément à une
stratégie vieille comme le monde, qui consiste à tirer sur
le messager.
Étudier les effets de l’exil sur les
Palestiniennes - Mathieu Perrault
Une
travailleuse sociale québécoise au Liban pour deux ans
Un territoire d’un kilomètre carré où s’entassent 20
000 personnes. De l’eau courante saumâtre qui cause
des problèmes de peau. Des rues parfois si étroites
qu’on doit se mettre les épaules parallèles aux murs
pour passer... Les réfugiés palestiniens du camp de
Bourj el-Barajneh, au Liban, vivent dans des
conditions inhumaines depuis plus de 60 ans.
C’est là que vivra aussi, pour deux ans, Roxane Caron.
La travailleuse sociale de 35 ans, qui est partie pour
le Liban la semaine dernière, y fera le « terrain » de
sa thèse de doctorat sur les femmes palestiniennes.
Ce n’est pas la première fois qu’elle y séjourne. En
2006, juste avant la guerre du Liban, elle avait
habité six mois à Bourj el-Barajneh, qui est situé
près de l’aéroport de Beyrouth.
« P ou r ma maît r ise, en 2006, j’avais étudié les
stratégies de résistance des femmes du camp »,
explique la travailleuse sociale, rencontrée avant son
départ dans un café voisin de l’Université de
Montréal.
« Cette fois, je vais me pencher sur l’exil. En 2006,
les femmes que je connaissais me montraient souvent la
clé de leur maison ancestrale, en Israël, et se
demandaient si un jour elles allaient y retourner. Je
veux comprendre quel est l’impact sur l’identité
personnelle de 60 ans d’exil. »
Des réfugiés plus égaux que d’autres
Au
passage, Mme Caron a constaté que la vie des réfugiés
varie énormément d’un pays à l’autre. « Je suis allée
dans un camp en Syrie et c’était le jour et la nuit.
C’était presque comme une ville normale, on pouvait
circuler dans les rues en voiture. À Bourj
el-Barajneh, ce n’est pas possible. Parfois, il faut
emprunter des ruelles si étroites qu’on y passe que de
côté. La nuit, il n’y a pas d’éclairage, on ne voit
rien. »
De plus, les réfugiés palestiniens au Liban vivent
dans un « ghetto ». « Il y a certains emplois, comme
médecin ou ingénieur, qui leur sont interdits, dit Mme
Caron. Ils ne peuvent pas être propriétaires de leur
maison. S’ils arrivent à amasser assez d’argent pour
voyager à l’extérieur du pays, pour visiter des
parents qui vivent ailleurs, il n’est pas certain
qu’ils puissent revenir au Liban. Les femmes que j’ai
côtoyées se demandent sans cesse quelle vie attend
leurs enfants dans ces conditions. »
Les femmes et la politique
Quelle place a la politique dans la vie quotidienne
des femmes ? Le Hezbollah a-t-il une présence sociale
importante ?
« La plupart disent : "Moi, je ne m’en mêle pas ." Je
n’ai jamais entendu parler qu’elles se rendaient dans
des cliniques médicales ou des centres de distribution
du Hezbollah. Elles survivent grâce à l’entraide et
plusieurs font aussi appel aux services des ONG
internationales, à l’agence de l’ON U qui s’occupe des
ré f ugiés pa le st i n iens , au Croissant-Rouge
palestinien. »
Qu’est-ce qui l’a incitée à consacrer autant de temps
et d ’énerg ie au x femmes palestiniennes ?
« J’ai toujours été intéressée par les gens qui ne
sont pas entendus, qui n’ont pas de voix publique.
J’ai travaillé six ans à Québec en toxicomanie et en
psychiatrie, d’autres milieux sans voix. Mais l’appel
de l’international était trop fort. Plus jeune, je
rêvais d’être médecin pour Médecins sans frontières.
En 2002, j’ai passé un an au Kazakhstan avec une ONG
britannique. J’ai eu la piqûre. »
VENDRE LE MUR
- AGNÈS GRUDA
L’idée a
surgi il y a deux ans, dans un atelier organisé par une
petite ONG d’artistes et de communicateurs néerlandais
établie dans les territoires palestiniens. Et si on
vendait des bouts du mur de Cisjordanie à tous ceux qui
souhaitent y inscrire quelques mots?
PHOTO FOURNIE PAR FARIS
AROURI
Yousef Nijin inscrit un message
sur un pan du mur de Cisjordanie.
« Nous cherchions à sensibiliser à la cause palestinienne
des gens qui, normalement, ne s’y intéressent pas »,
explique Faris Arouri, qui participait aux ateliers de
Palo Dutch, au printemps 2007, quand l’initiative a été
évoquée pour la première fois.
Faris Arouri coordonne une autre ONG, palestinienne
celle-là: le Forum des jeunes pour la paix et la liberté.
Les deux organisations ont passé quelques mois à dessiner
le cadre de leur projet. Est-ce qu’on accepte de tout
inscrire ou pas? Quelles sont les limites? Sur quel bout
de mur? À quel prix?
Fina l ement, l e projet Sendamessage a vu le jour. En
gros, ça marche comme suit. Où que vous soyez sur la
planète, vous pouvez commander par Internet l’inscription
que vous souhaitez voir apparaître sur un pan du mur dans
un quartier de Jérusalem-Est.
Tout est permis, dans la langue de votre choix, sauf les
inscriptions racistes, violentes ou pornographiques. Tout
ça pour la somme de 30€ (une cinquantaine de dollars).
C’est cher, reconnaît Faris Arouri. « Mais autrement, on
aurait été débordés de demandes. »
En 18
mois, plus de 1200 messages ont été inscrits sur le mur.
En français, en italien, en allemand, en polonais ou en
suédois, des gens utilisent le mur pour y placarder des
messages politiques, mais aussi des voeux d’anniversaire,
des notices nécrologiques et même des demandes en mariage.
Le mur accueille aussi des citations, des extraits de
poèmes et même, sur demande spéciale, des dessins. Ça va
du petit coeur au petit lapin, en passant par de
véritables murales.
« Nous acceptons même des messages commerciaux, mais nous
vérifions s’il s’agit d’une entreprise conforme à nos
valeurs », explique Faris Arouri.
Les artistes se déplacent généralement par groupes de deux
ou trois. I l faut quelqu’un pour faire l’inscription sur
le béton. Et une autre personne pour prendre les trois
photos qui seront envoyées au client comme preuve.
Est-ce dangereux ? Les tagueurs ne prennent pas de risque
: ils inscrivent leurs graffitis du côté palestinien du
mur. La barrière n’est pas reconnue par l’Autorité
palestinienne. Celle-ci ne peut pas interdire de
s’exprimer sur une surface qui n’a aucune existence
légale… Faris Arouri appelle ça profiter d’une faille dans
la loi.
Et les prof its ? I ls sont destinés à de petites ONG
palesti n iennes . Un pet it centre culturel attenant à
l’Université Birzeit, près de Ramallah, a été le premier à
en profiter.
Mur de Cisjordanie : SÉCURITÉ OU POLITIQUE ?
- AGNÈS GRUDA
Shaul
Arieli suit la barrière de protection depuis ses tout
premiers barbelés. Ce colonel israélien à la retraite
travaillait pour l’ex-premier ministre Yitzhak Rabin à
l’époque où celui-ci a évoqué pour la première fois l’idée
d’une barrière pour protéger Israël contre les attentats
du Hamas.
Quand les bulldozers ont commencé à remuer la terre pour y
planter les premiers pans du mur, l’ancien militaire s’est
joint au Conseil pour la paix et la sécurité, une ONG
israélienne qui regroupe d’ex-officiers de Tsahal.
Et qui n’en finit plus de se battre contre le mur.
Crâne lisse, carrure athlétique, Shaul Arieli a signé un
livre intitulé La folie du mur. Et il affirme sur toutes
les tribunes que, à moyen terme, la barrière met en péril
la sécurité de l’État hébreu.
Paradoxal? Pas du tout, rétorque-t-il. Car Shaul Arieli
n’a rien contre l’idée d’entourer son pays d’une clôture
insurmontable. Si les attentats contre les civils ont
baissé de 95%, c’est d’ailleurs en bonne partie grâce au
mur, reconnaît-il. Mais le hic, c’est que, en s’éloignant
de la frontière reconnue d’Israël, le mur crée de
nouvelles menaces.
Que
cherche au juste le gouvernement israélien quand il pousse
la ligne du mur à 10 ou 20 km à l’intérieur de la
Cisjordanie? « Sous prétexte de sécurité, il veut
s’approprier le plus de territoire possible pour définir
la frontière définitive et maximale d’Israël. »
Cette stratégie risque de faire boomerang, avertit Shaul
Arieli. Il craint que, à force de gruger la Cisjordanie,
il n’y reste plus assez de territoire pour créer un État
palestinien viable. Ce scénario mène fatalement vers
l’avènement d’un seul État binational – où les Juifs
seraient rapidement minoritaires.
Les tribunaux ont forcé à plusieurs reprises le
gouvernement à revoir le tracé du mur. Les premiers plans
annexaient 20% de la Cisjordanie à Israël. Le nouveau
tracé, toujours inachevé, ne s’approprierait plus que 9%
de terres palestiniennes.
Devant les décisions des juges, et aussi à cause des coûts
– la barrière a déjà englouti plus de deux milliards et
demi de dollars – Israël a suspendu la construction du
mur, il y a deux ans.
Selon Shaul Arieli, le gouvernement se trouve dans un
cul-de-sac. « S’il continue à construire selon ses plans,
les tribunaux l’obligeront à refaire le tracé. Mais s’il
change les plans, le gouvernement aura les colons et
l’extrême droite sur le dos. »
Ainsi donc, le mur fonce… vers un mur.
CISJORDANIE— LE MUR SANS FRONTIÈRE - AGNÈS
GRUDA
« Nous avons mille bonnes raisons de construire la
barrière de sécurité », clament les Israéliens en faisant
référence au millier de victimes des attentats terroristes de
la deuxième Intifada, au début des années 2000. Mais pour les
Palestiniens, cette barrière érigée depuis 2002 n’est rien
d’autre qu’un « mur de la honte ». Au lieu de suivre la
frontière reconnue d’Israël, le mur serpente dans les collines
de Cisjordanie. À plusieurs reprises, les tribunaux ont forcé
Israël à revoir le tracé de la barrière. Selon ses critiques,
le mur poursuit un objectif politique: établir unilatéralement
la future frontière d’Israël.
Offensive israélienne contre la bande de Gaza
: Rapport accablant de l'ONU pour Israël
NEW YORK —
Israël et les Palestiniens se sont rendus coupables
l’hiver dernier à Gaza de crimes de guerre et peut-être
même de crimes contre l’humanité, a affirmé hier une
mission d’enquête de l’ONU, dans un rapport accablant pour
l’État hébreu que celui-ci a aussitôt rejeté.
C et te m ission , c ha rgée d’enquêter sur les possibles
violations commises lors de l’offensive israélienne contre
la ba nde de G a za , du 27 décembre 2008 au 18 janvier 20
0 9, souligne qu’aucu ne preuve ne permet de confirmer les
accusations d’Israël selon lesquelles les combatta nts
palestiniens avaient utilisé les civils comme boucliers
humains.
« Des actes assimilables à des crimes de guerre et
peutêtre, dans certaines circonstances, à des crimes
contre l’humanité ont été commis par les forces armées
israéliennes », a déclaré le président de la mission, le
juge sud-africain Richard Goldstone, lors d’une conférence
de presse à New York, où il a présenté le rapport.
Israël a
« fait un usage disproportionné de la force » et « violé
le droit humanitaire international », dit un résumé du
rapport. L’offensive d’Israël répondait aux tirs de
roquettes palestiniens contre son territoire, également
assimilés par les autieurs du rapport à des « crimes de
guerre » et « peutêtre contre l’humanité », car dirigés
sur des zones dépourvues d’objectifs militaires.
« Quand il n’y a pas de cibles militaires claires et que
des roquettes et obus de mortier sont lancés sur des zones
civiles, cela revient à une attaque délibérée contre la
population et constitue des crimes de guerre et peut-être
contre l’humanité », affirme le document qui ne cite pas
le Hamas et dont seuls quatre paragraphes sont consacrés
aux agissements des combattants palestiniens.
Principale cible des critiques, Israël a rejeté le rapport
comme « partial », soulignant avoir refusé de coopérer
avec une mission dont le mandat même a, selon le ministère
israélien des Affaires étrangères, « préjugé du résultat
de l’enquête et donné une légitimité à l’organisation
terroriste du Hamas».
« Nous resterons ici »
Israël
gardera toujours un bloc de colonies en Cisjordanie, foi
de Nétanyahou
JÉRUSALEM — Le premier ministre israélien Benyamin
Nétanyahou a proclamé hier que le bloc de colonies du
Goush Etzion, établi près de Bethléem (Cisjordanie) dès
1967, ferait «pour toujours» partie d’Israël.
PHOTO
KOBI GIDEON, AFP Le premier ministre israélien
Benyamin Nétanyahou lors d’une cérémonie de plantation
d’arbres dans le bloc de colonies du Goush Etzion, en
Cisjordanie.
« Notre message est clair : en plantant un arbre ici, nous
signifions que nous resterons ici, que nous construirons
ici et que ce lieu sera pour toujours une partie
inséparable de l’État d’Israël », a déclaré M. Nétanyahou
lors d’une cérémonie publique de plantation d’arbres dans
ce bloc de colonies.
«Il existe sur ce point un très large consensus en Israël
et le monde commence à en prendre conscience», a poursuivi
le chef du gouvernement, s’adressant à la foule.
CesproposdeM.Nétanyahou surviennent le jour même où
l’émissaire américain pour le Proche-Orient , George
Mitchell, faisait la navette entre Jérusalem puis Amman
pour convaincre Palestiniens et Israéliens de reprendre
les négociations de paix bloquées depuis plus d’un an.
Les gouvernements israéliens successifs ont annoncé à
plusieurs reprises dans lepassé qu’ils entendaient annexer
de cinq à six blocs de colonies établis en Cisjordanie,
avec ou sans accord de paix avec les Palestiniens.
Le Goush Etzion regroupe une quinzaine d’implantations
comptant environ 12000 habitants, dans la région de
Bethléem, au sud de Jérusalem.
Il a été établi dès 1967, dans la foulée de la conquête
par Israël de la Cisjordanie, sur la base d’implantations
agricoles sionistes occupées et détruites par des forces
arabes durant la guerre de 1948.
À l’issue
de sa rencontre avec M. Mitchell, le premier ministre
israélien avait auparavant fait état «d’idées
intéressantes» de Washington, sans en divulguer le moindre
détail. Leur précédente rencontre s’était tenue jeudi.
Plus tôt hier, George Mitchell avait aussi rencontré le
président palestinien Mahmoud Abbas, dans la capitale
jordanienne.
Accusations mutuelles
Durant ces navettes de M. Mitchell, Palestiniens et
Israéliens se sont mutuellement accusés d’être
responsables du blocage.
L’émissaire américain a pour sa part qualifié de «
productive» son nouvel entretien avec M. Abbas, et
souligné que «le président Obama, la secrétaire d’État
(Hillary) Clinton et les États-Unis » étaient « pleinement
engagés en faveur d’une paix globale au Proche-Orient».
«La solution à deux États du conflit israélo-palestinien
(...) est à notre avis la seule solution réaliste au
conflit», a-t-il affirmé à la presse.
Selon lui, un tel règlement « comprend également des
accords entre Israël et la Syrie, Israël et le Liban et la
pleine normalisation des relations entre tous les pays de
la région».
Le chef négociateur palestinien, Saëb Erakat, a de son
côté affirmé que les Palestiniens ne posaient pas de
conditions à la reprise des pourparlers. «Ce qui entrave
en réalité les efforts du sénateur Mitchell et du
président Obama, c’est Israël avec ses colonies, ses
incursions et ses assassinats », a-t-il déclaré.
Da ns le c amp israélien, le ministre chargé du
Développement régional , Sylvan Shalom, a prévenu qu’il
était « temps de dire de façon claire et nette qu’il n’y
aura plus de concessions supplémentaires de la part
d’Israël». Il a en outre dressé un bilan négatif de la
diplomatie Obama, jugeant qu’elle n’avait « pas fait ses
preuves» en un an.
Israël fait à sa tête
Israël va de l’avant
JÉRUSALEM
— Israël a donné hier le feu vert à la construction de
plusieurs centaines de nouveaux logements dans des
colonies juives en Cisjordanie occupée, en dépit des vives
critiques internationales.
Comme le prévoit la procédure, le ministre de la Défense,
Ehoud Ba ra k, « a autorisé la construction de 455
logements dans des blocs d’implantations en Judée-Samarie
(Cisjordanie)», selon un communiqué de son bureau.
La poursuite de la construction dans ces colonies a
toujours fait consensus sous les gouver nements israél ien
s successifs.
Le P remier ministre Benyamin Nétanyahou avait fait savoir
vendredi qu’il entendait donner un coup d’accélérateur à
la colonisation avant un éventuel « moratoire » de
plusieurs mois destiné à apaiser Washington. Les
États-Unis exigent un gel de la colonisation afin de
permettre la reprise des négociations de paix entre Israël
et les Palestiniens.
L’autorisation
de nouveaux logements v ise à ménager l’aile la plus dure
de la droite israélienne, opposée au moindre coup de frein
à la colonisation.
M. Nétanyahou refuse un gel total mais se dit prêt à
accepter un arrêt provisoire et partiel de la construction
dans les colonies de Cisjordanie et de Jérusalem-Est, où
vivent plus de 500 000 colons.
L’annonce israélienne survient peu avant une nouvelle
mission prévue en fin de semaine de l’émissaire spécial
américain George Mitchell en Israël et chez les
Palestiniens.
L’Autorité palestinienne a aussitôt dénoncé l’initiative
israélienne. « Nous appelons la communauté internationale,
et en premier lieu l’administration américaine, à prendre
une position ferme et décisive face à la politique
d’expansion des colonies juives », a déclaré à l’AFP Nabil
Abou Roudeina, porte-parole du président pa lesti n ien
Mahmoud Abbas.
Le négociateur palestinien en chef Saëb Erakat a affirmé
que cette mesure « rend nul tout éventuel gel ultérieur de
la colonisation et sape la confiance dans le processus de
paix ».
Cisjordanie : pas de gel des colonisations en
vue
JÉRUSALEM
— Le premier ministre israélien Benyamin Néta nya hou va
approuver la construction de plusieurs centaines de
nouvelles habitations avant de consentir à un gel
temporaire des colonisations en Cisjordanie, ont affirmé
hier plusieurs de ses conseillers.
PHOTO AP
De passage en Israël cette semaine
pour y donner des concerts, la chanteuse Madonna (au
centre) en a profité pour rendre visite à Benyamin
Nétanyahou et sa femme Sarah, hier. Elle les a
rencontrés à leur domicile de Jérusalem.
Ces col laborateu rs , qu i s’exprimaient sous couvert de
l’anonymat, ont indiqué que M. Nétanyahou approuverait
dans les prochains j ours la construction de centaines de
nouveaux appartements en Cisjordanie. Ils n’ont fourni
aucun chiffre précis, mais ont précisé que ces nouvelles
habitations viendraient s’ajouter aux 2500 déjà en
construction.
Ces implantations se situeront à l’intérieur des principau
x f oyers de colon ies actuels, et un éventuel gel
temporaire ne concernerait pas non plus Jérusalem-Est, que
les Palestiniens revendiquent comme capitale de leur futur
État, selon ces sources.
Par ces informations, Israël semble défier ouvertement
l’administration Obama, qui a publiquement fait du gel des
colonisations par l’État hébreu une condition de la
reprise des pourparlers de paix avec les Palestiniens.
La
Maison-Blanche a d’ailleurs vivement réagi hier, affirmant
que la décision de Benyamin Nétanyahou allait contre la
feuille de route pour la paix au Proche-Orient.
« Nous regrettons les informations sur les projets
israéliens d’approuver la construction d’implantations
supplémentaires », a déclaré le porte-parole de la
Maison-Blanche, Robert Gibbs, dans un communiqué. « Comme
l’a dit le président, les États-Unis ne reconnaissent pas
la légitimité de l’expansion des implantations, et nous
appelons à sa fin.»
Reçu à Paris, le président de l’Autorité palestinienne
Mahmoud Abbas a fait hier du gel de la colon isation
israélienne dans les territoires occupés un préalable à
une éventuelle rencontre avec Benyamin Nétanyahou en marge
de l’Assemblée générale des Nations unies à New York, à la
fin du mois de septembre.
L e nombre de colons israéliens en Cisjordanie a
constamment augmenté depuis des décennies et a plus que
doublé depuis le début des années 90. Aujourd’hui, environ
300 000 Israéliens vivent parmi 2,5 millions de
Palestiniens dans le territoire. Ils sont également 180
000 à vivre dans les quartiers est de Jérusalem.
Gaza privée de pièces détachées pour ses
égouts
« Déni de
la dignité humaine dans la bande de Gaza », dit l’ONU
BEIT LAHYA — Le coordonnateur humanitaire de l’ON U dans
les territoires palestiniens a exhorté hier Israël à
autoriser l’entrée à Gaza de pièces détachées nécessaires
à la remise en état du système de distribution d’eau et
des égouts.
Actuellement, quelque 10 000
personnes dans Gaza n’ont pas accès au réseau de
distribution de l’eau alors que 60 % de la population «
n’a pas un accès permanent à l’eau », a affirmé Maxwell
Gaylard.
« La détérioration et les pannes touchant les
installations de l’eau et des égouts à Gaza aggravent le
déni de la dignité humaine dans la bande de Gaza », a
déclaré Maxwell Gaylard dans une conférence de presse sur
le site d’une station de traitement des eaux usées à Beit
Lahya, dans le nord du territoire.
Selon lui, ces infrastructures ont connu une « dégradation
graduelle » en raison du blocus israélien en vigueur
depuis juin 2007 et la situation a empiré après
l’offensive israélienne dévastatrice de décembre et
janvier derniers. Actuellement, quelque 10 000 personnes
dans Gaza n’ont pas accès au réseau de distribution de
l’eau alors que 60 % de la population « n’a pas un accès
permanent à l’eau », a affirmé M. Gaylard.
En raison
des dégâts subis par le réseau de traitement des eaux
usées, des retards dans les travaux de modernisation et du
manque de carburant et d’électricité nécessaires à son
fonctionnement, entre 50 et 80 millions de litres d’eaux
usées non traitées ou partiellement traitées se déversent
à présent quotid ien nement dans la Méditerranée, a-t-il
expliqué.
Dans ce contexte, M. Gaylard et l’ ONG A ssoc iation of
International Development Agencies (AIDA) ont appelé le
gouvernement d’Israël « à prendre des mesures immédiates
pour permettre l’entrée à Gaza de matériaux de
construction et de réparation nécessaires pour faire face
à la crise de l’eau et des égouts ».
Faute d’une remise en état de ces infrastructures, « la
santé publique et l’environnement resteront exposés à un
grand risque », ont averti M. Gaylard et AIDA dans un
communiqué distribué à la conférence de presse.
La bande de Gaza, où s’entassent 1,5 million de
Palestiniens est soumise à un strict blocus israélien
depuis la prise de contrôle du territoire par le mouvement
islamiste Hamas, considéré comme une organisation
terroriste par l’État hébreu.
Grosse crise diplomatique Suède-Israël -
AGNÈS GRUDA
Au point
de départ, il y a eu un article bâclé paru il y a une
dizaine de jours dans les pages culturel les du t abloïd
suédois Aftonbladet. Au point d’arrivée : de grosses
turbulences diplomatiques entre Stockholm et Tel-Aviv,
doublées d’un débat sur les limites de la liberté
d’expression.
L’article, qui a mis le feu au x poud res , por ta it u n
titre accusateur : « Les organes de nos fils pillés ». Son
auteur, le journaliste Donald Bostrom, reprend des rumeurs
qui remontent au début des années 90, accusant l’armée
israélienne d’avoir couvert un trafic d’organes prélevés
sur des détenus palestiniens.
Le journaliste profite de l’arrestation récente d’un Juif
américain accusé d’avoir trempé dans une affaire de trafic
de reins pour remettre à l’ordre du jour ce sujet sur
lequel il avait écrit il y a plus de 15 ans. La récente
arrestation devrait conduire à une enquête sur ses
anciennes allégations, affirmet-il dans son papier.
Il se contente d’y citer d’anciennes sources anonymes de
l’ONU et une famille palestinienne qu’il avait rencontrée
à l’époque. Pas de nouveaux faits, pas de
contre-vérifications pour des accusations extrêmement
graves, fondées su r u ne association entre deu x faits
divers éloignés autant dans l’espace que dans le temps.
Grosse commmotion
En Israël, l’affaire a causé u ne grosse com motion.
Profitant d’une réunion du
Conseil des m i n istres , dimanche, le premier ministre
Benyamin Nétanyahou a pressé le gouvernement suédois de
condamner le journal. Stockholm a refusé, au nom de la
liberté de presse.
Le ministre israélien des Affaires étrangères, Avigdor
Lieberman, en a alors remis, faisant un lien entre la
retenue du gouvernement suédois et son silence face à
l’Holocauste. Un autre ministre a remonté encore plus loin
dans le temps et a compa ré l ’a r t ic le du tabloïd
suédois aux légendes accusant les Juifs de faire du pain
azyme avec le sang d’enfants chrétiens.
P uis l ’a
mba s s ad r ice de Suède à Tel-Aviv a plié sous la
pression, s’excusant au nom de son gouvernement pour
l’article de Donald Bostrom. L’affaire a immédiatement
rebondi en Suède, où le s médias lui sont tombés dessus,
l’accusant d’avoir outrepassé les limites de la liberté
d’expression.
E n I sraël , beaucoup de médias se sont rangés derr ière
leu r gouver nement . Sauf le libéral Haaretz, qui l’a
l’accusé d’avoir sombré dans « une réaction délirante et
démagogique ».
Représailles
Après les mots, les gestes. Israël a décidé, en guise de
rétorsion, de retarder l’accréditation journalistique à
deux reporters du Aftonbladet. La visite prochaine du
ministre des Affaires étrangères suédois Carl Bildt a
également été remise en cause. Et des milliers
d’Israéliens ont signé une pétition appelant au boycottage
de tout ce qui vient de Suède, à partir des meubles Ikea
jusqu’à la vodka Absolut, en passant par la Volvo et les
magasins H&M.
Cette chicane diplomatique a été comparée à la fameuse a f
fa i re des ca ricatu res de Mahomet publiées par un
journal danois il y a quatre ans et qui avaient soulevé la
fureur dans le monde musulman. Là aussi, on avait appelé
un gouvernement à dénoncer la décision éditoriale d’un
journal.
Responsabilité
Mais les gouvernements doivent-ils porter la
responsabilité des médias de leur pays lorsque ceux-ci
publient n’importe quoi ? Non, estime l’organisme
Reporters sans frontières. « Quel que soit le contenu de
cet article, et même si nous comprenons qu’il ait pu
engendrer de la colère au sein de l’opinion publique
israélienne, le gouvernement israélien devrait s’abstenir
de demander à son homologue suédois d’intervenir »,
écrit-il dans un communiqué.
Autrement dit, le journal est seul responsable de son
contenu. S’il dérape, Israël peut toujours le poursuivre
pour diffamation. Le gouvernement suédois n’a rien à voir
làdedans. Et mieux vaut qu’il ne commence pas à distribuer
des blâmes aux journaux: la pente pourrait s’avérer
glissante. Le plus paradoxal dans toute cette affaire,
c’est que l’article de Donald Bostrom, paru dans les
dernières pages du journal suédois, a profité d’une
diffusion internationale comme il n’en aurait jamais eu
sans l’intervention des dirigeants israéliens.
NÉTANYAHOU MAINTIENT LE CAP - AGNÈS GRUDA
En tournée
en Occident, le premier ministre israélien, qui s’est
entretenu hier avec le premier ministre britannique Gordon
Brown, a laissé savoir qu’il ne compte pas baisser les
bras rapidement sur la question des colonies juives et ce,
malgré les appels répétés des États-Unis. Le politicien
israélien de droite, qui est attendu aux États-Unis
aujourd’hui, a dit qu’il tenterait de trouver un compromis
avec l’administration Obama pour permettre à Israël de
poursuivre la construction de certaines colonies, tout en
reprenant les pourparlers de paix avec les Palestiniens.
ces derniers souhaitent qu’Israël accepte un gel des
colonies avant de reprendre les discussions de paix.
Obama «irréaliste»
Le chef de la diplomatie israélienne a jugé « irréaliste
» hier la vision du président américain pour la paix au
Proche-Orient. « Parvenir à réaliser le rêve du président
Obama en deux ans (...) est un objectif irréaliste », a
déclaré Avigdor Lieberman. Un rapport publié hier par
l’organisation La paix maintenant indique par ailleurs la
colonisation israélienne ne ralentit pas en Cisjordanie :
depuis le début de l’année, 600 nouveaux logements ont
commencé à être construits dans les implantations juives en
territoire palestinien, selon le rapport.
Israël se dit prêt à freiner la colonisation
en Cisjordanie
JERUSALEM—
Sous la pression de Washington, Israël s’est dit hier
disposé à freiner temporairement la colonisation en
Cisjordanie en gelant les appels d’offres à la
construction de logements jusqu’au début 2010, ce qui
n’empêcherait toutefois pas la poursuite des projets
privés.
Le président américain Barack Obama a félicité Israël à
l’issue d’une rencontre à la Maison-Blanche avec le
président égyptien Hosni Moubarak pour son « geste dans la
bonne direction » sur ce dossier, tout en appelant de
nouveau les pays arabes et les Palestiniens à consentir à
un geste envers l’État hébreu.
L e premi e r mi n i s t r e Benyamin Nétanyahou envisage
de prolonger une suspension de facto des appels d’of f res
en place depuis neuf moi s , y compr i s à Jérusalem-est
(annexée après sa conquête en juin 1967), ont fait savoir
des hauts responsables gouvernementaux.
Cette
annonce survient une semaine avant une rencontre à Londres
entre M. Nétanyahou et l’envoyé spéc i a l a méric a i n
pour le Proche-Or ient George Mitchell, qui doit porter
sur un gel de la colonisation.
La décision israélienne a été aussitôt rejetée comme une
manoeuvre par l es Palestiniens qui ont fait valoir que la
colonisation se poursuivait sur le terrain, via des
organismes privés ou relevant de municipalités (mais
largement subventionnés par l’État).
« Israël doit cesser toutes les activités de colonisation
sans exception. Il ne fait que lancer des ballons d’essai
et nous sommes habitués à ce genre de tromperies », a
déclaré le négociateur palestinien Saëb Erakat.
ISRAËL Expulsions dénoncées
La
secrétaire d’État américaine, Hillary Clinton, s,est jointe
à l’Union européenne et à la France pour critiquer les
expulsions menées par les autorités israéliennes à
Jérusalem-Est. Elle a estimé que l’expulsion de deux fami l
les palestiniennes dimanche afin de permettre l’installation
de familles israéliennes était « profondément regrettable »
et a exhorté Israël à « s’abstenir de tels actes de
provocation ».
Deux familles palestiniennes expulsées
Israël a
poursuivi la colonisation juive à Jérusalem-Est en
expulsant hier des Palestiniens de deux maisons,
s’attirant aussitôt les foudres de la communauté
internationale. Dans la soirée, 13 manifestants israéliens
et palestiniens, qui protestaient contre cette expulsion,
ont été interpellés par la police, a rapporté la radio
publique. « Je suis né dans cette maison, mes enfants
aussi. Je résidais ici légalement, et maintenant, nous
sommes à la rue. Nous sommes des réfugiés », s’insurge
Maher Hanoun après avoir été expulsé de chez lui, à Cheikh
Jarrah. « Nous déplorons totalement les ac tions i
nacceptables d’Israël », a dit dans un communiqué Richard
Miron, le Coordinateur spécial de l’ONU pour le processus
.de paix.
ISRAËL « Paix chaude »
Le premier
ministre israélien Benyamin Nétanyahou a prôné hier «une
paix très chaude» avec ses voisins, en allusion aux
relations plutôt froides entre Israël et son environnement
arabe, au cours d’un discours sans précédent à la résidence
de l’ambassadeur d’Égypte en Israël. «Je pense que nous
pouvons avoir une paix très chaude», a déclaré M. Nétanyahou
à l’occasion de cette réception à la résidence privée à
Herzliya de l’ambassadeur Yasser Reda, dans des propos
rapportés par la Chaîne-Dix, chaîne privée de la télévision
israélienne.
ISRAËL Accord sur les colonies
Israël et les États-Unis sont parvenus à un arrangement
aux termes duquel l’ État hébreu pour ra achever la
construction en cours de 2500 logements dans les colonies de
Cisjordanie, a affirmé le quotidien Maariv. Cet accord aurait
été conclu lors d’une rencontre, lundi à Londres, entre le
ministre israélien de la Défense Ehoud Barak et l’émissaire
spécial américain pour le Proche-Orient George Mitchell.
Deux entreprises québécoises poursuivies pour
crimes de guerre en Palestine
Le conflit
israélo-palestinien se transporte en Cour supérieure du
Québec cette semaine. Des citoyens d’un petit village
palestinien tenteront de démontrer au cours des prochains
jours que deux entreprises montréalaises commettent des
crimes de guerre en construisant des résidences destinées à
des colons israéliens.
Le village
de Bil’in et ses 1700 habitants accusent Green Mount
International Inc. et Green Park International Inc. de
transgresser les lois internationales (la convention de
Genève et le Statut de Rome de la Cour pénale
internationale) qui interdisent à une force occupante de
transférer sa population civile sur un territoire occupé à
la suite d’un conflit. Les villageois demandent aux
tribunaux québécois de forcer les entreprises à cesser
immédiatement les travaux en cours à des milliers de
kilomètres d’ici et réclament 2 millions de dollars en
dommages et intérêts pour les préjudices causés par la vente
des résidences à des colons israéliens.
Si le juge accepte d’entendre cette cause au terme des
audiences préliminaires, ce sera la première fois que la Loi
sur les crimes contre l’humanité et les crimes de guerre,
adoptée en 2000, est évoquée dans une poursuite civile au
pays.
CONSTRUCTION D’IMMEUBLES EN CISJORDANIE Deux entreprises
deMontréal accusées en Cour supérieure
Le conseil de
Bil’in leur réclame deux millions de dollars en dommages et
la remise en état des lieux.
La Cour supérieure n’a pas juridiction pour trancher un
litige qui se passe en Cisjordanie, a plaidé hier Me Ronald
Levy, qui représente deux entreprises montréalaises
poursuivies pour avoir construit des immeubles à Bil’in,
afin d’y loger des colons juifs.
La poursuite, qui al lègue des « crimes de guerre », a été
intentée par le conseil de Bil’in, ainsi que son chef, Ahmed
Issa Abdallah Yassin. Bil’in est un petit village agricole
d’environ 400 hectares, qui compte 1700 habitants, et est
situé en territoire palestinien occupé.
Depuis le dépôt des procédures, M. Yassin est décédé, mais
ses héritiers ont repris le flambeau. Les deux entreprises
visées sont Green Park International et Green Mount
International, enregistrées au Québec, mais qui semblent
avoir des structures complexes, à partir du Panama. Annette
La roche, une résidante de Deux-Montagnes, est directrice,
présidente et secrétaire, du moins sur papier, des deux
entreprises.
Accusa nt
les ent repr i ses d’être des « agents d’Israël », le
conseil de Bil’in leur reproche d’avoir violé les lois
internationales et canadiennes en construisant des
immeubles en territoire occupé. On leur réclame deux
millions de dollars en dommages et la remise en état des
lieux.
Hier, le j uge Louis-Paul Cullen, de la Cour supérieure, a
donc commencé à entendre les arguments des deux
entreprises, qui demandent le rejet pur et simple de la
requête. Outre l’absence de j uridiction, Me Levy a avancé
d’autres arguments juridiques, dont l’immunité des États,
et le fait que les terrains visés ont été acquis
légalement. Ce qui est évidemment démenti par la partie
adverse.
Des villageois de Bil’in sont venus à Montréa l pour
assister à l ’ audience. Pendant la pause du midi, ils se
sont joints à des suppor t eu r s pou r mani f e s t er
devant le palais de justice de Montréal.
L’audience s e poursuit aujourd’hui.
Jimmy Carter dénonce le traitement infligé aux
Palestiniens
— L’ancien
président américain Jimmy Carter s’est entretenu, hier, avec
le chef du gouvernement du Hamas, Ismaïl Haniyeh, à Gaza, où
il a dénoncé le blocus israélien, estimant que les
Palestiniens était traités comme des « animaux ».
Après ses discussions avec M. Haniyeh, il a appelé à la fin
de « toutes les violences » dont sont victimes les
Palestiniens et les Israéliens. M. Carter s’est rendu dans
des lieux détruits par l’offensive israélienne de décembre
et janvier derniers qui a fait plus de 1400 morts
palestiniens, visitant une école américaine détruite dans un
raid aérien israélien.
« Je suis très affecté. Je dois retenir mes larmes en voyant
la destruction infligée à votre peuple », a-t-il déclaré.
« Je suis
venu à l’école américaine. Elle éduquait vos enfants, elle
était financée par mon pays et je constate qu’elle a été
délibérément détruite par des bombes larguées par des F-16
fabriqués dans mon pays.
« Je me sens en partie responsable pour ce qui s’est passé
et tous les Américains et les Israéliens doivent avoir le
même sentiment », a-t-il ajouté.
« Ce n’est pas bien de voir cette destruction, mais ce n’est
pas bien non plus de voir des roquettes tomber sur Sdérot.
Toute cette violence doit cesser », selon lui.
Un bien maigre cochon - Agnès
Gruda
Quand i ls
s’y mettent, les Américains sont capables de tout, même de
faire voler un cochon, a écrit un journaliste israélien
dans le quotidien Haaretz, hier.
PHOTO ASSOCIATED PRESS
Des affiches montrant le président
Barak Obama sous les traits d’un Palestinien ont fait
leur apparition à Jérusalem, depuis son discours
prononcé au Caire au début du mois. Elles sont l’oeuvre
d’un groupe de juifs ultra-orthodoxes.
Il faisait allusion au fait que sous la pression de Barack
Obama, le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou,
a fini par prononcer ces mots qui n’avaient jusqu’à
maintenant jamais franchi ses lèvres : « État palestinien
».
L’événement s’est produit dimanche, dans une allocution
censée donner la réponse israélienne au grand discours que
Barack Obama adressait, la semaine précédente, au monde
musulman.
Benyamin Nétanyahou, qui dirige une coalition de droite en
Israël, s’est donc engagé à accepter qu’un État
palestinien voie le jour aux côtés de l’État hébreu. Ce
n’est pas rien. Pendant toute sa carrière politique,
Nétanyahou s’est toujours opposé à ce projet.
Encore l’hiver dernier, en campagne électorale, il
affirmait qu’il suffirait de relancer l’économie
palestinienne pour régler le conflit du Proche-Orient.
Comme si les aspirations nationales des Palestiniens
étaient solubles dans la prospérité.
Nétanyahou a donc fait un pas. Il a mis des ailes au
cochon. L’animal manque toutefois cruellement de chair...
Car rien dans les mots du premier ministre israélien ne
permet d’espérer que cet objectif ait la moindre chance de
se réaliser sous sa conduite. C’est d’abord une question
de ton, aux antipodes de celui qui a marqué l’allocution
d’Obama. Il n’y avait, chez Nétanyahou, aucune marque
d’empathie pour les souffrances des Palestiniens, aucune
reconnaissance de leurs liens avec le territoire qu’ils
partagent avec les Israéliens. Aucune reconnaissance, non
plus, d’une responsabilité israélienne dans le conflit qui
oppose les deux peuples.
La faute
des Palestiniens
Dans le Proche-Orient selon Benyamin Nétanyahou, les
Palestiniens sont les seuls responsables de tous les maux.
Et les colons juifs sont des gens de principe qui ne
cherchent qu’à construire quelques garderies pour y élever
leurs enfants.
Ensuite, il y avait le fond. Tout en proposant aux
Palestiniens de reprendre des négociations de paix,
Nétanyahou pose la barre tellement haut qu’il sabote le
dialogue avant même qu’il ne soit amorcé.
Avant même de s’asseoir à la table avec « Bibi », les
Palestiniens devront reconnaître le droit à l’existence de
l’État juif, accepter de désarmer, abandonner leurs
revendications sur Jérusalem et le droit de retour des
réfugiés et, bien sûr, se débarrasser du Hamas.
Comme préalable à des négociations, ces conditions sont
inacceptables, même pour les plus modérés parmi les
Palestiniens. Ce discours est « patriarcal et colonialiste
dans la plus belle tradition néoconservatrice », écrit
d’ailleurs le journaliste Akiva Eldar, toujours dans
Haaretz.
Mais là où le discours de Nétanyahou est le plus
révélateur. c’est sur la question des implantations juives
en Cisjordanie. Nous ne voulons pas de nouvelles colonies,
mais nous voulons développer celles qui existent déjà pour
les besoins de leurs habitants, a-t-il dit en gros.
C’est précisément par ce même discours que la droite
israélienne a toujours accueilli les demandes de geler la
colonisation. Résultat: des implantations juives qui ont
grossi à un rythme largement supérieur à la croissance
naturelle...
Ce n’est pas la première fois qu’un gouvernement israélien
tente d’échapper aux pressions de Washington avec des
entourloupettes. Qu’arrivera-t-il cette fois-ci ? Barack
Obama peut se contenter de cette conversion un peu creuse
en faveur d’un État palestinien. Ou pousser Nétanyahou à
mettre un peu de viande sur son cochon.
Le « pas en avant » de Nétanyahou
Le premier
ministre israélien accepte la création d’un État palestinien...
démilitarisé
« Je ne souhaite pas faire construire de nouvelles colonies ou
confisquer de terres à cette fin. Mais il faut permettre aux
habitants des implantations de vivre normalement. »
Soumis à d’intenses pressions internationales, le
premierministre israélien Benyamin Nétanyahou a accepté pour la
première fois hier le principe de la création d’un « État
palestinien », en échange de concessions importantes. Un « pas
en avant » qu’a froidement accueilli l’autre camp.
PHOTO BAZ RATNER, ASSOCIATED
PRESS
Le premier ministre israélien a livré
hier un discours très attendu sur l’avenir du Proche-Orient.
Son ouverture envers l’État palestinien, accompagnée de
nombreuses conditions, n’a pas satisfait les principaux
intéressés.
Dans un discours des plus attendus à Tel-Aviv sur l’avenir du
Proche-Orient, Nétanyahou a proposé la reprise immédiate et sans
conditions préalables des négociations de paix. Il a toutefois
imposé plusieurs conditions à l’existence d’un éventuel État
palestinien. Ce dernier devra impérativement être démilitarisé.
« En cas d’accord de paix, le territoire sous contrôle
palestinien doit être désarmé, et Israël avoir de solides
garanties de sécurité », a-t-il dit. « À chacun son drapeau, à
chacun son hymne. Le territoire alloué aux Palestiniens sera
sans armée, sans contrôle de l’espace aérien, sans entrée
d’armes, sans la possibilité de nouer des alliances avec l’Iran
ou le Hezbollah » libanais, a-t-il ajouté.
Les Palestiniens devront en outre reconnaître « de façon sincère
et publique qu’Israël est le pays du peuple juif ».
« Si nous recevons ces garanties sur la démilitarisation et si
les Palestiniens reconnaissent Israël comme l’État du peuple
juif, alors nous parviendrons à une solution basée sur un État
palestinien démilitarisé aux côtés d’Israël », a déclaré M.
Nétanyahou.
Le président américain, Barack Obama, qui, dans le discours de
réconciliation avec le monde musulman qu’il avait prononcé le 4
juin au Caire, avait pressé Israël d’endosser le principe de «
deux États pour deux peuples » a estimé hier qu’un « important
pas en avant » avait été franchi tandis. La France a quant à
elle salué la « perspective tracée » par Israël, et ce, bien que
M. Nétanyahou ait refusé de s’engager sur le gel de la
colonisation en Cisjordanie, qui a pourtant fait l’objet de
demandes répétées de la communauté internationale.
« Je ne souhaite pas faire construire de nouvelles colonies ou
confisquer de terres à cette fin, a-t-il indiqué. Mais il faut
permettre aux habitants des implantations de vivre normalement.
» Il a ainsi exclu l’arrêt de la construction dans les colonies
existantes pour répondre aux besoins de la croissance
démographique naturelle.
M. Nétanyahou a aussi balayé la possibilité d’un retour des
réfugiés palestiniens en Israël. Les Palestiniens considèrent
que les millions de personnes et leurs descendants qui ont fui
la guerre de 1948-1949 après la création de l’État hébreu ont le
droit d’exiger la restitution de leurs logements.
Discours
majeur
Quelques minutes à peine après la fin du discours, le président
du comité Canada Israël, joint à Tel-Aviv par La Presse, a
estimé que ce « discours majeur » permettrait enfin de faire
avancer le processus de paix. « Il a lancé une invitation très
claire et sincère aux Palestiniens », a déclaré Moshe Ronen.
Julien Saada, spécialiste de la question à la chaire
RaoulDandurand en études stratégiques et diplomatiques de
l’UQAM, s’est montré toutefois nettement moins enthousiaste. «
Le seul petit changement réside dans le fait qu’il a parlé d’un
État – un mot important –, mais il a sans cesse nuancé avec ses
conditions », a-t-il expliqué hier.
Il estime que M. Nétanyahou a sans doute préféré rester vague
parce qu’il est tiraillé entre son gouvernement de coalition,
plus ancré à droite, et sa volonté de préserver ses relations
avec les Américains, désireux de voir débloquer le processus de
paix. « Les Palestiniens seront déçus, et l’un des effets du
discours pourrait être de renforcer la position du Hamas, qui
affirme qu’on ne peut pas négocier avec les Israéliens. »
Inacceptable
Les conditions imposées par Benyamin Nétanyahou ont
effectivement été jugées inacceptables par les principaux
intéressés. L’Autorité palestinienne a aussitôt accusé M.
Nétanyahou de « torpiller » les efforts de paix. « Il entrave
les efforts visant à sauver le processus de paix dans un clair
défi à l’administration américaine », a tranché Nabil Abou
Roudeina, porte-parole du président palestinien, Mahmoud Abbas.
Le Hamas, parti islamiste qui s’oppose à toute reconnaissance
d’Israël, a pour sa part estimé: « Ce discours ref lète
l’idéologie raciste et extrémiste de Nétanyahou et fait fi de
tous les droits du peuple palestinien. »
« Benyamin Nétanyahou propose une conception inacceptable de
l’État palestinien. Comment pourrait-on envisager qu’il soit
démilitarisé alors que, à côté de lui, Israël est la cinquième
puissance militaire mondiale ? Ce discours, c’est une
déclaration de guerre », a commenté de son côté Lorraine Guay,
porte-parole de la Coalition pour la justice et la paix en
Palestine, à Montréal.
Un
lobby juif de gauche à Washington
Une
organisation pacifiste juive logée à l’enseigne d’une rue qui
n’existe pas crée de l’émoi aux États-Unis. Son but : changer
le visage du lobby pro-israélien à Washington.
Un
nouveau lobby juif pacifiste a vu le jour à Washington.
Encore jeune, mais déjà influent, le J Street est favorable
à la création d’un État palestinien et opposé à la
colonisation juive en Cisjordanie, comme sur cette photo, où
des colons juifs dressent une charpente près de Ramallah,
cette semaine.
Dans la capitale américaine, des avenues désignées par une
lettre croisent des rues dénommées par un chiffre. Mais ne
cherchez pas la rue J: elle n’existe pas.
« J Street », c’est le nom qu’ont choisi des Juifs américains
pour faire opposition au lobby juif dominant, trop favorable
selon eux à la droite israélienne.
« Nous avions l’impression que le débat sur le Proche-Orient
était devenu très statique à Washington. Et que le fait que la
majorité des Juifs américains soutiennent un processus de paix
ne se rendait pas jusqu’aux oreilles des législateurs »,
explique Joel Rubin, directeur des Relations gouvernementales
de J Street.
Créé au printemps 2008, ce nouveau lobby veut combler ce vide
et donner une avenue à des voix qui n’atteignaient pas le
Congrès, explique M. Rubin.
Les militants pro-paix à Washington ont trop souvent été
dépeints comme des opposants de l’État hébreu, déplore-t-il. «
J Street veut créer un espace politique pour des gens qui
soutiennent fortement Israël, mais qui favorisent également
une solution pacifique au Proche-Orient. »
Il y a plus d’un demi-siècle que la position des Juifs
américains sur le Proche-Orient est canalisée par le Comité
américain des affaires publiques d’Israël (AIPAC). Ce comité
représente l’establishment pro-israélien aux ÉtatsUnis,
explique James Besser, chef de bureau de l’hebdomadaire Jewish
Week à Washington.
Et avec l’avènement de J Street, cet establishment se sent
pour la première fois menacé, croit le journaliste.
Pour l’instant, J Street dispose encore de moyens modestes. À
peine une quinzaine d’employés permanents, et une organisation
un peu artisanale. Pourtant, dit James Besser, « J Street a
accompli beaucoup en un an, et il a le potentiel d’exercer une
grande influence à Washington ».
Ses principaux
atouts: le réseautage internet, à la manière virale qui a
caractérisé la campagne électorale de Barack Obama. Et son
entrée sur un terrain réservé jusqu’à récemment au lobby
dominant: le financement politique.
« J Street ? Mais i ls n’ont aucune pertinence, ce sont quatre
gauchistes propalestiniens dans un sous-sol », s’est exclamé
Josh Block, responsable des communications pour AIPAC, lorsque
La Presse l’a joint, au début du mois.
« Nous refusons toute comparaison avec eux », a-t-il ajouté,
avant de refuser toute entrevue officielle.
Quelles positions défendent au juste les « quatre gauchistes »
de J Street ? Au moment de la guerre contre Gaza,
l’organisation jugeait que cette offensive ne contribuerait
pas à la sécurité d’Israël et ne ferait qu’aggraver le cycle
de la violence.
Sans faire la promotion d’un scénario de paix précis, J Street
favorise aussi le gel de la colonisation juive en Cisjordanie
et la création d’un État palestinien aux côtés d’Israël.
L’idée de base étant que ce ne sont pas les solutions qui
manquent au ProcheOrient, mais la volonté politique de les
implanter.
J Street a publié récemment un sondage qui démontre que la
majorité des juifs américains soutiennent ce genre d’approche,
plutôt que la position défendue par les « faucons » d’AIPAC.
Est-ce vrai ? En fait, explique James Besser, il faut éviter
de diaboliser ce lobby pro-israélien, qui a tendance à
s’aligner sur les gouvernements israéliens successifs.
Reste qu’en février dernier, les Israéliens ont élu un
gouvernement très, très à droite. Le premier ministre Benyamin
Nétanyahou multiplie les autorisations de construire dans les
territoires occupés. Et son ministre des Affaires étrangères,
Avigdor Lieberman, est ouvertement anti-arabe.
« Il y a eu un virage draconien dans l’opinion publique
israélienne, et cette tendance n’a pas été suivie aux
États-Unis », constate James Besser.
C’est dans ce fossé qui s’élargit que J Street puise ses
appuis.
Un prisonnier porteur de paix ? -
Laura-Julie Perrault
Élu au
comité central du Fatah, le Palestinien Marwan Barghouti a
de nouveaux alliés en Israël
Malgré un premier congrès en 20 ans marqué par les
dissensions internes, le mouvement Fatah du président
palestinien Mahmoud Abbas a réussi à renouveler son
leadership cette semaine. Parmi les nouveaux visages élus
mardi au sein du comité central du parti figure un des
prisonniers les plus célèbres d’Israël, Marwan Barghouti.
« Êtes-vous certaine de ce que vous me dites? Il faudra
vérifier ça. » Au bout du fil, l’ancien ministre
palestinien Ghassan Khatib n’en croyait pas ses oreilles.
Dans une entrevue au journal Haaretz, un ministre
israélien réputé de droite a suggéré cette semaine de
remettre en liberté Marwan Barghouti, condamné à cinq
peines d’emprisonnement à vie il y a à peine cinq ans.
Une Palestinienne montre une
affiche de Marwan Barghouti, l’un des leaders de la
résistance armée palestinienne emprisonné en Israël. La
photo a été prise lors d’une manifestation de solidarité
avec les détenus palestiniens dans les prisons
israéliennes, à Beyrouth, au Liban, le 3 juillet
dernier.
Figure de proue de la résistance armée palestinienne et
successeur potentiel au président Mahmoud Abbas, Marwan
Barghouti était député quand il a été arrêté puis reconnu
coupable par un tribunal israélien d’avoir fomenté des
attentats terroristes qui ont tué quatre Israéliens et un
moine grec. Après avoir reçu sa dure sentence, en 2004,
Barghouti, loin de se résigner, avait souri aux caméras et
levé ses mains menottées pour faire le V de la victoire.
L’image, qui en avait scandalisé plusieurs en Israël,
avait nourri sa popularité dans les territoires
palestiniens.
De sa cellule de prison, Marwan Barghouti n’a jamais cessé
de faire de la politique. Même si ses conditions de
détention lui permettent difficilement de communiquer avec
ses supporters, il a été élu mardi au comité central du
mouvement Fatah, fondé par Yasser Arafat il y a plus de 50
ans.
Son élection a fait couler beaucoup d’encre. Âgé de 50
ans, Marwan Barghouti fait partie de la « jeune garde » du
Fatah. Avant cette semaine, aucun des 18 membres du comité
central n’avait moins de 70 ans.
Né en 1959, dans un village près de Ramallah, en
Cisjordanie, Marwan Barghouti n’avait que 8 ans au début
de l’occupation israélienne. À 15 ans, il rejoignait le
Fatah et très rapidement, il atterrissait derrière les
barreaux. Libéré, il a entrepris des études universitaires
et a joué un rôle central dans la première Intifada. En
1987, il était expulsé en Jordanie.
Ce n’est
qu’à la suite des accords d’Oslo que Marwan Ba rghout i
est rent ré en Cisjordanie, mais déçu par l’évolution des
choses, il incitait six ans plus tard ses concitoyens à
utiliser la force de nouveau contre les Israéliens à
l’intérieur des territoires occupés.
Pourquoi donc, malgré cette feuille de route, le ministre
israélien des minorités, Avishai Braverman, plaide-t-il
pour sa libération? « Barghouti peut renforcer les modérés
(au sein du Fatah) qui veulent une solution diplomatique
et un accord avec l’État d’Israël », a-t-il dit en
entrevue.
Ghassan Khatib, qui est un ami proche de Marwan Barghouti
depuis le début des années 80, est on ne peut plus
d’accord. « Marwan a toujours été l’un des plus grands
défenseurs du processus de paix avec Israël », se rappelle
celui qui a participé aux négociations de paix avec l’État
hébreu.
Dans des éditoriaux publiés par de grands journaux
américains, dont le Washington Post, Marwan Barghouti a
expliqué à maintes reprises qu’il reconnaît le droit
d’Israël d’exister en tant qu’État mais pas son droit
d’occuper les territoires palestiniens. Il prône la
résistance armée à l’intérieur de la Cisjordanie et de
Gaza, mais s’oppose aux attentats terroristes commis sur
le sol israélien.
Dans un contexte où le Hamas, le parti islamiste, est un
rival sérieux du Fatah, plus modéré, à l’intérieur des
territoires palestiniens, le discours de Marwan Barghouti
trouve ces jours-ci de nouveaux entendeurs, et ce, même
dans les rangs de la droite israélienne.
Le Fatah « sorti des soins intensifs »
RAMALLAH —
Plébiscité à la tête du Fatah et entouré d’une di rection
rajeunie, le président palest i nien Mahmoud Abbas est
sorti renforcé du congrès de son parti au moment où le
dialogue avec Israël et les islamistes du Hamas est dans l
’ i mpas s e , e s t i ment des analystes.
PHOTO JAAFAR ASHTIYEH,
AFP
C’était la première réunion du
Fatah depuis la mort, en 2004, de son fondateur,
YasserArafat, dont le portrait est tenu par une
Palestinienne de Batala.
Miné par les querelles de chefs et la mauvaise gestion et
mortifié par sa déroute à Gaza face au Hamas, le Fatah a
réussi à afficher un semblant d’unité rien qu’en
organisant son congrès général pour la première fois en 20
ans.
Cette réunion, la première aussi depuis la mort en 2004 du
fondateur et chef historique du Fatah, Yasser Arafat, a
permis à M. Abbas, son successeur, d’asseoi r son autorité
sur une formation connue pour son manque de discipline et
peinant à se transformer d’un mouvement de libération à un
parti au pouvoir.
Le programme politique adopté lors du congrès a certes
réitéré le « droit du peuple palestinien à la résistance »
contre l’occupation israélienne, mais il a surtout apporté
un soutien sans nuance au règlement négocié avec Israël
que M. Abbas, 73 ans, continue de prôner en dépit de
l’impasse dans les négociations.
Plusieurs caciques du Comité central, la principale
instance dirigeante du Fatah, ont annoncé leur retrait
lors du congrès ou cédé la place à des plus jeunes lors
des élections internes.
Parmi les
nouveaux dirigeants figurent notamment Marwan Barghouthi,
symbole de la « résistance » emprisonné à vie en Israël
mais qui a soutenu M. Abbas à l’élection présidentielle de
2005 après avoir songé courir contre lui, le négociateur
Saëb Erakat, mais aussi des hommes à poigne favorables au
di r igeant palest i nien comme Mohammad Dahlane et Jibril
Rajoub.
« Ce congrès a été comme une bataille pour le président
Abbas. Il l’a menée avec succès et en est sorti victorieux
», estime l’analyste politique Abdelmajid Soweillem.
« Je pense que la nouvelle direction du Fatah est, de par
sa composition, encline à soutenir les négociations
politiques (avec Israël) et le dialogue avec le Hamas » ,
ajoute-t-il.
Samir Awad, professeur de sciences pol it iques à
l’Université de Bir-Zeit en Cisjordanie, abonde dans le
même sens. « La nouvelle équipe comprend un grand nombre
de proches de M. Abbas, des gens qui ont été, à un moment
ou un autre, ses collaborateurs », dit-il.
Il estime qu’en menant à bien la conférence en dépit de
débats houleux, M. Abbas « a sorti le Fatah de l’unité des
soins intensifs ».
Le Fatah lave son linge sale en famille
- Laura-Julie Perrault
L’organisation palestinienne tient son premier congrès en
20 ans En arrivant à Bethléem, en Cisjordanie, pour
assister au premier congrès du Fatah en 20 ans, plusieurs
délégués ont dit aux médias qu’ils avaient l’impression
d’assister à un « très grand ma
QPourquoi
PHOTO NASSER SHIYOUKHI,
AP
Une affiche du chef historique des
Palestiniens Yasser Arafat, à Bethléem, où se tient le
congrès du Fatah.
le congrès que tient le Fatah à Bethléem est-il important
? R Depuis sa fondat ion en 1958 par un groupe de
Palestiniens en exil, dont Yasser Arafat, le Fatah a réuni
six fois ses membres. La dernière rencontre du genre a eu
lieu à Tunis en 1989. Le congrès actuel, qui a débuté
mardi, est le premier en 20 ans ainsi que le premier à se
dérouler en territoire palestinien. Plus de 2300 personnes
participent à cette rencontre, dont 500 délégués venus de
l’étranger. La conférence survient alors que le Fatah,
longtemps prédominant sur la scène politique
palestinienne, fait face à une crise de leadership, à
d’importantes dissensions internes ainsi qu’à une forte
rivalité avec le Hamas, qui a remporté les élections
législatives en 2006. D’ailleurs, dans un coup de force,
le parti islamiste a décidé à la dernière minute de ne pas
permettre à 400 membres du Fatah de la bande de Gaza de se
rendre à Bethléem. QQuels
sont les objectifs de la conférence ? R Lors de son
discours inaugural, l’actuel chef du Fatah et président de
l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, a dit que son
organisation politique a besoin d’orientations claires. En
ce moment, le Fatah regroupe deux écoles: celle qui est
favorable aux négociations avec Israël et celle qui prône
la résistance armée. Dans son discours, Mahmoud Abbas a
affirmé qu’il fallait donner la priorité au processus de
paix, mais sans pour autant écarter le recours à la
résistance non violente en cas d’échec.
En plus
de revoir les orientations du parti, les participants au
congrès doivent aussi élire de nouveaux représentants aux
hautes instances du parti, soit le Comité central et le
Conseil révolutionnaire. QQuelles
chances a Mahmoud Abbas de remettre sur pied son
organisation ? R Hier, en début de journée, elles ne
semblaient pas très bonnes alors que les modalités des
élections sont devenues un point de discorde entre la
vieille garde du parti, les leaders du Fatah de la bande
de Gaza et les plus jeunes membres de l’organisation,
tenus loin du pouvoir depuis 20 ans. Ces derniers
accusaient Abbas d’avoir manipulé l’élection afin qu’ils
soient de nouveau exclus des hautes sphères. Selon
Associated Press, un compromis a été trouvé en fin de
soirée et les élections devraient avoir lieu aujourd’hui.
Les résultats seront déterminants. QQue
signifie cette conférence pour le processus de paix au
Proche-Orient ? R « Si Mahmoud Abbas sort du congrès comme
l’homme qui est toujours aux commandes, il va rester le
seul leader palestinien capable de négocier avec Israël »,
croit Sami Aoun, professeur de sciences politiques à
l’Université de Sherbrooke. S’il en sortait perdant,
cependant, le Hamas pourrait avoir le haut du pavé pour
négocier avec le gouvernement israélien de droite
présentement en place. « Beaucoup de gens croient que les
radicaux israéliens et palestiniens pourraient s’entendre
en déclarant une trêve de 10 ou 15 ans. La création de
l’État palestinien serait ainsi écartée », estime le
politologue. – Avec Foreign Policy, AP, AFP,
Al-Jazeera, le New York Times.
Premier accord entre le Fatah et le Hamas
Les deux
factions s’entendent pour mettre fin aux « arrestations
politiques »
— Le Fatah et le Hamas se sont mis d’accord hier pour mettre
fin aux « arrestations politiques » en Cisjordanie et dans la
bande de Gaza, ont annoncé des responsables des deux partis
palestiniens rivaux.
Les deux factions sont parvenues à s’entendre durant des
réunions communes qui ont eu lieu pour la première fois à
Ramallah (Cisjordanie) et à Gaza.
Cet accord intervient à la veille du deuxième anniversaire de
la prise de la bande de Gaza par le Hamas, qui en a délogé le
Fatah par la force en juin 2007.
« Le Fatah et le Hamas se sont entendus pour rejeter les
arrestations politiques par principe, car elles sont contre la
loi palestinienne, et pour échanger les listes de prisonniers
afin d’examiner leurs conditions de détention » en Cisjordanie
et dans la bande de Gaza, a déclaré Azzam al-Ahmad, qui
dirigeait la délégation du Fatah à Ramallah.
Il
s’exprimait au cours d’une conférence de presse commune avec
le Hamas.
De son côté, OmarAbdelrazzak, représentant du Hamas à cette
réunion, a indiqué que les deux mouvements allaient s’en
remettre à la Commission indépendante ( palestinienne) pour
les droits de l’homme, qui sera chargée d’établir qui a été
arrêté pour des raisons politiques.
L’objectif est de préparer le climat avant la prochaine
session du dialogue interpalestinien, dont l’ambition est de «
lever tous les obstacles avant de parvenir à l’annonce d’un
accord final » entre les deux parties, avait auparavant
indiqué Ibrahim Abou Naja, représentant du Fatah à Gaza.
« Nous espérons en finir avec la division le
plus tôt possible, car nous voulons la fin de l’occupation
israélienne, et la division palestinienne est l’arme la
plus forte dans les mains du premier ministre (israélien
Benyamin) Nétanyahou », a assuré Azzam
al-Ahmad.
Il a toutefois affirmé que les forces de sécurité
palestiniennes en Cisjordanie étaient politiquement neutres et
que la question des détenus serait tranchée en coordination
avec le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas
qui dirige aussi le Fatah.
ISRAËL
« Politique de paix »
Le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, a annoncé
hier qu’il présenterait la semaine prochaine sa politique sur le
processus de paix, à la suite des pressions exercées par l’allié
américain. Il n’a pas précisé la date exacte à laquelle il
prononcerait son discours, mais un haut responsable gouvernemental
a affirmé que ce serait probablement dimanche prochain. Il s’agit
des premières déclarations de M. Nétanyahou après le discours
jeudi au Caire du président américain Barack Obama.
Colonies en Cisjordanie Crispations entre
Jérusalem et Washington
JÉRUSALEM— La
tension a monté d’un cran hier entre Israël et les États-Unis à
propos de la colonisation en Cisjordanie, que le gouvernement de
Benyamin Nétanyahou refuse de geler comme le réclame le
président Barack Obama.
« Je veux dire de façon très claire que le gouvernement
israélien actuel n’acceptera en aucune façon que la colonisation
légale soit gelée en Judée-Samarie (Cisjordanie) », a clamé le
ministre des Transports, Israël Katz.
M. Katz, proche de M. Nétanyahou, a ainsi répondu aux pressions
exercées par le président Obama pour obtenir un gel total de la
colonisation.
Jusqu’à présent, le gouvernement Nétanyahou s’est contenté de se
déclarer prêt à évacuer des colonies sauvages, tout en affirmant
vouloir continuer à construire dans les 120 colonies « légales »
pour faire face à la « croissance naturelle » de leur
population.
Le président Obama, comme la communauté internationale, a refusé
d’entériner cette distinction entre colonies.
M. Katz a également accusé le président Obama de refuser de
respecter les engagements pris par son prédécesseur, George W.
Bush. Dans une lettre adressée en 2004 à l’ancien premier
ministre Ariel Sharon, l’ex-président américain indiquait, selon
les responsables israéliens, que le tracé d’un futur État
palestinien devrait tenir compte des blocs d’implantations.
Israël entend annexer ces blocs en Cisjordanie, où vivent la
grande majorité des 280 000 colons.
« Cette administration n’a pas encore reconnu les arrangements
conclus avec l’administration Bush. Cela ne peut que susciter
des inquiétudes sur des arrangements futurs », a ajouté M. Katz.
Un haut responsable israélien, qui a exigé l’anonymat, a pour sa
part regretté que « les Américains n’exigent pratiquement rien
des Palestiniens alors qu’ils demandent à Israël de prendre des
mesures qui équivalent à un véritable sacrifice ».
« Les
Palestiniens ont adopté une approche passive. Mahmoud Abbas
(le président palestinien) souhaite que les Américains fassent
tout le travail », a expliqué à l’AFP ce responsable.
« Israël a pris des engagements par le passé, dont l’arrêt de
la colonisation. Les Américains comprennent cela », a de son
côté déclaré hier M. Abbas, en Jordanie.
Barack Obama, qui doit dans quelques jours, au Caire, adresser
aux musulmans un discours de réconciliation promis de longue
date, a pressé Israël d’accepter la création d’un État
palestinien et de mettre fin à la colonisation lors de sa
première rencontre avec Mahmoud Abbas, jeudi, à Washington.
À parti r d’aujourd’hui , le ministre travailliste de la
Défense, Ehoud Barak, multipliera les entretiens à New York
(ONU) puis à Washington et tentera de réduire le fossé.
« Il semble que le premier ministre ait clairement exprimé à
l’administration américaine les positions et les besoins
d’Israël. Le dialogue prendra du temps et il aura des hauts et
des bas », a-t-il toutefois déjà prévenu avant sa visite.
Crise à l’horizon
La majorité des médias israéliens faisaient hier leurs gros
titres sur la crise qui pointe avec le grand allié américain.
Le quotidien Haaretz, citant des responsables politiques,
titrait : « Israël critique durement les États-Unis : arrêtez
de favoriser les Palestiniens ». Son concurrent Maari faisait
parler le premier ministre: « Nétanyahou à l’administration
Obama : que voulezvous de moi ? La chute de mon gouvernement?
»
Pour le Jerusalem Post, les dirigeants israéliens sont «
furieux des tentatives de Mahmoud Abbas d’af faiblir le
premier ministre au cours de sa visite à Washington ».
Un rapport pourrait donner des arguments à Washington contre
la colonisation. Selon le mouvement israélien anticolonisation
La Paix maintenant , 44% des terres sur lesquelles ont été
construites des colonies sauvages en Cisjordanie appartiennent
à des Palestiniens.
Nétanyahou juge non-négociable la poursuite de la colonisation
Nétanyahou prêt à négocier la paix avec les Palestiniens
— Le premier
ministre israélien Benyamin Nétanyahou a rejeté, hier, la
demande américaine de geler la colonisation en Cisjordanie.
PHOTO AHMAD GHARABLI, AFP
Insouciant quant à
l’ultimatum que les Américains ont lancé à Israël concernant
l’implantation de nouvelles colonies en Cisjordanie, ce
jeune Palestinien profite du vent dominant qui vient de
l’ouest pour s’amuser avec un cerf-volant rudimentaire de
son cru.
« Nous ne pouvons pas geler la vie dans les implantations », a
affirmé M. Nétanyahou, selon une source du bureau du premier
ministre, qui s’exprimait devant la commission parlementaire
des Affaires étrangères et de la Défense.
« Il y a des demandes raisonnables et d’autres inacceptables.
Le sort définitif des implantations sera décidé à l’occasion
d’un accord final sur le statut » de la Cisjordanie, a-t-il
ajouté, selon la même source.
Il a répété que le gouvernement ne construirait pas de
nouvelles colonies et détruirait les avantpostes illégaux,
mais n’empêcherait pas l’expansion naturelle des colonies
existantes.
« Sur la
question des constructions à l’intérieur des colonies
existantes, nous ne sommes pas encore arrivés à un accord avec
les Américains », a indiqué le premier ministre.
M. Nétanyahou a par ailleurs réaffirmé qu’il était prêt à
reprendre immédiatement et sans conditions préalables des
négociations de paix avec les Palestiniens, « pas seulement
sur des questions économiques et sécuritaires, mais aussi
diplomatiques ».
« Je suis prêt à leur donner tous les pouvoirs souverains leur
permettant de se gouverner euxmêmes, à l’exception de ceux qui
mettent notre sécurité en danger », a-t-il précisé.
« À la fin du processus de paix, ils devront reconnaître
l’État d’Israël comme l’État du peuple juif », a-t-il
toutefois ajouté.
Washington a demandé ces dernières semaines à Israël de geler
toutes les constructions dans les colonies juives de
Cisjordanie, y compris dans les implantations existantes.
Le triple non d’Israël
État
palestinien, colonisation, frontières de 1967
— Israël a opposé hier un triple non à la création d’un État
palestinien souverain, à un retour aux frontières de 1967 et à
un gel delacolonisation, tout enaffichant une volonté
d’ouverture, après la récente rencontre entre son premier
ministre et le président américain.
Le chef du gouvernement, Benyamin Nétanyahou, a réaffirmé ses
« réserves » à la création d’un État palestinien indépendant
alors qu’il s’oppose à ce que cet État dispose d’une armée et
ait le contrôle de ses frontières.
M. Nétanyahou refuse toujours d’apporter son soutien à la
solution de deux États (israélien et palestinien) vivant côte
à côte, comme le prévoit la Feuille de route, le plan de paix
lancé en 2003 par le quartette États-Unis, UE, Russie et ONU,
et accepté par Israël. Mais pour la première fois depuis son
arrivée au pouvoir, le 31 mars, le premier ministre, qui a
rencontré lundi dernier le président Barack Obama à
Washington, a évoqué un « État palestinien ».
« Clairement, nous devons avoir certaines réserves concernant
un État palestinien dans un accord sur le statut final » des
territoires palestiniens, a déclaré M. Nétanyahou au conseil
des ministres. « Ces choses ont été clairement exprimées
devant le président Barack Obama à Washington. »
Le chef de la diplomatie israél ienne, Avigdor Lieberman, a
écarté pour sa part hier le retour d’Israël sur ses frontières
d’avant la guerre israélo-arabe de juin 1967.
« Aujourd’hui, un retour aux frontières de 1967, comme on nous
presse de le faire, ne mettrait pas fin au conflit et ne
garantirait ni la paix, ni la sécurité », a déclaré M.
Lieberman. « Cela reviendrait simplement à déplacer le conflit
à l’intérieur des frontières de 1967. »
Lors de la
guerre de juin 1967, Israël avait occupé Jérusalem-Est et la
Cisjordanie, le plateau syrien du Golan, la bande de Gaza et
le Sinaï égyptien. L’État hébreu s’est retiré du Sinaï en 1982
et de la bande de Gaza en 2005.
Aucun gouvernement israélien ne s’est prononcé jusqu’à ce jour
pour un retour pur et simple aux frontières de 1967, mais
certains ont envisagé des retraits de plus grande partie de la
Cisjordanie et du plateau du Golan.
Colonies
À propos de la colonisation, le premier ministre a indiqué que
son gouvernement entendait poursuivre l ’ accroissement des
colonies existantes en Cisjordanie, mais sans en créer de
nouvelles.
« Je n’ai pas l’intention de créer de nouvelles implantations,
mais ce n’est pas logique de nous demander de ne pas trouver
de réponses à la croissance naturelle et d’interdire toute
construction en JudéeSamarie (Cisjordanie, ndlr) », a-t-il
déclaré.
C’est la position traditionnelle des gouvernements israéliens,
qui s’est traduite sur le terrain par une forte expansion des
implantations existantes et une augmentation spectaculaire du
nombre des colons, à près de 300 000, sans compter les
résidants israéliens de JérusalemEst annexée.
En revanche, le gouvernement apparaît disposé à démanteler des
colonies sauvages.
Obama invite Arabes et Israéliens à Washington
PAIX AU
PROCHE-ORIENT
— Le président Barack Obama a commencé à s’investir pleinement
dans le conflit israélo-palestinien en invitant les dirigeants
arabes et israélien à Washington et en appelant toutes les
parties concernées à des gestes de bonne volonté.
« J’espère que dans les prochains mois, nous commencerons à voir
des gestes de bonne volonté de toutes les parties », a déclaré
M. Obama à l’issue d’entretiens à la Maison-Blanche avec le roi
Abdallah II de Jordanie.
« Je n’ai pas l’intention de dire plus précisément ce que ces
gestes pourraient être, mais je pense que toutes les parties
concernées dans la région savent probablement assez bien quelles
mesures on pourrait prendre pour instaurer la confiance »,
a-t-il ajouté.
La Maison-Blanche a annoncé peu après les visites prochaines,
probablement avant début juin, du premierministre israélien
Benyamin Nétanyahou, du président palestinien Mahmoud Abbas et
du président égyptien Hosni Moubarak.
« Le président discutera avec chacun d’eux des moyens pour les
États-Unis de renforcer et d’approfondir notre partenariat,
ainsi que les mesures que toutes les parties doivent prendre
pour contribuer à la paix entre Israéliens et Palestiniens et
entre Israël et les États arabes », a dit le porte-parole de la
MaisonBlanche, Robert Gibbs.
En recevant le
roi de Jordanie, un des deux seuls pays arabes (avec l’Égypte) à
avoir signé un accord de paix avec Israël, M. Obama a affirmé
son engagement à travailler à la paix entre Israéliens et
Palestiniens « avec un certain sentiment d’urgence ».
Le processus semble cependant encore plus mal en point depuis
l’investiture, le 31 mars, du premier ministre israélien
Benyamin Nétanyahou. Si l’ancien premier ministre Ehoud Olmert
s’était engagé à rechercher une paix menant à terme à la
création d’un État palestinien, M. Nétanyahou écarte aujourd’hui
une telle option. Il se dit prêt à parler de paix avec les
Palestiniens sur la base d’un plan privilégiant leur
développement économique.
M. Obama a r épété au contraire, hier, qu’une résolution du
conflit passe par la création d’un État palestinien.
« Je suis un fervent partisan d’une solution à deux États. Je
l’ai dit publiquement et je le redirai en privé », a remarqué M.
Obama.
Le président américain a noté que le gouvernement israélien
était très récent et qu’il était encore trop tôt pour exiger de
lui des mesures concrètes.
« Mais je suis d’accord sur le fait qu’on ne peut pas attendre
éternellement et qu’à un moment, il faudra prendre des mesures
», a-t-il ajouté, soulignant que la paix exigera des « choix
difficiles ».
Nétanyahou envisage une solution « à deux peuples
», selon Barak
— Au cours de
son passage aux États-Unis, le premier ministre israélien,
Benyamin Nétanyahou, se prononcera vraisemblablement en faveur
d’une solution à deux États, israélien et palestinien, s’il faut
en croire le ministre de la Défense, Ehoud Barak.
« Je crois que Nétanyahou va dire à Obama que son gouvernement
est prêt à s’engager dans un processus politique qui aboutira à
deux peuples vivant côte à côte dans la paix et le respect
mutuel », a-t-il affirmé hier en entrevue à la télévision
israélienne. Il n’a toutefois pas utilisé explicitement le mot
État dans ses propos, laissant ouvertes d’autres options pour
Jérusalem.
Ehoud Barak a en outre estimé qu’un accord avec les Palestiniens
serait possible d’ici trois ans. Selon lui, le présent
gouvernement de droite « serait prêt à prendre des décisions
difficiles » en vue d’un compromis, le jour venu.
Deux des
proches collaborateurs du chef du Likoud ont toutefois fait
entendre un tout autre son de cloche. Le premier ministre « ne
s’engagera pas à Washington à la création un État palestinien
qui sera voué à devenir un "Hamastan" », a dit Ophir Akunis,
député du Likoud, cité par la radio publique. Il faisait
référence au mouvement islamiste palestinien Hamas, qui contrôle
la bande de Gaza et prône la poursuite de la lutte armée contre
Israël.
Unautre responsableduLikoud, le ministre des Transports, Israël
Katz, a lui aussi écarté l’option d’une souveraineté
palestinienne. « Nétanyahou s’opposera à toute création d’un
État palestinien armé aux côtés d’Israël, car cela mettrait en
danger la sécurité d’Israël », a-t-il dit à la presse.
Selon lui, le chef du gouvernement va proposer à Washington la «
constitution d’une commission mixte israélo-palestinienne en vue
d’une initiative de paix au ProcheOrient », dont il n’a pas
précisé la nature. Il a écarté toute possibilité de « conflit ou
de polémique avec l’administration Obama ».
La rencontre-clé entre MM. Obama et Netanyahu, qui doit arriver
aujourd’hui en sol américain, se déroule sur fond de désaccords
sur le règlement du conflit au Proche-Orient et sur la manière
de contrer le programme nucléaire de l’Iran.
ÉLECTIONS
LÉGISLATIVES AU LIBAN Revers du Hezbollah
« La spécificité du Liban réside dans sa diversité, il
n’y a ni majorité ni minorité. » _ Un responsable du
Hezbollah
— Les Libanais ont confortéaupouvoirhier la coalition
pro-occidentaleetantisyriennedans des élections législatives
âprement disputées qui laissaient pourtant présager la
victoire des chiites du Hezbollah et du Amal, associés au
parti chrétien de Michel Aoun.
Un
véhicule blindé patrouillait hier dans les rues de Saïda
(sud du Liban). À l’arrière-plan, des affiches géantes du
camp victorieux aux législatives : au centre ainsi qu’à
l’extrême gauche, l’ex-premier ministre assassiné Rafic
Hariri en compagnie de son successeur, Fouad Siniora.
« C’est un grand jour pour l’histoire du Liban démocratique
», a lancé devant ses partisans le chef de la majorité
parlementaire antisyrienne sortante, Saad Hariri, bien que
les résultats officiels ne fussent pas encore connus. «
Félicitations à vous, félicitations à la liberté,
félicitations à la démocratie. Il n’y a ni vainqueur ni
perdant dans ces élections. Les seuls vainqueurs sont la
démocratie et le Liban », a poursuivi M. Hariri, fils de
l’ex-premier ministre assassiné Rafic Hariri.
Selon la chaîne de télévision Future TV de Saad Hariri, sa
coalition devrait obtenir 70 des 128 sièges du Parlement,
contre 58 au camp du Hezbollah, soutenu également par le
voisin syrien. Cette situation de quasi-blocage est
comparable à celle qui existait dans le précédent Parlement.
À l’annonce de la victoire, des tirs de joie ont retenti
dans Beyrouth, alors que des feux d’artifice ont illuminé le
ciel de la capitale. Arborant des drapeaux libanais et des
bannières bleues, couleur du courant de M. Hariri, des
habitants ont sillonné les rues en criant « Nous avons gagné
! ».
Le principal allié chrétien du Hezbollah a reconnu la
défaite de son camp aux législatives, par ailleurs marquées
par une très importante participation.
Il s’agit d’« une victoire pour la coalition du 14 mars (nom
donné à la majorité sortante), mais aussi d’une défaite pour
les Libanais qui aspiraient au changement », a déclaré
Michel de Chadarevian, membre du Courant patriotique libre,
dirigé par Michel Aoun. Il a ajouté que son mouvement
respecterait les résultats des élections et travaillerait
avec la coalition de M. Hariri en vue de former un
gouvernement d’union nationale. « Le Liban peut seulement
être gouverné par un cabinet d’union. »
Le Hezbollah prudent
Un responsable du Hezbollah, Hassan Fadlallah, attendait les
résultats définitifs pour se prononcer, mais il a aussi jugé
nécessaire la coopération entre les formations politiques en
vue de diriger le pays. « La spécificité du Liban réside
dans sa diversité, il n’y a ni majorité ni minorité », a dit
M. Fadlallah, dont le mouvement est considéré comme une
organisation terroriste par Washington. Les 11 candidats du
Hezbollah ont été élus, selon lui.
Si le Parti
de Dieu l’avait emporté avec ses alliés, le Liban aurait pu
se retrouver au ban de la communauté internationale et en
conflit avec son voisin Israël. La guerre de l’été 2006 au
Liban avait commencé avec l’enlèvement de deux soldats
israéliens par le Hezbollah libanais.
En Israël, le ministre des Finances, Youval Steinit z ,
avait prévenu qu’une victoire du Hezbollah créerait « une
nouvelle entité iranienne au Moyen-Orient après celle du
Hamas » à Gaza. En revanche, en Syrie, le journal officiel
AlBaas avait exprimé l’espoir que le Hezbollah l’emporte.
Les deux camps rivaux au Liban sont engagés dans un bras de
fer depuis les dernières législatives de 2005, qui a failli
plonger le pays dans une nouvelle guerre civile en 2008.
Participation élevée
Le taux de participation a atteint 54,08% des 3,2 millions
d’électeurs, un record depuis 20 ans, selon le ministre de
l’Intérieur Ziad Baroud. Certains électeurs ont patienté
plusieurs heures vu l’affluence et des isoloirs ont été
ajoutés dans certains bureaux.
Près de 50 000 soldats et policiers ont été déployés sur le
territoire. Selon l’armée, 123 i ncidents mineurs ont été
enregistrés lors du scrutin supervisé par 200 observateurs
internationaux venus notamment du Centre Carter.
L’ancien sénateur américain John Sununu, de l’Institut
démocratique national, a dit ne pas avoir noté de «
violations flagrantes » des élections, que suivaient de près
les voisins du Liban et la communauté internationale.
Les 128 sièges du Parlement sont répartis à parité entre
chrétiens et musulmans. Chaque communauté se voit attribuer
un nombre de sièges dans 26 circonscriptions en fonction de
son poids démographique.
LIBAN
: SCRUTIN SOUS TENSION - Agnès Gruda
PLUS DE TROIS
MILLIONS DE LIBANAIS IRONT VOTER DEMAIN DANS UN SCRUTIN À HAUT
RISQUE, QUI MET À L’ÉPREUVE LA DÉTERMINATION DE BARACK OBAMA
DE CHANGER LA DONNE AU PROCHE-ORIENT.
ANALYSE
Le sort des élections se joue dans une quinzaine de
circonscriptions chrétiennes. Quel que soit le vainqueur du
vote de demain, sa majorité sera famélique. Ce qui promet des
lendemains périlleux.
Barack Obama n’aura peutêtre pas à attendre longtemps la
première occasion de traduire en gestes l’appel à la
réconciliation qu’il a lancé, jeudi, au monde musulman.
Des
partisans du leader chrétien Michel Aoun, allié du
Hezbollah, ont manifesté hier à Beyrouth.
Cette occasion pourrait se présenter dès la semaine prochaine,
dans un petit pays déchiré qui tient demain des élections
cruciales. Où donc ? Au Liban.
Le scrutin met en scène deux grandes coalitions. La première,
au pouvoir depuis quatre ans, est regroupée autour de Saad
Hariri – fils de l’ex-premier ministre Rafiq Hariri, assassiné
en 2005. Dominée par les musulmans sunnites, cette formation
est antisyrienne et pro-occidentale.
La seconde, actuel lement dans l’opposition, est dominée par
le Hezbollah, le mouvement chiite armé qui domine le sud du
pays. Pro-syrienne, soutenue par l’Iran, elle est associée au
Courant patriotique libre du leader chrétien Michel Aoun.
Les derniers sondages donnent une infime avance à la coalition
de l’opposition. Le Hezbollah, parti que plusieurs pays, dont
le Canada, considèrent comme une organisation terroriste,
pourrait donc remporter avec ses alliés le scrutin de demain.
Cette perspective rappelle le scénario qui s’est joué il y a
trois ans, à quelques centaines de kilomètres au sud, quand
les Palestiniens ont voté majoritairement pour le Hamas. La
communauté internationale avait rejeté ce résultat, qui
donnait le pouvoir à un mouvement islamiste responsable de
dizaines d’attentats terroristes en Israël.
Le Canada avait alors été le premier à cesser toute aide au
gouvernement du Hamas, suivi par la plupart des pays
occidentaux. Ce scénario pourrait se répéter au Liban si
jamais la coalition du Hezbollah devait gagner, craignent les
analystes.
De passage à Beyrouth deux semaines avant le scrutin, le
viceprésident américain, Joe Biden, a lui-même évoqué cette
possibilité. « Les électeurs ont le droit de choisir, mais le
partenariat américain dépendra de leur engagement en faveur de
la liberté », a-t-il averti. Traduction: votez comme vous
voulez ; au pis aller, on vous coupera les vivres.
Pourtant,
l’expérience palestinienne montre que ce genre de punition
collective ne règle rien, au contraire. « À Gaza, cette
attitude a contribué aux dissensions internes », souligne la
politologue Marie-Joëlle Zahar.
Le Liban n’a vraiment pas besoin qu’on exacerbe ses
dissensions, déjà assez vives, merci. Les deux grands courants
politiques avaient frôlé la guerre civile avant de conclure
une trêve, il y a un an. Cette trêve demeure ultrafragile. Et
les sujets délicats ne manquent pas. Au premier plan: le
désarmement du Hezbollah, prévu par les résolutions
internationales mais rejeté, comme on l’imagine, par ce
mouvement qui s’appuie sur une véritable armée.
Le sort des élections se joue dans une quinzaine de
circonscriptions chrétiennes. Quel que soit le vainqueur du
vote de demain, sa majorité sera famélique. Ce qui promet des
lendemains électoraux périlleux.
Pas étonnant que l’International Crisis Group (ICG), groupe de
recherche sur les conf lits, qualifie ces élections de «
rendezvous piégé ».
Selon un responsable américain cité par l’ICG, le Liban se
trouve déjà en situation de « guerre civile froide ».
L’impasse se prolongera, peu importe l’issue du vote. « À
terme, tout cela peut finir par une nouvelle guerre chaude. »
En ostracisant un éventuel gouvernement du Hezbollah,
Washington contribuerait à exacerber les tensions. Or, le
Liban n’est pas Gaza. Le pouvoir y est savamment réparti entre
les nombreuses factions de la mosaïque libanaise. Et il y a
longtemps que le Hezbollah fait élire des députés au
Parlement.
Les Libanais auraient donc le droit d’envoyer le Hezbollah
dans l’opposition, mais pas celui de le faire siéger du côté
du pouvoir? Il y a là comme une contradiction, loin, très loin
des beaux discours de Barack Obama. Le scrutin de demain se
joue sur un champ de mines. Son issue aura des conséquences
internes et externes importantes. « Une victoire de
l’opposition renforcerait la position de l’Iran et de la Syrie
», prévoit le politicologue Sami Aoun.
Si les États-Unis mettent leur menace à exécution, ils
ajouteront une goutte d’huile à un cocktail explosif. Au
risque de tracer une première égratignure sur la surface lisse
des belles paroles de leur président.
Le Hezbollah en position de force
— Symbole de
l’importance des élections législatives de demain au Liban, à
Beyrouth, ces jours-ci, la campagne électorale s’af fiche
partout. Sur les pare-brise des voitures, les bretelles
d’autoroute et jusque dans les moindres petites ruelles
obscures.
L’une des publicités, conçue par le mouvement des Forces
libanaises, s’étale sur bon nombre de panneaux. Elle
représente deux drapeaux. Le premier est celui du Liban. Le
second est une bannière jaune, emblème du Hezbollah, le Parti
de Dieu. Au beau milieu de cette bannière, le cèdre vert du
Liban a été remplacé par un arbre couleur orange, symbole de
l’allié chrétien du parti: le général Aoun.
Le message, volontairement provocateur, a le mérite d’être
sans équivoque. Les électeurs chrétiens devront choisir entre
le respect de la souveraineté libanaise – portée par
l’actuelle majorité « antisyrienne » et soutenue par
l’Occident – ou un modèle appuyé par la Syrie et l’Iran dans
lequel le Hezbollah tout-puissant dominera son allié chrétien.
Car c’est bien la communauté chrétienne, profondément divisée
en deux camps, qui va décider de l’issue du scrutin, en vertu
d’une nouvelle loi électorale adoptée en 2008.
Si le général Aoun remporte la majorité des 64 sièges
chrétiens en jeu, alors le Parti de Dieu et son allié chiite,
Amal, formeront la majorité.
« Dans ce cas, le Liban va peu à peu devenir un pays musulman.
Une partie des chrétiens risque de quitter le pays. Le général
Aoun, qui a besoin du Hezbollah pour devenir président, est
aveuglé par ses ambitions et ne voit pas le danger que
représente cette alliance », affirme Georges, la quarantaine.
Gouverner ou pas
Ce discours
irrite pourtant au plus haut point les partisans du général
Aoun. « Quand le Hezbollah est entré au gouvernement en 2005
avec ceux qui sont aujourd’hui dans la majorité, personne
n’a dit que le Liban risquait de se transformer en
République islamique d’Iran! C’est de la pure propagande »,
soutient Tony, 33 ans, militant du Courant patriotique libre
(CPL), le mouvement du général chrétien.
« Le Hezbollah, en raison du système confessionnel libanais,
ne disposera que d’une dizaine de sièges au Parlement,
tandis que le général pourrait en avoir 40. Comment peut-on
dire que le Hezbollah mènera la danse ? » s’exclame-t-il.
Les sondages donnent jusqu’ici une légère avance au
Hezbollah et à ses alliés. Mais de nombreux analystes
croient que la victoire de cette alliance, dite du « 8 mars
», ne modifierait pas profondément le visage du pays.
Le Parti de Dieu, en effet, n’entend pas gouverner, mais
avant tout garder au sein du futur gouvernement la minorité
de blocage, afin de pouvoir opposer son veto à toute
décision qui menacerait son bras armé et donc ses ambitions
régionales.
Ne pas faire peur
« Le Hezbollah ne souhaite pas avoir une place trop
importante au gouvernement, ce qui impliquerait des
responsabilités et aussi une plus grande vulnérabilité à
l’égard de l’État hébreu, qui aura moins de complexes à
attaquer le Liban », estime Paul Salem, directeur du Centre
Carnegie pour le Proche-Orient à Beyrouth.
Mais pour certains intellectuels chiites, comme Lokman Slim,
qui a ouvert un centre culturel au coeur de la banlieue sud
de Beyrouth – véritable fief du Hezbollah –, la stratégie du
Parti de Dieu, pernicieuse, s’inscrit davantage dans le long
terme.
« Le Hezbollah ne mène jamais d’attaques frontales pour ne
pas faire peur, affirme-t-il. Il est beaucoup trop
intelligent pour ça. Mais il infiltre, il grignote le
pouvoir petit à petit. Il est passé maître dans sa
conservation " modérée" du pouvoir institutionnel, pour
ensuite servir ses objectifs. »
Mahmoud Abbas en visite au Canada
— En marge de sa
rencontre avec son homologue américain Barack Obama, à
Washington, le président de l ’Autorité palestinienne, Mahmoud
Abbas, sera de passage au Canada la semaine prochaine, a appris
La Presse.
M. Abbas est attendu dans la capitale américaine le 28 mai, mais
devrait passer par Ottawa auparavant, soit le mardi 26 mai , ont
conf i rmé di f férentes sources à La Presse. Il doit notamment
assister à l’inauguration des nouveaux bureaux de l a Délégat
ion généra le palestinienne au Canada, rue Driveway, à Ottawa.
Il sera, à cette occasion, reçu par le délégué général de la
Palestine au Canada, Amin Abou-Hassira.
Le président de l’Autorité palestinienne devrait par ailleurs
rencontrer des représentants du gouvernement canadien,
possiblement le premier ministre Stephen Harper, ou encore son
ministre des Affaires étrangères, Lawrence Cannon, peut-être
même les deux, a soutenu une source gouvernementale.
Au bu r e au du mini s t r e Cannon, on refuse toutefois de
confirmer d’éventuelles rencontres officielles. Des annonces
devraient être faites d’ici la fin de la semaine, a-t-on
rétorqué.
En prévision
d’un important discours qu’il prononcera à l’intention du
monde musulman, le 4 juin, en Égypte, le président Obama a
rencontré lundi dernier le premier ministre israélien Benyamin
Nétanyahou. Il rencontrera aussi le président égyptien Hosni
Moubarak le 26 mai et terminera sa série d’entretiens liés au
Proche-Orient avec la visite, le 28 mai, du président de
l’Autorité palestinienne en sol américain.
En ma i 20 05, Mahmoud Abbas avait rencontré le premier
ministre libéral de l’époque, Paul Martin, lors d’une visite
éclair à Ottawa.
Les relations entre le Canada et l ’Autorité palest i nienne
se sont toutefois détériorées par la suite, avec l’élection au
scrutin législatif de janvier 2006 du mouvement islamiste
Hamas, considéré comme une organisat ion ter roriste par le
ministère canadien de la Sécurité publique.
Ottawa avait alors i nterrompu son aide financière au
gouvernement Abbas, pour ne la reprendre qu’en juillet 2007,
après la formation d’un nouveau cabinet et l’accession au
poste de premier ministre de Salam Fayyad, considéré comme
beaucoup plus modéré que son prédécesseur, Ismaïl Haniyeh.
Au cours d’une mission au Moyen-Orient, le ministre Lawrence
Cannon a rencontré le président Abbas en Jordanie, le 28
février dernier, et a réitéré la volonté du gouvernement
canadien de venir en aide au peuple palestinien.
La grippe
qatariote: Al-Jazira
Co m pr i s d a
n s la location d’un chalet, l’hiver dernier : un téléviseur.
Câblé, en plus. Je sais que c’est drôle à dire, dans un pays où
le citoyen moyen regarde près de 30 heures de télé par semaine,
mais je regarde assez peu la tivi. Ne me fusillez pas, de grâce.
Au chalet, j’avais du temps. Du temps pour niaiser. Donc, pour
bien m’assommer, les fois où je n’arrivais pas à m’endormir, je
m’amusais à zapper sans arrêt, du Canal-ceci au Canal pour les
chats en passant par le canal Historia, le History Channel et
Super Écran...
Et? Et c’est quand même incroyable les chaînes qui survivent en
diffusant niaiseries et marde en spray...
Il y a quoi, 700 chaînes, au Canada?
Des centaines, en tout cas. Mais pas Al-Jazira.
C’est ma marotte télévisuelle de 2009, désolé. L’absence
d’AlJazeera English du paysage télévisuel canadien. On apprenait
récemment que le CRTC, l’organisme réglementaire qui arbitre le
terrain de jeu des télévisions, radios et câblodistributeurs
canadiens, va se pencher bientôt sur l’entrée d’Al-Jazeera
English sur ce terrain de jeu.
Et s’il faut se fier au sort réservé à Al-Jazira, version arabe,
il y a de quoi être inquiet. Le CRTC, il y a quelques années, a
autorisé les câblodistributeurs à offrir la chaîne du Qatar, le
CNN arabe, selon l’expression consacrée, aux Canadiens.
Mais à une condition, grotesque. En obligeant les Bell Express
Vu, Vidéotron, Shaw et autres Rogers à éditer eux-mêmes le
contenu potentiellement offensant d’Al-Jazira.
Ce qui est à peu près aussi ridicule qu’obliger l’imprimeur d’un
journal à stopper les presses si un article dudit journal est
susceptible d’offenser quelqu’un.
Le OUI du CRTC était dans les faits un NON. Et les
câblodistributeurs canadiens ont donc refusé d’offrir la version
arabe d’Al-Jazira.
C’était en 2004. Deux ans plus tard, Al-Jazeera English, AJE
pour les intimes, voyait le jour.
Al-Jazira fait peur à bien des gens, en Occident.
La chaîne couvre le globe, selon un point de vue différent de
CNN ou de la BBC. Dans la foulée du 11 septembre 2001, c’est à
Al-Jazira que ben Laden envoyait ses messages à l’univers.
Déjà, c’était suffisant pour rendre suspect de collaboration
islamiste ce nouvel acteur médiatique. Puis, vint l’Afghanistan
et l’Irak. Al-Jazira a montré l’« autre » côté des invasions de
ces deux pays. D’un point de vue différent de celui de CNN, FOX
et cie.
Le côté que ne pouvaient pas voir les correspondants « embeddés
» dans les blindés de l’armée américaine.
Pour
l’administration américaine, Al-Jazira est devenue, dès lors, un
ennemi à abattre. Littéralement, ou presque.
Le journaliste d’enquête Ron Suskind, dans le formidable livre
One Percent Doctrine (1), affirmait que le missile tombé sur le
bureau d’Al-Jazira à Kaboul, fin 2001, après la chute des
talibans, n’était pas une bavure militaire...
Al-Jazira fait peur à bien des gens, en Occident. Et quand
l’Occidental que je suis s’est retrouvé en Israël, au début de
l’année, il était un peu suspicieux, en regardant Al-Jazeera
English. La seule chaîne, par ailleurs, à diffuser en direct de
Gaza.
Rapidement, j’ai été séduit. Je l’ai écrit : du bon travail
journalistique, pas d’hystérie, pas de bêtise, pas de point de
vue bêtement pro-palestinien. Et les porte-parole israéliens,
militaires et politiques, y défilaient.
Sur CNN, on pouvait voir les hélicoptères israéliens tirer, les
soldats se déployer à côté de leurs chars. Al-Jazira, elle,
montrait les dégâts de ces missiles. Les blessés arrivant à
l’hôpital en civière. Les enfants morts sous les décombres. L’«
autre » côté, quoi. Un excellent apport à son buffet de sources
d’information quotidien.
Le CRTC va-t-il donner le feu vert à AJE, cette fois-ci ? Ma
camarade Agnès Gruda, la semaine dernière, a pris le pouls des
groupes d’intérêts qui voient d’un mauvais oeil la venue
d’AlJazira dans nos salons. Dont le B’nai Brith.
Michael Mostyn, porte-parole de l’organisme, a déclaré à Agnès:
« Cette télévision a une histoire de glorification du terrorisme
et même si la chaîne anglaise est différente, les deux
appartiennent à la même organisation. »
Ah, ce cher B’nai Brith. Toujours aussi délicat et nuancé dans
ses prises de position, qu’il s’agisse des nationalistes
québécois ou d’Al-Jazira!
Ce qui est fascinant, c’est que les Israéliens, eux, peuvent
regarder AJE. Les porte-parole de l’État hébreu donnent des
entrevues à la chaîne.
Mais le B’nai Brith a peur que les Canadiens soient exposés à
Al-Jazira. Je veux bien mesurer mes mots et éviter de dire que
cela est hystérique, mais avouez que c’est dur.
Ce soir, l’Université McGill sera l’hôtesse d’une conférence
portant sur Al-Jazira (2). Une des invitées s’appelle Catherine
Cano, ancienne directrice de l’info à Radio-Canada, désormais
adjointe au direc teur de l’information de Al-Jazira English.
« C’est Tony Burman, ancien rédacteur en chef de CBC, qui m’a
demandé, un jour: Veuxtu venir vivre dans le désert ? » explique
Cano, pour expliquer son déménagement à Doha, au Qatar, qui
abrite un des centres de diffusion d’Al-Jazira.
Pour Cano, Al-Jazira n’est pas la voix tant « arabe » que la
voix du « Sud ». La chaîne couvre ce que les autres couvrent
peu, ou pas, dit-elle: Amérique du Sud, Sri Lanka, Afrique, Asie
du Sud-Est.
« Le public est assez intelligent, à la fin, pour décider si
c’est bon ou pas bon. »
Al-Jazeera English rejoint plus de 140 millions de personnes,
dans plus de 100 pays. J’aimerais décider moi-même si son
produit est bon ou pas, comme un grand. Dans un monde complexe,
où il faut s’abreuver à plusieurs mamelles pour comprendre, ce
n’est pas un luxe.
Mais c’est le CRTC qui décide. Le même CRTC qui a accordé une
licence de diffusion à AnneMarie Losique pour qu’elle fasse
entrer dans nos salons une chaîne de contenu cochon, euh,
pardon, il faut dire « osé » (3). En français et in english.
Al-Jazira
refait une demande au CRTC - Agnès Gruda
Le Congrès juif
et Bnai Brith sont méfiants
Cinq ans après une première tentative infructueuse, le réseau de
télévision AlJazira revient à la charge et demande une licence
de diffusion au Canada.
C’est la
deuxième fois qu’Al-Jazira demande au CRTC une licence de
diffusion. Cette fois, par contre, c’est pour sa chaîne
anglaise.
Cette fois, c’est sa chaîne anglaise, considérée comme plus «
fréquentable » par ses critiques, qui frappe à la porte des
salons canadiens. Avec, à sa tête, un atout de taille : Tony
Burman, un Canadien qui a longtemps travaillé comme patron de
l’information à la CBC. « Pour moi, c’est naturel de vouloir
faire accéder les Canadiens à cette chaîne dont je suis très
fier et qui est déjà diffusée dans 110 pays », a dit M. Burman
lorsque La Presse l’a joint au Qatar, hier.
La chaîne anglaise d’Al-Jazira a donc présenté une demande de
licence au CRTC qui pourrait déclencher des consultations
publiques dès cette semaine. Le débat s’annonce houleux. Car,
même s’ils n’ont aucun reproche précis à formuler à l’égard de
la chaîne anglaise qu’ils suivent depuis deux ans, les opposants
s’inquiètent. Pour eux, Al-Jazira reste synonyme d’une
télévision militante qui donne le micro à « des racistes et des
antisémites ».
« Pendant ses deux premières années, la chaîne anglaise n’est
pas tombée dans le type de racisme qu’on peut voir sur la chaîne
arabe », reconnaît Bernie Farber, directeur du Congrès juif
canadien. « Mais les deux réseaux ont la même image de marque »,
fait-il valoir. Encore tout récemment, une des chaînes
d’Al-Jazira donnait le micro à un imam qui faisait l’apologie de
l’Holocauste, note M. Farber.
Si le Congrès juif n’a pas encore fait son lit sur la demande
d’Al-Jazira, une autre organisation juive, le Bnai Brith, ne
mâche pas ses mots. « Cette télévision a une histoire de
glorification du terrorisme, et même si la chaîne anglaise est
différente, les deux appartiennent à la même organisation », dit
Michael Mostyn, porte-parole du Bnai Brith.
Cet organisme n’a rien contre la venue d’Al-Jazira au Canada,
mais à une condition: que le CRTC la surveille de près et
s’assure qu’elle ne laisse rien passer qui soit « contraire aux
valeurs canadiennes ».
Surveiller le
contenu
Le hic, c’est qu’il y a cinq ans, une exigence semblable avait
suffi à faire dérailler le projet canadien d’Al-Jazira. À
l’époque, le CRTC avait accepté de donner une licence à la
chaîne arabe à la condition que son câblodiffuseur se porte
garant de son contenu. La perspective d’une surveillance
continue et coûteuse avait fait reculer les compagnies de câble.
Le projet a avorté. A-t-il plus de chance d’aboutir cette
fois-ci ?
Tony Burman en est convaincu. « Nous avons fait une véritable
percée pendant la guerre de Gaza, souligne-t-il. Nous étions la
seule télévision internationale à pouvoir couvrir autant ce qui
se passait à Gaza que ce qui se passait en Israël. » La guerre
de Gaza a servi de rampe de lancement à la chaîne anglaise
d’Al-Jazira, un peu comme la guerre du Golfe avait lancé CNN,
note-t-il.
Tout en volant à la défense du réseau arabe, qui fait preuve de
neutralité selon lui, Tony Burman fait valoir que les deux
chaînes sont bien différentes, ne serait-ce qu’à cause de leur
public. Al Jazira anglais répond aux intérêts de ses
téléspectateurs dans 69 pays, et ne porte donc pas un intérêt
particulier au monde arabe. Hier, par exemple, son bulletin
d’information s’ouvrait avec un reportage sur la guerre civile
au Sri Lanka. « Nous allons là où sont nos téléspectateurs,
c’est-à-dire en Asie, en Amérique latine ou en Afrique, nous
avons relativement peu d’auditeurs au Moyen-Orient » , explique
Tony Burman.
Il insiste aussi pour dire que les dirigeants du Qatar, qui
fournissent 80% du financement d’Al-Jazira, n’interviennent pas
dans les décisions éditoriales.
« À mon avis, la chaîne anglaise d’AlJazira est comparable à CNN
et BBC », dit Marc Raboy, expert des médias à l’Université
McGill. Il dit comprendre les préoccupations du Congrès juif et
du Bnai Brith, mais ne pas les partager. « Al-Jazira est la
seule chaîne d’envergure internationale à être basée dans le
Sud, elle fait du journalisme classique, mais avec une fraîcheur
et une énergie particulières », dit-il.
Marc Raboy, qui organise d’ailleurs un débat sur la demande de
licence d’AlJazira mardi prochain à l’Université McGill, ne voit
tout simplement aucune raison pour que cette chaîne ne soit pas
offerte aux Canadiens.
NOUVEAUX
HEURTS
ENTRE FATAH ETHAMAS
Trois policiers
palestiniens ainsi que deux membres du Hamas et un civil
palestinien ont été tués hier lors d’échanges de tirs à Qalqilya
(nord de la Cisjordanie), suscitant une nouvelle tension entre
le Fatah et le mouvement islamiste. Les policiers ont été tués
alors qu’ils tentaient d’arrêter Mohammad Samman, un membre des
Brigades Ezzedine al-Qassam, le bras armé du Hamas, qui était
retranché dans une maison, selon la police palestinienne. Samman
ainsi qu’un autre membre des Brigades ont également trouvé la
mort, de même que le propriétaire de la maison. Dans un
communiqué publié à Gaza, le Hamas a condamné « un crime commis
par des bandes qui opèrent pour le compte des sionistes (Israël,
ndlr) », affirmant que « Mahmoud Abbas, son autorité et ses
services de sécurité ont dépassé les lignes rouges et assument
l’entière responsabilité de ce crime abject ».
Ahmadinejad au
coeur d’une tempête diplomatique
CONFÉRENCE DE
L’ONU SUR LE RACISME
Seul chef d’État présent à la conférence de l’ONU sur le
racisme, le président iranien Mahmoud Ahmadinejad n’avait pas
prononcé deux phrases de son discours, hier, que déjà il
soulevait une tempête diplomatique. Outrés par ses propos sur
Israël, une quarantaine de diplomates européens ont quitté la
salle en cortège pendant son allocution.
Dans la
salle, trois manifestants étaient déguisés en clown et
criaient « raciste, raciste » à l’intention du président
iranien.
Connu pour ses positions extrêmes – il a déjà menacé de « rayer
Israël de la carte » –, Mahmoud Ahmadinejad a profité de la
tribune qui lui était offerte hier matin à Genève pour faire le
procès du gouvernement israélien, « un régime cruel,
d’oppression et raciste dans la Palestine occupée », a-t-il
lancé.
Le président iranien a aussi envoyé une salve contre les alliés
occidentaux d’Israël. « Après la fin de la Seconde Guerre
mondiale, (les alliés) ont eu recours à l’agression militaire
pour priver de terres une nation entière sous le prétexte de la
souffrance juive », a ajouté le chef d’État iranien.
Malgré les imprécations de trois manifestants déguisés en clown
qui criaient « raciste, raciste » à son intention et le coup de
théâtre des diplomates européens, Mahmoud Ahmadinejad,
impassible, n’a pas interrompu son discours, le tout premier
prononcé dans le cadre de la deuxième Conférence mondiale contre
le racisme, la discrimination raciale, la xénophobie et
l’intolérance des Nations unies. Il n’y avait pas que de la
désapprobation dans l’air : plusieurs personnes dans la salle de
conférence ont applaudi et crié leur soutien au président
iranien.
Dans les minutes qui ont suivi le discours contesté, des
réactions ont fusé de partout dans le monde. L’ambassadeur
adjoint des États-Unis à l’ONU a qualifié « d’exécrable » et de
« honteux » les propos d’Ahmadinejad. Le président français
Nicolas Sarkozy a dénoncé ce qu’il considère « un appel
intolérable à la haine raciste ».
Le secrétai re
général des Nations unies, Ban Ki-moon, a déploré pour sa part
l’intervention du politicien iranien qui, selon lui, « accuse,
divise et provoque ».
Cette conférence, baptisée Durban II par plusieurs, en référence
à la première rencontre houleuse du même genre qui a eu lieu en
Afrique du Sud en 2001, était déjà partie du mauvais pied.
Plusieurs pays, dont le Canada, l’Australie, l’Italie et Israël
l’ont boycotté bien à l’avance. Juste avant son ouverture, les
ÉtatsUnis et les Pays-Bas, ont signifié qu’ils n’y
participeraient pas. Des parties de la déclaration finale de la
conférence visant Israël sont au coeur du litige.
« Certains croient que les pays occidentaux auraient dû être
impliqués dès le début pour obtenir de meilleurs résultats, mais
je suis loin d’en être convaincu » a dit hier à La Presse
l’ancien ambassadeur canadien aux Nations unies, Paul
Heinbecker. Ce dernier avait claqué la porte de Durban I après
que le Canada y fut accusé « d’esclavage ».
Schisme Orient-Occident
Selon Sami Aoun, le discours d’Ahmadinejad et l’approbation
qu’il a suscité dans une partie de l’audience, est symptomatique
d’un malaise plus profond au sein des Nations unies.
« Ahmadinejad exprime en quelque sorte la volonté de beaucoup de
pays qui veulent désoccidentaliser les grandes institutions
internationales. Il y a beaucoup d’antiaméricanisme et de
mécontentement dans ces pays à l’égard de la politique
israélienne », explique le professeur de science politique de
l’Université de Sherbrooke. Si au sein du G20, les pays du Sud
sont peu représentés, dans les instances de l’ONU, ils sont
grandement majoritaires.
Conflit
de Gaza: Israël responsable de six incidents graves
La responsabilité d'Israël est engagée
dans six incidents ayant causé des morts, blessures ou dégâts
dans les installations de l'ONU lors de l'offensive à Gaza en
décembre/janvier, selon un rapport publié mardi à l'ONU et
contesté par l'Etat hébreu.
«Dans six des neuf incidents (ayant fait
l'objet de l'enquête), les morts, blessures et dégâts ont été
causés par des actions militaires des Forces de défense d'Israël
(IDF), usant de munitions lancées ou larguées depuis les airs ou
tirées du sol», affirme ce rapport dont un résumé a été remis au
Conseil de sécurité et communiqué à la presse.
Un septième incident, moins grave, est également attribué à des
tirs israéliens, d'armes légères. Un huitième est en revanche
attribué à «une faction palestinienne, probablement le Hamas» et
aucune responsabilité certaine n'a pu être établie pour le
neuvième.
Le rapport émane d'une commission d'enquête indépendante mise
sur pied par l'ONU pour enquêter sur neuf incidents lors
desquels les locaux de l'ONU dans la bande de Gaza avaient subi
des bombardements ou des tirs, attribués pour la plupart à
Israël et qui avaient fait des morts, des blessés et
d'importants dégâts matériels.
Avant même sa publication, le gouvernement israélien a rejeté le
rapport de la commission, affirmant qu'il était biaisé en faveur
du groupe islamiste Hamas.
«L'Etat d'Israël repousse les critiques formulées dans ce
rapport et estime qu'elles sont biaisées, déséquilibrées et
ignorent les faits tels qu'ils ont été présentés (par Israël) à
la commission d'enquête, et induisent donc l'opinion mondiale en
erreur», a indiqué le ministère israélien des Affaires
étrangères dans un communiqué.
«Il est stupéfiant que le rapport de l'ONU ne fasse pas porter
la moindre responsabilité au Hamas qui s'est pourtant installé à
proximité des installations de l'ONU pour lancer des attaques
contre Tsahal», l'armée israélienne, dit encore le ministère.
Le quartier général de l'agence de l'ONU pour l'aide aux
réfugiés palestiniens (UNRWA) et plusieurs de ses écoles avaient
été endommagés dans des attaques israéliennes lors de
l'offensive qui a fait plus de 1 400 morts palestiniens.
«Aucune activité militaire n'était menée à partir des locaux de
l'ONU au moment de ces incidents», ajoute le rapport,
contredisant les affirmations d'Israël à l'époque.
Il accuse le gouvernement d'Israël de n'avoir «pas fait
suffisamment d'efforts et pris assez de précautions pour remplir
sa responsabilité de respecter l'inviolabilité des installations
de l'ONU et protéger les civils dans ces lieux».
«Les actes des forces israéliennes impliquent des degrés variés
de négligence ou d'imprudence» vis-à-vis de ces installations
«ayant eu pour conséquences des morts, des blessures et
d'importants dégâts matériels», poursuit le rapport.
La commission d'enquête recommande à l'ONU de demander à Israël
«une reconnaissance formelle du fait que ses affirmations
publiques selon lesquelles des Palestiniens avaient effectué des
tirs à partir de l'école Jabalia de l'UNRWA le 6 janvier et du
bureau de l'UNRWA le 15 janvier étaient fausses et qu'Israël les
regrette».
Elle recommande aussi que l'ONU entame des démarches pour
obtenir d'Israël des réparations financières pour les dépenses
en conséquence de ces incidents.
Lors d'une conférence de presse peu après la diffusion du
rapport, le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a indiqué
son intention de «demander réparations pour les dommages subis
par l'ONU».
Soulignant le «caractère indépendant» de la Commission, il a
démenti des informations de presse selon lesquelles il aurait
édulcoré le rapport sous la pression des autorités israéliennes.
Il a remercié le gouvernement d'Israël pour sa coopération à
l'enquête, ainsi que l'Autorité palestinienne.
Par ailleurs, depuis Genève, le Comité anti-torture de l'ONU a
dénoncé mardi l'utilisation par le Service général de sécurité
israélien d'un centre secret de détention et d'interrogatoires.
Le parapluie
perdu - PATRICK LAGACÉ
Youssef
Ismail, 51 ans, apatride, est un parapluie qui poireaute au
comptoir des objets perdus des nations. C’est inhumain, c’est
indigne, c’est absurde.
En 1992, I mmigration Canada a émis un ordre d’expulsion
contre le P a l e s t i n i en Yous s e f Ismail. Refusée, sa
demande de réfugié politique au Canada. Ça arrive. Mais la
justesse de cette décision n’est pas le but de cette
chronique.
Le hic, c ’est que Youssef Ismail est encore au pays. Il vit
dans un petit appartement, sur Crémazie.
Youssef Ismail, 51 ans, aimerait bien retourner dans son
village, en Cisjordanie.
Mais Ismail n’a pas de pays. Les Palestiniens vivent sur un
territoire enclavé dans l’État d’Israël. Et c’est Israël qui
contrôle les entrées et sorties des Palestiniens sur ces
territoires.
Or, depuis 1994, I sraël refuse de délivrer les papiers de
voyage qui permettraient à Youssef Ismail de quitter le
Canada, monter dans un avion qui se poserait à l’aéroport de
Tel-Aviv, transiter par le territoire israélien pour arriver à
Qalqilya, le village où vivent encore sa soeur, sa mère, son
frère.
Pourquoi ? Je n’ai pas de réponse . Per sonne n ’ a de
réponse.
À l’Agence des services frontaliers du Canada, un porteparole
m’a lu une déclaration : « Pour procéder, on doit obtenir des
documents de voyage du pays en question. Mais je ne peux vous
demander de renseignements sur une tierce partie. »
J’ai donc appelé le consulat israélien à Montréal. On m’a
renvoyé à l’ambassade israélienne à Ottawa. J’ai laissé des
messages. Pas de réponse.
Mon ami et collègue Fabrice de Pierrebourg a fouillé le
volumineux dossier de Youssef Ismail, pour RueFrontenac. com.
Il a trouvé des traces à propos de fonct ionnaires exa spérés
qu’ I sraël , dans ce dossier, traîne les pieds. Une note de
service, datée de 1992, est claire : la solution est «
diplomatique ».
Stéphane Handfield est avocat en immigration. Ce qui, entre
vous et moi, n’est pas exactement la meilleure façon de
devenir riche. Représenter pro bono un Palestinien sans le sou
non plus, coincé dans un vide juridique digne de Kafka non
plus.
« Je n’ai jamais rien vu comme ça », me dit Me Handfield,
alors que Youssef Ismail est assis bien sagement à côté de
moi, f lottant dans ses vêtements pêchés dans les coffres d’un
organisme d’aide aux pauvres.
Et moi , j e n’avais j amais vu d’apatride. Un apaquoi ?
Apatride: sans patrie. C’est ce qui est écrit sur le document
officiel d’Immigration Canada, le seul document qui confère
une existence juridique à ce petit chauve : apatride.
Stateless. Sans État, quoi.
Ismail baragouine l’anglais. Comprend un peu le français. Ne
peut pas travailler, ne peut pas étudier. Et il est en train
de devenir fou. Peut-être est-ce déjà fait, remarquez...
Ismail a fait des conneries. faux passeport italien, habite
rue Créma z ie, à Montréa l , Québec, Canada, parce que
quelqu’un, quelque part, en Israël, pour une raison inconnue,
ne veut pas lui émettre de papiers officiels pour transiter de
l’aéroport Ben-Gourion à son village.
Pourquoi ?
Raisons de sécurité, fort probablement.
Il a frayé avec l’Organisation de libération de Palestine, à
la fin des années 70, au Liban. Puis, en Italie, où il a vécu,
les flics l’ont arrêté, après le drame de l’Achille Lauro, un
bateau de croisière détourné par des terroristes du Front de
libération de Palestine, qui ont bravement tué un Américain
handicapé pendant le siège.
Ismail a été interrogé, puis relâché. Aucune accusation.
Mais comme je vous dis : personne n’a de réponse. On Exaspéré
d’attendre, de flotter dans ce vide juridique, depuis 17 ans,
il a fait des menaces dans des bureaux fédéraux. Genre, je
vais me faire sauter ! Il a déjà brisé une vitre dans un
bureau. Des bêtises du genre. Tout pour attirer l’attention.
Ma i s ça ne ma r che pas . Youssef Ali Ismail, né en 1958
dans un village jordanien qui a cessé d’être jordanien en
1967, après la guerre des Six Jours, « et pas au Liban, comme
c’est écrit sur le papier d’Immigration Canada », arrivé ici
avec un ne sait pas pourquoi, en vérité, Israël refuse de
laisser atterrir Ismail à Ben-Gourion.
Est-il un dangereux terroriste ? Si c’est le cas, pourquoi ne
pas l ’ a r rêter ? Pourquoi les Israéliens ne veulent-i ls
pas l ’ i nterroger ? Pourquoi le Canada le laisse-t-il vivre
dans son appar tement , rue Crémazie ?
C’es t i ncompréhens i ble. Chaque année, des Palestiniens
sont expulsés de pays occidentaux vers les Territoires
occupés. Il faut bien qu’ils passent, à un moment donné, par
Israël : les villages palestiniens sont enclavés dans le pays
Donc, des Palestiniens expulsés, et il y en a pas mal puisque
les Palestiniens forment 50% des 8 millions d’apatrides de la
planète, ça existe. Israël les accommode. Mais pas Youssef
Ismail. Pourquoi ? Parce que. Dans cette affaire, Israël fait
la sourde oreille, le Canada ne fait pas de vagues et le
Québec, lui, paie. Ben oui : l’aide sociale, c’est provincial.
Et Ismail reçoit le strict minimum que l’État québécois
consent aux pauvres : 580$.
Youssef Ismail, 51 ans, attend donc, rare demandeur de statut
de réfugié qui veut être retourné dans son pays au pc...
J’ai bien peur, mon pauvre Ismail, que ça n’arrivera pas.
On d i r a i t bien que quelqu’un vous a oublié dans
l’équivalent humain du comptoi r des objets perdus.
Youssef Ismail, 51 ans, apatride, est un parapluie qui
poireaute au comptoir des objets perdus des nations.
C’est inhumain, c’est indigne, c’est absurde.
Et c’est, semble-t-il, le destin de M. Ismail. Encore plus
absurde ? La distance entre l ’ aéro - port Ben-Gourion de
Tel-Aviv et Qalqilya, le village de la famille de Youssef
Ismail, est de 35 kilomètres ; 34 minutes en voiture, selon
Google Map.
Entre peste et
choléra PATRICK LAGACÉ CHRONIQUE
On va me dire, c’est sûr, qu’Israël est à blâmer.
Qu’Israël a fait tomber sur Gaza tout ce que le génie
militaire moderne a de mieux à offrir.
Que le combat était inégal. C’est vrai.
Mais c’est précisément l’exaspérant piège de ce maudit con f l
i t : tomber da ns une concurrence des victimes.
Il y a des gens qui vont dire: Ah, voyez, le Hamas, c’est une
bande de barbares, il faut ce qu’il faut…
Ah oui ? Même des bombes au phosphore ?
Je soul igne le rapport de HRW parce qu’il y a vraiment des
salopards des deux bords. Je ne sais même plus qui l’est
davantage.
Quand je suis allé en Israël, en janvier, c’est ce que j’ai
trouvé de plus dur: faire comprendre qu’il n’y a pas les bons
d’un bord et les méchants de l’autre. C’est plus compliqué.
Et, chaque fois qu’Israël est critiquée, ici, c’est ce qui me
déprime: cette tendance qu’ont bien des gens à avoir des
sympathies pour le Hamas (ou le Hezbollah), puisque Israël est
le « méchant » désigné.
Notez aussi que lesmanifs antiHamas ne paralysent pas souvent
le centre-ville.
On lit ce rapport de HRW et on voit l’ampleur du banditisme
islamique à Gaza.
Solidarité avec les Palestiniens?
Évidemment, toujours. Avec le Hamas? No way, jamais.
UNE VILLE
EMMURÉE - Agnès Gruda
Qalqilya est
une ville palestinienne de 45 000 habitants, adossée à la «
ligne verte », la frontière reconnue d’Israël. Ici, le maire
est islamiste et le Hamas a la cote.
Les
agriculteurs de la région de Qalqilya doivent passer par des
«portes agricoles» pour rejoindre leurs lopins de terre.
Parfois, l’attente peut prendre des heures.
Aujourd’hu i , cet te vil le de Cisjordanie est presque
complètement encerclée par huit mètres de béton. Les
agriculteurs qui possèdent des terres au-delà du mur doivent
passer par une « porte agricole » ouverte à peine quelques
heures par jour.
Tous les matins, ils se rassemblent dès l’aube devant une
grille métallique surmontée de barbelés. L’attente est longue.
Les paysans doivent exhiber les bons papiers et traverser un
détecteur de métal.
Abed Arabas, horticulteur, vit à Qalqilya. Pour aller
travailler chez Shquarro, une pépinière située dans une zone
tampon de l’autre côté du mur, il emprunte un tunnel qui passe
sous une route réservée aux Israéliens. Pour passer, il doit
montrer patte blanche. Ça peut prendre jusqu’à deux heures.
Les Israéliens, eux, entrent dans la zone tampon sans
s’arrêter aux points de contrôle. Et voyant leurs plaques
d’immatriculation jaunes, les soldats leur font signe de
passer.
« Une zone tampon ici ? Je ne savais pas », dit une cliente de
la pépinière qui habite la colonie juive voisine d’Alfe
Menache.
Les clients
de Shquarro sont presque tous israéliens. Ils adorent Abed et
viennent de loin pour acheter ses fleurs. Sont-ils conscients
du temps qu’il perd chaque jour pour traverser le mur?
« J e ne c r oi s pas » , dit l’horticulteur.
« Abed est très gentil, mais c’est la situation, je n’y peux
rien et il n’y peut rien », résume Dani Lévy, fleuriste
israélien venu chercher des fleurs pour sa boutique.
D’autres cultivateurs palestiniens ont abandonné l’idée de
vendre leurs produits à l’extérieur du mur.
Eux qui, autrefois, écoulaient leurs légumes dans toute la
Cisjordanie doivent maintenant poireauter des heures aux
points de passage. Leurs tomates pourrissent. Ils ont de la
peine à atteindre le village palestinien voisin. Alors ils se
rabattent sur la clientèle locale.
Et la construction du mur n’est pas encore terminée. Sur la
carte, le pointillé qui indique où passera la barrière pointe
deux doigts au coeur de la Cisjordanie, à la hauteur de
Qalqilya et de Salfit.
Pour Ray Dolphin, du Bureau des Nations unies pour les
Affaires humanitaires (OCHA) à Jérusalem, une fois que ce plan
sera réalisé, « la vie dans ces villes deviendra impossible ».
SEULS ENTRE LES BARBELÉS
Les
Palestiniens l’appellent al djeddar – le mur. En hébreu, on
dit gader, la barrière. Érigée pour empêcher les attentats
suicide qui ont fait plus d’un millier de victimes
israéliennes au début des années 2000, cette construction
s’enfonce par endroits
CISJORDANIE MASHA— Hani Amir a la tête presque aussi dure
que le mur de béton qui domine sa maison. Ni les pressions,
ni les barbelés ne lui feront quitter l’endroit où il vit
avec sa femme, Mounira, et les plus jeunes de leurs six
enfants.
PHOTO AGNÈS GRUDA,
COLLABORATION SPÉCIALE
Hani Amir vit derrière ce
portail dont il possède la clé. En principe, il lui est
interdit de recevoir des visiteurs.
Pour se rendre chez les Amir, il faut traverser Masha,
village palestinien situé à un peu plus d’une heure de route
au nord de Jérusalem.
Avec ses fenêtres placardées et ses rues désertes, Masha a
des airs de village abandonné. Au bout d’une rue cahoteuse,
nous débouchons sur une zone militaire encerclée par des
clôtures métalliques et 37 panneaux de béton gris. C’est à
l’intérieur de cette zone qu’habitent les Amir.
Terre rocailleuse, rosiers secs, maison aux murs écaillés.
Les Amir vivent coupés de Masha, leur village palestinien.
Mais ils sont aussi séparés d’Elqana, la coquette colonie
juive qui se déploie derrière leur maison. De l’autre côté
des barbelés.
Masha se trouve en pleine Cisjordanie, à l’est de la « ligne
verte » – la frontière reconnue d’Israël. Au loin, on
aperçoit des villages palestiniens et leurs minarets. Mais
Hani Amir habite un no man’s land militaire, ni tout à fait
en Palestine ni tout à fait en Israël.
Ennui
Averti de notre visite par un coup de fil, Hani descend d’un
pas lourd vers la porte grillagée pour nous faire entrer.
Théoriquement, seuls les résidants de sa maison sont
autorisés à traverser cette porte. En pratique, les
militaires israéliens surveillent distraitement l’endroit.
Mais cet environnement de béton et de fer décourage les
visiteurs.
« Je m’ennuie, ici, il n’y a personne avec qui jouer », se
plaint Sheddad, un gamin de 9 ans, le cadet de la famille.
« Nous sommes très isolés, nos proches craignent de nous
exposer à des représailles israéliennes en venant chez nous
», soupire sa mère, Mounira.
L’idée d’ériger une barrière protectrice entre Israël et les
territoires occupés remonte à plus de 15 ans. C’est l’ancien
premier ministre israélien Yitzhak Rabin qui l’avait évoquée
pour la première fois, à la suite d’un attentat terroriste
dévastateur.
Mais c’est un autre premier ministre, Ariel Sharon, qui a
fait voter en 2002 les crédits pour la construction de la
barrière.
Tantôt mur massif, tantôt clôture métallique surmontée de
barbelés, la barrière suit une ligne accidentée, piquant à
l’intérieur de la Cisjordanie pour englober des colonies
juives. ÀMasha, les Israéliens ont voulu assurer un tampon
de sécurité aux colons juifs d’Elqana. Mais pour cela, il
fallait exproprier Hani Amir. Il a dit non, malgré l’offre
de compensation. « Je ne partirai jamais », clame-t-il
encore aujourd’hui. Pourtant, la barrière a détruit sa vie.
Plus de citronniers
Il y a encore cinq ans, Hani Amir vendait ses citronniers et
ses pots en grès dans la pépinière adjacente à sa maison. Il
avait aussi un petit restaurant où ses clients, Juifs et
Palestiniens, pouvaient discuter autour d’un thé à la sauge.
Quand il a
appris que la barrière de protection charcuterait son
terrain et détruirait ses serres, Hani Amir a voulu se
battre contre le mur. Dans plusieurs causes semblables, les
tribunaux ont forcé Israël à déplacer la barrière. Mais pas
à Masha.
En regardant par la fenêtre de sa maison, les Amir ne voient
plus de pépinière, mais des panneaux de béton gris. Leur
maison se dresse seule au milieu des barbelés.
Cette histoire unique a fait le tour de la planète. Des
militants internationaux sont venus chez les Amir. Ils ont
peint des fleurs et des oiseaux sur « son » mur. Mais même
décorée, la paroi reste oppressante.
Coincés dans leur bulle militarisée, les Amir sont aussi
coupés des terres qu’ils possèdent dans un village voisin,
Azzun Atma. Autrefois, pour y aller, Hani Amir n’avait qu’à
traverser Elqana et à filer cinq minutes vers le sud.
Cette route est désormais réservée aux Israéliens. Et la
terre de Hani Amir tombe en plein entre le mur et la « ligne
verte » – une zone tampon assujettie à la loi militaire.
Pour y accéder, il faut mille détours et un permis. Hani
Amir en possède un. Mais pas les hommes qu’il voudrait
employer…
« Je ne peux pas tout faire tout seul », dit-il quand nous
le retrouvons sur ses terres par une journée de bruine
froide. À 51 ans, Hani a le visage buriné et un teint de
cendre. Il a l’air vieux.
« Je suis incapable de travailler ma terre. Je viens ici
simplement pour la regarder. »
Le voisin
Rahamim Ashwal est le voisin des Amir depuis 20 ans. Il jure
qu’il aime bien Hani, même s’il le trouve un peu têtu.
Les deux familles ont vu naître et grandir leurs en f a nt s
. Les Ashwa l à Elqana, une ville j uive coquette avec des
toits orange et des amandiers en fleurs. Les Amir à Masha,
village palestinien moribond depuis qu’il ne fait plus
affaire avec ses voisins juifs.
Avant, les Ashwal et les Amir s’invitaient parfois à prendre
le thé. « Hani Amir nous donnait des plantes en échange de
vêtements », se souvient Rahamim Ashwal.
Mais un jour, un gars d’Elqana a été assassiné à Masha, où
il était allé faire réparer son auto. Depuis, les colons
juifs ont peur.
Plus personne ne va faire réparer son auto à Masha. Des
enseignes y pendent de guingois sur les murs d’ateliers
abandonnés. Et une clôture métallique sépare désormais les
maisons des deux voisins.
« Personne n’aime les barrières mais, pour moi, elle
représente la sécurité », dit Rahamim. Ce comptable croit
que Hani aurait dû accepter l’offre de compensation
israélienne. Et que s’il l’a rejetée, c’est par crainte de
représailles palestiniennes.
Pour un Palestinien, laisser sa maison aux Israéliens, c ’
est assez pour passer pour un « collabo », un statut à haut
risque. Pourtant Mounira, la femme de Hani, quitterait
volontiers cette maison de malheur étranglée de toutes
parts.
Mais c’est Hani qui décide. Et il n’a qu’une phrase à offrir
à ceux qui lui demandent pourquoi il continue de vivre au
milieu des barbelés. « Ici, c’est chez moi. »
La
conférence internationale sur le racisme vouée à l’échec?
GENÈVE— DurbanIIvouéeàl’échec avant même d’avoir
commencé ? Après le fiasco de la première réunion du genre,
la deuxième conférence des Nations unies sur le racisme
s’ouvre aujourd’hui à Genève sur fond de défections de
plusieurs pays occidentaux et de craintes de dérapages liés
à la venue du président iranien Mahmoud Ahmadinejad, qui a
qualifié hier Israël de « porte-drapeau du racisme ».
Après avoir fait planer le doute jusqu’à la dernière minute,
les États-Unis, l’Australie et les PaysBas ont finalement
annoncé qu’ils ne participeraient pas à la conférence, qui
doit assurer le suivi de celle, houleuse et très
controversée de Durban, il y a huit ans en Afrique du Sud.
Le Canada et Israël ont, quant à eux, fait savoir de longue
date qu’ils ne seraient pas présents et l’Italie leur avait
emboîté le pas début mars.
Les Pays-Bas et l’Australie redoutent ouvertement que la
réunion ne soit l’occasion d’attaques antisémites du type de
celles qui avaient gravement entaché la réunion de 2001,
avec le départ fracassant des États-Unis et d’Israël. Le
président iranien, connu pour ses diatribes antisémites,
doit prononcer un discours aujourd’hui au siège des Nations
unies de Genève, lieu de la conférence.
« La conférence est trop importante pour qu’elle fasse
l’objet d’un détournement à des fins politiques et
d’attaques contre l’Occident », s’est expliqué le ministre
néerlandais des Affaires étrangères Maxim Verhagen.
De son côté, le Congrès juif européen a appelé les
pays européens à « tirer les leçons du passé et à se retirer
» de la conférence.
Inquiets et divisés, la majorité des pays de l’UE n’avaient
toujours pas tranché hier soir sur leur participation à la
réunion, hormis la Grande-Bretagne, qui a annoncé la
présence de son ambassadeur à l’ONU.
Un porte-parole du ministère belge des Affaires étrangères
avait indiqué plus tôt dans l’après-midi que son pays
essayait de « convaincre (ses) partenaires européens d’y
aller en plus grand nombre ».
Outre les craintes liées à M. Ahmadinejad, la plupart des
pays occidentaux butent encore sur le projet de déclaration
finale produit par les diplomates vendredi à Genève et qui
semblait avoir obtenu un consensus, s’inquiétant d’atteintes
à la liberté d’expression.
Le document, entériné vendredi par le
comité préparatoire de la conférence, ne fait pourtant plus
mention d’Israël ni de la diffamation des religions, deux «
lignes rouges » pour les Occidentaux, tandis que le
paragraphe sur la mémoire de l’Holocauste était maintenu
contre l’avis de l’Iran.
Reconnaissant les « progrès » accomplis, les États-Unis ont
pour leur part déploré qu’y figure la réaffirmation de la
Déclaration et Programme d’action de Durban (DDPA) de 2001,
qu’ils n’ont pas adopté.
La DDPA comporte en effet deux paragraphes traitant du
conflit israélo-palestinien que Washington conteste. Celui
sur le « sort du peuple palestinien vivant sous occupation
étrangère » figure qui plus est au chapitre des « victimes
du racisme », ce qui revient de facto à assimiler
l’occupation à du racisme.
Pas si prioritaire
Le
conflit
au Proche-Orient n’est pas le plus meurtrier de la
planète - Frédéric Ensel
De grâce, cessons de faire de cette région et de ce
conflit l’épicentre des malheurs de la planète.
BL’auteur est directeur de recherches à l’Institut
français de géopolitique et maître de conférences à
Sciences-Po et à l’ESG Paris. Il vient de publier «
Horizons géopolitiques » aux éditions Le Seuil. arack
Obama souhaite que s’apaisent rapidement les tensions au
Proche-Orient, et il a raison. Pour autant, en quoi cette
question serait-elle prioritaire à l’échelle de la
planète?
Le constat peut surprendre; il est pourtant irréfutable.
Si l’on s’en tient aux victimes tombées de mort violente
(hors crimes de droit commun, s’entend) sur le sol des
États et territoires libanais, israélien, syrien,
jordanien, égyptien et palestinien, on doit concéder que
la zone est mortifère. Sans tomber dans une comptabilité
macabre, on peut estimer à environ 75 000 le nombre de
victimes des différents conflits du Proche-Orient sur un
siècle, depuis l’effondrement de l’Empire ottoman en 1917.
Dans l’absolu, ce chiffre est important, mais relativement
à d’autres chiffres correspondant à des zones qui furent
ou demeurent en conflit ouvert ou latent, il s’inscrirait
plutôt au bas de l’échelle.
Les guerres et/ou guérillas de Corée (1950-53), d’Algérie
(1954-62), d’Indochine puis du Vietnam (1946-75), du Sri
Lanka (1983-2009) du Caucase (1991années 2000), d’Amérique
latine (années 1970) ou encore d’Afrique noire (années
1990-2000 surtout), ont chacune provoqué un nombre bien
supérieur de morts au combat que l’ensemble des
affrontements militaires israélo-arabes et interarabes du
Proche-Orient.
Encore convient-il absolument de distinguer les guerres
(globalement) conventionnelles d’une part, les massacres
d’autre part. Toute vie humaine fauchée est certes à
déplorer. Mais en droit international, comme dans la
moralité qu’il traduit et protège en principe, on ne
confond heureusement pas la violence du choc des armées
conventionnelles sur le champ de bataille et la violence
sans foi ni loi des meurtriers assassinant des civils.
Or au
Proche-Orient, aussi surprenant que cela puisse paraître
au regard des affrontements de moins en moins
interétatiques, on déplore depuis 1945 davantage de
victimes militaires que de victimes civiles.
On y massacre globalement moins qu’ailleurs en temps de
montée aux extrêmes, y compris pendant des guerres civiles
finalement assez rares et localisées ( Liban 1975-1991
surtout). Une très épaisse couverture médiatique a «
permis » à des crimes contre l’humanité (Septembre noir en
Jordanie, Damour ou Sabra et Chatila au Liban, attentats
terroristes en Israël) de se faire connaître davantage que
d’autres drames survenus ailleurs, mais joue ainsi le
prisme déformant et dénaturant.
En outre, puisqu’on ne constate jamais vraiment d’accalmie
totale dans la région du fait de cette espèce de constance
d’une conflictualité dite de « basse intensité », elle
nous apparaît à feu et à sang, dévoreuse de civils. Or là
encore, si l’on compare la situation des civils
procheorientaux en temps de guerre (ouverte ou larvée) à
celle qui a prévalu au Biafra, au Cambodge, en
Tchétchénie, dans les Balkans ou, très récemment, dans
l’Afrique des Grands Lacs, on constate l’absence de
génocides et de crimes de masse, et même la relative
rareté des crimes de guerre et des crimes contre
l’humanité.
Spontanément, on pense à la rivalité israélo-palestinienne
en entendant le vocable composé « Proche-Orient ».
Pourtant, cette région du monde n’a pas connu, comme par
soudaine malédiction, un état de guerre endémique à partir
du conflit entre Israël et les Arabes de Palestine ou des
alentours. Dans bien des cas, le conflit
israélo-palestinien ne « joue » pas ou alors comme simple
instrument de propagande, et souvent ne représente-t-il
qu’une toile de fond, mais pas la cause directe de ces
violences. Croit-on sérieusement que si Israël
disparaissait comme État souverain, le Proche-Orient se
stabiliserait? Illusoire!
On admettra sans risque, à l’instar de Barack Obama, qu’un
apaisement de la confrontation au Proche-Orient
contribuerait évidemment à éviter certaines montées aux
extrêmes. Mais de grâce, cessons de faire de cette région
et de ce conflit l’épicentre des malheurs de la planète.